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Rhysaxiel

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  1. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Chapitre Zéro Comme promis, voici quelques éléments pour mieux comprendre le jeu, le scénario et les équipements. Pour des raisons de lisibilité, je vais (ab)user des balises spoiler, surtout en ce qui concerne l'équipement. Guide visuel pour CMANO Briefing SitRep destiné au commandant des forces russes en Syrie. Opposition : Da’esh : principalement des forces légères locales qui contrôlent les infrastructures suivantes : - la raffinerie pétrolière de Manbij et les puits adjacents, proches de la frontière turque - les puits de pétrole d’Alep, à l’est de la ville - le principal pont de la ville de Raqqa - les puits de pétrole de Deir ez-Zor Leurs forces consistent en des armes légères et des MANPAD. Ils se tiennent plutôt tranquilles ces dernières semaines. Armée de la Conquête (Brigades turkmènes) : force rebelle soutenue par la Turquie et contrôlant le poste frontière d’Azaz entre la Syrie et la Turquie. Equipée principalement d’armes légères, ils pourraient disposer de quelques MANPAD et ont de l’artillerie. Leur objectif est surtout d’empêcher les Syriens ou leurs alliés Kurdes d’Afrin de prendre le contrôle du poste frontière. Armée Syrienne Libre : un autre groupe rebelle dissident, sans doute soutenu par la Turquie et d’autres membres de la coalition. Cette force est présente autour d’Alep et ne possède que des armes légères. Forces de la coalition : Etats-Unis : un groupe aéronaval est actuellement présent dans le Golfe Persique. En méditerranée, ils n’ont qu’un DDG, quelques avions de patrouille en Sicile et plusieurs chasseurs opérant depuis Incirlik. Ils ont sans doute un sous-marin dans les parages. Turquie : la 10e escadre turque est responsable de la frontière avec la Syrie. Elle dispose de deux escadrons complets de F-16 à Diyabakir et d’un escadron de F-4 à Malataya, et plusieurs avions de soutiens à Incirlik. Nous pensons qu’ils ont deux sous-marins au large de leurs côtes, mais il est difficile de s’assurer du nombre exacts d’appareils sur zone en raison de leurs nombreuses bases. Nous sommes cependant certain qu’au moins un est en mer près de la Syrie. Il y a très certainement une frégate patrouillant entre Chypre et le continent. La défense aérienne turque est centrée sur leurs bases, mais il y a une batterie de Patriot espagnole près d’Incirlik couvrant la côte d’Antakya jusqu’à la côte syrienne. Autres forces de la coalition : les Britanniques opèrent à partir d’Akrotiri leurs Typhoons, Tornados, AWACs et d’autres avions de soutiens, ainsi qu’un DDG croisant au nord de l’île. Les Allemands travaillent avec les Américains depuis Incirlik, ils ont quelques Tornados en mission d’attaque au sol. Les Français ont une groupe aéronaval au sud de Chypre, organisé autour du Charles de Gaulle, avec à bord des Rafales et des Super Etendards, le tout escorté par un DDG et des frégates françaises, britanniques et allemandes. Les forces de la coalition lanceront plusieurs missions d’attaques, les Turcs concentrent leurs assauts sur les forces pro-syriennes faisant face à l’Armée de la Conquête, et le reste sur Da’esh. Notre Tu-214 aura son quota de signaux électroniques à surveiller. En mer, il y a certainement plus de sous-marins patrouillant dans la zone que ce que nous supposons. Les navires de surfaces sont confinés à des zones précises et le Charles de Gaulle restera sans doute loin des côtes. Forces disponibles : Notez que le détail des forces est proposé dans la section suivante. Escadre aérienne : l’escadre est un mélange de plusieurs plateformes, près de 60 avions au total, du Su-35 tout récent jusqu’à un Il-38 des plus âgés. Elle est configurée pour des missions d’attaque au sol. Vous disposez également de quelques défenses antiaériennes avec les Su-30 et Su-35, qui augmentent substantiellement les capacités de vos S-400. Contrairement à l’OTAN qui planifie ses frappes plusieurs jours en avance, vous avez toute liberté pour attaquer les cibles de votre choix. Force navale : vous disposez de deux sous-marins de classe Kilo, le croiseur Moskva, la toute nouvelle frégate Zelenyy Dol et le vaisseau de surveillance Priazovye. Le rôle de la flette est de patrouiller au large des côtes syriennes et fournir des informations et une défense aérienne avancée pour la base de Hmeimim. Forces stratégiques : six frappes de Kh-101 lancés depuis des bombardiers Tu-160 sont prévues aujourd’hui. Elles ne devraient plus trop tarder ; nous n’avons pas d’heure précise car elles ont été plusieurs fois retardées en raison de problèmes de maintenance des appareils. Les bombardiers partiront d’Engels escortés par un AWACS et des intercepteurs basés à Mozdok. Forces alliées : Forces syriennes : notre agent de liaison a obtenu que les Syriens frappent plusieurs cibles aujourd’hui. Plusieurs MiG-23 partant de Sharyat et Hamah iront bombarder des cibles. Nous ne sommes pas certains de ce qu’ils veulent frapper. Ils ont également plusieurs MiG-25 et MiG-29 prêts à intercepter si nécessaire. Les restes des formidables défenses aériennes syriennes sont concentrés au centre du pays et à Alep. Forces kurdes : les Forces Démocratiques Syriennes sont séparées en deux enclaves près de la frontière turque, l’une près de la raffinerie de Manbij, l’autre près du poste frontière d’Azaz. Les Turques les ont violemment bombardés ces derniers temps. La météo est chaude aujourd’hui, avec une fine brume. Vos options : Vous avez sous votre commandement certains des meilleurs matériels de la Russie : un mélange d’avions des plus modernes, des drones de surveillance, le meilleur système de défense antiaérienne au monde, deux des sous-marins les plus silencieux existants et l’un des navires les plus puissants qui patrouille au large de la côte. Pourtant, vous êtes encerclé, vulnérable et en sous nombre. Votre