Aller au contenu
Invité Droopy

AAR "Bataille des Ardennes"

Messages recommandés

Invité Droopy

Bonjour à tous,

Je m'appelle Droopy et suis un fan de HoI (et bientôt du 2) classe.gif

Pour ceux qui me connaitraient, je suis un ancien du forum de Benzo (sous le pseudo de SaUcIsSe HuRlAnTe)...

Alors voila, j'ai fait une petite partie avec la démo.

Et comme j'en suis enchanté, je me permet de poster un petit AAR pour cela sourire.gif

Et pi en même temps, je voulais être le premier à poster un AAR sur HoI 2 yeuxroulants.gif

Franchement, coté combat, même si il est un peu facile, je le trouve vraiment bon ce jeu. Les events de combat donnent vraiment du piment à une bataille, tandis que les différents ordres, la logistique ou les percées donnent tout un coté organisationnel aux combats.

Il faut vraiment réfléchir désormais avant de lancer une attaque. Qui attaque ? Qui soutient ? ai-je des réserves pour exploiter une percée ? ai-je du ravitaillement pour ces unités ?

J'ai fait plusieurs erreurs dans cet AAR, notamment du coté de la logistique où plusieurs fois mes chars sont tombés en panne d'essence. De même, le blocage des unités aprés combat pour réorganisation m'a emmerdé à plusieurs reprises. J'avais en effet percé le front, mais oublié de laisser des unités en réserve pour exploiter de suite siffle.gif

Enfin, la démo place le joueur dans la peau du commandant du front de l'ouest avec seulement des unités à combattre et un chef politique au dessus de lui, fixant des objectifs et allouant le ravitaillement et les renforts. Ca donne un coté "rôle" au jeu qui n'est pas déplaisant, avec des contraintes particulières. langue3.gif

Enfin, bref, je me suis trés amusé et j'espère que cet AAR vous plaira.

Bonne lecture à tous classe.gif

@+

(Maréchal Von) Droopy

Pour tous les commentaires, c'est par ici.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Communiqué de l’OKH

Aujourd’hui, 15 décembre 1944, le maréchal Von Droopy a été nommé à la tête du Front Ouest par le Haut Commandement Allemand (OKH).

Le maréchal prendra ses fonctions dès que possible et veillera à préparer les troupes pour la future offensive victorieuse décidée par le Führer. Dans le but d’apporter une nouvelle fois la gloire à nos armes, le maréchal est doté des pleins pouvoirs sur le Front Ouest et chapeautera directement les Heeresgruppe B, G et H ainsi que la Luftflotte Ouest.

Nous comptons sur la qualité et le dévouement des troupes et officiers de la Wehrmacht pour exécuter avec diligence et promptitude les ordres qui seront donnés par le Maréchal Von Droopy.

Fait à Berlin, le 15 décembre 1944

Kassel, 16 décembre 1944, minuit

La lumière faiblarde du plafonnier rendait encore plus sinistre les mines des officiers présents dans la pièce. Tous attendaient le nouveau commandant en chef du Front Ouest. Von Rundstedt avait du quitté son commandement la veille pour raison de santé. L’OKH avait nommé Von Droopy à la place. Le maréchal venait tout juste de recevoir son bâton pour son action en Italie et en Afrique. Le climat allait sûrement le dépayser.

La porte s’ouvrit doucement et le maréchal entra dans la pièce en jurant.

Von Droopy: Mais quel temps. Il a neigé pendant presque tout le trajet en train. Ca promet pour cet hiver.

Un officier d’Etat major prit le lourd manteau du maréchal en lui amenant un café chaud. Le maréchal jeta un œil dans la pièce. Tous les officiers supérieurs du Front Ouest étaient réunis. Quel beau coup si l’aviation alliée bombardaient le bâtiment. Heureusement, les mesures de sécurité avaient été renforcées.

Model: J’espère que vous avez fait bon voyage.

Von Droopy: Pas vraiment. L’Allemagne est dévastée par les bombardements. La guerre est trop proche pour faire un bon voyage.

Dietrich: Et nous allons, grâce à vous, l’éloigner de notre patrie

Von Droopy: Si on pouvait gagner une guerre sur une carte, cela se saurait. Faisons de notre mieux, messieurs. Le « petit caporal » veut que je passe à l’offensive dans les Ardennes ce matin à l’aube. Je ne connais même pas la situation, ni l’état des troupes. Je n’ai pas eu de plan d’opération et la logistique est déficiente. Faites moi d’abord un rapide résumé de la situation.

Model: Un rapport complet vous a été préparé Maréchal. Le voici.

Von Droopy: Bien, laissez moi d’abord prendre connaissance de la situation.

Le maréchal alla s’asseoir dans un fauteuil prés du feu et bu lentement son café en prenant connaissance du rapport.

Extrait du rapport général du Front de l’Ouest, à l’attention du Maréchal Von Droopy, 15 décembre 1944

Herr Maréchal

Depuis le débarquement en Normandie et la défait de Falaise, l’armée allemande n’a fait que reculer. Une contre-offensive a été tentée en octobre prés de Metz, mais a lamentablement échouée. Les alliés sont actuellement parvenus jusqu’au Westwall et le Rhin. En Hollande, une opération aéroportée a permis aux alliés de reprendre Eindhoven. Heureusement, le maréchal Student les a stoppé à Arhnem. Mais la situation reste difficile.

[…]

Voici une carte de la situation actuelle et du déploiement des forces à l’Ouest.

user posted image

L’ordre de bataille des unités à l’ouest est le suivant (cf. notice jointe)

Soit 10 divisions blindées, 5 divisions motorisées et 57 divisions d’infanterie, pour un total de 72 grandes unités accompagnées de 29 brigades d’artillerie et 6 brigades blindées.

Au niveau de la logistique, les réserves de carburant sont au plus bas et le ravitaillement arrive à pas compté. Les troupes sont en général exténuées, notamment sur le Rhin pour le Heeresgruppe B. Les derniers combats ont saignées certaines unités, qui ne sont pas encore opérationnelles malgré un gros renforcement récent.

Kassel, 16 décembre 1944, 2 heures du matin

Le maréchal Von Droopy se leva doucement après sa dernière tasse de café, puis s’approcha de ses généraux. Il semblait fatigué.

Von Droopy: De ce que j’ai pu lire, une offensive dans les Ardennes comme le souhaite le « petit caporal » ne pourra pas être lancé ce matin. De toute façon, le ravitaillement n’est pas prêt et nous ne ferions que gâcher nos maigres ressources dans une offensive vaine. J’annule donc immédiatement les ordres de mon prédécesseur. Faites revenir les 5. PzArmee et 6.SS-PzArmee sur leurs positions défensives.

Général Student, vous m’aviez dit que vos unités étaient reposées depuis prés d’une semaine ?

Student: C’est exact maréchal. J’ai pu renforcer mes unités et recréer un front cohérent depuis l’opération aéroportée alliée.

Von Droopy: Venez ici. Regardez la carte ici et ici. A combien estimez-vous la défense alliée ?

Student : Guère plus de quatre divisions. Ils sont épuisés après une longue course. De plus, en tenant Rotterdam, j’ai fait miné l’Escaut pour empêcher l’utilisation de Anvers par les alliés. Leur ravitaillement leur provient du Havre seulement puisque nous tenons Dunkerque.

Von Droopy: Plus pour longtemps. Dunkerque est perdu à plus ou moins court terme. Amiral Schmitt, donnez des ordres pour faire évacuer du mieux possible les troupes de Dunkerque vers Rotterdam, notamment le matériel lourd et les blessés. Sacrifiez vos destroyers si nécessaires.

Bon Student, pensez vous pouvoir passer par ici ?

Student: Ce sera dur, mais possible si j’ai un bon soutien.

Von Droopy : Vous l’aurez. (Le maréchal griffonne quelques lignes sur un bout de papier, puis le tend à Student). Voila vos ordres, rejoignez votre QG et passer à l’action. Vous recevrez d’autres ordres plus tard.

Student: Bien Maréchal.

Student salue, puis quitte la pièce. Von Droopy se tourne vers les autres officiers en souriant.

Von Droopy: Bien messieurs, à nous désormais. Nous avons quelques heures pour réorganiser vos unités et préparer une offensive. Dans l’idéal, je souhaiterais frapper les alliés le 25 décembre à l’aube. Une sorte de cadeau de Noël…

Au travail messieurs.

Dans le train vers Arnhem, 16 décembre, 4 heures du matin

Le général Student regardait le paysage défilé. Il faisait nuit, mais les explosions à l’ouest indiquaient que l’on se battait encore prés de Aachen. Il relu doucement les quelques mots griffonnés sur le papier.

