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Rhysaxiel

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  1. [CMANO] Sous une mer de flammes

    01h48 – sur le pont du Golod’ « Capitaine, nous avons un nouveau contact acoustique. C’est un Maestrale, identifié comme étant le F-576 Espero. » La formation ennemie prend progressivement forme, non plus grâce aux indications satellites, mais par le seul bruit de leurs hélices. Moins d’un quart d’heure plus tard, c’est l’A 122 Olwen, le vaisseau logistique bruyant à souhait qui accompagne la TF, qui apparaît à l’écoute. 02h45 - Centre spatial Titov, rue Golistyno-2, Moscou Cela fait plusieurs heures que le K-278 n’a plus envoyé le moindre signal. Il doit être en manœuvre d’évasion… Ou coulé. Le capitaine Markov regarde la carte affichant les positions respectives de la flotte et des quatre sous-marins. K-360 et K-463 sont dans le baffle de l’ensemble de la flotte. 360 devrait pouvoir frapper les Manchester dans les prochaines heures, et le 463 a un œil sur l’Espero. Le K-148 s’est repositionné plus au nord-ouest pour avoir à portée de missiles le sous-marin américain le plus au nord. « Bilinski. Nos deux sous-marins vont être en autonomie complète dans les heures qui viennent, nous allons leur envoyer un dernier message informatif. Il doit faire figurer la position de nos deux sous-marins pour éviter les tirs amis, même s’ils se sont probablement trouvés à l’heure qui l’est. Informez le Krasnodar que le Komsomolets est peut-être perdu. Informez-les également que l’attaque contre le noyau de la TF Horton débute dans deux heures. - Bien capitaine. Markov remarque l’hésitation sur le visage de son subalterne. - Quelque chose vous tracasse ? - Vous pensez qu’ils vont y arriver ? - Je l’espère. De notre côté, je crois que nous faisons tout ce que nous pouvons. C’est un peu tôt pour les compliments, mais nous avons tous fait un excellent travail. Gardez confiance. » 04h08 – sur le pont du Golod’ « Transmission du K-463, capitaine. - Je prends. Ici Kastals. Malgré les perturbations dues à la salinité de l’eau, le message reste compréhensible. - Ici Pavlovitch. On a notre solution de tir sur l’Espero. Tubes armés. Après cela nous sommes aveugles, notre intercepteur acoustique a besoin d’être rénové. - Le reste de la TF devrait accélérer pour esquiver, cela devrait les révéler sur vos écrans. Armements, quelle est la situation ? - Prêts à tirer capitaine. - Et chez vous, K-463 ? - Prêts à tirer. - A mon signal. Feu ! » Trois torpillent quittent presque simultanément deux sous-marins distants de sept nautiques à peine. Les USET-80 tirées par le K-360 sont guidées et offrent l’avantage considérable de pouvoir corriger leur route si l’ennemi se lance suffisamment tôt dans des manœuvres d’esquive. Pour ce qui est de la 53-65A, le guidage est autonome, et le cône de détection plus étroit. Après trois minutes environ, les USET acquièrent tous les deux leur cible, rendant le contrôle filaire superflu. 04h15 – sur le pont du Pokorenie « Cible acquise… La cible tire un leurre et détourne la torpille. Ré-acquisition… Impact ! - Etat de la cible ? - La cible coule, je répète. Cible coulée ! » 04h18 – sur le Pont du Golod’ « Nous avons deux nouvelles identifications capitaine. L’Illustrious et le F-93 Beaver qui l’accompagne, classe Boxer. - Informez immédiatement le K-463. Ils l’ont sans doute repéré mais, dans le cas contraire, ils seront contents d’avoir sa position. - Bien capitaine. - Où en sont nos torpilles ? - Toujours en approche. Puis, quelques secondes plus tard. - Première torpille leurrée et tente une ré-acquisition, la deuxième frappe la cible. Deuxième impact ! Cible détruite capitaine. - Maintenons la pression. Cap 2-2-5, nouvelle cible, le second Manchester. Le sonar des Manchester est simpliste, ils n’ont pas repéré notre torpille immédiatement. Ils n’ont pas notre position de manière précise. » Impossible d’informer le ZEVS sans remonter, et pour le moment c’est trop dangereux. Les retours acoustiques montrent une TF Horton en désordre. Il faut être patient, c’est peut-être un piège. - - - Navires coulés : 2x F-40 Sirius (2500t, 250 membres d'équipage) 2x F-85 ou F-88 ou F-92 (5300t, 250 membres d'équipage ou 4400t/222 ou 4800t/273) 2x DD 963 Spruance, 1 supposé Baseline, 1 VLS (16070t, 668 membres d’équipage) 2x D 550 Audace (3950t, 380 membres d’équipage) 1x SSN-688 Los Angeles (6080t, 129 membres d’équipage) 1x D 95 Manchester (3500t, 301 membres d’équipage) 1x F 570 Maestrale (2700t, 232 membres d’équipage) 9-18x hélicoptères embarqués Total : 50 050-51 850, 3 044 – 3 136 membres d'équipage Pertes soviétiques : 1x PLA-685 Plavnik, 5 750t, 69 membres d’équipage.
  2. [CMANO] Sous une mer de flammes