mission première est de soutenir les Syriens et les aider à mettre un terme à cette guerre civile. Vous avez les coudées franches quant à comment vous souhaitez vous y prendre. La Russie est encore là pour un an au moins. Probablement plus. - vos conseillers économiques recommandent que vous détruisiez les puits de pétrole de Da’esh près d’Alep et de Manbij. - vos conseillers syriens insistent pour que vous attaquiez le poste frontière d’Azaz et que vous souteniez les Kurdes dans ce secteur en réduisant l’Armée de la Conquête. - votre équipe des opérations estime que la destruction du pont de Raqqa gênera considérablement Da’esh. - Il y a toujours les puits de pétrole dans la vallée de Deir ez-Zor. Les Américains ont commencé à les bombarder, mais il est toujours satisfaisant de les prendre de vitesse ! Peu importe les options retenues, vous devez toujours rester sur vos gardes, des fois que l’OTAN, et particulièrement la Turquie, se montrent provocants. Pour le moment, les Américains et les Européens ont la puissance de vous entraver, mais non la volonté, et cela malgré le fait que vous attaquiez très ouvertement les forces qu’ils financent et entraînent. Les Turcs, en revanche, nous ont donné toutes les raisons de riposter, ce n’est que par bonne volonté que nous ne l’avons pas encore fait. Le peuple russe et le Président ont cependant perdu patience. Ne soyez surtout pas surpris et tenez-vous prêt. Anticipez, voire prévenez toute agression. Et si elle se produisait malgré tout, ripostez comme il se doit. Vous savez que les forces stratégiques à Engels conduiront un autre tir de missiles de croisière, qui entreront sans doute dans l’espace aérien turc. La dernière fois que l’on a fait ça, ils ont bruyamment protesté, et nos services de renseignements font le lien entre ce premier survol et la destruction de notre Su-24 en novembre dernier. Cette fois, nous serons prêts. Dans une longue conversation avec le chef des Forces Aériennes la semaine dernière, vous avez reçu carte blanche pour rosser les Turcs s’ils déclenchent les hostilités, mais vous devez absolument maintenir les Etats-Unis hors de cela. Ce n’est pas chose aisée, mais si vous pensez que vos actions sont raisonnables et ne sont pas susceptibles de provoquer l’OTAN, allez-y. Equipement Les équipements embarqués tels que les radars, contre-mesures et systèmes de guidages possèdent tout un tas de traits qu’il est inutile de préciser ici. Un radar peut par exemple seulement repérer une cible, ou indiquer son altitude et sa direction. Un récepteur radar peut seulement dire au joueur « il y a quelque chose là, avec un radar », reconnaître certains traits du radar, voire complètement l’identifier. Leur niveau technologique est également exprimé en décennie : début 1970, fin 1970, début 1980 etc. Les armes ont aussi des systèmes de guidage, de communication que je ne prends pas la peine de préciser non plus. Voici une liste des équipements à ma disposition. Elle est exceptionnellement détaillée car le contingent russe est réduit. Si à l’avenir j’écris d’autres AAR avec des effectifs plus grands, n’espérez pas autant de travail de ma part :p Plusieurs désignations existent pour un même équipement russe : le numéro de projet, la désignation GRAU, la classe/le nom de l'équipement et enfin, la désignation sous laquelle est connue l'objet au sein de l'OTAN. Pour compliquer le tout, certaines désignations OTAN recoupent le nom d'autres équipements. Les portées sont exprimées en miles nautiques (nm), 1nm = 1.852 km. Glossaire Armement embarqué Seules figurent ici les armes que les avions et hélicoptères peuvent embarquer. Les armes de chaque navire sont précisées dans leur fiche. Appareils Chaque avion est fidèlement modélisé, jusqu'au nombre de radios et les canaux utilisés pour communiquer. Avant de décoller, il faut choisir une configuration parmi celles possibles pour l’appareil, qui détermine l’emport, l’autonomie et donc les missions possibles. Les configurations indiquées incluent celles impossibles dans ce scénario faute de matériel présent à Hmeimim. Navires Approche La mission est simple : taper sur Da’esh, l’ASL et l’ADC. Il faut détruire un maximum de cibles dans la journée et priver les rebelles d’une de leurs sources de revenus, le pétrole. Au diable les protestations de Damas. Quand l’Armée Arabe Syrienne s’approchera des puits tant convoités, les terroristes y mettront le feu de toute façon. Les équipements à ma disposition sont extrêmement limités et illustrent parfaitement la logique suivie par la Russie dans cette intervention : agir au mieux avec le minimum de moyens. Il est parfaitement inutile de gaspiller un missile longue portée tiré par un avion dernier cri contre une cible non défendue si le même résultat peut être obtenu par une bombe non-guidée tirée depuis un appareil vieux de trente ans. Autrement dit, je ne dispose pas d’armement « intelligent » ou « stand-off » longue portée permettant à un avion d’attaquer sans pour autant approcher les défenses ennemies. La Russie dispose de jouets très intéressants dans ce domaine-là, les 9M14 Kalibr par exemple, elle ne les a simplement pas envoyés en Syrie. N’oublions pas l’espionnage massif pratiqué par tous les camps. Tout équipement nouveau déployé et utilisé en Syrie peut être observé, analysé et décortiqué par les Etats-Unis. Or, la surprise est une arme qu’il vaut mieux toujours avoir avec soi. Cet adage est également appliqué par la Russie, qui déploie un nombre étonnant d’équipement d’écoute. Les forces stratégiques ne sont pas sous mon contrôle. Il est à attendre que le tir de missile fasse des vagues. Ma plus grande faiblesse est le manque d’équipement antinavires. Leur absence est justifiée par la mission qui m’est confiée : jusqu’à preuve du contraire, Da’esh n’a pas de flotte. Si la situation venait à dégénérer, je ne disposerais de quasiment rien pour me défendre contre les navires coalisés. Le Moskva, les