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Rhysaxiel

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À propos de Rhysaxiel

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  • Date de naissance 12/11/1988

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    Aquitaine
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    - Histoire
    - Informatique
    - Sports automobiles
  1. [CMANO] Impossible n’est pas Iranien

    Je n'ai pas de capture d'écran du matériel irakien, mais les MiG-23 et 21 ont le même radar (RP-22M Sapfir 22) et utilisent le même missile R-3S/AA-2a Atoll. Les performances sont similaires au matériel des F-5E iraniens. Supériorité, en effet !
  2. [CMANO] Impossible n’est pas Iranien

    Pour vous donner une indication plus visuelle des capacités des trois avions, reprenons l'image des patrouilles de routine : (rappel : les cônes blancs sont les radars, les cercles roses les portées de tir maximales des missiles antiaériens) Le groupe d'avion qui s'appelle North CAP est composé de F-5, celui de Central CAP de F-4, et celui de South CAP de F-14. Réalisé sans trucages.
  3. [CMANO] Impossible n’est pas Iranien

    (beaucoup de redite dans cette partie-là, mais vous aurez tous les détails sur la doctrine utilisée, pourquoi cette mission est suicidaire, et je peux vous présenter deux autres appareils au passage !) Base aérienne de l’IRIAF à Hamedan, 7h00 Le colonel Fakoori entre dans la salle de briefing, où l’attendent les d’équipages, pilotes et navigateurs, engagés dans l’opération. « L’opération que nous allons lancer dans quelques heures est capitale pour l’effort de guerre. Elle vise à détruire une portion de la flotte de bombardiers irakiens ou, à défaut, d’endommager leur base pour les empêcher d’agir au cours des trois prochains mois. Cette mission est le déclencheur d’un plan plus vaste, une attaque massive contre les positions irakiennes qui, en 180 jours, doit nous amener à la victoire totale. Nous avons fait appel aux meilleurs pilotes de notre armée, car la mission qui s’annonce fera appel à l’ensemble de votre expertise. Pilotes du 31e TFS, vous vous embarquez dans une mission dangereuse : votre cible est loin en territoire ennemi, vous ne disposez d’aucun soutien d’aucune sorte, et votre retour est conditionné à la survie de plusieurs avions ravitailleurs. Fort heureusement, nos diplomates ont obtenu de nos amis Syriens un sauf-conduit vers la base de Palmyre en cas d’urgence. Sachez cependant qu’il est fort probable que vous soyez internés et vos avions cloués au sol si vous deviez y atterrir. Nous souhaitons évidemment votre retour sain et sauf et non votre capture, Inch’Allah. Votre survie dépend de plusieurs phases de ravitaillement. Dans le but de maintenir cette opération strictement confidentielle, vous devrez procéder aux différents ravitaillements en vol à 100 mètres d’altitude seulement, et conserver une altitude basse tout le long de votre mission. Je n’ai pas besoin de vous rappeler le danger que représente une telle manœuvre quand on survole nos montagnes, c’est pour cela qu’on a fait appel à vous. Vous décollerez de Hamedan, vous vous ravitaillerez une première fois au-dessus du lac Ourmia, puis longerez la frontière turco-irakienne et irako-syrienne, et retarderez au maximum votre approche vers votre cible pour laisser planer le doute chez l’ennemi quant à votre identité et vos intentions. Vous devez obtenir l’effet de surprise, aussi, vous maintiendrez vos radars éteints ainsi qu’un silence radio total. Dans environ une heure et demie, deux KC-25 décolleront d’Istanbul, où nous les avons maquillés en avions de ligne. Le premier volera transpondeur allumé, le second volera en silence à ses côtés. Ils doivent quitter leur couloir aérien à 10h00, couper tout transpondeur, et réduire leur altitude pour permettre votre ravitaillement au Kurdistan syrien. (…) Votre cible est l’immense complexe H-3. (…) Le gros de vos cibles se situera certainement sur la base Al-Walid, au cœur du complexe. Vous serez divisés en deux groupes, Alvand et Alborz. (…) Alvand, votre mission est de rendre autant que faire se peut les pistes de décollage des trois bases inutilisables. Vous êtes quatre, il y a quatre pistes, je vous épargne les mathématiques. Vous lâcherez quatre de six vos bombes sur chacune de vos cibles. Les deux bombes restantes sont à utiliser à votre guise. Avec les pistes neutralisées, vous devriez réduire la force de réaction de l’ennemi. Vous devrez également ouvrir l’œil pour repérer toute formation de bombardier au sol et ainsi désigner des cibles pour le groupe Alborz. Alborz, vous avez pour mission principale de larguer vos bombes à fragmentation sur toute formation d’avions repérée au sol. Chaque emplacement repéré devra être ciblé par une bombe. La BL.755 est conçu pour détruire les formations blindées, elles n’auront aucun mal à détruire des avions. Visez le centre des formations ennemies pour maximiser vos dommages. Ne vous détournez pas de vos cibles même si vous êtes attaqués. Chaque bombe qui tombe est un coup porté à l'ennemi. Vous êtes autorisés à engager certaines cibles d’opportunité : les défenses antiaériennes, ainsi que tout avion décollant de la base pour vous intercepter. Dès que vous n’avez plus de bombes, couvrez vos frères et quittez la zone. Si l’ennemi venait à lancer des avions à votre poursuite, vous devrez les abattre, sans quoi ils ne front qu’une bouchée de nos ravitailleurs. Votre tactique habituelle consistant à accélérer et distancer l’ennemi ne suffira pas : votre niveau de carburant sera sans doute critique tout au long de la mission, vous devrez ignorer tous les avertissements à ce sujet et consommer jusqu'aux vapeurs de kérosène s'il le faut. Considérez tout appareil dans le ciel irakien comme ennemi, ne cherchez pas à les identifier positivement comme tel avant de les engager. Rentrez à la base par le même chemin qu’à l’aller. Maintenez votre altitude au plus bas pour ne pas éveiller les défenses ennemies. Le 41e TFS basé à Dezful procédera à une mission de diversion contre le site radar d’Al-Amarah dans le but d’attirer vers le sud les chasseurs irakiens pendant votre premier ravitaillement. Quatre F-5E équipés de bombes prendront pour cibles les radars, bunkers et défenses antiaériennes du site, tandis que quatre autres les couvriront. Quatre autres appareils équipés pour la supériorité aérienne seront en état d’alerte permanent le temps de la mission. Deux F-14 du 32e TFS patrouillant au sud du territoire les appuieront. Une deuxième attaque de diversion est envisagée si nécessaire, à partir de Tabriz. Je superviserai moi-même les opérations depuis les airs. Des questions ? » Silence dans la salle. Les regards déterminés des pilotes en disent long sur leur état d’esprit : ils sont prêts à aller frapper l’ennemi au cœur et à mourir pour cela si nécessaire. « Alors bonne chances mes Frères, et que le Très Miséricordieux vous garde. » Northrop F-5E Tiger II Grumman F-14 Tomcat