    23h04 – A bord du Pokorenie Le capitaine Pavlovitch, jusqu’alors penché sur une carte de la région faisant état des contacts récents, se redresse subitement. « Sonar, de nouveaux contacts ? - Pas à proximité capitaine. Nous n’avons plus trace de la moindre bouée passive larguée depuis déjà plus d’une heure. Toutes celles que nous surveillions sont éteintes. Il y a forcément des passives dans le coin, mais rien ne permet d’estimer leurs positions. Il n’y a pas d’autre solution que celle de choisir un cap et de croiser les doigts. - Excellent. Nous allons nous rapprocher de la flotte ennemie et tenter de nous placer sur ses arrières. Cap 0-2-7, même vitesse. - Cap 0-2-7 ! » Le contact devrait se faire d’ici quatre à cinq heures, si les données fournies par le ZEVS sont à peu près correctes. 24 août 1987 - 00h46 – Sur le pont du Golod’ Les hélicoptères ont cherché le Golod bien trop au nord. En virant plein sud, il n’a fait qu’appuyer sur cette erreur. Le Golod’ s’est échappé sans jamais être inquiété, malgré la recrudescence de bouées. « Contact 1-9-8 ! Nous captons l’hélice d’un des navires ennemis. - Notre cible ? Après quelques secondes, il reçoit une réponse positive. - Le profil correspond à celui d’un destroyer classe Manchester. C’est notre navire. Cap 2-2-8, vitesse sept nœuds. - Maintenez l’approche prévue. Selon moi c’est le destroyer le plus à l’ouest, donc notre cible, mais si la flotte ennemie a accéléré, on pourrait bien être décalés. » Vingt minutes plus tard, Kastals a la réponse à son interrogation. « Deuxième contact en surface, direction 1-6-9, même profil que le premier. Classe Manchester, même cap, même vitesse. - Excellent ! Camarades, nous avons nos prochaines victimes. » Avec leurs sonars portant à 5 nautiques et l’absence totale de TASS, les couler sera aisé. Il faut seulement veiller à ce que les frégates britanniques escortant les porte-avions ne captent rien, ou captent trop tard pour envoyer encore une fois les hélicoptères sur une mauvaise piste. 01h36 – sur le pont du Mor L’alarme retentit d’un coup à bord du sous-marin. « Torpille à la mer capitaine ! A 59 degrés, 1 nautique ! - Plongée immédiate profondeur maximale, vitesse 31 nœuds, préparez les leurres, manœuvres d’esquive ! - 31 nœuds, profondeur maximale ! - Vous ne m’aviez pas dit que la bouée était à plus de deux nautiques ? - Je confirme capitaine, nous l’entendons toujours, distance deux nautiques. - Alors c’est un MAD. - Torpille à 0,5 nm. 0,3nm. 0.2 nm. Le bip trahissant la présence de la torpille se fait plus fréquent. - Virez de 30 degrés à bâbord, maintenant ! - Cap 2-4-9. - Lancez un leurre ! - Leurre lancé capitaine. Mais le leurre ne prend pas. - Préparez-vous à l’imp… Interrompant sa phrase, le bruit, reconnaissable entre mille, du métal qui se déchire et qui se déforme sous la pression. Timoshenko est projeté sur le côté, frappe durement la paroi de l’épaule, et s’écroule au sol. Sonné, mais vivant. L’adrénaline aidant, il trouve la force de crier ses ordres. - Quels sont les dégâts ? - J’ai perdu tous les senseurs, capitaine, à l’exception du sonar et de l’équipement d’écoute. - Un tube est hors service, et notre éjecteur de leurres est détruit. - Le réacteur est endommagé capitaine. On n’atteindra pas Mourmansk en l’état. - Bien. On n’a pas le choix. Faites surface en urgence et préparez l’évacuation. Moins d’une minute plus tard, l’un des rares équipements encore fonctionnel annonce une mauvaise nouvelle. - Torpille à la mer, capitaine. Un nautique. C’est fini. Ils ne referont jamais surface. - Poursuivez la remontée. Tout le personnel qui n’est pas à la pompe et à la lutte contre les voies d’eau doit préparer l’évacuation. Quittez vos postes. Le bip de la torpille se fait de plus en plus fort, puis presque continu. - Ce fut un honneur, camarades. Lundi 24 août 1987, à 1h38’25, le sous-marin K-278 Komsomolets, classe PLA-685 Plavnik/Mike, commandé par le capitaine Ievgeny Timoshenko, est coulé avec ses 69 membres d’équipage, torpillé par 365 mètres de profondeur*. - - - * Après sauvegarde et vérification côté américain, le K-278 a été repéré par le MAD d’un P-3C Orion le survolant. Il a ensuite été torpillé par l’avion. Pertes soviétiques : - 1x PLA-685 Plavnik, 5 750t, 69 membres d’équipage.
  3. Dev Diary 8 – Carnet du 16 juillet 2018

    Toujours du EU:Rome dans le texte ! Je vois deux gros changements, pour le meilleur : la production de ressources dépend de la population, là où dans EU:R seul était retenu le nombre de routes commerciales possibles par province, et la possibilité d'accumuler une même ressource avec des rendements décroissants. La piraterie était gérée via des rebelles-pirates qui apparaissaient de manière aléatoire. C'était assez naze pour être honnête Espérons qu'ils prévoient quelque chose dans ce domaine-là.
  4. Dev Diary 7 – Carnet du 9 juillet 2018

    La situation se produisait dans EU:Rome, en effet ! Il était possible d'enchaîner une guerre civile lancée par un général, puis une par un ministre, puis une guerre voire plusieurs, alors qu'une région fait défection. Autant dire que ça piquait sévère
  5. Dev Diary 7 – Carnet du 9 juillet 2018

    Là encore, du EU:Rome dans le texte. J'extrapole à partir de ce que propose EU:Rome, et du fait que, pour le moment, I:R en est très proche. Un personnage déloyal refusera de quitter ses fonctions. Un général ou un amiral ne rendra pas son commandement, tandis qu'un ministre le fera, mais pourrait lancer une guerre civile dans la foulée. Les factions qui composaient le Sénat dans EU:R étaient les Mercantiles (centrés sur le commerce), Civiques (centrés sur le développement économique des provinces), Religieuses (centrées sur... Bah la religion), Militaristes (focalisés sur le développement militaire et les conquêtes) et Populistes (tout ce qui va mal les rend plus fort, ouvre certaines lois bénéfiques à tous mais déstabilise l'Etat). Certaines actions renforçaient les factions. Par exemple, avoir plusieurs routes commerciales boostait les mercantiles, mais avoir des régions pillées favorisait les populistes. Une fois au pouvoir, la faction donnait des bonus spécifiques. Les populistes avaient la fâcheuse tendance à changer au pif une idée nationale, aussi Chaque personnage dispose d'une affinité avec les différentes factions selon ses traits, sa richesse, son poste etc, donc il n'est pas dit qu'il reste dans une même faction toute sa vie. Il m'est arrivé d'avoir un gouverneur qui a commencé populiste puis qui, après s'en être mis plein les fouilles à coups de détournements de fonds, est devenu mercantile. Son niveau de corruption crevait les plafonds
  6. [CMANO] Sous une mer de flammes