Varshavyanka et le Zelenyy Dol, aussi sympathiques soient-ils, n’ont certainement pas les moyens de résister au groupe aéronaval du Charles de Gaulle entier, appuyés par les appareils d’Incirlik, à moins de prendre tout ce beau monde par la ruse. Les airs seraient beaucoup plus faciles à défendre grâce aux Su-30 et Su-35, précieux, aux S-300F du Mosvka et au S-400 déployé. Cependant, même pour eux, les munitions ne sont pas illimitées et il se pourrait bien que le tout soit réduit au silence faute de missiles à tirer. J’espère évidemment ne pas en arriver là. Pour cette raison je vais jouer la prudence et me concentrer dans un premier temps sur l’Etat Islamique et l’ASL. Le poste-frontière d’Azaz est une cible tentante et il est possible de l’abattre sans franchir la frontière avec un Kh-29T. C’est aussi la cible susceptible de générer le plus de tensions avec la coalition : elle multiplie les risques de survol de la Turquie et pourrait concentrer dans un tout petit espace un nombre déraisonnablement élevé d’appareils des deux camps. SI un seul avion panique et engage un autre avion ou si un camp se montre un peu trop zélé dans sa mission, c’est la catastrophe. Nous n’avons de plus aucune idée du dispositif de l’Armée de la Conquête qui pourrait avoir quelques missiles antiaériens. Tout cela pour un poste frontière. Aussi, dans cette zone, je vais déployer un de mes Forpost pour du repérage, tandis que mes appareils iront frapper ailleurs. On adaptera les cibles en fonction de la présence aérienne coalisée pour éviter au maximum de croiser d’autres appareils. En parallèle, je compte utiliser mes deux appareils ELINT. L’Il-18 ira repérer les dispositifs ennemis vers le nord, le Tu-214R ira au contraire vers l’est, tous deux pour déterminer d’éventuelles troupes au sol prêt des puits. L’Il-38 sera envoyé en patrouille maritime armée au large de la Syrie tandis que le Priazovye ira reconnaître la côte turque pour s'assurer de la position exacte des navires coalisés. Le Moskva restera sur place, le Zelenyy Dol sera affecté en fonction des informations reçues. Je compte garder le B-262 près de la côte pour ajouter un peu de puissance anti-sous-marine à ma force navale qui en manque terriblement, tandis que le Novorossiysk ira jouer au chat et à la souris avec le groupe Charles de Gaulle. Selon les ordres de Serguei Lavrov, toute mission de frappe au sol sera escortée de deux appareils. Sachant que seuls les 4 Su-30 et les 4 Su-35 sont aptes à jouer ce rôle convenablement et que le seuls Su-34 peut éventuellement les remplacer, il va falloir être malin et optimiser chaque sortie, voire maintenir les appareils en vol entre deux missions. C’est le plan pour la journée. Si l’imprévu devait se produire, nous aviserions. A suivre : chapitre 1 - on lance enfin le jeu - on déploie nos équipements de surveillance - on lance nos premières attaques
  2. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Introduction Aperçu historique et géopolitique Dans la continuité du mal nommé Printemps Arabe de 2011, une violente guerre civile a éclaté en Syrie. Ce conflit, en réalité bien plus complexe qu’une simple guerre civile contre un régime oppresseur, résulte de l’implication de plusieurs acteurs régionaux et internationaux. De nombreux groupes rebelles se créent, en Syrie même ou à l’étranger et, quelques temps, l’illusion d’une unité est entretenue par l’existence de l’Armée Syrienne Libre et d’un Conseil National de Transition, calqués sur le modèle Libyen. La réalité du terrain faite bien vite voler tout cela en éclat. L’OTAN s’est très tôt saisie de ce dossier, au moins sur le plan politique, avec notamment la présence de la France à la pointe l’opposition diplomatique contre le président syrien Bachar al-Assad. En parallèle, l’instabilité croissante en Irak et l’échec notoire du nation building américain après la guerre de 2003 entraîne la naissance et le développement d’un Etat Islamique en Irak au Levant, Da’esh. Les Etats-Unis y voient d’abord une opportunité de mettre le premier ministre irakien Nouri al-Maliki sous pression, mais très vite, l’EI se développe dans le nord du pays, menace les alliés kurdes de Washington et déborde en Syrie. L’est du pays, largement désertique et délaissé par l’Etat syrien, tombe sans grande résistance, à l’exception notable de la ville de Deir Ez-Zor et de son aéroport militaire. En 2014, l’EI possède deux capitales, à Mossoul en Irak et à Raqqa en Syrie. Très tôt, les autorités syriennes s’accordent avec leurs homologues kurdes du nord du pays : les seconds obtiennent une grande autonomie, donnant naissance à la Rojava, en échange de leur neutralité bienveillante envers les premiers. Tout comme l’OTAN, la Russie surveille les développements dans la région avec un vif intérêt. Elle possède une base navale, à Tartus, la seule installation russe en Méditerranée, et la Syrie est de fait un allié. Si cette base venait à être perdue, la seule route permettant à la Russie de projeter sa puissance dans la région passerait par le Bosphore. Or, la convention de Montreux régissant les droits de passages dans ce détroit limite notamment le tonnage et le type de navires autorisés à le traverser. De fait, ce serait la fin de toute ambition navale russe, quand bien mêmes elles seraient limitées : au nord, la Baltique est contrôlée par l’OTAN, au sud, la méditerranée est fermée par le Bosphore. Il ne resterait comme passages libres que le cercle polaire, gelé la majeure partie de l’année et néanmoins contenu par l’OTAN au niveau du GIUK*, et loin à l’est, le Pacifique avec néanmoins le Japon et la Chine comme voisins et la proximité de l’Alaska. La chute du gouvernement syrien est inenvisageable à Moscou. La Turquie enfin, est partagée entre plusieurs ambitions, et les hésitations du président Recep Erdogan rendent la situation un peu plus confuse encore. Alliée tantôt de l’armée syrienne libre, tantôt d’Al-Qaida qui a changé plusieurs fois