« Opération « Holland ». Attaquez vers le Sud avec la réserve du groupe d’armée. La 25. Armee vous soutiendra par l’ouest et le nord, la 1. FS-Armee par l’est. Percer à tout prix et ramenez le front à au moins 25 kms au sud de Eindhoven. Envoyez vos unités blindées et motorisées à Cologne, sans les engager dans la bataille. »

Student réfléchissait à toute vitesse. Si Von Droopy avait raison, il faudrait frapper à l’aube et sans ses blindés. Dure tâche. Un plan commençait à germer dans son esprit. Sa réserve était pratiquement intacte. C’est elle qui supporterait le gros de l’attaque. 4 divisions seraient lancées en première vague, avec un appui léger en artillerie, et ce dès 10 heures ce matin. La 25. Armee déploiera un barrage d’artillerie massif à droite et à gauche de l’axe d’attaque, puis entrera dans la bataille à partir de midi. La 1. FS-Armee déploiera 5 divisions et leurs artilleries en simulant une attaque sur le Rhin en début d’après-midi. Cela devrait permettre à la réserve de percer et d’occuper Eindhoven en moins de 24 heures. Student calcula rapidement. 11 divisions attaqueront, dont 4 en un seul axe. 10 divisions déploieront de l’artillerie en soutien. Pas mal comme puissance de feu, pensa-t’il.

Student sourit en s’endormant doucement. Il venait de comprendre pourquoi Von Droopy lui avait retiré ses blindés. Finalement, avec un tel chef, peut-être que la guerre n’était pas tout à fait perdue…

Front de l’Ouest, 16 décembre 1944, 9 heures du matin

Les généraux étaient tous partis. Von Droopy s’assit dans le fauteuil en posant une couverture sur ses genoux. Une petite sieste lui remettrait les idées en place pour le lendemain. Deux opérations avaient été décidées. « Holland » allait démarrer dans une heure, Student lui avait assuré. « Charlemagne » serait normalement lancée le 20 décembre à l’aube. Cela devrait permettre d’obtenir les bases stables nécessaires à la grosse offensive du 25 décembre. La réorganisation n’avait pas été sans mal, mais Von Droopy était comptant de son travail. On verra bien, se dit-il. Il donna l’ordre qu’on le réveille dès que Student enverrait son premier rapport, puis il s’endormit.

Berlin, 12 mars 1982, Archives de l’OKH

Deux jeunes historiens terminaient de ranger des vieux papiers. Ils étaient fébriles, tremblant d’excitation. L’un deux poussa une exclamation.

- Ca y’est, je l’ai trouvé.

- Fait voir, répondit son collègue. Effectivement, c’est bien la transcription des ordres du maréchal Van Droopy donné le 16 décembre à Kassel. Ouvre le délicatement qu’on puisse confirmer si l’offensive des Ardennes était bien son œuvre ou celle de Von Rundstedt…

Le document était ancien, mais encore très lisible. Les deux historiens le lurent avec avidité.

Kassel, 16 décembre 1944, Ordres du jour

Heeresgruppe H

Déclencher l’opération « Holland » ce matin à 10 heures. La réserve (79., 9., 167. et 257. DI) seront lancés par surprise sur Eindhoven. La 25. Armee appuiera à partir de midi avec le XXX Armeekorps (304., 46., 257., 387. et 306. DI) et le LXXVI Armeekorps (176. et 353. DI). Le LXXXVIII Armeekorps conservera 5 divisions (719., 84., 85., 89. DI et 6. FsD) et appuiera de son artillerie à l’ouest. La 1. Fallschirm Armee conservera ses 5 divisions (190., 84., 59., 712. et 526. DI) et appuiera avec son artillerie à l’est.

Une fois Eidnhoven tombé, le groupe d’armée se déployera comme suit.

25. Armee à Rotterdam avec les LXXXXVIII et LXXXXVII Armeekorps (5 divisions)

Heeresgruppe H et sa réserve, avec le XXX Armeekorps à Eindhoven (9 divisions)

1. Fallschirm Armee avec les II Fallschirmkorps et LXXXXVI Armeekorps à Dortmund (5 divisions)

Heeresgruppe B

Réorganisation majeure dans deux buts.

Premièrement, le déclenchement le 20 décembre de l’opération Charlemagne. Dans ce but, la 15. Armee sera déployée au sud de la Rhur, prés de Aachen avec le LXXIV Armeekorps (353., 85., 344. et 89. DI) au nord de la ville et le XIII Armeekorps (183., 340. , 176. et 59. DI) au sud de la cité.

Deuxièmement, le déclenchement pour le 25 décembre d’une offensive majeure dans les Ardennes. Pour cela, le dispositif s’articulera avec, du nord au sud.

La 6. SS-Panzerarmee, composée du II SS-Panzerkorps (9.SS, 10.SS et Panzer-Lehr) et du LVIII Armeekorps (56., 18. et 62. DI), soutenue par les 16. et 3. PzGrenadier Division.

La 5. Panzerarmee, composée du I SS Panzerkorps (1.SS, 2.SS et 12.SS Panzer) et du LXVIII Armeekorps (272., 326. et 26. DI) soutenue par les 15. PzGrenadier et la Fuhrer Begleit Brigade

La 7. Armee, composée du LXXXI Armeekorps (363., 246. et 47. DI) et du XII Armeekorps (9. Panzer, 35., 277. et 12. DI).

Les brigades blindées et 15 brigades d’artillerie seront alloués à ses trois armées.

Heeresgruppe G

Le groupe d’armées prendra une position défensive le long du Rhin et de la Sarre. Le déploiement sera le suivant. Le 9. PzDivision sera déployée en réserve du groupe d’armées.

19. Armée prés de Freiburg, avec les LXIV et LXXXX Armeekorps (5 divisions)

1. Armée prés de Saarbrucken, avec les LXXXV et LXXX Armeekorps (5 divisions)

Heeresgruppe G et sa réserve, avec les LXXII et LIII Armeekorps (5 division)

Luftlotte West

Dans le but d’économiser le carburant et le matériel, les divisions aériennes de la Luftflotte seront basées à Münster. La 5. Flieger-Division regroupera tout les chasseurs et protégera les actions des 3. et 14. Flieger-Divisions qui regrouperont les bombardiers tactiques et en piqué. Les unités ne seront lancées dans la bataille que le 25 décembre. En attendant, la Flak assurera seule la défense face à l’aviation alliée.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Hollande, 16 Décembre 1944, 10 heures du matin

Ca matin là, deux offensives ont débutées.

Les allemands lançaient l’opération « Holland » dans le but de reprendre Eindhoven.

Les alliés lançaient l’opération « Polder » pour reprendre Rotterdam.

user posted image

La bataille est terrible. Les allemands percent le front allié à 15 heures, alors que les alliés ne parviennent pas à passer l’Escaut. L’offensive alliée est un échec sanglant, 5.000 hommes étant tués ou blessés dans la tentative de franchissement du fleuve.

A Eindhoven, la situation dégénère rapidement. Les allemands entrent dans la ville le 17 décembre à l’aube, tandis que 2 divisions alliées fuient vers le sud. Les combats feront rage dans la cité. Le 18 décembre à l’aube, deux divisions blindées alliées tentent de contre-attaquer avec l’appui de l’aviation. La Guards Division britannique entre même dans Eindhoven. Mais les Cromwell sont une cible facile pour les fantassins allemands. L’infanterie britannique ne parvient pas à entrer dans la cité à la suite des chars, laissant les pauvres blindés se faire décimer. A 16 heures, le haut commandement allié décide de retirer ses troupes. Les unités britanniques, exténuées par 3 jours de combat non-stop, reculent d’une trentaine de kilomètres. Le 19 décembre au matin, tous les gains de l’opération Market-Garden ont été perdus par les alliés, et 14.000 soldats sont hors de combat. Le bilan est lourd pour les alliés.

user posted image

Les allemands progressent vers Eindhoven.

user posted image

Un véhicule allié a glissé dans les polders de Hollande au début de l’opération.

user posted image

Les renforts alliés se dirigent vers la Hollande.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Essen, 19 décembre 1944, 13 h

Le maréchal Von Droopy s’avançait lentement entre les positions avancées. Malgré les récriminations de son chef d’état-major, il avait tenu à aller s’assurer de visu des positions de la 15. Armee à Essen.

