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Eginhard 38

À la pointe des sAARisses, ou la gloire des AARgéades

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Vu le culte du prestige qu'entretenaient les grecs, le poids des périèques et des hilotes (des fois ils ne sont même pas comptés dans les combats, on te dit qu'il y a mille spartiates "et leurs hilotes" ce qui peut quadrupler l'armée mais bon) ca n'a rien d'étonnant^^

 

De nos jours, à Pôle Emploi:

"Bonjour monsieur quel est donc votre nationalité?"

"Spartiate!"

"Et spartiate, quel est votre métier?"

"Ahou! Ahou!"

"Ah, mon logiciel ne reconnaît pas, vous pourriez épeler?"

Pas mal celle là  :)

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J'y ai pensé tout de suite moi "C'est pas une réponse ca ahouahou!"

 

Sinon, j'en apprends sur les hilotes moi^^ ce sont donc des valets d'armes c'est ca?

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Sinon, j'en apprends sur les hilotes moi^^ ce sont donc des valets d'armes c'est ca?

 

Non les hilotes ce sont plus ou moins des " serfs " ( comme au moyen age )

C'est à dire que les spartiates on des terres et eux s'occupent de travailler dessus ect ...

Ainsi les citoyens peuvent rester en ville tandis que eux sont dans la campagne.

 

Ce qui est sur c'est qu'il sont considéré comme des moins que rien puisque on hésitait pas à les massacrer pour éviter qu'ils se révoltent.

Aussi, pendant l'épreuve du passage à l'âge adulte des spartiates, ceux ci, livraient à eux même pendants plusieurs jours/semaines dans la nature devaient pour survivre voler de la nourriture ect aux hilotes, et selon certains ils devaient même en tuer un.

 

PS : je rajouterais que ce ne sont pas à proprement parler des esclaves même si ca s'en rapproche.

La grande différence avec Athènes par exemple c'est qu'à Sparte le commerce n'existait pratiquement pas ( pas de monnaie pendant très longtemps ect pour le limiter, ainsi que les arts ont été plus ou moins prohibés pour que le besoin matériel et de luxure n’existe pas ( en gros consommation, création de besoins " inutiles " ect )

Du coup, ya aucun moyen de s'enrichir pour les non citoyens à Sparte, qui restent dans la misère.

A Athènes, c'est un peu le contraire puisque les métèques ect font les jobs que les citoyens considèrent comme ingrats, non honorable : le commerce en gros.

D'ailleurs il y aura une haine des athéniens envers leurs voisins du Pirée qu'ils considèrent comme des marins, marchands bref de la .

Mais bon c'est pas propre aux grecs, le commerce sera toujours considéré comme un boulot de pendant très longtemps puisque : création d'aucune richesse, juste achat et revente, et donc gain d'argent sans aucune création propre de la personne.

Certes ca n'a jamais pu être condamné puisque le commerce est vital et bien évidemment nécessaire mais on préférait que d'autres le fasse. C'est le niveau au dessus du problème qui par contre été condamné par les grecs ( Aristote ), l'église chrétienne ect depuis le début c'est le gain de richesse sans aucune création personnelle, ni même aucun travail : c'est à dire l'usure qui consiste à prêter de l'argent, et en retour à en gagner plus : création d'argent complètement abstrait !

Ainsi, en Grêce comme en Europe plus tard, ces boulots ont souvent été exercé par ceux en marge de la société

Modifié par Hyperion

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Pour les anciens Grecs, le travail noble par excellence était de travailler sa terre (j'écris bien sa terre, pas la terre - la classe ultime c'était d'être propriétaire). Seule la possession de terres était vue comme permettant d'avoir les moyens et le temps de s'équiper et de s'entraîner en hoplite. En retour, eux seuls étaient réellement citoyens (dans les systèmes oligarchiques, c'est-à-dire presque partout).