de nom pour tromper l’ennemi, elle envoie également ses propres mercenaires pour notamment tenter d’abattre les Kurdes et élargir son influence dans la région. Tiraillée entre des considérations domestiques, à savoir le problème kurde et la lutte permanente contre le PKK, et stratégiques, les Kurdes de Syrie et d’Irak se rapprochent toujours plus de l’allié américain, la Turquie doit faire un choix sous peine de tout perdre. Elle doit de plus faire face, comme tous les Etats voisins de la Syrie, à l’afflux massif de réfugiés à ses frontières, qui augmentent d’autant les risques socio-économiques liés à leur prise en charge. Certains responsables européens considèrent d’ailleurs qu’Ankara fait de ces réfugiés une arme et un moyen de chantage contre l’UE, négociant l’étanchéité de leur frontière en contre des avantages et des concessions diverses. Du côté de Damas, on accuse régulièrement Ankara d’exfiltrer des « terroristes » en les faisant passer pour des réfugiés, avant de les renvoyer vers d’autres zones de conflits. *Greenland Iceland United Kingdom. Le “GUIK gap” est constitué des points de passage entre les côtes de ces Etats, qui, avec la Manche, sont les seuls points d’accès à l’Atlantique à partir des territoires de l’ex Union Soviétique. Si vous avez lu Tom Clancy, tout particuièrement Red Storm Rising, vous en connaissez l’importance stratégique. L’OTAN contrôle la région grâce à la base de Keflavik en Islande et un vaste réseau de sonobouées, le SOSUS, permettant d’écouter les fonds marins. La Russie entre en scène L’intervention russe en Crimée de 2015 et l’annexion du territoire qui s’en est suivi ont fortement accru les tensions entre la Russie et l’OTAN. La nouvelle de l’entrée de la Russie dans le concert syrien, cette fois sur le terrain militaire, inquiète encore un peu plus les pays occidentaux, soucieux de contenir leur voisin. Depuis 2014, une coalition menée par les Etats-Unis et largement construite sur les forces armées de l’OTAN mène des frappes contre l’Etat Islamique sans grand succès, que ce soit en Irak ou en Syrie. En septembre 2015, la Russie annonce l’envoi de son propre contingent pour mener à son tour de telles frappes et défendre son allié syrien. Là est toute la subtilité, et le nœud d’une bataille médiatique autour des actions des deux camps : la Russie considère l’ensemble des ennemis du gouvernement syrien, et non le seul Etat Islamique, comme des cibles potentielles. Elle s’attaque ainsi aussi bien à l’EI qu’à l’armée syrienne libre, à Al-Qaida ou encore aux mercenaires turkmènes protégés par la Turquie dans le nord-ouest du pays. Les Kurdes sont au contraire vus comme des alliés de circonstances tant par Moscou que Damas, qui a très tôt concédé des droits à cette minorité en échange de leur coopération dans la défense de leur territoire. C’est une pomme de discorde entre la Turquie et la Russie, et c’est loin d’être la seule. L’action russe est scrutée par les observateurs internationaux, et nombreux sont ceux surpris par les capacités affichées par Moscou. Loin des ratés de la guerre d’Ossétie de 2008, les forces aérospatiales russes sont en mesure de mener de nombreuses opérations, à un rythme soutenu et tout en maintenant un effectif réduit (60 appareils à peine) et limitant donc les dépenses au strict minimum. Jusqu’à présent, seules les nations occidentales étaient capables de telles opérations extraterritoriales. Motif d’inquiétude supplémentaire pour l’occident. L'incident du 24 novembre 2015 Le 24 novembre 2015, au cours d’une opération dans le nord-ouest du pays, un Su-24M russe est abattu par un F-16 turc. L’événement reste confus. D’après Ankara, le Su-24M est entré pendant 17 secondes dans l’espace aérien turc malgré des avertissements répétés. Le F-16 l’ayant intercepté n’a pu déterminer la nationalité de l’appareil, qui est aussi utilisé par l’armée de l’air syrienne. Du côté de Moscou, on affirme que les Etats-Unis disposaient du plan de vol et auraient dû informer leur allié pour éviter de genre d’incident, et l’on maintient que l’avion était en territoire syrien. Washington réfute en bloc les arguments russes. L’incident est aggravé par le meurtre du pilote après éjection par des rebelles syriens, en violation de l’article 42 du protocole additionnel de 1977 de la Convention de Genève qui interdit l’attaque de pilotes éjectés. L’incident est vivement dénoncé par la Russie, qui annonce aussitôt le déploiement du croiseur antiaérien Moskva ainsi qu’une batterie de missiles antiaériens S-400 Triumph. Sur le papier, le système S-400 (désignation OTAN SA-21a Growler) a des performances terrifiantes : sa portée de tir de 400 km interdit à tout avion hostile la moitié de l’espace aérien syrien et couvre Incirlik, la principale base d’opération de la coalition en Turquie. Seule Akrotiri, base de la Royal Air Force à Chypre, est hors de portée. Les S-300F (SA-N-6 Grumble) à bord du Moskva couvrent de plus l’intégralité de la côte syrienne (cercles rouges clair sur la carte). Il reste à voir si ces systèmes sont aussi efficaces qu’annoncé. C’est ici que l’histoire diverge. Historiquement, dès le lendemain, les ministres turcs et russes des affaires étrangères discutent longuement au téléphone et parviennent à éviter une escalade de la situation au-delà du déploiement russe et de l’escorte systématique des appareils d’attaque russes par des chasseurs. Le 27 juin 2016, après des mois de pression économique et des frappes russes spectaculaires en Syrie, et malgré son image assumée d’homme fort et dans son droit, Erdogan s’est publiquement excusé pour cet indicent. La Russie a néanmoins déployé fin 2016 le croiseur lance missile porteur d’avions Amiral Kuznetsov en Syrie, dans une optique de démonstration de force. Dans ce scénario, Serguei Lavrov et Mevlu Cavusoglu n’ont pu ou voulu s’accorder, tandis qu’Erdogan maintient une ligne dure, sûr de ses alliés. Le Kuznetsov est envoyé six mois plus tôt (mais, malheureusement, n’est pas présent dans le scénario). Les tensions sont ainsi maximales et le moindre dérapage peut conduire à la catastrophe : si les hostilités venaient à éclater entre la Russie et la Turquie, que ferait l’OTAN ? Commentaire général sur le scénario Ce scénario est très intéressant. La situation est initialement calme, les deux camps ont un ennemi commun en la personne de Da'esh, et pourtant, tout peut partir en vrille en un rien de temps. La tension est en effet maximale : voler trop près d’autres avions, survoler le territoire turc ou encore attaquer trop fréquemment l’Armée de la Conquête ou l’Armée Syrienne Libre est susceptible de provoquer un dérapage. Un tir malheureux, une confusion quant au camp auquel appartient un avion attaqué peut provoquer une escalade. Or, en tant que joueur russe, il n’y a aucun allié susceptible de me venir en aide, l'armée de l'air syrienne n'est clairement pas à la hauteur face à la fine fleur de l'OTAN. Si la situation dégénère avec la Turquie, il est fort probable que les Etats-Unis et la Coalition interviennent. Je ne pourrais alors compter que sur mon contingent extrêmement réduit les S-400, qui ne sont pas en nombre infinis et dont c'est le premier déploiement opérationnel, et une bonne dose de sang-froid. Pour des raisons évidentes de clarté de l'esprit nécessaire dans de telles situations, je ne joue pas ce scénario avec une bouteille de vodka à portée de main. A suivre : chapitre zéro - Guide visuel pour CMANO - Briefing traduit par votre serviteur - détail de l'équipement à ma disposition - mon approche globale pour la mission
  3. Jeu : Command Modern Air Naval Operations Wargame of the year edition. Scénario : Command LIVE ! Old Grudges Never Die Camp joué : Russie Bonjour à tous ! Avec ma thèse enfin terminée, mais non encore soutenue, j'ai un peu de temps à moi pour jouer. Que ceux qui se rappellent de ma partie EU:Rome et se demandent ce qu'est devenu sa poursuite sur CKII se rassurent, ça avance. Trèèèèès lentement, mais ça avance. Qui dit jeu, dit récit de partie, et ma manie de ne pas choisir de jeux courants a encore frappé. Cette fois, je vous propose du lourd, de l'indigeste, du jeu au gameplay obscur qui tient plus du modèle d'étude que du jeu : Command Modern Air Naval Operations. Ce jeu est l'héritier du vénérable Harpoon et vous propose de simuler les opérations aéronavales de 1945 à 2020 et plus grâce à une infinité de scénarios (merci la communauté et l'éditeur inclus) et des campagnes qui sortent régulièrement en DLC. Les développeurs ont aussi des scénario dits "Command LIVE !" qui partent d'un point chaud de l'actualité et qui sortent à intervalles réguliers, quand la situation dégénère quelque part dans le monde. Old Grudges Never Die nous amène en Syrie, à l'été 2016. J'essaierai de mettre régulièrement à jour le récit, mais pour démarrer, je vous propose, outre l'obligatoire introduction, une sorte de chapitre zéro dans lequel je vous présente le briefing, l'équipement détaillé à ma disposition et un petit guide de survie pour comprendre quelque choses aux images de mon récit : quand on regarde des captures d'écran de Command, on a l'impression d'être un contrôleur aérien qui est, rappelons-le, l'un des métiers les plus stressants. Je me permets une remarque, et en parallèle formule une demande à tous les lecteurs et commentateurs de ce récit. La toile de fond du scénario est toute récente et aborde des thèmes éminemment polémiques. Dans cette situation, les digressions sur les sujets d'actualité sont très aisées, or les règles du forum, notamment celle des dix ans, sont claires. Je refuse catégoriquement que ce sujet soit détourné en une discussion sur la guerre en Syrie ou la politique internationale. On pourra considérer comme polémique l'aperçu historique que je vous propose en introduction, il est néanmoins une introduction au scénario, non une ouverture de débat sur le rôle de la Russie en Syrie. Cela dit, je suis tout à fait disposé à des interventions critiques simulant la propagande, les délires existants autour de cette guerre civile ou remettant en question mon récit, m'accusant de propagande pro-mon camp ou de masquer les informations. Je prends le parti de ne pas être un narrateur fiable : le brouillard de guerre dans Command est très fort, et il se pourrait bien que j'adopte une "ligne éditoriale" biaisée, voire plusieurs. A vous de décider de me faire confiance et de croire que tout ce que je raconte s'est réellement passé ainsi :p. Mais soyons clair, tout ce qui se dira ici concernera le jeu, le scénario et mes actions, rien d'autre. Bonne lecture ! A suivre : Introduction - Aperçu historique et géopolitique. - 2015 : la Russie entre en scène. - L’incident du 24 novembre 2015 - Commentaire général Sommaire : -- à compléter au fil des messages --
  4. Modding : questions & réponses (rapides)

    Ok super ! Avec ça je devrais me débrouiller, et expérimenter un peu. Dans le pire des cas j'aurai un gros event à coder. Encore merci !
  5. Modding : questions & réponses (rapides)

    C'est noté, merci pour ta réponse ! Histoire d'être sûr, cela prendrait la forme suivante ?
  6. Modding : questions & réponses (rapides)

    Question rapide ! Est-il possible d'attribuer un province_modifier à une date donnée dans un fichier history/province/ ? J'ai déjà essayé la commande add_province_modifier dans une balise de date : Le Validator m'indique que le scope ne correspond pas et en effet, rien ne se passe en jeu : Les pages modding du Wiki sont inexistantes sur le sujet. Des idées ? J'aimerais éviter de lancer un événements au démarrage, mais si cela se doit faire...
  7. Concours Mini AAR 2016

    Bravo à Swompy ! Je crois que tu as plié de rire tous les lecteurs du sujet avec ton AAR Félicitations à tous, c'était une bonne idée de prolonger ce concours d'une semaine. Mais l'an prochain, n'attendez pas que je vous réveille avant de poster hein !