    18h47 – sur le pont du Pokorenie Selon les dernières infos envoyées par le ZEVS, le K-463 est sur le point de franchir l’anneau défensif des hélicoptères. « A tout l’équipage. Rangez vos outils et scellez vos effets personnels. Je ne dois plus entendre un autre bruit que celui de votre respiration. Nous allons passer sous le rideau d’hélicoptères. » Avec une trajectoire perpendiculaire à celle de la flotte ennemie et une vitesse similaire, le temps passé dans la « zone de menace » formée par les hélicoptères devrait être réduit. 21h40 - Centre spatial Titov, rue Golistyno-2, Moscou « Capitaine Markov ! J’ai un message du K-360, indiqué urgent. Sand dire mot, Markov prend le message et le lit. Le K-360 indique entendre le Spruance au sonar, et être en mesure de l’engager dans moins d’une heure et demie. - Excellent. Cela complète les rapports de nos sous-marins. Messieurs, faisons un bilan rapide. Après ce que je viens de lire, il est inutile d’envoyer les coordonnées du Spruance au K-360. Bilinski, préparez un état des lieux de la flotte ennemie : position approximative des navires autour du Vincennes. C’est ce qu’on leur enverra après confirmation de la destruction du Spruance. - Noté, capitaine. - Que nous disent nos autres sous-marins ? - Le K-463 dit être à moins de 35 nautiques du cœur de la flotte. Cela les place en théorie hors de portée des hélicoptères patrouillant autour de la flotte. Ils tentent une interception par le sud. Le K-278 en revanche, a dû rester immobile une heure pour éviter une bouée larguée à trois nautiques à peine de leur position. Un coup d’œil rapide sur la carte révèle que ce sous-marin ne sera jamais en mesure d’approcher de la flotte, à moins d’un changement de cap. - Inutile pour eux d’aller à la poursuite de la flotte, ils ne la rattraperont pas. Ils feraient mieux de rester le plus discret possible. Ils sont toujours traqués par les hélicoptères ? - Ils pensent être toujours invisibles, mais toujours chassés. - Bien. Messieurs, vous avez vos ordres. » 21h53 – Sur le pont du Golod’ Dernières vérifications. « Distance au Spruance ? - 8 nm Capitaine. - Karachev, vitesse maximale du Spruance ? - 35 nœuds. Une 65-76 Kit file à 50 nœuds sur 27 nm maximum. Pour combler les 8 nm la séparant d’une cible se déplaçant à 35 nm il lui faudra… 26,6 nm. Sachant que le Spruance devra accélérer et ne repèrera pas la torpille sitôt le tir effectué, on peut le considérer à portée. - Nous disposons de deux tubes équipés de Kit ? - Oui capitaine, les 3 et 4. - Bien. Ciblez un point 15 nm en avant du Spruance. Je veux une torpille à 0.5nm de chaque côté de ce point. - Coordonnées entrées capitaine. - Feu ! - Nouveau cap 1-1-8. Les torpilles filent droit vers leur cible. Après avoir parcouru un peu moins d’un quart de leur route, le Spruance est surpris en pleine cavitation. Sa réaction est tardive, suffisamment pour donner confiance à Kastals. Si les Américains ont un datum sur sa position, il est très approximatif. - Les torpilles entrent en mode recherche… La première torpille acquière une cible. La seconde poursuit en ligne droite. Alors que les torpilles poursuivent leur route, des sonars trahissent la présence d’hélicoptères, une dizaine de nautiques trop au nord. - Impact ! Le contact disparaît. Cible détruite capitaine. - Excellent. En route vers le cœur de la flotte. Cap 1-9-3. » Evidemment, au-dessus de la mer, le monde s’agite. Outre les sonars tractés, les avions de patrouille maritime survolent désormais la région. « Capitaine ! Contact, bouée active, direction 2-4-5 - On va jouer la sécurité. Cap 1-7-7, tracez moi toutes les lignes possible formées par les bouées détectées il y a moins d’une heure, je ne veux pas prendre le moindre risque maintenant qu’on approche de la flotte. - 1-7-7 capitaine ! En prenant ce léger détour, le contact avec l’ennemi sera retardé d’un peu plus d’une demi-heure. Il faut maintenir la pression. - Informez le ZEVS. Prochaine cible, DDG #6. Contact dans environs 3h. - C’est en cours d’envoi capitaine. » - - - Navires coulés : 2x F-40 Sirius (2500t, 250 membres d'équipage) 2x F-85 ou F-88 ou F-92 (5300t, 250 membres d'équipage ou 4400t/222 ou 4800t/273) 2x DD 963 Spruance, 1 supposé Baseline, 1 VLS (8035t, 334 membres d’équipage) (+1) 2x D 550 Audace (3950t, 380 membres d’équipage) 1x SSN-688 Los Angeles (6080t, 129 membres d’équipage) 8-16x hélicoptères embarqués Total : 43 850-45 650, 2 511 – 2 603 membres d'équipage
  7. [L’Eté des Boxers] L'enfer sur les remparts

    Tu retrouveras quelques personnages cités ! Mais pas Lucky Billy ni McAllister ^^
  8. Concours Mini AAR de l'été 2018