Les soldats à ses cotés ne parlaient pas. La présence du commandant en chef du front de l’ouest semblait imposer une certaine retenue aux combattants présents. Soudain, une salve d’artillerie s’abattit sur les arrières de l’unité. Un bâtiment s’effondra. Aussitôt, malgré les obus qui s’abattaient régulièrement sur la ville, les infirmiers et les soldats valides déblayaient les décombres pour sortir de là les blessés ensevelis. Le maréchal lui-même aidait à sortir un blessé miraculeusement encore vivant malgré les gravats qui l’avait recouvert. Après plus d’une heure de frappe, le bombardement cessa. Le major Schwarz fit un rapide décompte des pertes subies. Deux compagnies avaient été touché. Un simple bombardement d’une heure venait de mettre hors de combat une trentaine d’hommes de son bataillon. Le maréchal écouté le rapport à distance, mais ne fit aucune remarque. Un simple regard suffit pour que le major comprenne la peine du maréchal.

Il ne faisait pas la guerre par plaisir, c’était évident. Le Major eu une petite lueur d’espoir.

Ce regard qu’il avait croisé était celui d’un chef honnête et sincère. Peut-être que l’offensive qui démarrerait le lendemain ne serait pas aussi meurtrière que les précédentes.

Le Major houspilla ses hommes. Il avait fort à faire pour réorganiser son unité et faire honneur à son chef. Demain serait un grand jour…

QG de la 15. Armee, 19 décembre 1944, 15 h

Le général Von Zangen regardait le plan de bataille deployé sous ses yeux. Le maréchal était-il devenu fou ?

Le plan prévoyait un assaut sans réserves, directement sur Aachen, sans se préoccuper des ailes. Une hérésie à l’école de guerre. Certes, cela permettrait de concentrer le feu sur la ville et de l’investir avec des forces suffisantes, mais si les alliés percevaient le manque de réserve, la contre-attaque briserait la 15. Armee comme une noix et la Rhur tomberait en moins de 24 heures.

Von Zangen se tourna vers le maréchal

- Herr maréchal, sauf votre respect, je me dois de…

Le maréchal Von Droopy lui coupa la parole

- Vous ne m’apprendrez rien, général. Je suis parfaitement conscient des faiblesses de mon plan. Mais nous n’avons guère le choix. Si nous attaquons dans les Ardennes, selon les directives de l’OKH, sans avoir au préalable sécurisé Aachen, ce n’est pas la Rhur que nous risquons de perdre, mais bien tout le front de l’ouest. De plus, les alliés viennent de subir un rude coup en Hollande. Une attaque massive telle que programmée devrait les faire paniquer. Et sous la panique, ils ne verront pas notre manque de réserve ni l’opportunité qui s’offre à eux.

Van Zangen : Je comprends. Nous connaissons le plan et ses faiblesses, mais l’ennemi, lui, ne verra qu’une attaque massive. Ne pensant pas qu’on puisse attaquer sans réserves, il pensera que nous avons encore des troupes en arrières et paniquera devant une telle force qu’il était loin d’imaginer.

Von Droopy : C’est exactement ça. De toute façon, j’ai ordonné à Model de préparer la 6. SS-PzArmee à pivoter vers le nord si jamais la situation n’évolue pas comme prévu. Envoyez moi un rapport dès que possible.

Aachen, 20 décembre 1944, 8 h

Le caporal John McClelland venait de finir son déjeuner et allait prendre son tour de garde à l’entrée de la ville. Soudain, un bruit suspect lui fit tourner la tête. Un mouvement, là, sur la droite. Il arma son fusil et se pencha dans les ténèbres. Allons, pensa t’il, les allemands sont en déroute, il ne viendrait pas de nuit, si prés des lignes alliées dans un ville qu’ils ont abandonnés depuis plus d’un mois.

Le caporal était né prés d’Albany, dans l’Etat de New-York, en 1912. D’un père irlandais et d’une mère française, il était un héros du rêve américain, venu défendre la vieille Europe contre les nazis. Il avait fait le choix de s’engager pour combattre et défendre la liberté. Il avait débarqué en Normandie sur Utah Beach, survécu à la bataille du Bocage et défiler à Paris. La guerre allait bientôt finir et le caporal gardait dans son cœur le souvenir des gens l’acclamant sur son parcours lors de la libération de la France. Le caporal était un héros méconnu, tout comme les autres soldats de l’US Army.

Une détonation retentit.

Personne ne l’a jamais su, mais le caporal McClelland fut le premier soldat américain tué lors de l’opération « Charlemagne ».

New-York, 5 juin 1984, 23 h

Le jeune Jonas McClelland avait 14 ans. Il était passionné d’histoire. Il avait récemment découvert que son grand-père, John, avait participé à la Seconde Guerre Mondiale et qu’il avait été tué prés de Aachen en libérant l’Europe. Sa maman lui avait longtemps refusé de lui en parler, car la blessure, même quarante après ne semblait pas refermée. Pourtant, devant son insistance, elle avait cédé et lui avait acheté ce livre d’histoire dont il rêvait tant.

The Last Offensive était un livre récemment paru sur la dernière opération majeure des allemands à l’ouest, qui avait failli changer le sort de la guerre. Le jeune Jonas dévorait le livre comme un roman. Il venait de finir les premiers chapitres et s’intéressait désormais à la partie de l’ouvrage qu’il pensait la plus proche de lui. Le chapitre consacré à l’Opération « Charlemagne » où son grand-père avait perdu la vie…

Opération « Charlemagne »Après la reprise d’Eindhoven, les allemands ont enchaîné par une seconde grande offensive sur Aachen. L’opération a débuté le 20 décembre à 9 heures du matin. Durant 45 minutes, tout ce que l’armée allemande comportait comme artillerie semblait vouloir écraser les alliés sous un déluge d’obus. Le brouillard empêchait de voir où tombaient les coups, mais chaque soldat allié de la cité tremblait à chaque salve. Il semblait que le tonnerre venait du sol et qu’un quelconque dieu des Nibelungen venait frapper la terre pour se venger de la perte de Aachen.

La 15. Armee ne bombardait pas la cité de Aachen directement, mais seulement ses arrières. Les allemands voulaient encager la cité pour empêcher les renforts d’arriver. 15 minutes après le début du barrage, les 8 divisions de la 15. Armee s’élançait à l’assaut de la cité.

user posted image

L’opération « Charlemagne »

Le LXXIV Armeekorps attaquait la ville par le nord-est. Les 353. et 85. divisions attaquaient la ville par l’est. Les 344. et 89. divisions avaient franchi le fleuve au nord et s’infiltraient dans la cité, avec l’appui de l’artillerie de la 1. FS-Armee et des blindés des 116. et 2. PzDivision. Le XIII Armeekorps attaquait la ville par le sud-est. La 183. division complétait le dispositif frontal par l’est, tandis que les 340. et 176. divisions investissaient la ville par le sud. La 58. division prenait position sur la route de Liège, pour couper les renforts venant du sud.

Au nord-ouest, le Heeresgruppe H lançait un simulacre d’assaut pour divertir encore plus la défense alliée.

A 14 heures, les trois divisions attaquant frontalement n’avaient pas réussi à déboucher, bien qu’elle soit très proche des limites de la cité. L’infiltration nocturne avait été mise en échec. Néanmoins, les divisions au nord et au sud de la cité se passaient convenablement, un encerclement était réalisé. La situation s’enlisa quelques peu. Pour forcer le destin, un assaut frontal fut relancé durant la nuit, mais les divisions ne débouchèrent toujours pas. La 85. divisions avait perdu prés de 50% de son effectif en seulement 24 heures. La situation devenait critique pour les allemands.

QG allié, 20 décembre 1944, 22 h

- La situation est grave, il faut se replier.

Eisenhower hésitait. Les rapports s’empilaient sur son bureau depuis ce matin. Montgomery venait de l’appeler en lui déclarant qu’il était impossible pour lui de soutenir Patton à Aachen. De toute façon, si cela avait été possible, il n’était pas sur qu’il l’aurait fait. De plus Patton ne l’aurait sûrement pas accepté.

Il soupira. Le récent changement de chef sur le front de l’ouest faisait mal aux armées alliées. Il étudia les plans et pensa un moment à donner un ordre de replis stratégique. Mais une dépèche de Patton venait de le rassurer. Aachen tenait et les troupes allemandes piétinaient dans la banlieue est de la ville. Si Hodges parvenait à faire pivoter ses blindés et à rejoindre Patton dans les 48 heures, la bataille pourrait être gagnée. Si seulement le temps pouvait s’améliorer que l’aviation alliée fasse le ménage. Mais même si la neige avait cessé, la pluie et le brouillard empêchait les alliés de faire jouer leur pleine supériorité.

La liste des divisions allemandes identifiées le laissait perplexe. La 15. Armee avait lancé une attaque avec toutes ses unités en première ligne. Quelles étaient les réserves en arrière ? Pourquoi la reconnaissance aérienne ne réussissait pas à les identifier ?

Il sourit doucement et pourra un juron. Bon dieu, ce satané Von Droopy bluffait. Il n’avait pas de réserve. Eisenhower confirma les ordres pour Hodges.