  8. Concours Mini AAR 2016

    La bataille de Beresteczko 26 juin - 10 juillet 1651, l'aigle se défend. Présentation rapide du jeu Voici un AAR sur un jeu (et système de jeu) de ma création. Si par hasard vous avez joué à Bonaparte at Marengo ou à Napoleon's Triumph, alors le système vous apparaîtra familier. C'est mon premier test de ce jeu, il y a donc eu quelques petits ratés qui ne se verront pas dans le récit qui, au final, donne une bataille plutôt sympathique. Le principe est simple : mouvement par zone dont on doit défendre les approches (les frontières), brouillard de guerre (vous voyez qu'il y a "quelque chose", vous ne savez pas quoi ni combien) et combat sans le moindre jet de dé. Tout le sel du jeu est dans la manœuvre et dans l'incertitude quant au dispositif ennemi. Il y a des effets de terrain qui apparaissent sur la carte, mais la bataille a lieu dans la plaine entre Beresteczko et Ostrów, il n'y aura donc aucun combat en forêt, marais ou au travers d'un fleuve. Pas fous les Polonais ! Quelques unités ont des traits particuliers, que je présente très rapidement dans le résumé. Si vous ne voulez pas d'arrière-plan historique, je vous invite à passer outre le paragraphe suivant et d'aller directement à la section Dispositif ! Dans tous les cas, bonne longue lecture à vous ! Avant propos : le soulèvement de Chmielnicki Le soulèvement de Chmielnicki est un conflit fascinant et complexe, revêtant des dimensions religieuses, politiques, ethniques et culturelles, malheureusement largement approrié et déformé par l'historiographie ukrainienne nationaliste. En 1648, le roi de Polgone Ladislas IV souhaite faire la guerre contre l'Empire Ottoman, et fait appel pour cela aux populations cosaques vivant à la frontière sud de la République de Pologne-Lituanie. Ces cosaques sont de véritables machines de guerre. Toute leur vie est consacrée à la guerre, qu'elle soit sous la forme de pillages des cités voisines mal défendues, ou pour défendre leur propre territoire, particulièrement contre les populations tatares, descendants directs des Mongols qui, eux aussi, vivent de rapines, de pillage et du trafic d'esclaves. Lorsque les cosaques reçoivent la demande du roi de s'armer en vue de cette guerre, l'enthousiasme est total. Ils prennent les armes, préparent leurs barques de guerre et se rassemblent. Ils imaginent déjà les butins colossaux qu'une telle guerre peut apporter. Cependant, le sénat polonais, qui a son mot à dire sur toutes les questions de guerre et de paix, s'oppose à cette entreprise. Le roi doit céder. Les chefs cosaques, et parmi eux le premier d'entre eux, l'hetman Bogdan Chmielnitski, perdent alors toute confiance en la Pologne-Lituanie, leur suzerain. Voyant que le roi ne pourrait obtenir cette guerre, et au départ sans a-priori aucun contre le souverain, les Cosaques se rebellent. Leur cause est alors la suppression du servage sur leurs terres et une représentation au Sénat, en plus de l'attribution à leur culte orthodoxe du même statut que celui de l'Église catholique. C'est le premier rouage d'un engrenage entraînant plus d'un siècle plus tard la disparition totale de la Pologne-Lituanie et l'anéantissement de toute autonomie Cosaque. 1648 est une véritable annus horribilis pour la République. Au printemps, les Cosaques s'allient à leur ennemi de toujours, les Tatares, et défont toutes les armées de la région, capturent les généraux en chef et leurs remplaçants meurent au combat. Puis, sans doute sans avoir eu le temps d'apprendre ces nouvelles, le roi de Pologne meurt d'une énième maladie. Son successeur et frère Jean Casimir n'est élu que quelques mois plus tard, selon les modalités polonaises. Pendant ce temps là, au sud, la situation est redressée par Jeremi Wiśniowiecki. "Le marteau des cosaques" comme on l'appelle, met un coup d'arrêt aux conquêtes de Chmielnicki, mais ne parvient pas à renverser la tendance ce qui, fatalement, rallonge le conflit de plusieurs longues années. Chmielnicki transforme progressivement cette lutte, contre une partie de ses chefs et de ses troupes, en une guerre d'indépendance cosaque. Le conflit, à sens unique en 1648 puis larvé entre 1649 et 1651, reprend. Cette fois, les troupes polonaises sont préparées, les chefs déterminés à éliminer la menace cosaque. La guerre a pris les dimensions d'une lutte à mort, et c'est dans cette esprit là que se joue la bataille de Beresteczko, en Volhynie, du 27 juin au 10 août 1651. Près de 200.000 hommes se font alors face. Le 28 juin est en fait une petite escarmouche entre l'avant garde Tatare et une petite portion de la cavalerie polonaise. Les Tatares ne s'attendaient pas à trouver ici les Polonais, et reculent après un affrontement bref mais meurtrier pour les nomades. Jean Casimir a en effet installé son Tabor, un camp retranché mobile composé de chariots reliés entre eux, à quelques centaines de mètres de Beresteczko, seul point possible pour traverser la rivière Styr. Si par malheur, il fallait se retirer, le camp et ses canon protègerait les troupes polonaises. En dehors de cela, l'armée royale est dos à la rivière. Le 29, les Tatares, renforcés par l'arrivée du Khan, tentent de prendre d'assaut les positions polonaises, sans succès. Cela permet en revanche à Chmielnicki de les rejoindre. Le Khan, échaudé par les escarmouches de la veille et par la résistance offerte par les Polonais, menace de quitter les lieux s'il ne mène pas lui-même la bataille le lendemain. Chmielnicki, dont les forces ont entamée la traversée de la Plaszewka à l'est et ne peuvent plus se replier sous peine de se faire charger par les Polonais, n'a pas d'autre choix que d'accepter. Le lendemain matin, le brouillard épais empêche les deux armées de modifier leurs dispositifs respectifs. Dispositif de la bataille de Beresteczko, 29 juin 1651. L'armée polonaise est menée par le roi de Pologne Jean Casimir, déployant l'infanterie polonaise et les canons (trop peu nombreux pour avoir leur pion) au centre. Il ordonne à la cavalerie lourde accompagnant ces hommes de se battre non pas à la polonaise, mais à l'européenne. Les troupes adoptent ainsi une formation classique en damiers, la cavalerie ayant pour rôle de soutenir l'infanterie et flanquer l'ennemi. Sur les ailes, deux immenses armées de cavaliers, composés d'un noyau d'élite avec les hussards ailés (force de combat double), menés à gauche par Wiśniowiecki et à droite par Lanckoroński. Derrière eux, la masse de la noblesse rassemblée dans la Pospolite Ruszenie, l'arrière-ban (ou levée en masse) d'une qualité des plus douteuses (ne peuvent mener d'attaquer, s'ils sont défaits alors qu'ils sont