    Excellente idée de doubler le concours de mini-AAR Et hop, contribution postée !
  9. A la fin du XIXe siècle, la Chine est agitée par le mouvement Yihetuan surnommé par les Britanniques « Boxers » en raison de leur pratique des arts martiaux. Loin de se contenter de pratiquer le Kung Fu dans les jardins, le mouvement est animé d’un vaste sentiment anti-colonialiste et proto-nationaliste. Il nait et se propage dans le Shandong et le nord de la Chine, s’attaquant aux Chrétiens de Chine. Il atteint finalement Pékin, accompagné de slogans tels que « Soutenons le gouvernement Qing et exterminons les étrangers ». Face aux menaces, de nombreux européens et chrétiens se réfugient dans le quartier des Légations L’impératrice douairière Cixi est initialement indécise face à ce mouvement. L’écraser signifierait l’aliénation de toute la population car cela signifierait une soumission chinoise à l’occident, mais les laisser faire entraînerait sans doute une intervention occidentale. La cour elle-même est divisée, jusqu’à ce que les Occidentaux fassent le premier pas et annoncent l’envoi de 20 000 hommes pour lever le siège. La Chine apporte alors son soutien aux Boxers. Onze légations, cinq cents civils et à peu près autant de soldats se partagent les 5,1 km² que représente le quartier. Il n’est que partiellement fermé, au nord-est par la Cité Impériale, au sud par les murs de la Cité Tatare. Ils disposent de trois mitrailleuses et d’un canon. Le ministre britannique Claude Mac Donald est désigné commandant de la défense, tandis que l’américain Herbert Squiers est désigné comme son chef d’Etat-major. D’une manière générale, les troupes d’un pays sont responsables de la défense de leur légation. Les Allemands et les Américains ont pris pied sur les remparts au sud. Je vous propose de vivre le siège du point de vue d’un marine américain (fictif), William B. Walker. 21 juin 1900 (tour 2) Chez nous c’est resté calme, mais du haut du rempart, on a pu voir le grabuge du côté de la légation britannique. Des soldats ont découvert une mine au cours d’une de leur patrouille. Elle n’a pas explosé, mais les Boxers ont quand même attaqué. Ils étaient, quoi, quatre cents ? Le capitaine Myers nous a dit plus tard qu’il n’y avait pas de régulier chinois avec eux. Apparemment, l’Impératrice ne sait pas quoi faire de ces paysans. Ils se sont jetés droit sur les légations britanniques et autrichiennes, mais à la fin de la journée et à l’aide de renforts, ils ont été repoussés. 26 juin 1900 (tour 7) Le déjeuner a été interrompu par le son des canons. On a cru à une armée de secours, mais c’est sur nous que sont tombés les obus. Les légations allemandes et italiennes ont reçu le gros des tirs. Ils n’auraient jamais pu faire ça sans l’accord de l’Impératrice. 27 juin 1900 (tour 8) J’étais en faction sur le rempart quand les obus nous sont tombés dessus. Ils tirent complètement au jugé. Cette fois ils n’ont pas fait de victimes, mais entassés comme nous sommes, la catastrophe n’est pas loin. 28 juin 1900 (tour 9) J’ai perdu mon pari avec Murphy. Je pensais qu’ils allaient nous bombarder et nous affamer jusqu’à ce qu’on devienne fou, mais non. Ils ont attaqué peu avant midi. Par l’ouest, cette fois. Les Russes avaient préparé des positions en avant de leur légation, mais les Boxers les ont pris à revers. Myers nous a ordonné de rester sur notre position, des fois que cette attaque soit une feinte, mais le détachement qui était dans notre légation est allé prêter main forte aux Russes. C’était la panique dans les rues. Les Boxers ont pu entrer et incendier une partie des bâtiments, des civils courraient partout. Il a fallu cinq heures pour les repousser. Une odeur de brûlé flottait sur tout le quartier. On a des blessés de toute nationalité, et Mac Donald est mort dans le bombardement préliminaire à l’attaque. Ça commence à devenir compliqué. 30 juin 1900 (tour 11) Cinq jours de bombardement. On dirait qu’ils ont pris un rythme de croisière. Et un nouvel assaut. Ils ont attaqué à l’est et s’en sont pris aux légations autrichiennes et italiennes. Apparemment, les autrichiens ont perdu leur mitrailleuse dans les premières minutes du combat et se sont fait déborder. Les combats se sont déplacés dans la légation française plus au sud, où les Anglais et les Français les ont accueillis. Les Allemands et nous sommes allés aider les Italiens. Ces Boxers sont des fous. Ils n’ont que des lances ou des sabres comme arme, et nous foncent dessus. Un Chinois chrétien réfugié dans notre légation m’a dit plus tard qu’ils suivaient des rituels qui, pensent-ils, dévient ou neutralisent nos balles. Ils sont persuadés qu’ils ne mourront pas, ce qui les rend d’autant plus dangereux. Ils se déplacent en foule, ça donne un effet de masse. Le canon italien était bienvenu pour briser leur élan. Je comprends mieux que les russes, sans mitrailleuses, aient eu du mal face à eux. On a tenu, mais les blessés et les morts s’accumulent, et nos positions se dégarnissent… En remplacement de Mac Donald, on a nommé le Lieutenant-Colonel Goro Shiba, un Japonais, comme chef de la défense. Non pas que ça change grand-chose à la situation. 5 juillet 1900 (tour 15) Je ne sais pas ce qui se passe dans le camp d’en face, mais les bombardements ont presque cessé et il n’y a pas eu d’attaque. Ça nous laisse du temps pour soigner les blessés et les malades. Les premiers civils sont morts de maladie à cause du confinement et des incendies. 8 juillet 1900 (tour 18) Il fallait bien qu’ils nous tombent dessus. Aujourd’hui, l’attaque était pour nous, sur les remparts. La muraille de la cité tatare fait 12m de large, notre position n’occupe pas plus de 40 mètres en profondeur. On vit à 40 dans cet espace, c’est à peine si on a assez de place pour faire tourner les troupes. On y a placé des barricades. Autrement dit, on s’est infligés l’enfer, mais on l’a aussi a promis à nos ennemis. Eh ben même avec ça ils ont pu neutraliser notre mitraillette et se sont jetés sur nous comme des fauves sur leur proie. Tous nos hommes sont venus. Et les Allemands, puis les volontaires, les Français, et même des Autrichiens privés de légation depuis une semaine. On s’est tous relayés sur le rempart. Ces fous furieux de Boxers ont essayé d’incendier les mirs de leur cité ! Ils ne sont pas passés. La muraille est couverte de cadavres, et de notre côté ce n’est pas la joie non plus. 9 juillet 1900 (tour 19) Les bombardements persistent, mais on a reçu une bonne nouvelle de la part du Lieutenant-colonel Shiba : l’Impératrice Cixi a signé une trêve avec nous. Les troupes chinoises quittent la zone et ne prêtent plus leurs canons aux Boxers. Mc Allister pense que ça signifie que le siège est fini. Moi je crois qu’il se fait des idées et que les Boxers vont revenir encore plus furieux. 10 juillet 1900 (tour 20) Et qui avait raison ? Mc Allister me doit une tournée. C’est la même histoire qu’il y a deux jours, mais cette fois, il n’y avait pas d’étendard jaune. L’Impératrice tient parole. J’ai pris un coup de lance dans le flanc et un coup de sabre sur l’épaule. Par je ne sais quel miracle, j’ai encore tous mes membres et mon unité a pu me sortir de là. Myers m’a mis au repos forcé dans notre légation. J’aurai enfin un vrai lit. 12 juillet 1900 (tour 22) J’ai pu discuter avec Francis Gamewell, un missionnaire qui nous a aidé à monter les barricades. Mac Donald l’a nommé « commissaire aux fortifications ». En plus de ça, sa mission s’occupe des malades et des blessés, aidés par les docteurs vivant habituellement dans le quartier. Certains prennent même les armes et défendent des positions. Myers est venu me voir. Apparemment, on m’appelle Lucky Billy dans l’unité suite à mon exploit de l’avant-veille. 15 juillet 1900 (tour 25) Les blessés se remettent. Myers m’a réintégré sur le rempart. On s’habitue vite au confort… Les autrichiens ont essayé de réparer leur mitrailleuse, mais c’est peine perdue. 17 juillet 1900 (tour 27) On a reçu des nouvelles des assiégés de la cathédrale de Peitang. Ils tiennent toujours malgré les attaques. Dieu est de notre côté. Evidemment il fallait que j’écrive ça une heure avant un assaut. Le comité d’accueil était Allemand cette fois, et on est vite venus les rejoindre. Pas assez vite. Quand on est arrivés, ils étaient en train d’amorcer un repli vers les positions défensives de leur légation. On les a couverts avant de les rejoindre. Je ne sais pas ce qu’ils avaient ces Boxers-là, mais ils étaient rapides. Une fois descendus des remparts ils ont formé deux groupes. Le premier a incendié le sud de la légation allemande. C’est tout juste si on a pu couvrir les civils avant d’achever les boxers sur place. Le second a été accueilli par le canon italien et des troupes dans une position fortifiée. Le soir on a discuté avec les Allemands. J’ai suggéré à Myers de poster 20 hommes de plus sur notre position, pour couvrir la mitrailleuse dans le premier choc. Il a tiré la gueule. « Vous n’êtes pas assez serrés là-haut ? ». Pas suffisamment pour arrêter le premier assaut Boxer. Faute de mitrailleuse, les Allemands ont dressé un nouveau plan de bataille en cas d’attaque contre leur position, avec une position de repli dans les ruines du sud leur légation. Shiba a posté une soixantaine de volontaires près du canal, rue des Légations. En cas de grabuge, ils ont ordre de rejoindre les positions américaines ou la légation allemande. 18 juillet 1900 (tour 28) « Nihao, motherfuckers ! » * tatatatatatatatatatatatata* Les choses sont bien plus simples avec une mitraillette fonctionnelle. Lucky Billy avait raison ! Le détachement supplémentaire a couvert la mitrailleuse suffisamment longtemps pour permettre aux renforts d’arriver. Les foules ne tiennent pas longtemps sous le feu d’une mitraillette. Quand les plus téméraires, à l’avant, tombent les uns après les autres, l’effet de masse perd en intensité, et l’arrière commence à se débander. A partir de là, les guerriers boxers tombent comme des mouches ou prennent leurs jambes à leur cou. On a eu moins de pertes aujourd’hui. A force d’aller se soutenir les uns les autres, on finit par connaître les autres soldats du quartier et, mine de rien, en échangeant nos expérience sur les barricades, on s’améliore. Le moral est bon malgré ce presque mois de siège. L’impératrice nous a apporté des vivres et le nécessaire pour soigner nos blessés et les civiles enfermés avec nous. Ils se sont enquis de l’état de santé de la population. J’ai suggéré à Shiba de répondre « Pas encore massacrés » mais, s’il a ri de ma réponse, il ne l’a pas transmise. Tout cela signifie sans doute que le dénouement approche. Les Boxers ne vont quand même pas s’opposer à l’Empire ? 19 juillet 1900 (tour 29) J’aurais dû la boucler. La politique, ça me dépasse. Aujourd’hui ils ont attaqué les légations italiennes et françaises par l’est. Tout ce que j’ai vu, c’est une masse informe de gens se déversant dans les rues et de la fumée sortant de nombreux bâtiments. Les Italiens, chassés de leur position, se sont déplacés au sud, dans la résidence de Hsu T’ung. La légation française est elle-aussi salement endommagée. Le capitaine Berthier nous a rapporté que les Boxers couraient dans tous les sens, allumant des feux au petit bonheur la chance, sans même chercher à se mettre à couvert et ignorant complètement leurs tirs. Ils ont rencontré la même sale engeance que les Allemands avant-hier, on dirait. On ne sait trop comment, la centaine de civils qui s’était réfugiée dans la légation française a réussi à éviter les flammes et les Boxers. Un jeune enfant Chinois qui travaille avec un missionnaire nous apporte de bonnes nouvelles. Les renforts devraient atteindre Pékin d’ici quatre semaines. Quatre semaines. C’est long, mais cela explique le geste de l’impératrice. 24 juillet 1900 (tour 34) Les bombardements persistent. On a fini par s’y habituer. Cela plombe nos nuits, mais fait peu de victimes. Et puis, ce n’est pas comme si on passait de bonnes nuits, entassés sur ce rempart. 25 juillet 1900 (tour 35) On a un nouveau canon ! En raclant les fonds de tiroirs pour des vivres, les Autrichiens sont tombés sur une vieille pièce d’artillerie qu’ils sont parvenus à restaurer. Ils l’ont sobrement appelé « Der Internazionale Kanon ». Mc Allister a suggéré « Betsy ». C’est mieux, c’est plus court et c’est plus affectueux, « Betsy ». On l’a placé sur le rempart avec les Allemands. Les Boxers vont avoir une sacrée surprise. 26 juillet 1900 (tour 36) Ce matin, on a été réveillé par des cris. Des hurlements, pour être précis. Des Boxers, qui menaient une charge contre la position allemande sur le rempart. Comme la dernière fois, nous sommes arrivés en renforts mais, contrairement à la dernière fois, les Allemands tenaient leur position grâce à Betsy. Dans le feu de l’action j’ai proposé de troquer Betsy contre notre mitrailleuse, mais bizarrement ils n’en ont pas voulu. Notre mitrailleuse brise les foules, alors imaginez un canon… Les Boxers ont tout donné, absolument tout, et pendant toute la journée. On a bien cru qu’on allait tous y passer, mais finalement on a tenu. Chaque mètre de terrain cédé, on l’a repris à la force de nos armes. 1er août 1900 (tour 42) Cela fait près d’une semaine qu’il n’y a eu ni bombardement ni attaque. Si on ne les voyait pas à quelques dizaines de mètres de nous, on pourrait croire que les Boxers ont été chassés ou se sont enfuis. 14 août 1900 (dernier tour) Vers 5h du matin, pendant mon quart, j’ai entendu des tirs venant de l’est. Des canons -pas ceux de d’habitude- puis le bruit des mitraillettes. Je suis allé voir les Allemands qui m’ont confirmé ce que j’en avais déduit : les renforts sont enfin là ! Impossible de les voir derrière le rempart extérieurs et intérieurs, mais ils sont bien arrivés. A 15h, un contingent anglais est passé par un fossé de drainage sous le mur de la cité tatare, suivi de peu par le général britannique Alfred Gaselee. Il est accueilli par le lieutenant-général Goro Shiba. Il n’a pas eu besoin de plus pour comprendre que Claude Mac Donald n’avait pas survécu. Deux heures plus tard, le général Chaffee est entré à son tour. Il est venu nous saluer sur les remparts. En voyant nos troupes comprimées dans un si petit espace, il comprit l’enfer que nous avions vécu. Il ne fit aucun commentaire, mais son visage, livide, en disait suffisamment long. Nous étions 409 soldats début juin. 55 sont morts et nous avons eu jusqu’à 135 blessés, aujourd’hui soignés. 13 civils manquent à l’appel et 24 sont blessés ou malades. Je cherche en vain un motif militaire à l’échec des Chinois dans leur campagne d’extermination des étrangers. S’ils avaient consenti à sacrifier quelques centaines de vies en plus lors de chaque assaut, ils auraient bien vite éteint nos défenses et je ne serais pas en mesure d’écrire ces mots. Le fait est que, Dieu merci, les Boxers n’étaient pas si immunisés à la peur que cela.
  10. [CMANO] Sous une mer de flammes