  4. [CMANO] Impossible n’est pas Iranien Jeu : Command Modern Air Naval Operations Wargame of the year edition. Scénario : “Attack on H-3”, scenario communautaire lourdement modifié par mes soins Camp : Iran Contexte : Première guerre du Golfe (Guerre Iran-Irak), 1980-1988 Date : 4 avril 1981 Introduction Les relations entre l’Iran et l’Irak sont tendues depuis plusieurs décennies, notamment à cause du statut de la navigation maritime sur le Chatt-el-Arab, à la frontière entre les deux pays. La découverte de pétrole dans la région du Kouzistan, qui inclue le fleuve, et la présence d’une majorité arabe, et non perse, attise les convoitises des baathistes irakiens, arrivés au pouvoir en 1968. La Révolution Iranienne de 1978-1979 et son ambition pan-islamiste s’inscrit également en contradiction totale avec le baathisme et ses aspirations nationalistes arabes. Espérant profiter du chaos, conséquence de la révolution islamique et de ses purges touchant l’Iran, l’Irak de Saddam Hussein lance le 22 septembre 1980 une attaque massive et surprise contre son voisin persan. Cette attaque, ciblée sur le Khouzistan que Saddam espère annexer, remporte un succès initial mais est bien vite non seulement arrêtée par des Iraniens étonnamment résilient, mais en plus progressivement contrée. Les troupes irakiennes échouent aux portes d’Abadan, dont le siège débute en novembre 1980 mais traîne en longueur. Son échec marque la fin de la première phase de la guerre, celle de l’initiative irakienne. L’année 1981 voit les deux belligérants en position largement défensive, avec toutefois le lancement d’une opération iranienne à Dezful en janvier, qui se solde elle aussi par un échec. Elle amène l’Irak à tirer ses premiers missiles, non des Scuds, qui entrent en scène plus tard, mais des 9K52 Luna-M/FROG-7, contre les civils. Dans les airs, les forces iraniennes ont l’ascendant sur leur ennemi, à tel point que les appareils les plus précieux sont déplacés loin à l’est de l’Irak, sur le complexe H-3 (sur le pourquoi de cette domination iranienne, voir un prochain AAR !). Les renseignements iraniens affirment de plus que l’Union Soviétique ainsi que la France ont livré en début d’année de nouveaux appareils à leur ennemi et que l’Egypte fournit des pièces détachées. Des bombardiers Tu-16 et Tu-22 ainsi que des Mirages F-1 seraient ainsi parvenus sur les bases irakiennes. L’état-major irakien considère son aviation, notamment ses précieux bombardiers, à l’abri sur l’H-3. Les Iraniens vont lui prouver qu’il a tort. Le complexe H-3 Ce complexe regroupe trois bases aériennes avec, sur chacune, une infrastructure colossale : tout le nécessaire au ravitaillement, quatre pistes en tout dont deux de près de 3km chacune, plus de places de stationnement pour les appareils que ce qui est nécessaire, ainsi qu’un réseau de radars et de défenses antiaériennes modernes. Il est fort probable que les bombardiers soient stationnés sur la base principale en raison des deux pistes qui offrent une sécurité accrue en cas d’attaque. Il est même possible d’aller plus loin et de conjecturer que les emplacements des avions sont au croisement des deux pistes, à l’est. C’est en tout cas ce qu’un commandant un peu censé ferait… A condition d’estimer qu’une attaque contre la base est possible, ce qui n’est pas le cas des irakiens. Le complexe est loin à l’ouest, près de la frontière jordanienne. Aucun appareil dans l’arsenal iranien n’est en mesure d’atteindre cette cible et de rentrer sans ravitaillement aérien. Le plan initial consiste en un trajet des plus directs : en passant directement au nord de Baghdad, le trajet est le plus court. Cependant, le fait de rester moins longtemps dans l’espace aérien est compensé par la proximité de plusieurs bases aériennes, dont les deux autour de Baghdad, assurément en état d’alerte permanent. De plus, une fois Baghdad passée, il sera impossible de maintenir la surprise, le seul objectif stratégique à l’ouest est la base H-3. Un triumvirat de colonels de l’Armée de l’Air Iranienne, Javad Fakoori, Bahram Hooshyar et Fereidoon Izadseta, ont raffiné le plan original et proposé plusieurs variations (historiquement une seule, la 2). Le plan n°2 consiste à longer la frontière nord du pays, où l’aviation irakienne est moins présente, pour ensuite virer vers le sud-ouest pour frapper H-3. La route est très longue et nécessite sans doute deux ravitaillements en vol pour l’aller seulement. Le relief est en revanche favorable à une infiltration : les Monts Sinjar à l’ouest de Mossoul offrent une couverture contre les radars irakiens. Le plan n°3 passe entre Al-Kut, défendu par la base d’Al-Jarrah, et Al-Amarah. Baghdad est ainsi contournée, mais l’absence de surprise une fois Baghdad passée persiste. Le plan n°4 est le miroir du plan n°2, mais passe très près de la base de Shaibah, dans une zone où l’armée irakienne est plus active. Le relief plat n’offre pas de couverture, mais les radars sont moins présents dans la région. La base aérienne de Shaibah est cependant assez active. Après plusieurs heures de discussion, le plan numéro 2 est retenu. Il offre le double avantage de passer par une zone de faible activité irakienne en plus d’offrir un relief accidenté, susceptible de complètement masquer les avions participant à l’attaque pendant de longues minutes. Longer les frontières turques et iraniennes ouvre en plus des possibilités de leurrer l’ennemi en faisant passer nos avions pour des avions étrangers en patrouille. Le plan Le principal problème logistique de cette attaque est le carburant. Nous disposons de quatre appareils de ravitaillement aérien, des KC-25/Boeing 707 qui peuvent ravitailler quatre appareils chacun dans des délais raisonnables. Pour l’ensemble de l’opération, quatre missions de ravitaillement seront nécessaires, deux à l’aller et deux au retour. La première et la dernière auront lieu au-dessus du lac d’Ourmia tout au nord du pays. La deuxième et la troisième mission se feront dans l’espace aérien syrien, entre les monts Sinjar et les montagnes au nord du pays, dans le Kurdistan irakien. Avec une telle configuration, il ne peut y avoir que huit appareils en vol. Les avions les plus à mêmes de mener une telle opération dans l’arsenal iranien sont les F-4E Phantom II. La base d’Hamedan en abrite plusieurs du 31e Escadron Tactique de Chasseurs. McDonnell Douglas F-4 Phantom II La configuration arrêtée est la suivante : - quatre avions chargés de six bombes de 750 livres M117 forment le groupe Alvand - quatre avions chargés de bombes à fragmentation BL.755 CB forment le groupe Alborz Outre leur équipement d’attaque, ces avions possèdent deux missiles anti-aériens AIM-7M Sparrow et un pod de contre-mesures AN/ALQ-101 pour se défendre contre les appareils rencontrés et les missiles tirés contre eux. Le principe est simple en théorique mais très dangereux en pratique. Les appareils voleront à basse altitude tout le long du trajet. Partant d’Hamedan, les huit F-4 se rendront au Lac Ourmia où ils procéderont au premier ravitaillement, avant de filer vers l’ouest pour procéder au deuxième ravitaillement au-dessus du Kurdistan. De là, ils attaqueront. Elle se déroulera en deux temps. Le groupe Alvand a pour mission de neutraliser les pistes de décollage des trois bases en lâchant quatre bombes par piste. L’objectif est de sécuriser le site en empêchant tout avion de chasse au sol de décoller pour intercepter les F-4 et de repérer d’éventuels bombardiers stationnés au sol. La vague Alborz a comme principal objectif de détruire les avions au sol avec leurs bombes à fragmentation, sous la couverture d’Alvand. Il n’y aura que deux passages au maximum avant de faire demi-tour en prenant l’exact chemin inverse. La base dispose d’un ensemble de défenses anti-aériennes relativement récent, des S-75M Volkhov/SA-2f et 9M32/SA-7a Grail au-dessus duquel il ne vaut mieux pas rester trop longtemps. Il y a sans doute des chasseurs sur place, mais nous ne savons pas avec certitude leur type ou leur état. L’Irak dispose de MiG-21 et de MiG-23, ce sont sans doute ces appareils que nous rencontrerons. A moins d’être repérés en vol, nous disposerons de l’effet de surprise et bénéficierons peut-être d’une défense moins acharnée que prévue. En parallèle Les patrouilles de routine ont lieu selon leur schéma habituel. Leur but est d’engager tout avion irakien identifié. Plusieurs appareils sont disponibles, ou le seront dans quelques heures, sans pour autant être affecté à une mission quelconque. Sur la base de Dezful, huit F-5E Tiger II sont prêts à décoller, quatre armés pour le combat antiaérien, quatre pour un bombardement au sol. Ils sont affectés à une mission de diversion contre Al-Amarah, consistant en le bombardement du poste radar et des bunkers, dans le but d’attirer les chasseurs irakiens dans la région et ainsi les éloigner du nord du pays. Des F-14 sont en attente à Omidieh. 4 avril 1981, 7h00, alors que les appareils sont quasi prêts à décoller, le briefing commence…
  5. Fin d'année 2017

    Oh yeah ! Merci à toute l'équipe et comme toujours, bravo à tous les participants ! J'espère que nos récits auront donné l'envie à certains ou de se lancer eux-mêmes dans la rédaction d'AARs ou de s'essayer à de nouveaux jeux.