Si la chance le voulait, il serait dans la Rhur ce week-end.

user posted image

Les américains se défendent à Aachen

Essen, 21 décembre 1944, 10 h

L’opération s’enlisait irrémédiablement. Von Droopy était soucieux. Les américains n’avaient pas paniqué. La situation devenait critique. Heureusement, tout n’était pas perdu. Le LXXXXVI Armeekorps venait d’arriver à Dortmund. Il allait l’engager en soutien de l’attaque vers midi. Cela devrait suffire pour laisser déboucher les divisions qui attaquaient frontalement. La défense US allait craquer, il en était persuadé.

Soudain un officier entra en courant. Il semblait épuisé et paniqué.

- Ils renforcent Aachen. Ils renforcent Aachen

Von Droopy arracha la dépèche des mains de l’officier est la parcouru des yeux. Il n’y avait que trois lignes, mais quelles nouvelles

« Ce matin à 7 heures, des unités de la 1ère et de ma 5ème division blindées US ont attaqué les positions de la 58. division. Nous ne pouvons tenir et avons du nous replier en conséquence. La 1ère armée de Hodges semble venir renforcer la défense de Patton à Aachen. Signé, l’officier commandant le XIII Armeekorps. »

Von Droopy jura. Eisenhower n’avait pas paniqué, son plan risquait de s’effondrer. Il demanda d’urgence à avoir le maréchal Model au téléphone. Un plan de secours germait dans son esprit.

user posted image

Les blindés de la 1ère armée pilonnent les troupes allemandes à Aachen.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Cologne, 21 décembre 1944, 16 h

Le maréchal Model venait de convoquer Sepp Dietrich, commandant la 6. SS-Panzerarmee.

Model : La situation prés de Aachen est devenue instable. Il semblerait que de fortes unités blindées soient actuellement en train de percuter le dispositif de la 15. Armee. Le maréchal Von Droopy nous ordonne de les intercepter avant qu’elle ne fasse trop de dégâts.

Dietrich : Ca va être difficile. Mon armée est actuellement en train de prendre position pour une offensive sur Liège. Je ne peux pas la faire pivoter comme cela.

Model : Il faudra bien pourtant. Si jamais la 15. Armee doit se retirer de Aachen, nous ne pourrons que difficilement percer vers Liège.

Dietrich : Et comment dois-je me débrouiller alors ?

Model : La réserve du groupe d’armée prendre vos positions au sud. J’ai deux divisions motorisées qui seront placés prés Malmedy et St Vith. Deux divisions d’infanterie les relèveront après. Pendant ce temps, vous allez lancer les plus rapidement possible le II SS-Panzerkorps vers le nord. Vous frapperez de flanc la 1ère armée américaine. Les motorisés vous soutiendrons en 2e vague. Le LVIII Armeekorps gardera votre base de départ.

Dietrich : Dois-je entrer dans Aachen ?

Model : Non. Votre mission est de bloquer la 1ère armée. La prise de Aachen dépend de la 15. Armee. Vos chars se feraient démolir pour rien s’ils entraient dans la ville. N’oubliez pas Dietrich. C’est un raid que vous devez mener. Faites un maximum de dégâts, puis rejoignez vos bases de départ.

Vous devrez démarrer vos opérations à 22 h.

user posted image

Les opérations prés de Aachen du 21 au 23 décembre 1944.

Liège, 21 décembre 1944, 23 h

- Comment ? Des blindés allemands ?

Le général Hodges était démoralisé. Un rapport de la 5e DBUS venait de tomber il y’a moins de 15 minutes. Apparemment, des panthers et des tigres avaient pris à parti le CCA de la division. Les panzers avaient ouvert le feu à bout portant, détruisant en quelques minutes prés d’une trentaine de shermans.

Il se pencha sur la carte. L’attaque venait du saillant de St Vith. Comment les allemands avaient-ils camouflé autant de blindés dans un tel espace. Il vit le piège se refermer. Les allemands avaient attaqué Aachen pour attirer la 1ère armée, puis la détruire en la broyant avec des chars venant du sud. Mais heureusement, Hodges avait d’autres ressources.

- Envoyez un message à Eisenhower. Dites lui que nous commencons une retraite tactique pour nous repositionner. Je voudrais que le XI corps de Bradley me soit alloué pour frapper les allemands le plus rapidement possible.

user posted image

Les blindés de la 5e Division avancent vers Aachen.

Sud de Aachen, 22 décembre 1944, 12 heures

Kurt se reposait. Un peu de soleil perçait à travers la grisaille. Les Jabos alliés allaient faire leur apparition. Heureusement, les panthers de sa compagnie étaient bien camouflés sous les arbres. Heureusement qu’il y’a beaucoup de conifères se dit-il, sinon, nous n’aurions pas pu nous camoufler.

Hermann lui tapa le bout du pied.

- Tu n’entends pas un bruit là ?

Kurt se pencha en avant. L’unité était silencieuse. Pourtant, effectivement, un ronronnement de moteur se laissait deviner.

- Je croyais que les mouvements blindés étaient interdit jusqu’à 17 heures ?

- Tu crois que c’est les Jabos ?

- Non, le bruit vient du sol, de l’ouest apparemment.

Les commentaires fusaient silencieusement. A l’ouest, combattait la 62. Volskgrenadier Division. Elle était reliée au QG par radio et téléphone. S’il se passait quelque chose, ils seraient prévenus. En même temps…

Kurt réfléchit à toute vitesse. Le grondement s’entendait à plusieurs kilomètres, c’était indéniable. Ce n’était pas des avions. La 62. division était uniquement composé de fantassins. Ce ne pouvait être qu’une seule chose.

- DEMARREZ LES PANZERS !!! ... première section en position prés du château, 2e section à droite, la 3e avec moi en surplomb. Feu à volonté dès que vous les verrez.

Le Capitaine Welmann criait de toutes ses forces pendant que ses hommes s’agitaient. Kurt avait aussi compris en même tps. Ce ne pouvait être que des chars américains.

Neuf minutes après, la 5. Kompanie du Panzer-Lehr Regiment se déployait dans le vallon. Quatre minutes après le déploiement, les premiers shermans apparaissaient sur la crète. Les flashs au bout des canons indiquaient que le combat commençait.

Douze panthers allaient tenter de stopper une cinquantaine de shermans…

Kurt frémit. Il ne reviendrait peut-être pas dans sa Bavière natale.

Aachen, 28 mai 1992, 13 h

- L’attaque était féroce, les chars luttaient pied à pied. Les hommes, ivres de sueur et de fatigue combattaient comme des lions dans leurs monstres de métal. Les coups partaient les uns après les autres. Chacun était isolé, nul ami ne pouvait l’aider. Soudain, alors que mon sherman était en tête, nous nous retrouvâmes nez à nez avec un panther au détour d’une rue.

Le vétéran captivait son auditoire. Les personnes présentes lors du repas avaient du mal à se détacher du récit pour avaler une bouchée. Il faut dire que le sous-lieutenant Clark avait la manière de raconter qui faisait qu’on en oubliait instantanément tout pour l’écouter avec passion.

- Le coup venait de ricocher sur le blindage de la caisse. Avec stupeur, nous avons chargé un autre obus en priant pour que le panther ne réagisse pas. Alors que nous étions encore en train de charger, je vis avec horreur qu’il tournait sa tourelle vers nous. Je visais soigneusement la base de la tourelle, juste sous le canon. Soudain, au moment où je pressais la détente, le char se mis à trembler et le feu pris dans la caisse. Nous avons évacué le sherman avec une rapidité sans nom. (il rit un peu). Je crois bien que je n’ai jamais été aussi rapide que ce jour là.

- Le panther avait bougé plus vite, demanda un spectateur.

- Non, en fait, mon tir avait détruit le panther à bout portant. Mais nous avions été frappé par un obus d’un autre char situé prés du château. En fait, il nous fallait pratiquement deux à trois coups pour abattre un panther, alors que ceux-ci nous dégommaient souvent du premier tir. Le combat était inégal.

- Vous avez pourtant gagné

- Pas vraiment. Après une demie-heure d’engagement, nous avions détruit les 12 panthers. Mais sur les 45 shermans du bataillon, seulement 14 étaient encore opérationnel, dont seulement 6 intacts. En fait, le commandant du bataillon a alors décidé de stopper l’attaque. Nous n’avions croisé qu’une compagnie allemande, et même si elle avait succombé, nous avions perdu presque un bataillon au complet. C’est comme ça qu’a échoué la contre attaque sur Aachen. J’ai perdu beaucoup d’amis ce jour là.