seuls dans leur région, ils quittent le champs de bataille). Les troupes leur faisant faces sont composés des szambuly tatares (peuvent attaquer tout en se retirant et peuvent toujours échanger une perte contre le retrait de la zone qu'ils occupent), tenant l'aile gauche et dont sa propre gauche est protégée par le bois. Au centre, des troupes cosaques mêlant l'élite de la Straszyna et les Czarni, les paysans levés à la va-vite pour la guerre. Ils sont accompagnés de quelques cavaliers, placés principalement à droite. L'aile droite cosaque est protégée par la Plaszewka. LE dispositif allié ne peut ainsi pas être contourné. Tour 1-2 : les Tatars à l'assaut ! Sitôt le brouillard levé et les troupes déployées, les Tatares se mettent en mouvement. Le Khan envoie Tugay Bey sonder l'extrême droite des lignes polonaises et les harceler de barrages de flèches, tandis qu'il mène lui-même les troupes sur la droite. Depuis une tour de guet levée au milieu du Tabor, Chmielnicki voit les premiers mouvements, mais face à la menace que représentent le centre et la gauche polonaises, il attend. Voyant la masse des troupes polonaises s'agiter, il est d'abord confiant : la multitude des blasons indique qu'il n'y a que la Pospolite, les Tatares pourraient bien les disperser sans trop de difficultés. Mais, les tatares approchants, de plus en plus de bannières écarlates certies de l'aigle argenté polonais se lèvent, tandis qu'un chant lointain se fait entendre, Bogurodzica. Une feinte ! Les Tatars ne sont pas en train de harceler de la piétaille à cheval, mais bien la fine fleur de la cavalerie polonaise qui avait dissimulé ses positions ! Le Khan se rend compte de son erreur trop tard, il a déjà engagé une partie de ses troupes, commandées par son propre frère Selim, pour aider Togay Bey à prendre une partie des troupes polonaises en tenaille. Le Khan retire la majorité de ses troupes, mais lorsque Selim se rend compte que l'ennemi charge loin sur sa droite, il est trop tard. Il amorce une retraite précipitée avec un ennemi dans son dos. Les pertes sont immenses. Dans la confusion, Togay Bey interprête le mouvement sur sa droite comme l'arrivée des renforts de Selim. Lorsque les bannières rouges apparaissent au travers de la poussière, il comprend la situation : l'aile tatare est allée trop avant et lui-même est encerclé. Face à lui, Lanckoroński mène la charge, entraînant la déroute tatare. Selim Giray et Togay Bey ne survivent pas au déluge de fer polonais. Tour 3 : les Cosaques se défendent Depuis le Tabor, Chmielnicki assiste à la scène. L'aile tatare effondrée, il est obligé d'engager sa réserve et ne peut raisonnablement plus se montrer offensif, et il n'ose pas imaginer la catastrophe dans laquelle serait ses troupes s'il avait décidé d'avancer en même temps que les Tatares. Il espère voire l'aile polonaise s'aventurer trop près de ses propres lignes et lui offrir la possibilité d'une violente contre-attaque localisée. Si les hussards sont repoussés, il est fort probable que la Pospolite se rende ou refuse le combat et prenne la fuite. Le Khan voit approcher des renforts cosaques. Croyant voir une première attaque de son allié contre les polonais, il ordonne à ses troupes de cesser la retraite, de resserrer les rangs et d'harceler les troupes polonaises en reculant progressivement vers le Tabor cosaque. L'affrontement reprend entre le Khan et Lanckoroński mais tourne rapidement à l'avantage des bannières rouges. Les cosaques ont arrêté leur avancée à un peu plus de 800 mètres et se semble se contenter de couvrir l'espace entre les Tatares et les Cosaques. Le Khan, se croyant non soutenu par son allié et suite à des pertes colossales, ordonne la retraite du champ de bataille. Chmielnicki voit ses renforts arriver trop tard, le Khan a déjà retiré ses troupes. L'espace entre les Cosaques et le bois à l'ouest du champs de bataille n'est plus couvert. L'hetman donne des ordres à son second, Ivan Bohun, puis monte à cheval. S'il peut rattraper le Khan et le convaincre de retourner combattre, il y a encore une chance de vaincre l'ennemi et, surtout, d'éviter l'encerclement. Lanckorońki, voyant les Tatares fuir, ne pousse pas plus avant. Les pertes en hommes et surtout en chevaux sont lourdes de son côté et les soldats sont épuisés après ces deux heures de charges et contre-charge. Il décide de prendre position de biais par rapport au flanc gauche des cosaques, faisant ainsi peser une menace permanente sur l'ennemi. Chmielnicki rattrape le Khan. Lorsqu'il lui propose de revenir, Islam Giray tempête : l'hetman lui avait promis que la Pospolite de Volhynie ferait défection et que l'ennemi ne serait pas en grand nombre. Rien de tout cela ne s'est produit, bien au contraire. Chmielnicki est capturé par les hommes du Khan. Bohun reste seul à diriger les troupes. Tour 4 : la fureur polonaise Jean Casimir ordonne à ses troupes d'avancer. Ses officiers de cavalerie, Wiśniowiecki en tête, demandent depuis plus d'une heure s'ils peuvent enfin charger l'ennemi. La réponse du roi est claire : "celui qui charge sans mon ordre direct se verra arracher la tête". Cependant, voyant les troupes cosaques s'étirer plutôt que de se replier autour de leur Tabor, Jean Casimir met ses troupes en mouvement et donner l'ordre à son aile droite de charger directement, de front, le centre ennemi. Le Tabor, fort de onze rangs de chariots enchaînés entre eux et gardé par nombre de Straszyny, est enfoncé et ne tient plus que par miracle (perte d'un point de Tabor sur les deux. Le Tabor réduit la force des assaillant et annule toutes les pertes en échange de sa réduction, mais même avec ça, la charge est brutale). Une autre charge menace de l'emporter, mais la droite cosaque se met à son tour en marche. Bohun espère ainsi prendre de flanc les troupes de Wiśniowiecki, mais l'avance cosaque, prudente, inclue infanterie et cavalerie plutôt qu'une simple charge. Bohun redoute une contre charge d'éventuels hussards qui anéantirait ses cavliers. La Pospolite, exclusivement montée, fuit sans le moindre problème. Jean Casimir réagit immédiatement : une partie de l'infanterie est envoyée couvrir la retraite de la Pospolite tandis que l'autre fait désormais face au Tabor et à la gauche cosaque. A l'arrière, prêts à rompre l'ennemi, se trouvent les deux bannières de cavaliers de l'armée étrangère et les hussards de Potocki qui ont traversé le Styr quelques minutes plus tôt. Une ligne de bataille de près de 3km de long se dessine, chose rare dans la guerre telle que pratiquée en Europe de l'est. De lourds nuages s'amoncèlent au dessus du champs de bataille, annonçant la pluie. Wiśniowiecki