  6. Bonne Année 2018 à tous !

    Excellente année à tous !
  7. Fin d'année 2017

    Et voilà ! J'ai ouvert le bal.
  8. Voici comme promis ma participation au concours de mini AAR 2017 ! Vous avez remarqué avec mon dernier récit que je suis assez fan d'opération aéronavales. Aussi, après Command : Modern Air Naval Operations, je vous propose une partie sur le Temps des As, un jeu sur combats aériens de la première guerre mondiale paru dans deux numéros de Vae Victis, partie qui aurait pu s'appeler "Commandement : opérations aéronavales anciennes" 12 mai 1917, au large de Zeebrugge Le port de Bruges, ou Zeebrugge, est exploité par la marine Allemande comme base de sous-marins. C’est de là que partent les submersibles menaçant le commerce britannique ainsi que les navires de l’Entente dans la Manche. Faute de pouvoir reconquérir la ville de Bruges et son port dans des délais raisonnables, la Royal Navy a décidé de mener un bombardement naval contre les installations côtières. Sous le commandement du Vice-Amiral Sir Reginald Bacon Trois monitors, le Marshall Soult, le Terror et l’Erebus, de la Dover Patrol, doivent bombarder le port, et plus particulièrement les portes du canal de Bruges menant audit port, guidés en cela par deux appareils d’observation du Royal Naval Air Service. Sans eux, les navires sont aveugles. Pour couvrir ces deux appareils et les deux autres devant les relayer au cours de la journée, le 4 (Naval) Squadron déploie plusieurs Sopwith Pup. Ces avions sont un petit bonheur à piloter : légers et maniables, ils sont toutefois légèrement armés avec leur mitrailleuse unique. Leur surnom de "Pup", chiot, vient sans doute de la docilité de l'appareil. Son nom officiel est en effet Sopwith Scout.. La Dover Patrol elle-même est couverte par les Sopwith Triplane du 10 (Naval) Squadron. Leur principal avantage réside dans leur capacité à voler haut et vite. La première patrouille des Pups est sans histoire : aucun avion allemand ne vient les attaquer tandis que les deux avions d’observation guident les tirs des navires. La deuxième est prise à parti par des Albatross D.III allemands. Ils n’ont pas la maniabilité ni la solidité des Pups, mais une puissance de feu accrue. C'est sur cet avion qu'Ernst Üdet a fait sa réputation. Le duel qui s’annonce est un cas classique de force brute contre manœuvrabilité. Sept Pups et plusieurs Triplane se retrouvent face à quatorze Albatross. Le bal aérien peut commencer ! Notre histoire ne concerne qu’une portion de la bataille : à l’ouest du port de Brugge, trois pilotes britanniques fraîchement sortis de l’entrainement affrontent quatre chasseurs allemands eux aussi novices. Les quatre avions allemands sont en formation berger : le pilote le plus expérimenté vole plus haut que le reste du groupe pour avoir une vision globale de l’affrontement à venir. Le chef, volant plus haut, a ainsi l’initiative. Les pions sont numérotés de 1 à 5, à droite de la silhouette de l'avion, en rouge pour l'Alliance, en bleu pour l'Entente, pour permettre de se rappeler qui est qui. - Albatros 1 est Franz Bergman. Un joyeux drille avec une tendance à la prise de risque inutile. Il a un talent particulier pour manœuvrer à la limite du décrochage. - Albatros 2 est Gunther Fricht. Un Bavarois très patriote avec d’excellentes capacités d’observation pour un bleu. - Albatros 3 est Albert Rossmann. Sans aucun doute le maillon faible de cette escadrille, il est très précautionneux, sans doute trop pour piloter un avion de chasse. - Albatros 4 est Manfred Grussenberg. C’est le plus expérimenté du groupe. Par « expérience », il faut comprendre qu’il a déjà piloté trois fois en conditions réelles, mais sans jamais abattre d’avion. Les Britanniques sont dispersés. Le Triplane est isolé des deux autres Pups mais devrait pouvoir les rejoindre rapidement. - Triplane 1 est William Radford, un habitué des patrouilles maritimes mais qui n’a jamais encore piloté le Triplane. - Pup 2 est Chris Paddington, un pilote qui a marqué son instructeur par sa propension à se lancer dans des figures improvisées avec ses appareils d’entraînement. - Pup 3 est Robert Murray, un londonien taciturne et plutôt efficace, allant souvent au plus court et au plus simple dans ses décisions. - Breguet 14 n°5 est l’appareil d’observation, il ne participe pas au combat sauf pour éventuellement être abattu. Les deux pions navires sont ici pour le decorum, ils n’ouvriront pas le feu sur les Albatros qui, sans bombe, ne peuvent rien contre eux. Les Pups profitent de leur meilleure maniabilité pour se mettre en position d’intercepter les Albatros sur leur gauche, qui choisissent quant à eux de continuer tout droit avant de virer vers les Pup. Le but ? Affronter chaque appareil britannique à 2 contre 1. Murray ouvre le feu en premier grâce à sa manœuvre. Les balles touchent Bergman mais ne font que des dégâts superficiels. Radford vire et fonce droit sur la formation ennemie. Tout juste à portée, il ouvre le feu sur Grussenberg. Un éclat de balle se fiche dans la mitraillette de l’Albatros et la déforme. Pas de doute possible, elle est inutilisable ! Les Albatros n’hésitent pas à contre-attaquer. Grussenberg et Murray se font face, se mitraillent, évitent la collision de peu… Une balle traverse l’épaule de Murray qui serre les dents, tandis que l’Albatros allemand est indemne. L’avantage d’avoir deux mitrailleuses est ici visible. Bergman et Fricht ouvrent le feu sur Paddington mais ne parviennent pas à le toucher en faisant des dégâts significatifs. La contre-attaque ne produit rien. Paddington use de sa vitesse et de la maniabilité de son appareil pour opérer un renversement. En quelques secondes, il se retrouve dans le dos de deux Albatros ! Privé d’une partie de sa puissance de feu, Rossmann panique et tente de se désengager, mais Murray se lance à sa poursuite. Le combat commence très mal pour les pilotes allemands. Trois de leurs avions sont suivis de près par les britanniques, seul Grussenberg a ses six heures de sûres, et encore a-t-il un Triplaneà dix heures. Notez