 

Ce n'était pas différent chez les Spartiates, si ce n'est qu'eux passaient leur temps à s'entraîner comme "ahouh ! ahouh !"... euh, pardon, comme soldats, puisqu'ils avaient des hilotes (qui n'étaient pas des esclaves appartenant individuellement à un Spartiate, mais des serfs appartenant collectivement à la cité) pour cultiver leurs terres à leur place. Il est probable que les hilotes ont d'abord servi de porteurs pour les armées spartiates. Certainement pas comme hoplites, puisque n'ayant pas l'entraînement ni l'équipement adéquats, ils auraient été incapables de tenir leur rang dans la phalange. De toute manière, un Spartiate n'aurait jamais accepté de combattre côte-à-côte avec un hilote, ni de l'entraîner à se battre ("Pour qu'il se révolte ensuite ? Non, bien vrai. Ahouh."). Les périèques servaient probablement comme fantassins légers ou peltastes, comme les non-propriétaires dans la plupart des cités grecques.

 

De ce que j'ai lu, les hilotes ont peu à peu commencé à servir comme fantassins légers au Vème siècle. S'il y en avait aux Thermopyles, ils ont peut-être servi dans ce rôle. Le problème des Spartiates était qu'à force de se battre, ils finissaient par être de moins en moins nombreux. Du coup, ils ont fini par affranchir des hilotes de temps à autres pour en faire des "nouveaux citoyens", dotés de terres mais servant comme hoplites en contrepartie (surtout après la bataille de Leuctres).

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Prélude à la première campagne de Thessalie

 

 

Avant de pouvoir entrer en Thessalie, les Macédoniens allaient vivre un hiver qui ne serait pas de tout repos. Dans le but évident de s’emparer des troupeaux du plateau de Tymphaïa, les Épirotes venus de Dodone entreprirent une nouvelle razzia hivernale – vouée comme la précédente à l’échec. La menace fut contrée avec une armée faite de bric et de broc, la garnison de Tymphaïa ayant été rejointe par les éclaireurs montés, désormais commandés par Antiochos, et les peltastes d’Éliméa. Pendant que cavaliers et fantassins de Tymphaïa tenaient bravement l’aile droite des Macédoniens, Antiochos et les peltastes s’en prirent à la droite ennemie. Celle-ci tint plus longtemps qu’escompté, ce qui plaça les gens de Tymphaïa dans une situation délicate. L’arrivée des peltastes de Pella, qui précédaient eux-mêmes les Hypaspistes, les sauva de justesse. La milice de Tymphaïa, en particulier, avait perdu la moitié de ses hommes, et elle était passée à deux doigts de l’effondrement.

 

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Les zombies épirotes reviennent : ils ne veulent pas des cerveaux mais des troupeaux.

 

Initialement déployés à Éordéa, les Hypaspistes passèrent le reste de l’hiver à Tymphaïa. L’action des gens de Dodone et la bataille de Tymphaïa furent connues à Pella peu après, à un moment où la position d’Olympias était déjà fragilisée. La reine n’avait de cesse d’influencer Philippe pour qu’il mène une expédition en Épire en faveur de son frère, Alexandre de Molossie. Le roi de Macédoine n’était guère intéressé, dans l’immédiat, par une aventure lointaine et futile au-delà du Pinde. L’appel des Aleuades résonnait d’un son bien plus alléchant. Accessoirement, en dépit des espérances de Philippe, Olympias avait mis au monde une fille, Cléopâtre. Une princesse était toujours utile pour un mariage diplomatique, mais Philippe eût préféré un second fils – dans l’hypothèse où le premier viendrait à décéder prématurément. Déjà vaguement déçu, Philippe fut bientôt exaspéré par les requêtes incessantes d’Olympias. Le roi n’était absolument pas convaincu de la nécessité d’aller « libérer », à en croire son épouse, un peuple qui, dans les faits, ne pensait qu’à venir piller les troupeaux des Macédoniens. Cet hiver-là, une fissure irrémédiable commença à s’ouvrir entre eux, même si elle allait encore mettre très longtemps à s’agrandir.