Le vétéran secoua doucement la tête

- Enfin, c’était la guerre et les gens mourraient. Pourquoi eux et pas moi ? Je n’en sais rien. Mais je sais que ce jour là, j’ai croisé un homme qui plus tard devint mon ami. Allons, buvons à la paix retrouvée.

Il prit un verre et se tourna vers l’homme à coté de lui.

Kurt trinqua avec plaisir avec le vétéran. Après tout, il était bien le dernier survivant de la 5. Kompanie.

Essen, 24 décembre 1944, 10 h

Von Droopy relisait le rapport qu’il venait de recevoir. Aachen était finalement tombé. Après avoir vu la 1ère armée bloquée, les alliés avaient évacué la ville. Un assaut lancé la veille vers midi avait fini la bataille. Quelques combats sporadiques s’étaient tenus la nuit, mais en général, la cité d’Aachen avait été reprise à l’envahisseur américain.

- Une bonne chose de faite, Herr Maréchal, dit un officier prés de lui

- S’il on veut, répondit le maréchal. L’opération a duré deux jours de trop et nous avons du prématurément engager la 6. SS-Panzerarmée. De plus, nous avons grillé une grande partie de notre ravitaillement. Je n’aime pas ça, mais si nous lançons l’offensive, il nous faudra rapidement trouver les dépôts d’essence alliés. Enfin, adviennes que pourra. Maintenez les ordres pour l’opération « Herbstnebel ». Nous ne laisserons aucun répit aux alliés.

Le maréchal se pencha sur une note reçue l’heure d’avant. Dunkerque était tombé. L’Obermarinekommando West avais capitulé sans conditions ce matin à 9h. La Kriesgmarine avait subie de lourdes pertes. 17 navires coulés et 7 endommagés témoignait de l’effort fourni. En y repensant, Von Droopy eu un peu plus de respect pour l’évacuation britannique de 1940. C’était en réalité un exploit qu’il n’avait pu rééditer. En fait, la marine n’avait réussi qu’à évacuer quelques hommes et un peu de matériel lourd. A peine de quoi reconstruire une brigade d’artillerie et quelques bataillons. Des miettes. Et les alliés avaient libérés ainsi cinq ou six divisions. La partie allait être rude.

Von Droopy regarda par la fenêtre. Le prochain coup serait décisif, ou l’Allemagne périrait rapidement.

user posted image

La région de Aachen le 24 décembre au matin.

user posted image

La ville de Aachen à la fin de l’opération « Charlemagne ».

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Opération « Herbstnebel », Ordre du jour n°1, 25 décembre 1944, 8 h

Glorieux soldats de la Wehrmacht,

Ce matin, dans moins d’une heure, vous allez engager la bataille décisive à l’Ouest. La bataille qui décidera du sort de notre patrie. Je ne m’étendrais pas sur la situation en Allemagne. Tous parmi vous, qui avez des parents, des amis dans notre pays, savez pour quoi nous nous battons.

Si la guerre n’est pas un souhait, nous sommes désormais contraint de nous battre pour notre survie. Les américains et leurs alliés britanniques et français sont aux portes du Reich. Nous ne nous battons pas pour sauver un régime ou par fanatisme. Nous nous battons pour sauver notre patrie menacée. Nous nous battons pour éloigner la guerre de nos demeures.

Tel est le sens de ce que je vous demande aujourd’hui.

Je sais que le temps est désagréable, que le froid mord et que les rations s’amenuisent. Mais je sais aussi que les dépôts alliés se trouvent juste en face de vous. Vous y trouverez de la nourriture, des couvertures, de l’essence.

Soldats de la Wehrmacht, en remportant la victoire dans cette bataille décisive, vous contribuerez à ramener la paix dans notre patrie, tout en améliorant votre vie quotidienne. L’effort est grand, mais la récompense l’est plus encore. Vous le pourrez, si vous le voulez.

Je vous demande, ce matin, de suivre les ordres qui vont vous être transmis et des les appliquer avec diligence. La victoire vous attend.

Maréchal Von Droopy, commandant du front de l’ouest

Détails des opérations, plan de campagne

L’opération « Herbstnebel » vise à rééditer le coup de faux du plan de 1940. Mais les conditions ont changées. Les alliés sont bien équipés et prévenus. De plus, l’effet de surprise ne joue plus, nos chars sont plus lents et notre aviation inexistante. Pour cela, le plan a été remanié.

Voici les ordres pour l’opération :

6. SS-PanzerArmee

Malgré l’usure du matériel, l’attaque doit être la plus rapide et la plus brutale possible. Les alliés s’attendent à notre arrivée. Il est donc inutile de jouer la surprise. L’assaut sera massif. Sept brigades d’artillerie du groupe d’armée ont été déployées ce matin. Le barrage débutera à l’aube, à 9 h. 1.000 pièces pilonneront pendant 90 minutes les positions alliées. Le LVIII Armeekorps lancera alors l’assaut avec les 560., 18. et 62. Volksgrenadier Division en ligne. Le but est de percer en direction de Liège. Les 15. et 3. PanzerGrenadier Division attaqueront Eupen et Malmédy respectivement. Le but est d’ouvrir les deux routes vers liège. Une fois qu’une des routes sera ouverte, le II SS-Panzerkorps engagera dessus les 9. et 10. SS-PzDivision. La Panzer-Lehr sera engagée quand à elle sur la 2e route, soutenue par les grenadiers. Le but est d’atteindre Liège le 27 décembre à l’aube.

5. PanzerArmee

Les alliés ont légèrement dégarni le front sud. L’attaque sera plus discréte. Le barrage d’artillerie durera seulement vingt minutes et ne visera que les points d’appuis reconnus avec certitude. Le LXVIII Armeekorps s’engagera alors sur Clervaux et Hosingen. Les 272., 326. et 26. VolksGrenadier Division attaqueront en s’infiltrant au plus proche des unités alliés. Dès que les deus village seront tombés, le I SS-Panzerkorps au complet s’engagera sur la route. Le but primaire est Arlon, le secondaire est Dinant, sur la Meuse. Le corps engagera en tête la 1. SS-PzDivision, supportée par les 2. et 12. SS. Le corps devra foncer sans se préoccuper de ses flancs. La 15. PzGrenadier et la Fuhrer-Grenadier seront engagé pour le couvrir des contre-attaques depuis Bastogne. Le flanc sur sera couvert par la 7. Armee.

7. Armee

Elle s’engagera pour couvrir l’offensive plus au nord. Son objectif est d’occuper Luxembourg le plus rapidement possible, en déployant l’intégralité du LXXXI Armeekorps vers le sud. Les 9. PzDivision, 3. FS-Division, 277. et 12. Division resteront en réserves prés de Echternach pour contrer toute velleité de retour offensif allié.

15. Armée

L’artillerie du LXXIV Armeekorps soutiendra la 6. SS-PanzerArmee au nord et mènera un simulacre d’assaut sur Liège.

Luftwaffe

Bombardements intensifs sur la Meuse. Il faut impérativement bloquer le passage des ponts, mais SANS les détruire. La chasse tentera de maintenir une supériorité aérienne locale.

Les objectifs de l’opération est :

1. Prendre Liège au plus tard le 27 décembre à l’aube

2. Encercler Bastogne et le corps américain s’y trouvant

3. Rejoindre la meuse et se placer défensivement dessus dans le but d’une prochain opération

Nous devrions ainsi ouvrir une brèche dans le front allié, nous permettant de foncer ensuite, soit sur la mer, soit sur Paris, soit d’encercler l’Alsace-Lorraine. Les directives de l’OKH détermineront nos prochaines missions.

user posted image

Le plan de bataille le matin du 25 décembre 1944

Londres, Une du Times, 26 décembre

CONTRE-ATTAQUE ALLEMANDE

user posted image

Alors que l’on pensait que la guerre serait finie rapidement, les allemands ont contre-attaqué hier matin dans les Ardennes. D’après nos correspondants sur place, d’importantes concentrations de chars et d’infanterie ont été repérées prés de Liège et Luxembourg. Le haut-commandement allié a nié qu’il puisse s’agir d’une attaque d’envergure, se contentant de déclarer « qu’il s’agissait sûrement d’une tentative désespérée d’influencer le cours de la guerre par des attaques ponctuelles et théâtrales, mais sans réelle efficacité ». Le général Eisenhower était injoignable de matin pour confirmer cela. Plus d’information en page 2.

Rapport d’opération de la 5. PzArmee, 26 décembre 1944, 12 h

Herr Maréchal

L’opération se déroule comme convenu. Les trois divisions alliées qui défendaient le Luxembourg sont en déroute. Nous poursuivons les attaques en direction de Arlon. Nous demandons du ravitaillement et de l’essence pour continuer à un bon rythme.