l'usage de disques en lieu et place de pions fournis dans le jeu pour indiquer l'altitude et ne pas surcharger le plateau Murray suit Rossmann de près mais ne parvient pas à l’abattre, son bras est de plus en plus douloureux et l’Albatros est solide. Voyant que le pilote allemand se replie sur ses bases et de peur de tomber dans un traquenard, Murray fait demi-tour pour prêter main forte à ses compatriotes et profite du calme autour de lui pour gagner de l’altitude. Le renversement de Paddington a été utile : il endommage coup sur coup les appareils de Bergman et Fricht, déchirant ou arrachant leur voilure alors que ceux-ci tentent de lui échapper en prenant deux trajectoires opposées. Dans cette situation, les Pup, déjà plus maniables, vont pouvoir danser autour des Albatros ! Radford a moins de chance, Grussenberg endommage son avion dans un duel en face à face qui tourne, encore une fois, à l’avantage des Allemands. L’Albatros parvient en plus à se placer dans ses huit heures. N’est pas Georges Guynemer qui veut. Radford accroche la queue de Bergman, mais ne parvient pas à le toucher. Grussenberg ajuste sa position, il est désormais dans les six heures du Triplane. Paddington profite toujours de sa position avantageuse mais manque ses tirs. Il est surpris par une bourrasque qui l’emporte plus loin qu’il ne n’aurait souhaité et tente de compenser sa survitesse en prenant de l’altitude. Non seulement il manque sa cible deux fois, il perd en plus son avantage : Fricht a désormais la possibilité de renverser la vapeur malgré son avion endommagé ! Murray mets les gaz. Il découvre la situation difficile de ses alliés. Il assiste impuissant à un renversement de vapeur. Paddington est toujours poussé par le vent et offre désormais sa queue à Fricht qui tire mais ne parvient pas à le toucher. Radford place quant à lui Bergman dans son viseur, mais au moment d’ouvrir le feu, les balles de Grussenberg fendent son appareil en deux. Sans sa queue, le Pup n’a plus aucune stabilité et fonce droit sur l’eau en vrillant. L’avion s’écrase en mer, tuant son pilote sur le coup. Murray arrive enfin à portée de tir d’un avion allemand. Il serre les dents, pointe son nez vers le bas, laisse l’appareil gagner en vitesse, met Grussenberg en joue, tire… Et détruit l’appareil en quelques rafales à peine ! Les coups disloquent la structure et criblent de balles son pauvre pilote qui n’a rien vu venir. Bergman a bien tenté d’ouvrir le feu sur le Pup, mais de si loin, il est peu probable de toucher quoi que ce soit. Fricht tente de poursuivre Paddington mais perd trop de vitesse dans ses virages, la faute à sa voilure endommagée, et ne peut correctement l’aligner à cause de la différence d’altitude. Plutôt que de capitaliser sur sa vitesse, son altitude et la meilleure maniabilité de son appareil, Paddington se lance dans une nouvelle manœuvre. Derrière lui, Fricht voit le Pup partir en chandelle, faire un demi-tour tout en prenant de l’altitude avant de lui tirer dessus. Plutôt que de laisser la manœuvre se terminer, il ouvre le feu, touche l’appareil, arrache plusieurs élément de fuselage mais l’avion poursuit sa manœuvre, endommagé mais toujours aussi agile. Paddington met les gaz, tire à bout portant et perfore le fuselage sur toute la longueur de l’appareil avant d’enflammer le réservoir. L’Albatros se transforme en boule de feu et se disloque. Murray, qui venait de se positionner pour se lancer à la poursuite de l’avion allemand, se fait chiper une victoire. Derrière lui, Bergman se place dans ses 6 heures, mais il est trop loin, et surtout trop lent, pour être une quelconque menace. Murray profite de sa vitesse pour imiter quelque peu Paddington : malgré son bras toujours plus douloureux, il effectue un renversement et fait désormais face à Bergman. Les mitrailleuses des deux avions crachent leurs munitions, les impacts de carlingue se multiplient… Et l’Albatros cesse de tirer. Son pilote vient de recevoir deux balles en pleine tête. Sans direction, l’avion commence à piquer et rouler, envoie son pilote en chute libre, et s’écrase en mer. C’est une victoire pour l’Entente. Malgré leur infériorité numérique et leur relative désorganisation, les pilotes ont pu mettre à profit la maniabilité supérieure de leur appareil pour tenter des manœuvres audacieuses à même de leur donner l’avantage. La patrouille allemande n’a jamais inquiété l’observateur et perd trois Albatros contre un seul Triplane abattu. Les deux Pups, s’ils sont endommagés, restent entiers. Paddington rentre avec une première victoire à son actif et confirme sa réputation de voltigeur un peu fou. Murray auréolé de deux victoires, ne peut descendre de son avion sans assistance : l’adrénaline retombant, il perd connaissance sous la douleur. Quelques heures plus tard, il se réveille à l’infirmerie, le bras en bandoulière, bon pour quelques jours de repos. Une troisième patrouille abat un hydravion tandis qu’une quatrième repousse une attaque de deux autres hydravions équipés de bombes. Malgré la présence de l’avion d’observation au-dessus de la cible, le bombardement s’avère inefficace. De nombreux obus n’ont pas explosé, limitant la qualité des retours radio de l’observateur. La cible, les deux portes d’entrée du canal de Bruges, est de plus très petite, trop pour être précisément ciblées par l’artillerie navale, même avec correction. Le vice-amiral Bacon quitte la côte belge en pensant avoir suffisamment endommagé le port, mais une mission de reconnaissance quelques jours plus tard révèle qu’il n’en est rien. La plupart des obus sont tombés autour des portes sans les endommager, et si quelques docks et un bassin ont été touchés, le port reste opérationnel. L’opération est un échec. Le vice-amiral retente l’expérience quelques jours plus tard contre Ostende, une cible de taille correcte et plus sensible aux bombardements côtiers. L’expérience acquise est utile pour la conception et la réalisation des raids de Zeebrugge et d’Ostende de 1918. Pour les bleus du 4 (Naval) Squadron, en revanche, l’heure est à la célébration.