    16h45 – Sur le pont du Mor « Contact, deux nautiques, sonar moyenne fréquence, direction 1-9-4. - ça y est, ils sont sur nous. Je ne veux plus un bruit dans ce sous-marin. » Les minutes suivantes révèlent que les hélicoptères semblent chercher un peu trop au sud. Ils sont sans doute partis de la position fournie par le sous-marin coulé, donc la position de la torpille au moment où elle a été repérée. Ils larguent une bouée de temps en temps mais, si ses calculs sont bons, le sous-marin est toujours invisible. La partie de cache-cache va encore durer quelques heures. 17h15 – à bord du Smiert’ Golovko est en train de relire ses notes quand le capitaine Iashvili se penche face à lui. « Capitaine, puis-je vous parler quelques minutes en privé ? - Qu’y-a-t-il ? Iashvili chuchote, à la limite de l’audible. - Sverdlovsk. Golovko pose immédiatement son stylo. - Suivez-moi. Dans la cabine, Iashvili reprend la parole. - J’ai eu droit à une bonne surprise. Il y a 10 minutes de cela, le commissaire Sverdlovsk est venu me présenter ses excuses. Plus précisément, il m’a dit avoir fait preuve d’un excès de zèle, envahi par l’excitation de la situation. Il estime, après deux jours de mission, m’avoir très mal jugé et avoir fait preuve de précipitation et d’un manque de respect inacceptable en tenant ses propos. - Et bien, c’est une bonne nouvelle, je présume. - Je n’ai pas fini, capitaine. Il a insisté pour que je ne cache pas ses manquements dans tout rapport de mission que je serais amené à rédiger. « Question honnêteté », m’a-t-il dit. Voilà qui n’est pas banal. Et plutôt inattendu venant de Sverdlovsk. - Vous l’avez trouvé sincère ? - Oui, capitaine. C’est surtout cette dernière remarque qui m’a convaincu. Je m’attendais à ce qu’il tente de négocier quelque chose, fasse valoir son incompétence ou en appelle à un quelconque sentiment qui me pousserait à mettre en sourdine ce qu’il a dit. Et voilà qu’il me demande d’écrire ce qui pourrait bien constituer une sanction pour lui. - Vous aviez l’intention d’omettre ces incidents ? - Certainement pas, et je ne changerai pas d’avis. S’il espère obtenir cet effet par une espèce de psychologie inversée, il ne l’aura pas. Excellent. Un homme intègre. - Puisque vous êtes ici, j’ai un problème dont je dois vous faire part. Golovko explique brièvement les rencontres successives avec Sverdlovsk et Sakharov et les accusations mutuelles qu’ils formulent. - C’est inquiétant, capitaine. - Très. Ce que vous venez de me raconter me laisse penser que ce que m’a dit Sverdlovsk, en excluant ses accusations contre le quartier-maître, est vrai, mais il est peut-être venu vous présenter ses excuses pour justement provoquer cette réaction chez moi. - Comment comptez-vous régler la question ? - Je ne vois qu’une possibilité. En tant que capitaine, il est dans mon droit de contrôler personnellement l’intégralité du sous-marin. J’ai donc l’intention d’aller fouiller leurs effets personnels à la recherche de tout élément suspect. Cependant, je voudrais le faire de la manière la plus discrète possible, à l’insu et en l’absence des intéressés. Pour cela, vous allez devoir les retenir, l’un après l’autre. - Comptez sur moi. 18h04 – sur le pont du Golod’ Deux bouées actives viennent d’être repérées et forment une ligne qui coupe la trajectoire du sous-marin. Son second, Ilya Karachev, est le premier à parler : « On dirait qu’ils réagissent et tentent de sécuriser les mers en avant de leur flotte. - Manque de chance, c’est par derrière que nous allons frapper. De toute façon, dans une heure, il y aura un grand vide à la place de ces bouées, on pourra y passer sans risque. A quelle distance est le Spruance ? - Entre 11 et 12 nautiques capitaine. - Il nous faudra encore quatre heures pour être à portée. On ne change rien à notre plan. - Bien capitaine. » Même heure – à bord du Smiert’ D’un signe de la tête, Golovko signale à Iashvili de prendre son quart. Trente minutes plus tard, Golvoko s’absente pour aller mener sa petite fouille dans le mess des officiers. « Mettez en attente tout message et tout signal, informez moi à mon retour. - Bien capitaine. » Il descend du pont, traverse les postes d’armement et de navigation avant de se diriger vers l’arrière du sous-marin. Un coup d’œil rapide près des cuisines lui permet de voir Iashvili et Sakharov discuter joyeusement autour d’un plat, apparemment préparé par le chef Gorki. Parfait. Sans ralentir, il passe les cuisines. Quelques mètres avant le mess, il croise un matelot qui s’écarte diligemment sans pour autant ralentir son allure ni oublier de saluer, selon les réflexes naturellement acquis par tout sous-marinier avec l’expérience. « Capitaine. - Vasilievski. » Personne dans le mess, c’est l’idéal. Après cinq minutes, Golovko doit se rendre à l’évidence, il n’y a rien d'étrange dans les affaires de Sakharov. D’un autre côté, qu’espère-t-il trouver, un manuel de la CIA ? Il referme le loquet du casier… Puis réalise qu’il n’a pas eu à le déverrouiller pour l’ouvrir. Étrange. Autant le laisser déverrouillé. Il quitte le mess, repasse devant les cuisines puis entend soudainement Iashvili derrière lui. « Ah, capitaine ! Goûtez-moi ça ! Gorki nous a préparé des karjalanpiirakat*, une recette de son épouse ! » Nonobstant les délicieuses tartes, cette première fouille est un échec. - - - * tartes caréliennes. Je recommande chaudement ces petites tartes en forme de pirogue à pâte de seigle, typique de la Carélie, qu’elle soit finlandaise ou russe. Recommandation perso pour la garniture au riz avec du munavoi dessus (de l’œuf dur en tout petit morceau mélangé à du beurre légèrement fondu). C’est aussi très bon avec des pommes de terre ou du saumon, et ma variation perso au chocolat est à tomber par terre :D
  11. [CMANO] Sous une mer de flammes