 

Peu après la bataille de Tymphaïa, ce fut au tour des Illyriens de venir mettre à l’épreuve les défenses frontalières macédoniennes – cette fois aux confins de la Péonie. Il était évident qu’après être restés sans réaction lorsque Philippe s’en était emparé, les Dardaniens allaient tenter de reprendre le fort de Palémon. Une armée de 8.000 hoplites ne tarda pas à s’en approcher, face à laquelle Antigone n’avait, dans l’immédiat, que 4.000 hommes. Le général macédonien envoya aussitôt un cavalier prévenir Cléitus le Noir, et fit déployer sa phalange en ordre de bataille légèrement en retrait du fort.

 

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Début de la bataille de Pélion : la phalange d'Éordéa affronte seule la première vague illyrienne.

 

Sa manœuvre n’était pas innocente, et elle remplit pleinement son office. Les Illyriens y contribuèrent eux-mêmes, sabotant leur avantage numérique par des attaques décousues : leur avant-garde se trouvait déjà engagée alors que le reste de l’armée se traînait encore loin derrière à une allure d’escargot. Les assaillants tentèrent bien de prendre la phalange macédonienne en tenailles, mais le positionnement des troupes d’Antigone annula l’effet escompté. La pince gauche de la tenaille, en effet, fut obligée de passer sous les murs du fort de Palémon pour effectuer sa manœuvre, et la garnison fit pleuvoir sur elles une grêle de traits meurtriers. Antigone put ainsi soutenir l’assaut illyrien. Les Dardaniens étaient déjà en pleine déroute lorsque Cléitus le Noir vint épauler son collègue.

 

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Fin de la bataille de Pélion : Cléitus le Noir fait pivoter la phalange d'Edessa pour prendre à revers la deuxième vague ennemie.

 

Restait l’autre moitié de l’armée illyrienne, qui arrivait elle-même en ordre dispersé. La phalange d’Édessa s’avança pour prendre le relais de celle d’Éordéa, repoussant facilement la seconde vague ennemie. La dernière phalange illyrienne tenta de flanquer Cléitus le Noir par la gauche, mais les soldats d’Antigone s’interposèrent. Le chef de la phalange d’Édessa porta le coup de grâce en se livrant à nouveau à sa spécialité : un mouvement pivotant de son unité. La manœuvre était cette fois particulièrement poussée, puisqu’il s’agissait d’effectuer pratiquement un demi-tour. Elle réussit, quoique dans un ordre un peu moins impeccable que celui observé précédemment. En s’abattant sur les arrières des Illyriens, les Macédoniens firent un nombre appréciable de prisonniers, grossissant ainsi les rangs des esclaves trimant dans les mines de Péonie. La bataille de Palémon s’achevait par une victoire macédonienne, et elle consacrait Cléitus le Noir comme un génie de la manœuvre.

 

 

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Prise d’Olooson et ralliement des Perrhœbiens

 

 

Peu après le retour du printemps, les pieds des soldats macédoniens foulèrent le sol de la Thessalie. La campagne débuta par une contrariété : Parménion avait passé plus de temps que prévu à Bargala, où la phalange d’Aigéai se reposait depuis l’automne précédent. Le roi n’étant pas désireux d’attendre plus longtemps, il fit franchir le col de Volustana à son armée incomplète. Sa cible était le territoire des Perrhœbiens, relativement peu défendu. La cité d’Olooson comptait une garnison d’environ 2.000 hoplites, auxquels s’ajoutaient 2.000 autres fournis par la cité thessalienne de Pharcadon. Dès l’invasion connue, les Perrhœbiens mobilisèrent le reste de leurs forces, 3.000 hoplites supplémentaires, et demandèrent des renforts aux Thessaliens.