  9. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Bilan : pertes Russie Mon commandement plein de précaution donne des résultats très intéressants. Mes pertes sont très limitées : trois appareils, un drone, un hélicoptère et le Priazovye, sans doute la perte la plus coûteuse. Le peu de moyen de lutte anti-sous-marine à ma disposition justifie largement la perte d’un navire, même si le Zelenyy Dol est passé extrêmement près de la catastrophe. Par corollaire, je ne suis pas allé chatouiller la Turquie alors que le scénario le permet. J’obtiens une « Victoire majeure » là où un « Triomphe » était possible. Je vous laisse juge du degré réel de victoire. Turquie La Turquie a joué un rôle très simple et très utile dans mon plan : celui du petit orteil qu’on écrase très fort pour faire crier l’ennemi. Le Gediz est une véritable cible flottante qui ne demande qu’à être coulée pour calmer tout le monde si les choses dégénèrent. Lorsque mes Su-30 et Su-35 ne pouvaient plus assurer de patrouille continue à force d’engager l’ennemi en permanence, détruire le Gediz est devenu une priorité. Les avions turcs sont restés dans leur coin, à l’exception des quatre F-4 venus attaquer les Kurdes et qui ont ainsi tout déclenché. Tout ce qui flottait a en revanche fini au fond de l’eau. En un sens, ils ont vraiment été les idiots utiles de la partie : ils déclenchent les hostilités, puis ne s'engagent pas plus avant à défendre leur bifteck, avant de se faire étriller en mer sans réagir. Syrie C’est encore l’Etat qui s’en sort le mieux. Restée tranquillement dans son coin, elle a perdu deux avions sous les coups des MANPADs de Da’esh. La situation n’a escaladé avec personne. Etats-Unis Le dispositif américain est limité, mais l’agressivité de ce camp lui coûte cher. L’escadron des Grim Reapers et ses F-15C sont décimés et l’absence d’escorte pour les Orion coûte cher. Le Columbia échappe de justesse à mon hélicoptère de chasse sous-marine, le cessez-le-feu est signé juste avant qu'une torpille ne soit tirée. Les F-16 n’ont jamais décollé. Au Pentagone, des têtes vont tomber. Coalition Les pertes de ce camp sont colossales. Outre le fait que l’escadre du Charles de Gaulle a été infiltrée par un sous-marin d’attaque, les pertes aériennes sont particulièrement coûteuses et nombreuses. Les E-2, Sentinel et Sentry perdus représentent à eux seuls plusieurs milliards de dollars. Le Charles de Gaulle a perdu ses AWACS et une partie de sa force de frappe. Les Tornados ont démontré leur obsolescence. En l’état, les puissances européennes doivent rentrer chez elles et une crise politique en France n’est pas à exclure. Bilan : perspective L’incident du premier juin s’avère désastreux pour les coalisés et l’OTAN. Au cours de plusieurs réunions internes à l’Alliance Atlantique, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont violemment reproché à la Turquie d’avoir provoqué la Russie avec son raid contre les Kurdes d’Afrin, donnant là un prétexte à des représailles, tout en refusant de venir contester l’espace aérien méditerranéen après le déclenchement des hostilités. La contre-attaque kurde, permise par le raid meurtrier de la Russie contre l’Armée de la conquête a complètement détruit l’influence turque dans la région. Faute de soutiens au sein de l’Alliance, Ankara initie un rapprochement surprenant avec Moscou, qui lui permet de se désengager progressivement du théâtre syrien, accélérant la fin de la guerre en Syrie. La perte du Gediz et du Prezeve est largement imputée aux alliés dans les media turcs et permet à Erdogan de sauver les apparences. L’OTAN est fragilisée par ce réalignement diplomatique de la Turquie. L’Allemagne a annoncé son retrait de la coalition le soir même du 1er juin. Les quatre appareils qui ont survécu au désastre sont rapatriés avec le personnel au sol une semaine à peine après cette annonce. Les forces armées britanniques et françaises entrent dans une période de crise, pour des motifs très différents. Les pertes du Royaume-Uni s’élèvent à plusieurs milliards de dollars. Les Sentinel, ces appareils derniers cris mais au coût exorbitant, n’ont clairement pas rempli leur rôle et les lacunes dans le commandement ont fait que leur escorte était insuffisante. Alors que l’Etat-major insiste sur l’insuffisance des moyens déployés sur le théâtre dans le cadre d’une escalade telle que celle du 1er juin, de nombreux observateurs ont au contraire mis en avant l’efficacité russe au regard de la poignée d’avions envoyés sur place. La destruction du HMS Ambush, celle du Gediz alors qu’il était partiellement sous le parapluie du Daring, l’efficacité des missiles russes malgré le déluge de défense antimissile lancé contre eux provoque des remous au sein de la Royal Navy. Il faut un bouc émissaire. David Cameron, alors embourbé dans la campagne du référendum sur le Brexit, commet un faux-pas en militant pour signer très rapidement de nouveaux contrats avec Raytheon, malgré la mauvaise performance des équipements en Syrie et leur coût démesuré. Ce fut le dernier clou dans son cercueil. Il quitte le pouvoir le soir du résultat sur le référendum, où le Brexit l’emporte largement sur le Bremain. Cependant, son départ ne masque pas les erreurs colossales commises en mer. Le Montrose, le principal navire anti-sous-marin de l’escorte du Charles de Gaulle, a brisé la formation et fait un fort mauvais usage de ses hélicoptères embarqués. Discrètement, des officiers sont limogés et des amiraux poussés à la retraite. La France a perdu sa principale force de projection. Sans ses deux Hawkeye, le Charles de Gaulle est aveugle, et le quart de ses Rafales et les quatre cinquièmes de ses Super-Etendards sont perdus. En l’état, le fleuron de la marine est parfaitement inutile. François Hollande, au plus bas dans les sondages, s’enfonce encore plus suite à au désastre syrien. Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, et Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères, servent de fusible et démissionnent. C’est cependant au sein des armées que le choc est le plus violent. Le chef d’Etat-major des Armées Pierre de Villiers ainsi que nombre d’officiers de l’armée de l’air et de la marine sont poussés à la démission. Le comportement des navires allemands et anglais au sein de l’escadre du Charles de Gaulle donne du poids aux voix reprochant à la France une trop grande dépendance envers ses alliés et la dilution de la Défense Nationale dans une politique européenne de défense inefficace. Les plus grandes critiques viennent cependant de l’opposition à l’intervention armée « à l’aveugle » contre Da’esh, qui obtient le retrait complet de la France du théâtre syrien. Les Etats-Unis se retrouvent isolés. La coalition s’est disloquée en quelques semaines, laissant sur le terrain les seules forces russes et américaines. L’US Air Force dispose désormais de données opérationnelles sur le S-400. La batterie a opéré en tout 92 tirs qui ont tous été enregistrés et seront analysés en détail. Deux secousses frappent l’USAF. La première s’apparente à une vague revanchiste : il est nécessaire d’augmenter les dépenses militaires pour être en mesure de vaincre la prochaine fois qu’une telle escalade se produit. Lockheed Martin, Raytheon et consorts sont évidemment sur les chapeaux de roue. La seconde est plutôt une forme de résignation face à une manifestation bien réelle du déclin américain. Les faucons se rassurent en affirmant que les Etats-Unis auraient vaincu s’ils avaient pu déployer leur force de frappe, et que les programmes en cours de développement tels que le Zumwalt ou le F-35 sont les réponses aux lacunes constatées en Syrie. Conséquence immédiate, les dépenses d’armements et de R&D dans le domaine militaire explosent alors que la diplomatie américaine perd de son mordant. La Russie est évidemment la grande gagnante de ce court conflit, à tel point que plusieurs medias occidentaux tel que le Washington Post, le New York Times ou la BBC voient la main de Vladimir Poutine dans cette escalade, voire un complot russo-turc contre l’OTAN. La perte du Priazovye n’est pas négligeable, mais le timing de sa destruction a permis l’évacuation de l’ensemble du personnel, morts, blessés et survivants. Sa destruction donne corps à un mouvement de sympathie pour les forces armées russes et cimente un peu plus la population derrière son président qui ressort plus fort que jamais. De nombreux équipements ont connu leur baptême du feu, tous avec succès. Le Tu-214R est d’une efficacité redoutable. Les Su-30 et surtout Su-35 se sont montrés extrêmement agiles non seulement pour des appareils dérivés de modèles déjà anciens mais aussi par rapports à leurs concurrents occidentaux. Les S-400 ont été absolument essentiel : ils ont complètement interdit l'espace aérien aux ennemis. L’approche low-cost a toutefois montré certaines limites opérationnelles qui seront sans le moindre doute prises en compte par l’Etat-major. Les grandes orientations de dépenses militaires pour la décennie à venir sont confortées par les résultats sur le terrain. Sur le plan diplomatique, la brouille au sein de l’OTAN entre la Turquie d’une part et l’Angleterre, l’Allemagne et la France d’autre part pousse les media et réseaux de ces pays à faire fuiter des informations sur les opérations du 1er juin pour justifier leur position et leurs griefs. La Russie finit par ne plus être considérée dans les opinions publiques comme seule responsable de cette brève flambée de violences, bien qu’elle soit toujours l’ennemie préférée de l’occident. L’assaut brutal contre l’Armée de la Conquête pour défendre ses alliés kurdes donne à la parole russe un poids qu’elle n’avait pas, et contribue à déplacer le centre de gravité de la diplomatie mondiale vers Moscou. La paix est certes revenue entre l’OTAN et la Russie. Les acteurs du théâtre syrien ont su éviter l’éclatement d’un troisième conflit mondial, mais nombreuses sont les blessures infligées ce premier juin 2016. Et n’oublions pas que les vieilles rancunes ne meurent jamais. Fin.