    16h00 – A bord du K-278 Komsomolets « Mor » Toujours imprécis. Les dernières données ne permettent toujours pas de cibler le sous-marin qui se promène à quelques nautiques plus à l’ouest. Le capitaine Timoshenko a toujours en tête le message envoyé par le ZEVS il y a deux heures. « Données satellites imprécises. Envisager sonar actif ». La doctrine soviétique octroie une place très large à l’usage du sonar en mode actif parmi les sous-marins d’attaque, pour permettre à ceux équipés de roquettes de frapper de loin sans risquer de riposte ennemie. Bien utilisée, elle donne d’excellents résultats, à condition d’user du sonar avec parcimonie*. Le problème, c’est qu’avec une cinquantaine d’hélicoptères et une dizaine d’avions susceptibles de leur foncer dessus, révéler leur position c’est déjà poser un pistolet chargé contre sa tempe et placer le doigt sur la gâchette. D’un autre côté, ce sous-marin américain pourrait bien les avoir repérés, ou le faire dans les prochaines heures. En manœuvrant bien, il sera sur les arrières du K-278 et du K-463, qui finiront au fond de la mer avant de se rendre compte de quoi que ce soit. « Armement, on a bien deux RPK-6 de prêtes ? - Oui capitaine, tubes un et deux. Les roquettes sont chargées et prêtes à être tirées. - Bien. Activez le sonar de coque. Nous allons couler ce sous-marin puis manœuvrer pour nous enfuir. Quelques secondes plus tard. - Contact ! Il est très précis capitaine, direction 2-6-2, 14,5 nm. La cible a un cap de 2-2-5, vitesse 7 nœuds. - C’est ce que je voulais entendre. Retournez en mode passif et tirez deux roquettes contre ce sous-marin. - Feu, capitaine ! Les deux missiles quittent les tubes lance-torpilles et remontent vers la surface en filant droit vers le Los Angeles. A moins d’un nautique de la cible, les missiles libèrent la torpille UMGT-1 embarquée. Si tout va bien, ce n’est qu’à ce moment-là que le sous-marin ennemi repère le tir, alors que la torpille est sur lui, presque littéralement. - Les deux torpilles sont en mer et ont acquis leur cible… Première torpille leurrée… Elle réacquière sa cible. Une dét… Deux détonations capitaine. Contact perdu, cible détruite. - Parfait. Envoyez immédiatement l’information au ZEVS et filez cap 0-0-0. On va avoir de la visite. - - - * Le sonar actif, par définition, émet un signal qui peut être repéré. Le plus gros problème, cependant, c'est qu'un sonar actif peut être entendu de bien plus loin que sa portée effective. Autrement dit, utiliser un sonar peut ne donner aucune information mais révéler sa position à tous les navires alentours. Un dangereux pari. Navires coulés : 2x F-40 Sirius (2500t, 250 membres d'équipage) 2x F-85 ou F-88 ou F-92 (5300t, 250 membres d'équipage ou 4400t/222 ou 4800t/273) 7-14x hélicoptères embarqués 1x DD 963 Spruance, supposé Baseline (8035t, 334 membres d’équipage) 2x D 550 Audace (3950t, 380 membres d’équipage) 1x SSN-688 Los Angeles (6080t, 129 membres d’équipage) Total : 35 815-37 615, 2 167 – 2 269 membres d'équipage
  12. Dev Diary 4 – Carnet du 18 juin 2018