rassemble ses troupes et se prépare à lancer une nouvelle charge pour rompre le Tabor, mais il remarque un faille dans la ligne adverse. En voulant chasser la Pospolite, Bohun a envoyé son aile gauche trop en avant. Il remarque aussi l'étendard royal sur ses arrières. Estimant la situation sûre, il lance la charge... Et bifurque soudainement sur sa gauche, fonçant sur un régiment cosaque isolé qui est bousculé sans la moindre difficulté. Le vacarme des sabots des chvaux polonais, semblable au tonnerre, attirent l'attention des troupes cosaques loin à droite qui voient le danger et se mettent immédiatement en mouvement en groupe vers le Tabor pour éviter l'encerclement. Ils perdent encore l'occasion d'harceler l'ennemi, mais face au peu d'information sur l'effectif exact harcelant le Tabord, Bohun choisir la prudence. Les cavaliers polonais qui faisaient écran rejoignent Wiśniowiecki. L'ordre de repli général autour du Tabor est donné, alors que la pluie se met à tomber. Les Polonais se mettent alors à tournoyer autour du Tabor, à la Mongole, comme pour pousser l'ennemi à la reddition en lui faisant comprendre qu'il n'y a plus aucune issue. Bohun ne cède pas, les Cosaques non plus. La pluie, d'abord légère, devient bien vite violente, et force les cavaliers à cesser le combat. Le terrain est glissant et piégeur et le risque de s'enliser est de plus en plus grand. Puis ce sont les armes à feu qui montrent des signes de faiblesse à cause de l'humidité croissante. La nuit tombant, la bataille cesse d'elle-même, alors que la situation apparaît catastrophique pour les cosaques. Epilogue Bohun profite de la nuit pour déménager le Tabor 3km plus au sud, entre Ostrów et Plaszewka. Les Polonais, surpris par ce mouvement nocturne, ne réagissent que trois jours plus tard pour laisser le temps aux hommes et aux chevaux de se reposer. Jean Casimir décide, contre l'avis de sa noblesse, de déplacer son propre Tabor et d'assiéger les cosaques, enfermés entre les Polonais d'une part et la Plaszewka de l'autre. Le terrain marécageux empêche toute charge de cavalerie susceptible de briser les rangs de chariots, mais il prélève également son tribut sur les assiégés. Les morts et les désertions se multiplient de même que les querelles entre chefs. Dans la nuit du 9 au 10 juillet, alors que les Cosaques sont parvenus à jeter un pont provisoire sur la Plaszewka, il est convenu un plan pour la journée : les troupes doivent passer la Plaszewka en deux groupes. Mais le lendemain au moment d'exécuter le plan, les Czarni, qui n'étaient pas au courant de ces tractations, voient une partie de chefs et de la straszyna traverser la Plaszewka. Il pensent assister à la fuite et à la désertion de leurs chefs, et abandonnent leur poste. Craignant d'abord à un piège, les troupes polonaises ne réagissent pas, puis voyant la confusion agiter de plus en plus le camp ennemi et les canons ne plus tirer, lancent l'assaut. Le bilan est sans appel. La Pologne perd moins de 3.000 hommes sur les 69.000 déployés, mais beaucoup sont des soldats d'élite, et surtout, les pertes en chevaux sont bien plus grandes. Du côté des alliés Cosaques et Tatares, c'est un désastre : seuls 5.000 des 30.000 Tatares quittent le champs de bataille, le Khan a perdu son frère Selim, Togay Bay son commandant le plus brillant, et manque d'être lui-même tué. S'ajoutent à cela 25.000 à 35.000 Cosaques morts pendant la bataille mais surtout pendant le siège, sur environ 90.000. (Historiquement, ce sont 700 morts polonais et 30 à 40.000 Cosaques et Tatares morts, mais cette partie a vue bien plus d'activité que la bataille historique parce que les Tatars ont moins bien combattu). Cette déroute détruit complètement le projet tant souhaité par Chmielnicki d'un Hetmanat cosaque indépendant. Ne disposant désormais plus des forces ni de la base démographique, ni de la légitimité unanime nécessaire à ce projet, il se tourne progressivement vers la Russie. Ce geste est loin de faire l'unanimité. C'est le début de la Ruine, ou des décennie de guerre civile entre factions cosaques qui conduit à sa sujétion au Tsarat de Russie, selon des termes encore plus durs que sous la République de Pologne-Lituanie.
  9. Héhéhé, de vraies distinctions entre marines blue-water et green-water, c'est bon ça
  10. Cartographie des membres du forum

    Tu me trouves aussi du côté de Bordeaux, j'ai toujours mon portal-gun sous la main
  11. Colonize the Universe

    Le moteur ne le permet pas, de mémoire.
  12. Repeuplement

    Ou tu fais comme moi, tu envahis à 16 contre 2. ça passe sans pertes xD Par contre oui, laisser des troupes sur place est obligatoire, il me semble que la planète doit être occupée par une armée d'assaut pour pouvoir la réclamer lors des négociations (dans l'optique où l'ennemi ne se capitule pas). Et c'est également utile quand il y a des pops xénophobes qui menacent de se révolter après le transfert.
  13. Nexus : The Jupiter Incident

    Un très bon jeu ! Si la campagne n'avait pas quelques soucis d'équilibrages en difficulté maximale, et si les factions multi n'étaient pas aussi déséquilibrées, il serait parfait !
  14. Merci C'est une thèse d'histoire moderne, en effet ! Soutenance prévue entre décembre et avril prochain.
  15. Partagez de la musique !

    Allez, on va y aller soft aujourd'hui. Débutons avec cette sublime pièce de Michel-Richard Delalande, Deuxième caprice de la Symphonie pour les soupers du roi, que j'apprécie énormément. Un vrai père du baroque, jamais égalé à mes yeux (ou plutôt mes oreilles) malgré tout le talent de ses successeurs. Youtube et sa compression ne lui rend absolument pas hommage, mais faute de mieux... Continuons avec du metal made in Mongolie : Galloping Towards the Great Land de Tengger Cavalry, groupe qui parle de chevaux, de Mongols, de Tengri, de plaine, de nature, de galop et de guerriers. A écouter avec un équipement sonore donnant des basses correctes, sinon ce sera bof. Fun fact, le fondateur du groupe propose aussi des chants traditionnels mongols Dans un tout autre registre, the Algorithm. Un one-man-band de chez nous qui propose un mélange assez étrange de djent, de tonalités électroniques et de chip tunes. Bonnes basses encore une fois recommandées. Je recommande enfin la bande son de Crypt of the Necrodancer dans son ensemble, tant sa version originale chiptunes et la version metal de Family Jules. Colle parfaitement au jeu mais s'écoute tout aussi bien seule ! Et n'oubliez pas de bonnes basses pour les apprécier. En version originale : En version metal : Voilà voilà ! Bonne écoute !
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