  10. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Comme promis, le récit de la partie, de mon point de vue. Grosse balise pour ne rien divulgâcher ! A suivre : un bilan et une conclusion !
  11. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Cessez-le-feu en Syrie Les hostilité ont cessé entre la Russie et la coalition suite à la destruction d’au moins deux navires au large des côtes syriennes. LE MONDE | 01.06.2016 à 13h15 | Les Etats-Unis et la Russie ont annoncé conjointement la fin des opérations aériennes en Syrie et le maintien au sol de leur aviation pour 24h pour permettre une désescalade totale du conflit. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est entretenu avec ses homologues russes et turcs. La situation en Syrie s’est brutalement aggravée ce matin à la suite de plusieurs attaques des forces aériennes russes contre des avions de la coalition menant des frappes en Syrie. Voir aussi : « L’escadre du Charles de Gaulle en alerte maximale au large de la Syrie en réponse aux attaques russes. » Deux navires détruits au large de la Syrie. Les hostilités sont encore montées d’un cran en début d’après-midi avec la destruction de deux navires, l’un turc, l’autre russe, au large de la Syrie. Le ministère russe de la défense affirme par ailleurs avoir coulé deux sous-marins responsables de la perte du navire espion Priazovye, envoyé au large de la Russie en décembre dernier. La Russie avait mené au préalable des frappes massives et indiscriminées contre les positions de l’Armée de la Conquête autour d’Afrin, causant la mort de nombreux civils, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme. L’Allemagne annonce son retrait de Syrie Suite à la flambée de violence en Syrie, le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé le retrait immédiat des forces allemandes présentes au Proche-Orient. La participation allemande se limite à une vingtaine d’avions Tornado destinés à l’attaque au sol. La chancellerie a par ailleurs déclaré que les conditions de l’engagement de l’Allemagne en Syrie reposaient notamment sur la coopération entre les différents acteurs étrangers et la sécurisation de l’espace aérien, et que ces conditions ne sont plus réunies. Le retrait est effectif immédiatement.
  12. Fin d'année 2017

    Comme d'hab, j'essaie de vous pondre un truc sur un jeu original !
  13. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Et hop, petite variation de format ! Libre à vous de croire ce que vous voulez dans ce que je baratine Je posterai plus tard ce qu'il s'est passé en vrai, selon la même formule que les messages précédents. Escalade en Syrie : la coalition attaque les Force Aérospatiales Russes. 1er juin 2016, 11:25 Les ministères de la Défense et des Affaires Etrangères russes dénoncent des attaques ciblées et coordonnées de la coalition menée par les Etats-Unis contre les forces aérospatiales russes. Vers 8h, deux F-16 américains ont ouvert le feu contre deux Su-24 alors que ces derniers bombardaient des positions de l’Etat Islamique dans l’est de la Syrie. Les missiles ont manqué leurs cibles tandis que les avions américains n’ont pas poursuivi leur attaque. Moins d’une heure plus tard, des appareils turcs ont violé le cessez-le-feu en vigueur dans le nord-ouest du pays en menant une attaque ciblée contre les positions kurdes près d’Afrin. Quatre avions F-4 équipés de bombes ont survolé des positions de Da’esh à Manbij sans être inquiétés par les combattants au sol, avant de faire route pour attaquer les unités kurdes dans la région. Cette seconde attaque a coïncidé avec un tir de missile venant d’un sous-marin turc ciblant le RFS Priazovye, un navire de renseignements non armé accompagnant le RFS Moskva au large de Lattaquié. Le navire a été touché mais n’a pas coulé, selon le Ministère de la Défense. Quelques minutes plus tard, un Rafale Marine lancé depuis le porte-avions Charles de Gaulle a détruit un drone de reconnaissance russe qui survolait les positions de l’Armée de la Conquête près d’Afrin tandis que deux F-15 américains ont attaqué deux Su-30 russes en mission de patrouille de routine. Ces assauts ont contraint l’Etat-major des Forces Russes en Syrie à déclarer un état de guerre limité sur son théâtre d’opération et à instaurer une zone d’exclusion aérienne dans un rayon de 400 km autour de la base navale de Tartus. En parallèle, la Russie suspend pendant une heure ses opérations au sol pour limiter le nombre d’appareils en vol et les risques d’escalades et appelle les coalisés à faire de même pour pacifier la situation. Face aux violations continues de cette zone et aux tentatives successives contre les navires et les appareils russes, une dizaine d’appareils de la coalition ont été abattus. Un sous-marin turc, auteur du tir contre le Priazovye, aurait été coulé. Dans une déclaration conjointe, le ministre de la défense Sergueï Shoygu et le ministre de la défense Sergueï Lavrov dénoncent une agression volontaire et calculée de la part de la coalition : « La vigueur et l’efficacité de notre intervention en Syrie ont sans doute provoqué une réaction de gêne voire de jalousie au Pentagone. A défaut de pouvoir obtenir les mêmes résultats, les Etats-Unis sont aujourd’hui déterminés à couvrir leurs faiblesses par une attaque ciblée contre nos troupes. La coordination de ces attaques ne laisse aucun doute sur leur préméditation. Nous privilégions évidemment toute solution diplomatique qui nous permettrait de recentrer l’effort de l’ensemble des nations engagées contre l’Etat Islamique. Les Forces Russes en Syrie ont reçu toute latitude pour mettre fin aux attaques de la coalition si celles-ci venaient à se poursuivre. » Le Président américain Barack Obama a dénoncé de son côté une attaque de la Russie contre la Turquie et le devoir des forces américaines présentes sur le théâtre syrien de venir en aide à son allié : « Nous ne pouvons laisser de tels actes impunis. La Russie entrave les efforts de la coalition contre les terroristes de l’Etat Islamique. Face à ce comportement irresponsable, des sanctions fermes seront bientôt prise. » La nature de ces sanctions est encore inconnue. La Russie attaque des appareils turcs en mission contre l’Etat Islamique en Syrie 1055 GMT, 1er juin 2016 En résumé Plusieurs avions de chasse russes tirent sur les forces de la coalition en Syrie. La flotte russe au large de Tartus attaque un sous-marin turc en patrouille. (CNN) – Le commandant des forces américaines en Syrie rapporte une succession d’attaques menées par l’aviation et la marine russe contre les troupes de la coalition en mission contre l’Etat Islamique. Vers 9h, deux avions de chasse Su-30 ont ouvert le feu contre une patrouille de routine turque à la frontière nord de la Syrie. Les deux appareils ont violé l’espace aérien turc pour mener leurs attaques avant d’être abattus par les F-15 américains venus à leur secours. Un haut gradé militaire travaillant au Pentagone révèle que la Russie a par ailleurs attaqué un sous-marin turc croisant au large de la Turquie et a perdu un de ces navires dans l’affrontement. Elle a également activé sa batterie anti-aérienne S-400 et a immédiatement ouvert le feu contre tout appareil non russe et non syrien. Cette succession de frappes