    Rien de très neuf pour qui jouait à EU:Rome : c'est le même système ! Le fait d'avoir le tout aisément modifiable est un gros, très gros plus. J'espère que le combat naval est du même acabit. Si I:R suit la voie d'EU:R, les différences au sein d'un même type d'unité (Infanterie Lourde : Manipules, Phalange etc.) se font par les inventions, elles-même permises par les technologies. Dans EU:R (mod Reign of Ancients), l'infanterie lourde grecque était extrêmement puissante en défense tandis que la version romaine tenait infiniment mieux le terrain avec son moral inébranlable. Cela forçait des styles de jeu radicalement différents.
  13. [CMANO] Sous une mer de flammes

    9h41 – sur le pont du Golod’ Le capitaine Kastals rassemble autour de lui les officiers de son navire. « Camarade, nous entrons dans la phase critique de notre mission. Selon nos dernières informations, nous avons passé l’anneau défensif formé par les hélicoptères. Vu que nous sommes encore là à pouvoir discuter, on peut estimer sans trop se tromper que l’ennemi ne nous a pas repéré. Cela va bientôt changer. Avant de poursuivre, il pointe une carte sur laquelle figure une représentation approximative de la TF Horton. - Nous avons communiqué au ZEVS notre première cible, le destroyer classe Spruance, éloigné du reste de la flotte. Ils nous informent régulièrement de sa position. Dans les prochaines heures, nous serons derrière lui, puis remonterons au-dessus de la thermocline pour nous immuniser au maximum contre son TASS. Puis nous l’enverrons par le fond. Des questions ? Il parcourt le pont du regard. Seul Hodorovski prend la parole. - Vous nous négocierez une prime quand on aura fini ? De légers rires. - Silence, vieux machin, nous sommes dans la zone de détection ennemie. J’en déduis que vous êtes tous d’accord avec l’ordre de marche. A vos postes. » Sans un bruit, les officiers regagnent leurs postes, plus déterminés que jamais. 10h20 – sur le pont du Smiert’ Golovko, alors qu’il cherche le commissaire Sverdlov, est appelé par le quartier-maître Alexei Sakharov, visiblement troublé. « Capitaine ! Je dois vous parler. - Ce n’est pas votre quart, Sakharov. Que vous arrive-t-il ? Le quartier-maître regarde autour de lui, inquiet. - Je crois que discuter dans votre cabine serait préférable. - C’est urgent ? - Je le crois capitaine, je me permets d’insister. - Bien. Suivez-moi. Quelques minutes plus tard, ils atteignent la cabine du capitaine. - Quel est le problème, Sakharov ? - L’équipage se pose des questions. J’ai assisté à plusieurs discussions et entendu d’autres de manière plus fortuite, et il semblerait que vos décisions ne fassent pas l’unanimité. - Depuis quand l’équipage discute de décisions tactiques et stratégiques ? - Je suis aussi surpris que vous capitaine. L’idée circule que vous avez volontairement refusé de frapper directement les deux porte-avions ennemis, et gaspillé vos deux derniers missiles sur des frégates inoffensives. Sverdlov. - Et puis quoi encore, que je suis un espion américain infiltré qui roule pour l’ennemi ? - Permission d’être franc capitaine ? - Allez-y. - Votre frère... Il ne manquait plus que ça, les histoires de familles. - Demi-frère. - Qui est passé à l’ouest… - Et j’en ai suffisamment souffert ces huit dernières années. Je crois avoir largement fait mes preuves depuis, et encore plus ces deux derniers jours. - Je ne remettais pas en question votre patriotisme capitaine, j’indiquais juste ce que j’ai entendu. En l’énervant au passage. - Bien. Quand vous serez de nouveau de quart, tenez l’équipage. Je ne veux pas la moindre contestation ni la moindre plainte quant aux décisions que j’ai prises dans cette mission. JE suis le capitaine de ce navire, JE mène la barque et JE prends les décisions comme bon me semble. Que chaque membre d'équipage joue son rôle sans en sortir. Rompez. - A vos ordres. » Sverdlov est un sacré fouteur de #####. Golovko sort furieux de sa cabine et reprend sa recherche, qui a de plus en plus des airs de chasse à l’homme. Il trouve finalement le commissaire en train de discuter avec plusieurs membres d’équipages actuellement au repos. Les sujets semblent léger vu les sourires sur les visages. « Commissaire, suivez-moi immédiatement. - Tout de suite capitaine. Quelques minutes plus tard, ils atteignent la cabine du capitaine. - C’était quoi ce numéro sur le pont ? - Je m’en excuse capitaine. Je pensais que vous alliez attendre entre l’attaque contre le Spruance et celle contre les Audace. J’avais l’intention de vous faire part d’un problème que je pense avoir découvert. - Et cela vous donnait le droit de m'interpeller de la sorte sur le pont et de remettre ouvertement en question mes décisions ? - Non capitaine, mais vous avez bien involontairement accentué le problème. - Quel problème ? - L’équipage se pose des questions. Vous vous souvenez des suggestions de frappes que je vous ai faites ici même ? - Votre fixette sur les deux porte-avions ? Je m’en rappelle très bien, oui. - Eh bien certains semblent avoir eu les mêmes idées et ne comprennent pas vos choix. Ah tiens, heureux hasard ! Se dit Golovko. Le sujet est amené tout seule, il n'y aura même pas besoin de mouiller Sakharov. - Et je suppose que vous n’êtes pas étranger à cela ? - Comment ça, capitaine ? - Allons, ne faites pas l’idiot. Vous leur avez donné un petit coup de pouce en leur refaisant le même cinéma que dans ma cabine avec Iashvili hier après-midi ? Sverdlov montre soudain un visage horrifié et selon toute vraisemblance surpris. - Mais certainement pas ! Êtes-vous devenu fou ? - Vous nous avez fait un numéro de patriotisme digne de 1942, vous vous êtes arrêté à ça d’accuser Iashvili, puis moi, de trahison parce que nous refusions de frapper les porte-avions. J’entends que l’équipage me reproche justement de ne pas avoir frappé directement ces porte-avions, et je devrais pensez que vous n’y êtes pour rien ? - Mais… Mais non ! Ecoutez capitaine. Sur Iashvili, je me suis trompé, et je dois lui présenter des excuses. J’ai été emporté par mon zèle. J’étais extrêmement dubitatif quant à votre plan de bataille, mais je me suis tu dès que vous me l’avez ordonné, et je vois très bien à l’heure qu’il est que c’est sans doute une bonne solution. Je n’ai jamais marqué mon opposition ailleurs que dans votre cabine. - Et il y a deux heures c’était quoi ? - C’était ce que je viens de vous dire. Je voulais seulement m’entretenir avec vous, dans votre cabine, pour vous parler de ce problème et éviter de prendre une décision qui renforcerait la conviction de ceux qui doutent de vous. Léger et douteux, comme argumentaire. - Vous comprendrez que je suis extrêmement dubitatif. - Et moi je me pose une question. Pourquoi, alors que vous avez un quartier-maître, est-ce que c’est moi qui vous informe de d’un problème lié à l’équipage ? Vous étiez au courant de ces tensions ? - Cela ne vous regarde pas, commissaire. - Vous avez raison. Mais si effectivement vous venez de le découvrir, posez-vous des questions sur votre quartier-maître. Cela fait près de deux jours que vous avez manifesté votre intention de détruire l’escorte plutôt que les porte-avions eux-mêmes. Je ne vois pas en quoi des problèmes qui auraient pour origine cette décision ne surviendraient que maintenant. Ça ne tient pas. - Sverdlov, je me réserve le droit de tirer mes propres conclusions. En attendant, j’exige que vous ne manifestiez plus votre opinion sur la situation à aucun moment, à moins que je ne vous la demande expressément. - Soit ce que j’ai fait jusqu’à présent. Bien capitaine. » Un quartier-maître qui accuse un commissaire qui accuse ce même quartier-maître. Quel panier de crabe. Mais la réflexion de Sverdlov est pertinente. Pourquoi ce problème ne survient que maintenant, après deux jours de mission ? Première option, l’équipage est tiraillé par sa décision de frapper l’escorte en priorité, auquel cas les signes d’agitation ont dû se manifester il y a au moins un jour, après un quart tout au plus, pour laisser le temps aux hommes d'en discuter et aux esprits de s'échauffer. On parle quand même de trahison ! Dans ce cas, Sakharov lui a caché la situation, ce qui est gravissime. Deuxième option, Sverdlov travaille l’équipage au corps en faisant passer Golovko pour un incompétent ou un traître, et tente maintenant de se couvrir en impliquant Sakharov. Dans les deux cas, il n’y a rien de bon à attendre que le temps passe. Il faut chercher des réponses.
  14. Dev Diary 3 – Carnet du 11 juin 2018