Rapport d’opération de la 6. SS-PzArmee, 26 décembre 1944, 15 h

Herr Maréchal

La situation se présente bien. Nous avons percé sur les deux points prévus. Les grenadiers ont fait du très bon travail, la voie a été dégagée pour les blindés. Nous avons réussi à encercler deux régiments alliés, et l’un d’entre eux s’est rendu ce matin. Nous avons fait prés d’un millier de prisonniers, en plus du matériel et de l’essence.

Le II SS-Pzkorps fonce actuellement sur Liège. Néanmoins, la résistance s’accroît. Ce matin, nous avons rencontré les restes des blindés de la 1ère armée US. Même si nous les avons dérouté, la partie nous a quand même coûté une trentaine de panzers. Des observateurs signalent que Liège serait très bien défendue. La 9. SS-PzD devrait atteindre la banlieue de la cité dans la nuit et tentera de la faire tomber par un coup de force vers les ponts sur la Meuse. Nous demandons quand même la mise à dispositions d’une réserve de la part du groupe d’armées.

user posted image

Les avant-gardes du II SS-PzKorps progressent en direction de Malmédy.

user posted image

Les hommes de la Panzer-Lehr ont trouvé plus rapide de monter sur les blindés.

QG Allié, Paris, 26 décembre 1944, 16 h

- Bon, j’ai dit à la presse de ne pas s’inquiéter en minimisant les faits, mais il semblerait que ca soit plus grave que prévu.

Le général Devers semblait soucieux. Eisenhower ne disait toujours rien. Il se contentait de regarder la carte sans lâcher ce satané stylo.

- Mon général ? osa-t’il

- Je vous ai entendu Devers, vous avez bien fait. Il faut éviter la panique dans la population civile. Mais les rapports indiquent que c’est très sérieux.

Eisenhower se pencha sur la carte. Il espérait qu’il prendrait les bonnes mesures…

A l'est de Arlon, 27 décembre 1944, 7 h

Le sergent Bates montait doucement le chemin. Il ruminait les ordres de son chef de compagnie. Il était censé être au repos et voila que sous prétexte d’une petite attaque allemande à une trentaine de kilomètres, on lui demandait de prendre une position défensive dans une ferme « au cas où ».

Il soupira. Même la presse disait que c’était le chant du cygne de l’armée allemande. Il ne viendrait pas jusque là de toute façon. Mais en attendant, il avait froid.

Il heurta l’homme devant lui. Celui-ci s’était arrêté au milieu de la route.

- Que se passe t’il ?

- Je ne sais pas. Le capitaine est à la radio, on attend.

Le sergent Bates s’assit dans l’herbe pour se reposer en veillant que ces hommes soient bien protégés. Ils riaient et s’amusaient. La guerre était si loin.

Un quart d’heure, plus tard, les visages étaient fermés. Les ordres avaient été changés. La compagnie se trouvait en première ligne et allait mener une attaque dans moins d’une heure sur une position provisoire allemande à quelques kilomètres de là en attendant les blindés de la 3e armée.

Bates pensa que la guerre s’était rapprochée un peu trop vite à son goût…

user posted image

Les unités de la 3e armée US passent des positions allemandes abandonnées.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Liège, 27 décembre 1944, 7 h

Le lieutenant Malroy patientait avec anxiété. Depuis une dizaine de minutes, ses hommes et lui percevaient distinctement les bruits de blindés en route. Le son résonnait dans les ruines de la cité. SA compagnie se trouvait dans l’est de la ville, après les ponts de la Meuse. Les blindés pouvaient donc fort probablement être allemands.

Un homme prés de lui serrait son bazooka. C’était le seul encore opérationnel de la section. Et c’est à lui que reviendrait la charge de tirer le premier blindé à bout portant. Et de prier pour avoir le temps de bouger et de réarmer avant que le second blindé ne le repère.

- Ils arrivent par la place au sud, chuchota t’il a l’oreille du jeune soldat, met toi en place, on te couvre.

Le binôme s’avança jusqu’à une ruine à l’angle de la place. Le tireur se plaça dans les gravats, prés du corps de deux soldats tués la veille. Parfait, pensa le lieutenant, le blindé ne se méfiera pas d’un tas de morts. La fumée et le brouillard bloquaient la vue, mais ça serait pire encore pour les hommes dans le char. Soudain, il entendit distinctement une chenille mordre sur les pavés. Une masse imposante sortait du brouillard. Malroy marmonnait

- Ne tire pas… pas encore… laisse le approcher… ne tire pas encore bon sang… BON DIEU, NE TIRE PAS

Il avait hurlé la dernière phrase au moment où il vit le soldat lever son bazooka.

- STOP, c’est un des nôtres, ne tirez pas…

Le lieutenant Malroy avait vu au dernier moment l’étoile blanche sur le glacis du sherman. Bon dieu, pensa t’il, c’était moins une. Pour un peu, sa compagnie allait fait sauter le premier blindé de la 12e DB qui arrivait en renfort. C’était passé prés…

user posted image

Les américains se battent dans les ruines de Liège.

QG Allié, Paris, 27 décembre 1944, 18 h

Eisenhower regardait avec calme le plan étalé devant lui. Les positions des dernières unités venaient d’être indiqué. Les renforts avaient contre-attaqué ce matin même, plaçant les allemands dans une posture délicate. LA progression à Luxembourg avait été stoppée et les combats faisaient rage dans Liège. Si le front tenait encore 48 heures, il pourrait engager la réserve stratégique et frapper fort entre les deux pinces de la tenaille alliée. 48 heures et la bataille était gagnée.

Luxembourg, 27 décembre 1944, 21 h

Le soldat Mayer terminait sa cigarette. La bataille avait été rude dans ce coin ci. Heureusement, il était encore en vie. Son unité avait rencontre une forte résistance, notamment lorsque les américains avaient tenté de contre-attaquer. Mais les officiers de son unité n’avait pas paniqué et avait posément absorbé le choc avant de prendre les mesures nécessaires à la situation.

Mayer eu une pensée pour les soldats américains, menés par des officiers formés à la va-vite, après seulement trois mois de formation et lâchés dans une fournaise inhumaine. Il observa les hommes prés de lui. Pratiquement tous les officiers avaient combattus en Russie l’année dernière.

L’expérience est une donnée vitale dans un conflit comme ça. Grâce à cela, la contre-attaque américaine avait été tuée dans l’œuf et la 16. PanzerGrenadier Division allait reprendre son avance vers Arlon.

user posted image

Des soldats de la 16 PzGrenadier progressent après une escarmouche.

user posted image

Les mêmes soldats passent devant une AM américaine abandonnée.

Essen, 28 décembre 1944, 12 h

La contre attaque alliée avait échouée. Von Droopy jubilait. Il avait du engager la 1. FS-Armee dans la bataille de Liège, mais cela en avait valu la peine. Les ponts sur la Meuse étaient à lui désormais. Les troupes se reposaient un peu après une grosse bataille.

Au sud, les alliés avaient dérouté après avoir croisé les avant-gardes de la 5. PzArmee. Les américains étaient tellement friables moralement que la moindre attaque un peu résolue suffisait à les faire paniquer. Enfin, l’avancée sur Arlon allait se poursuivre, sans qu’aucune résistance ne se manifeste. Les blindés devraient atteindre la ville, puis la dépasser en direction de Dinant dans la soirée. Von Droopy savoura l’instant. Son offensive avait brisé le corps central de l’armée US. La tenaille s’était refermée sur Bastogne, où cinq divisions ennemies avaient été encerclées. Maigre bilan quand même, en y repensant. Mais cela n’était pas rien.

Il repris les estimations de pertes pour les alliés. Cinq divisions d’infanterie encerclées, une quinzaine brisées et en déroute, sept divisions blindées démolies, le bilan était flatteur. Restait à savoir quelles réserves stratégiques les alliés possédaient encore et surtout, quels seraient les ordres de l’OKH.

Von Droopy se tourna vers un officier de liaison.

- Confirmez à Student ses ordres d’opérations. L’attaque sur Anvers aura lieu comme prévue le 1er janvier à l’aube.

user posted image

Le front de l’Ouest, du 27 décembre 1944 au 1er janvier 1945.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Anvers, 1er janvier 1945, 14 h

Le vent ne faiblissait pas. Le soldat Walter restait au fond de son trou, dans les décombres d’une maison. Le barrage d’artillerie avait terminé de frapper la cité il y’avais quelques minutes. La fumée se dissipait doucement. Depuis ce matin, les unités de la Guard Division étaient sur le pied d’alerte. Walter se retourna doucement. Les blindés de son unité attendaient derrière.