coordonnées et ciblées contre les forces coalisées ont été « sans aucun doute » planifiées et relèvent d’une logique de provocation. Ces attaques font suite à plusieurs provocations des forces aériennes russes. Tôt dans la matinée, un avion syrien a survolé l’espace aérien turc. Vers 8h, deux F-16 en mission de frappe contre l’Etat Islamique ont été attaqués par des chasseurs russes, puis suivis par deux autres appareils qui ont manifesté un comportement dangereux en volant à proximité des avions américains. L’Etat-major des forces russes en Syrie a annoncé la mise en place unilatérale d’une zone d’exclusion aérienne autour de leur base navale de Tartus. Le secrétaire à la défense déclare : « Cette zone d’exclusion aérienne est illégale et démontre que l’objectif de la Russie en Syrie n’est pas de combattre l’Etat Islamique mais bien de faire dérailler les opérations de la coalition et de déstabiliser la région et permettre à son allié Bachar al-Assad de rester au pouvoir. Il est de notre devoir de rouvrir l’espace aérien au plus vite. » Un communiqué de la Maison Blanche dénonce les actions de la Russie : « Les attaques répétées de la Russie contre notre allié la Turquie nécessite une réponse immédiate. Nos troupes sur place ont reçu l’ordre de défendre nos alliés et de réduire au silence les forces russes de la région. Nous ne pouvons laisser de tels actes impunis. La Russie déstabilise volontairement le Moyen Orient, bafoue le droit international et entrave les efforts de la coalition contre les terroristes de l’Etat Islamique. Face à ce comportement irresponsable, des sanctions fermes seront bientôt prise. » L’escadre du Charles de Gaulle en alerte maximale au large de la Syrie en réponse aux attaques russes. Les forces de la coalition sont attaquées par des appareils russes depuis ce matin. LE MONDE | 01.06.2016 à 12h24 | L’aviation russe se livre depuis ce matin à des attaques répétées contre les forces de la coalition en Syrie. Le Charles de Gaulle, le navire le plus puissant de la coalition déployé sur ce théâtre d’opérations, est en état d’alerte maximale. Des chasseurs russes ont ouvert le feu contre des appareils turcs, américains et français qui opéraient en Syrie contre les forces de l’Etat islamique. Une escalade brutale entre la Russie et la coalition La Russie a accusé ce matin les Etats-Unis d’avoir tiré sur deux de ses appareils et reproche à la Turquie d’avoir bombardé les troupes kurdes dans la province d’Afrin en dépit d’un cessez-le-feu en vigueur. Un chasseur F-4 turc, en patrouille à la frontière syrienne, a été abattu par deux chasseurs russes qui ont eux-mêmes été détruits par des avions français et américains envoyés en renfort. Washington et Ankara réfutent ensemble les accusations russes et affirment au contraire que les forces aérospatiales russes se sont livrées à une attaque coordonnée contre la coalition. Un sous-marin truc, le Prezeve, ainsi que plusieurs avions britanniques ont été coulés et abattus au large de la méditerranée à quelques minutes d’intervalle. En représailles, un navire russe a été frappé par un tir de missiles de la coalition. Mise en place d’une zone d’exclusion aérienne. La Russie a activé son système S-400 déployé près de la base aérienne de Khmeimim dans la région de Lattaquié. L’espace aérien dans un rayon de 400 km autour de cette batterie de missiles est unilatéralement fermé à la coalition. Elle indique par ailleurs arrêter temporairement ses opérations contre Da’esh pour réduire au minimum les avions en vol et les risques d’escalade, mais depuis cette annonce, plusieurs échanges de tir ont eu lieu et un Rafale a été perdu. Le Charles de Gaulle en état d’alerte maximale. Suite à la perte de cet appareil et à la destruction d’une flotte d’avions de surveillance britanniques, le Charles de Gaulle est placé en état d’alerte et prépare une réponse coordonnée avec ses alliés pour faire cesser les attaques russes et reprendre le contrôle de l’espace aérien.
  14. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    Du tout, c'est du RP
  15. [CMANO] Les vieilles rancunes ne meurent jamais

    1er juin 2016, zulu 7h57-8h51 Les forces aériennes syriennes perdent un second MiG au-dessus de Raqqa. Par mesure de sécurité, Dyadya, le Tu-214R qui doit survoler la région, passe plus au sud. Il serait stupide et particulièrement gênant de le perdre comme ça. Medved 12 arrive sur la raffinerie de Manbij, largue ses bombes incendiaires… Et ne produit aucun dégât. Le bâtiment est renforcé ce qui empêche de causer de gros dégâts. Quel raté ! En mer, le Ka-57 est envoyé plus au sud du Moskva pour patrouiller et rechercher d’éventuels sous-marins qui observeraient nos opérations. Au large, s’approchant d’Alexandrette, un appareil de surveillance est repéré, puis identifié par le Zelenyy Dol comme un Shadow R.1. Il semble en route pour une mission d’observation dans le nord de la Syrie, sans doute en soutien des missions d’attaque au sol. Hawker Beechcraft Corporation Shadow R.1 (MC-12W Liberty, Beechcraft King Air 350ER) L’Il-38 repère également des navires qui forment peut-être une partie de l’escorte du Charles de Gaulle. Aucun n’est identifié pour le moment. Les F-15C poursuivent leur vol vers le sud. Ils patrouillent pour le moment dans le ciel du Vilayet d’Alexandrette. Le Forpost et les Su-25 de Medved 1 à 4 sont depuis longtemps à portée de tir mais ne sont pas attaqués. Serait-ce une simple patrouille destinée à préserver l’espace aérien turc suite à l’incursion syrienne ? Loin à l’est, Pantera 1 et 2 poursuivent leurs attaques sur les installations de Da’esh, alors que les deux F-16 américains identifiés plus tôt s’approchent à leur tour de la zone. Pantera 1 tire un Kh-25 vers un bâtiment identifié comme un dépôt de munitions. Quelques secondes plus tard, à 8h00’21, une alerte retentit : un missile, tiré depuis l’un des F-16, file droit vers les Su-24 ! Pantera 1 et 2 se voient immédiatement intimer l’ordre d’esquiver mais de ne pas engager les F-16, car plusieurs idées me traversent soudainement l’esprit*. Tout d’abord, la nature exact du missile tiré depuis le F-16 est inconnue : c’est peut-être un missile air-sol destiné au bâtiment que Pantera est en train d’attaquer, qui ne se dirige donc par vers mes Su-24 mais vers le bâtiment qui se trouve être juste à côté. En regardant de plus près la trajectoire du Kh-25, que les radars américains n’ont pas pu identifier comme tel, on pourrait aussi penser qu’il suit une trajectoire d’interception contre les F-16 dont il semble croiser la trajectoire, ce qui a peut-être provoqué une panique du côté des pilotes américains. Enfin, après quelque secondes, je vois qu’il n’y a qu’un seul missile tiré depuis les F-16. Les missiles air-air sont généralement tirés par paire et contre chaque appareil ennemi repéré. Il en faudrait donc 4 contre Pantera. J’estime donc que c’est une mésentente : soit les américains pensent être attaqués et tirent un missile unique en avertissement contre leur agresseur, soit ils ont tiré un missile air-sol interprété comme une menace par mes pilotes. Ou alors j’ai tout faux, les Etats-Unis ont volontairement ouvert le feu sur mes appareils. Les secondes qui suivent sont tendues. A 8h00’45, il apparaît