    Dans EU:Rome, chaque gouvernement permettait de choisir un certain nombre idées nationales, exigeait un certain type d'idée (religieux, civique, militaire, économique...) et fournissait un bonus. Exemple (inventé) : être une république militaire demandait deux idées militaires et une civique. Il était possible de passer outre les exigences de type et de choisir par exemple l'idée "Souverain déifie" (religion) et son gros bonus à la réduction du risque de révolte, mais on ne bénéficiait plus du bonus de type de gouvernement. Il semble que dans le cas de I:R, ne pas avoir les idées correspondantes réduise la production des points de monarque.
  15. [CMANO] Sous une mer de flammes

    Je les trouve aussi très peu réactifs, surtout les sous-marins en fait. Pour le moment, je suis à peu près certain que les américains n'ont pas le moindre datum contre mes navires, donc l'IA ne sait pas où me chercher. Je pense que ce sera l'enfer dès qu'ils auront une piste, vu les hélicos dont ils disposent. Le noyau du groupe, autour des deux porte-avions, est impossible à diviser sans rendre l'un des deux vulnérables. Le Vincennes ne peut pas tout couvrir, l'Olwen qui apparaît occasionnellement est là pour fournir des munitions aux Vincennes, et la frégate britannique attachée à chaque PA est nécessaire, sans quoi je pourrais couler tout ce beau monde de dessous la thermocline sans même me fatiguer. Cela fait déjà 6 navires d'immobilisés. Les Maestrale et ce que je suppose être des Manchester sont inaptes à la chasse sous-marine faute de TASS. En restant groupés, ils ont fait en sorte que ce soit les Audace qui prennent. Si ça avait été le Garibaldi, c'eut été un désastre. Les seules menaces pour le moment sont les Spruance, réduit à un seul navire, qui ne sait pas encore où chercher, et surtout l'aviation. Ça ne se voit pas, mais les US ont déjà largué plusieurs centaines de bouées depuis une douzaine de patrouilleurs maritimes. On verra les chiffres des équipements utilisés à la fin de la partie, mais ça promet de donner le tournis Ce sera beaucoup plus délicat une fois près du cœur de la flotte. A portée de torpille, les TASS britanniques entendront les tirs. A moi de faire en sorte que ce soit trop tard pour eux à ce moment-là ! Les satellites sont totalement essentiels pour approcher la flotte ennemie, c'est d'ailleurs le twist du scénario : un groupe sous-marin contre une force censée la réduire en miette sans sourcilier... Oui mais un groupe de sous-marins qui sait à peu près tout le temps où est sa cible et qui peut donc manœuvrer librement. Le facteur chance (tomber sur une bouée ou un MAD) reste quand même important - je l'ai recommencé six fois et ai conduit de nombreux tests avant d'arriver aussi loin !
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