Il connaissait sa mission. Il devait escorter les blindés dans les combats de rues qui ne manqueraient pas de se dérouler dans Anvers. Il repensa à son Liverpool natal. La cité de Anvers y ressemblait un peu. Il avait l’impression de se battre chez lui. Il raffermit la prise sur son Bren-Gun. On disait que les allemands avaient percé dans les Ardennes. Une chose était claire dans son esprit. La fine ligne rouge de l’armée britannique avait tenue à Waterloo, elle avait tenue sur la Somme, elle avait tenue à Tobrouk.

Elle tiendrait à Anvers, il s’en fit le serment.

Anvers, 8 mai 1965, 10 h

La cérémonie venait à peine de s’achever. La commémoration de la victoire durant la Seconde Guerre Mondiale avait été brève, mais intense. Vingt ans auparavant, des hommes et des femmes avaient hurlés leur joie de voir la guerre s’achever en Europe, après six longues et terribles années.

Mais aujourd’hui, tous pensaient à ceux qui sont tombés avant la fin du conflit. Les vétérans de la Guard Division étaient rassemblées ici à Anvers. C’est dans cette ville que la division avait subies sa plus grande bataille de toute la guerre. C’est ici qu’elle avait subie ses plus grosses pertes. C’est ici qu’elle avait bâtie une partie de sa légende. Les habitants d’Anvers n’oublieraient pas le sacrifice de ces hommes et de ces femmes. 7.000 soldats britanniques avaient péris dans la bataille.

Les survivants et leurs familles défilaient un à un devant le monument à l’honneur de la Guard Division, sur la place centrale de Anvers. Un à un, des hommes et des femmes déposaient une fleur au pied du monument, prononçaient quelques paroles. Certains touchaient le monument en y lisant un nom.

La vieille dame posa sa rose sur les marches du monument. Elle posa sa main sur le monument. Ses enfants prés d’elle l’entendirent chuchoter quelques mots.

- Tu ne revenais jamais sur ta parole. Et tu avais promis de tenir à Anvers…

Elle retira doucement sa main. On pouvait lire le nom de Bernard Walter sur le monument.

user posted image

Le front de l’Ouest situation le 2 janvier 1945.

Eindhoven, 2 janvier 1945, 15 h

- Le nettoyage se termine, mais Anvers est tombé entre nos mains.

Student écoutait le rapport d’une oreille distraite. Bien sur que la ville était tombée, mais à quel prix. Il refusait de regarder les décomptes des morts et des blessés. Il ne pouvait imaginer ce que la ville avait coûté à l’armée allemande.

Il repensa à Von Droopy. Il venait de partir pour son QG. Il lui avait amené les « félicitations du Fürher ». Il ne pouvait se remémorer la phrase sans y adjoindre l’accent ironique et moqueur du maréchal. Il se souvenait de sa colère lorsqu’il lui décrit sa rencontre avec un émissaire de l’OKW.

- Ils dansent… Ils sautent de joie en apprenant la chute d’Anvers. Nous avons sacrifié 15.000 soldats allemandes, tués 9.000 britanniques pour cette cité. Vingt-quatre mille hommes sont morts dans ce gigantesque brasier et ILS DANSENT !!!

Von Droopy semblait vraiment exténués. Student se demandait si l’OKW avait conscience que Von Droopy était aussi critique vis-à-vis du régime. Le maréchal ne semblait pas franchement motivé pour la victoire de l’Allemagne nazie. Il lui semblait que le maréchal se battait avant tout pour défendre sa patrie. Peut-être souhaitait il une paix de compromis…

Student regarda doucement par la fenêtre. Les dirigeants du Reich étaient-ils devenus fous ? Avait-il fait le bon choix en continuant à servir sous le régime nazi ?

Il sursauta. Un aide de camp lui tendait une tasse de café. Il la prit machinalement. Sa décision était prise. Il soutiendrait Von Droopy et adopterait la même ligne de conduite. L’Histoire jugera…

user posted image

Les soldats britanniques se défendent dans la ville d’Anvers.

user posted image

La Guard Division lorsqu’elle montait en ligne prés de Anvers en novembre 1944.

Une du New York Times, 5 janvier 1945

BASTOGNE EST TOMBEE CE MATIN

De notre envoyé spécial sur le front

Ce matin, la stupeur se lisait dans le visage des soldats alliés. Le haut commandement venait officiellement de reconnaître que les combats avaient cessés dans les Ardennes. La ville de Bastogne s’était rendue aux allemands. 35.000 hommes avaient été fait prisonniers. C’est la plus grande reddition massive dans l’histoire de l’armée américaine à ce jour. Le général Eisenhower a demandé à ce que l’on ne critique pas des hommes qui ont fait leur devoir jusqu’au bout, mais à qui on ne pouvait demander l’impossible. Le ravitaillement par la voie des airs ayant échoué à cause du mauvais temps, les assiégés de Bastogne n’ont eu qu’à baisser les armes une fois les derniers cartouches tirées.

Malgré les réticences des unités SS, le maréchal Model a demandé à ce que les honneurs de la guerre soient rendus aux défenseurs de Bastogne. Un communiqué du haut commandement allemand signale que la Croix-Rouge pourra accéder aux prisonniers lorsqu’elle le souhaitera.

Plus d’informations en page 4.

user posted image

Les hommes de la 3. PanzerGrenadier Division se préparent à un assaut sur Bastogne.

user posted image

Les soldats américains dans Bastogne attendent l’assaut allemand.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Cologne, 5 janvier 1945, 3 h

Von Droopy avait réunis une partie des officiers de l’armée allemande.

- Messieurs, je suis content de vous. L’opération « Herbstnebel » a été un succès. Malgré les difficultés autour de Liège et à Anvers, les objectifs ont été atteints.

Les généraux se regardèrent. Il était difficile d’y croire tant la situation avait paru désespérée un mois plus tôt. Mais le maréchal avait redonné allant et vigueur aux troupes, rationalisant la logistique et développant un plan de bataille adéquat.

- Nous allons passer à la seconde phase. L’OKW nous a demandé de lancer l’opération « Westwind » pour reconquérir les ports de l’Atlantique. Nous allons donc en faire notre priorité.

Il se pencha sur la carte et décrit la suite des opérations avec une grande clarté. Les généraux écoutaient, faisaient çà et là quelques remarques ou demandes. Deux après, le plan de bataille pour le mois était fixé.

Von Droopy reposa doucement son verre en regardant le jour se lever par la fenêtre. Si tout se passait comme prévu, il serait à Paris dans trois semaines.

Paris, 7 janvier 1945, 10 h

Le QG d’Eisenhower trépidait, mais le général restait calme. Depuis quelques jours, il était conscient que sa seule option était l’attente. L’ennemi avait repris Anvers et établi un saillant dans les Ardennes, longeant la Meuse. Les armées alliées étaient trop endommagées pour espérer contre-attaquer de suite. Sa seule réserve stratégique était les parachutistes et il ne devait pas les gaspiller. Il réfléchissait. Von Droopy pouvait frapper où il voulait depuis sa position. Vers le nord, pour reprendre la côte atlantique. Vers le sud, pour encercler le 6e groupe d’armées. Vers l’ouest, pour reprendre Paris et s’enfoncer en France.

Il tentait d’évaluer les chances de chaque option. La plus probable était vers le sud. Reprendre les côtes de l’Atlantique ne servirait à rien puisque la Kriegsmarine avait été détruite. Et foncer vers Paris était du suicide. Oui, Von Droopy frapperait au sud.

Une estafette arrivait en courant.

- Le général Patch signale que des unités blindées se sont déployées pour une attaque vers Metz.

Eisenhower bondit. Le sud, il en était maintenant sur. Il donna l’ordre de déployer le XVIII corps aéroporté prés de Metz dès le matin, pour bloquer l’armée allemande. Les réserves tactiques du 12e groupe d’armées glisseraient vers le sud.

Eisenhower pensait que Von Droopy frapperait son coup décisif en premier pour profiter de la désorganisation alliée.

user posted image

Les parachutistes du XVIII corps aéroporté en route vers le front prés de Metz

Académie militaire de West-Point, 5 novembre 1975, 10h

- Et il se trompait.

Le professeur regarda les cadets prendre des notes. Il s’éclaircit la voix.

- Quelqu’un dans la salle serait-il capable de m’expliquer en des termes simples la stratégie allemande et son évolution du 7 au 12 janvier 1945 ?

Un doigt se leva. Patton évidemment. Avec un nom pareil, cet étudiant essayait à tout prix de ressembler à son illustre homonyme. Et le professeur devait avouer qu’il était brillant et qu’il arriverait assez loin.

- Le maréchal Von Droopy savait que les alliés n’avaient plus qu’une mince réserve stratégique. Il a donc frappé du sud vers le nord, du point le moins important au point le plus important de manière à faire glisser progressivement les réserves alliées vers un front mineur. Ainsi, l’attaque s’est déclenchée de manière échelonnée.