évident que le missile ne touchera pas mes avions, il file un peu trop en avant. Il ne paraît cependant pas non plus cibler l’endroit où se trouvait le dépôt de munitions. Dans sa radio, Pantera 1 l’affirme, c’était un missile air-air. Il n’a pas pu être identifié visuellement, mais il est certain qu’il s’agissait d’un missile et non d’une bombe, outil privilégié de la coalition contre les bâtiments ennemis, et il soutient tout aussi fermement qu’il ciblait son appareil. Pantera reçoit l’ordre de terminer sa mission en évitant de passer devant les avions ennemis, puis de rentrer pour un débriefing où les données de vol seront analysées en détail. S’il y a eu tir de missile air-air contre nos avions, il faut en informer le Ministère de la Défense. Yastreb 1 et 2 reçoivent l’ordre de garder les F-16 en joue en restant sur leurs arrières. Dans le même temps, les Etats-Unis sont classés en « hostiles », le dernier niveau avant « ennemi »*. Le reste de la mission se passe sans encombre : le deuxième groupe de cibles est détruit et Pantera peut même lancer une première attaque contre un entrepôt d’armes à Deir ez-Zor avant de retourner à Hmeimim. Les F-16, sous l’œil de Yastreb 1 et 2, mènent leur mission de bombardement avant de retourner au bercail sans faire de vagues. (* par défaut, le jeu les a basculés en « ennemi » à la détection du missile, mais j’ai immédiatement repris la main pour prévenir tout escalade au cas où ce serait effectivement une mésentente entre les deux camps.) Vers 8h07, les F-15C font demi-tour et rentrent à Incirlik. La théorie voulant que ces F-15 avaient pour ordre d’intercepter le MiG-23 syrien apparaît la plus probable. Le temps d’arriver sur zone, en revanche, le MiG était déjà loin. En parallèle, l’Il-20 survole la région de Manbij et repère plusieurs cibles au sol potentielles avec ses instruments de reconnaissance. En méditerranée, l’escadre du Charles de Gaulle s’agite. Les navires en eux-mêmes ne sont pas repérés ou identifiés, mais plusieurs escadrilles approchent de la côte syrienne. Yastreb 3 et 4, qui escortaient jusqu’à présent les Su-25 contre les puits de pétrole, sont envoyés à la rencontre de ces avions pour les identifier. La trajectoire des avions apparaît là encore inquiétante. Ils peuvent cibler les puits de pétrole dans le nord du pays… Ou bien l’Il-38 qui observe sans doute le groupe aéronaval coalisé d’un peu trop près au goût du capitaine Eric Malbrunot. Dans le doute, l’Il-38 est assigné à la patrouille anti-sous-marine. Les avions coalisés, identifiés comme d’attaque puis des Super Etendard M, ne bronchent pas. Ils vont donc frapper Da’esh. Quelques minutes plus tard, ce sont deux Rafale M qui sont identifiés par nos appareils. Dassault-Breguet Super Etendard M Dassault Rafale M Les forces stratégiques russes ont débuté leurs attaques à 8h05. Plusieurs escadrons de bombardiers supersoniques Tu-160 tirent les tout nouveaux Kh-101, des missiles de croisières à la portée très étendue et à la surface équivalente radar réduite, qui connaissent eux aussi leur baptême du feu opérationnel. Sur un radar, ils apparaissent comme des oiseaux. Volant à plusieurs centaines de kilomètres par heure. Ces missiles vont survoler le territoire turc. Il est évident que la chose ne sera pas appréciée à Ankara, car les missiles, aussi discrets soient-ils, seront tôt ou tard repérés, ne serait-ce que parce qu’ils survoleront des zones habitées. Mon petit doigt me dit que la situation va dégénérer sitôt les missiles repérés au-dessus dans le ciel turc. 8h22 zulu, situation au large de la Syrie. Le groupe Charles de Gaulle est repéré, mais les navires ne sont pas identifiés individuellement. Le B-261 Novorossisk continue sa tentative d’infiltration, navigant dans la couche thermocline pour réduire les chances d’être repérés par les sonobouées et les navires de surface. Une nuée d’hélicoptères semblent le rechercher ou, à défaut, explorer la zone et sécuriser les alentours du porte-avions. Sur le trajet du retour, Pantera 1 aborde de nouveau le sujet de l’agression qu’il estime avoir subie. Les instruments sur son appareil, dit-il, indiquaient clairement le verrouillage de son avion par le système de guidage d’un missile. Dans le doute, Dyadya reçoit à 8h23 l’ordre de revenir vers la mer, beaucoup plus tôt que prévu, pour identifier plus clairement les navires du groupe Charles de Gaulle. Entre le contournement de Raqqa suite à la perte de deux avions syriens et la mission avortée alors que l’appareil approchait de Deir ez-Zor, la mission d’espionnage du Tu-214R est un échec complet. L’Il-20, pourtant beaucoup plus proche de la frontière turque, donc théoriquement en danger, survole ses zones cibles sans le moindre problème et ramène plusieurs clichés d’Al-Bab et de Manbij : de nombreuses cibles potentielles qui n’attendent que d’être identifiées et détruites. Au même moment, le Forpost entame sa mission. A 8h32 zulu, un F-15E Strike Eagle survole le territoire kurde d’Afrin. Nos alliés l’identifient formellement. Il semble se diriger vers les puits de pétrole à l’est de Deir ez-Zor. Yastreb 1 et 2 doivent le garder à l’œil comme ils l’ont fait avec les deux F-16 quelques minutes plus tôt. Les avions américains et coalisés sont de plus en plus nombreux décoller, mais la situation reste globalement très calme. Mes avions sont hors des zones de combat et rentrent un à un à la base, ce qui élimine de fait les risques d’escalade. Les Kh-101 survolent désormais le territoire turc, en survolant le terrain à quelques mètres du sol à peine. Un quart d’heure plus tard, quatre F-4 Phantom turcs approchent de Manbij. Ces appareils sont généralement utilisés dans des missions d’attaque au sol, le contrôle de l’espace aérien est laissé aux F-16. Ils arrivent sur zone en même temps que les quatre Super Etendard français dans ce qui ressemble à un bombardement coordonné pour réduire les risques de riposte. Les F-4 arrivent sur zone… Et n’attaquent rien. Yastreb 1 et 2 ne repèrent aucun tir de missile ni aucune explosion. McDonnell Douglas F-4E Phantom II/Terminator 2020 Deux minutes plus tard, après survol de plusieurs positions de Da’esh, sans avoir ni ouvert le feu ni été attaqué, ils virent soudainement vers l’ouest, c’est-à-dire vers Afrin, territoire kurde. Les Super Etendards ont quant à eux détruit leurs cibles. Le problème est le suivant. Un accord russo-turc dans le nord du pays fait de l’Armée de la Conquête des alliés de la Turquie, et les Kurdes nos alliés. Les forces aériennes des deux Etats sont en quelque sorte une garantie contre des attaques de leurs adversaires. Si les avions turcs attaquent les positions kurdes, ils deviendront « ennemis », sans possibilité de revenir en arrière : toute attaque contre un allié est un acte de guerre. De même, si nous attaquions l’Armée de la Conquête, la Turquie y verrait une provocation. Les pilotes turcs sont contactés par radio, avec ordre de faire demi-tour et de ne pas ouvrir le feu sous peine de représailles. Une fois. Deux fois. Trois fois. Pas de réponse. Puis, à 8h51’24, ce que je redoutais se produit : la Turquie viole l’accord en attaquant une position kurde. Mes ordres sont clairs. Je dois riposter.
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