- Pensez-vous que cet échelonnement était correct ?

- Si vous entendez correct dans le sens de « conforme aux traditions », non. Mais il fut très efficace puisqu’il a brisé le front allié en six jours.

- Continuez

- Et bien, la première attaque a frappé vers Metz le 7 janvier à l’aube. La 7e armée, soutenu par une partie de la 5e panzerarmee a dirigé son offensive vers la cité lorraine. Les réserves stratégiques ont été envoyées à cet endroit par Eisenhower. Le 9 janvier, soit 2 jours après, la 6e SS-panzerarmee lancait à sont tour une attaque vers Namur, en direction de l’ouest, dans le but de menacer Paris. Une partie de la 15e armée l’appuyait. Deux autres jours après, le 11 janvier, le Heeresgruppe H attaquait Bruxelles, soutenu par le reste de la 15e armée. A ce moment là, les alliés n’avaient plus de réserves.

- Donc, une telle attaque échelonnée a été payante ?

- Oui, car Eisenhower a agi selon sa conception du plan allemand, sans tenir compte de tous les paramètres et s’est précipité pour contrer une simple diversion. C’est une faute importante et l’attaque échelonnée l’a totalement désorienté.

- Oui… Un peu comme vous lors du dernier exercice de terrain. Il m’a semblé lire dans le rapport que votre bataillon avait été anéanti suite à une précipitation trop importante face à une attaque en échelon de la part de votre adversaire…

L’étudiant rougit tandis que les rires fusèrent de partout. Allons, se dit le professeur, un peu d’humilité lui fera du bien. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que lorsque cet étudiant ferait la synthèse entre le théorique et la pratique, il ferait un excellent officier.

user posted image

Plan d’opération allemand et déplacement allié.

Cologne, 11 janvier 1945, 23 h

Von Droopy n’en revenait pas. Soit tous les rapports étaient trop élogieux et surestimaient la victoire allemande, soit Eisenhower s’était perdu dans ses réserves. Il n’osait croire que tout se déroulait comme prévu. Les combats autour de Metz faisaient rage, dans la neige et le blizzard. Prés de Namur, la situation s’était calmé, et les 6. SS-Panzerarmee et la 15. Armee passaient la Meuse en se moment même, vers Mons et Bruxelles. Les combats de rues dans Bruxelles venaient d’ailleurs de prendre fin. Le prochain coup porterait avec un peu d’avance donc.

- Dites à Christansen de lancer sa 25. Armee sur Ghent avec 24 heures d’avance. Il faut profiter de la désorganisation ennemie.

user posted image

Les blindés de la 3e armée se déploient pour repousser les panzers prés de Metz

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité Droopy

Ghent, 13 janvier 1945, 8 h

- Ostie, qu’ca m’énerve cette boue

Le soldat Lévesque sacra encore pendant quelques minutes, à la plus grande joie de ses collègues du Régiment de la Chaudière.

- C’est vrai quoi, même à Montréal, on a pas de la boue comme ça en janvier

Le Régiment de la Chaudière avait été mobilisé en 1939, regroupant des canadiens français recruté dans la région de Québec. Ils avaient débarqués en Normandie en juillet et avait libéré une grande partie de la Belgique et des Flandres.

Le soldat Lévesque venait de Lévis et gardait précieusement son FM-Bren prés de lui. Il lui avait sauvé la vie à de nombreuses reprises. Mais aujourd’hui, c’était le jour de la relève et le Black Watch Regiment venait de prendre place dans les positions du Régiment de la Chaudière. La nuit était passée calmement et les soldats se regroupaient en arrière pour rejoindre leur cantonnement en arrière. Les ordres fusaient dans les deux langues. Les francophones vers l’arrière, les anglophones vers l’avant.

Soudain, un grondement retentit vers le nord. Les soldats s’arrêtèrent immédiatement et se regardèrent avec anxiété. Tous avaient reconnu un barrage d’artillerie. Les allemands attaquaient ?

Les ordres reprirent de plus belle. Les officiers anglophones faisaient avancer avec rapidité les hommes du Black Watch Regiment vers le front… vers l’enfer. Les officiers du Régiment de la Chaudière se regardaient avec stupidité. Soudain, un officier déclara mollement qu’il faudrait penser à quitter les lieux pour pas gêner les hommes du Black Watch. Les autres acquièrent doucement, avec hésitation pour certains.

Le grondement s’amplifiait. Soudain, alors que certains soldats embarquaient, une ambulance déboula du front, emportant des blessés du Black Watch. L’ambulance s’immobilisa dans la boue et le chauffeur demanda s’il pouvait laisser ses blessés ici pour que le Régiment les emmène à l’arrière. Alors que quelques hommes aidaient au transvasement, le soldat Lévesque parla à l’un des blessés.

- Ca se passe comment là bas ?... euh… What is happening ?

- It’s the hell. The german forces attacks « en force ». We can’t hold the positions without help…

Le soldat Lévesque regarda vers le nord. Le soleil était levé depuis quelques instants. Il avait pris sa décision. Il empoigna son FM-Bren, le mit sur son épaule et se mit à marcher vers le front.

- Calice, tu va où Lévesque ?

- J’vais les aider. On a pas tenu cette foutue rivière pour la voir perdre dès qu’on se barre. Et pi même si c’est pas nos grands chums qui se battent là bas, faut quand même aller les aider. C’est des canadiens eux aussi.

Les soldats se regardèrent. Quelque uns avaient emboîtés le pas ai soldat Lévesque. Les autres semblaient quêter l’approbation de leurs officiers. Soudain, le Capitaine Truchon déclara de sa grosse voix.

- Allez, on descend des camions et plus vite que ça. On a une bataille à livrer. Prévenez le QG de division que le Régiment de la Chaudière ne laissera pas toute la gloire au Black Watch… En avant, plus vite qu’ça…

Comme un seul homme, tous les canadiens, francophones et anglophones, montaient en ligne. Les allemands ne passeraient pas…

user posted image

L’attaque sur Ghent le 13 janvier à l’aube

user posted image

Les hommes de la 25. Armee se déploient pour l’assaut vers Ghent

user posted image

Les hommes du Régiment de la Chaudière remontent en ligne le 13 janvier à l’aube

Bruges, 15 janvier 1945, 12 h

Le maréchal Montgomery regardait le rapport avec stupéfaction. Les allemands avaient attaqués deux jours avant par delà les marais de Ghent. Et malgré une forte supériorité numérique, la première armée canadienne tenait le choc. Les 2e et 3e divisions canadiennes étaient en ligne le long du fleuve et depuis 48 heures, repoussaient tout les assauts allemands et détruisaient toute les têtes de pont que l’ennemi établissaient.

Et le pire, c’est qu’ils le faisaient de leur propre initiative.

Des hommes expérimentés, qui avaient combattus en Normandie, mobilisés depuis 1939, se battaient comme des lions dans les marais flamands, prenant l’initiative et défendaient un pays à plusieurs milliers de kilomètres de leur ville natale.

Montgomery soupira. Si seulement tous les soldats britanniques étaient aussi enthousiastes et autonomes que les canadiens, les offensives se passeraient mieux. Mais il n’était pas temps de se lamenter. Le maréchal se tourna vers son état major.

- Envoyez la 4e Division Blindée canadienne en renfort et demandez l’appui aérien de la RAF depuis les côtes britanniques. Et envoyez aussi un maximum de ravitaillement aux canadiens…

user posted image

La 4e Division Blindées Canadienne se déploie le 15 janvier dans les marais flamands

Essen, 16 janvier 1945, 4 h

Le général Christiansen semblait tout petit. Il venait d’aller s’expliquer en direct avec le maréchal Von Droopy sur les opérations autour de Ghent. Le visage impassible de Von Droopy scrutait son rapport.

- Vous avez perdu 5.000 hommes et vous n’avez toujours pas réussi à traverser le fleuve ?

- Oui, Herr maréchal. Les canadiens opposent une farouche résistance.

Von Droopy regarda doucement par la fenêtre. Des canadiens. Quelle idée. Il se surprit à penser qu’il faudrait un jour qu’il se renseigne plus sur ses adversaires. Il pensait que les canadiens lâcherait comme les britanniques. Mais apparemment, ils semblaient encore plus rugueux et redoutable. Il réfléchit doucement.

- Abandonnez l’opération et reculez la 25. Armee sur ses bases de départ. On laisse tomber pour le moment…

user posted image

Les canadiens de la 3e Division se congratulent après leur victoires dans les marais flamands

Modifié par Droopy

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant

  • En ligne récemment   0 membre est en ligne

    Aucun utilisateur enregistré regarde cette page.

×