 

Ceux-ci se manifestèrent sous la forme de deux petits détachements de peltastes venus de Pharcadon, mais Antiochos interposa ses éclaireurs montés. Il remporta la victoire à chaque fois, isolant virtuellement Olooson du reste de la Thessalie. Les défenseurs de la ville n’eurent d’autre choix que de tenter une sortie pour débloquer la situation. Bien en place sur la droite malgré sa relative inexpérience, la phalange d’Éliméa repoussa les hoplites de Pharcadon, que Philippe obligea à se rendre après les avoir poursuivis. De leur côté, les gens d’Olooson furent battus sans trop de difficultés par les Hypaspistes. Toutefois, l’ultime attaque des Perrhœbiens menaça la gauche macédonienne, tenue seulement par les éclaireurs montés. Ce mouvement obligea Antipater à intervenir avec le soutien d’Attale, tandis que Philippe osait un large mouvement autour d’Olooson pour venir s’abattre sur les arrières ennemis avec les Compagnons.

 

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La bataille d'Olooson.

 

Les Perrhœbiens combattirent avec obstination et bravoure, mais la mobilité supérieure des Macédoniens eut raison de leurs hoplites privés de tout soutien. Philippe se montra magnanime avec eux : à l’exception des Pharcadiens, il laissa les prisonniers rentrer chez eux. Son intention, déclara-t-il avec insistance après la capitulation d’Olooson, n’était pas de se comporter en conquérant, mais d’aider les Thessaliens et leurs alliés à repousser la menace du tyran de Phères. Autre gage de bonne volonté : les Macédoniens laissèrent ses murs à Olooson. L’éloquence du roi rallia à lui les Perrhœbiens, qui avaient pu constater à quel point les gens de Pharcadon avaient été impuissants à les aider. Ils furent ainsi les premiers membres de la Ligue Thessalienne à choisir le camp macédonien. Pour en soutenir l’effort de guerre, ils acceptèrent de recruter 2.000 hoplites et 1.000 peltastes. Surtout, ils laissèrent aux Macédoniens l’exploitation des mines situées sur leur territoire, sur le versant occidental du mont Olympe.

 

Le royaume de Macédoine bénéficia encore d’une autre manière de la victoire remportée à Olooson. La cité thessalienne abritait un ingénieur renommé du nom de Polyeidos. L’homme était réputé expert dans l’art de concevoir et de construire des machines de siège, un savoir-faire disparu de Macédoine dans la tourmente de l’invasion illyrienne. Philippe sut convaincre Polyeidos de s’installer à Pella pour y perfectionner ses engins. Aidé de disciples comme Diadès et Charias, l’ingénieur allait passer les décennies suivantes à inventer de nouveaux modèles, comme le bélier protégé ou encore l’hélépole, l’ancêtre de la tour de siège. Son premier acte, toutefois, fut de superviser la construction de nouvelles catapultes à Éliméa.

 

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Polyeidos trace sur l'autoroute de Pella.

 

Il n’en restait pas moins que son succès laissait Philippe face à un dilemme stratégique. Sa position à Olooson lui permettait de poursuivre son offensive suivant trois axes distincts. Vers le sud-est, il pourrait marcher sur Larissa, qu’il pourrait libérer pour y réinstaller les Aleuades – but stratégique majeur de la campagne. Au sud-ouest, Pharcadon était probablement peu défendue, et offrait une position clé au cœur de la Thessalie. Enfin, vers l’ouest, la puissante cité de Tricca constituerait un atout majeur dans le ralliement du reste de la Ligue Thessalienne, une fois passée sous le contrôle des Macédoniens.

 

Ces trois cibles présentaient cependant chacune un inconvénient majeur. Marcher directement sur Larissa exposerait à affronter la puissante armée d’Alexandre de Phères avant d’être assuré du soutien de la Ligue Thessalienne. Pharcadon pouvait placer l’armée macédonienne dans une situation délicate, l’exposant à être attaquée aussi bien par les gens de Phères que par les Thessaliens. Quant à Tricca, il était pratiquement certain qu’elle serait défendue en force, étant en mesure de recevoir l’aide de Pharcadon et surtout de Métropolis.

 

C’est Parménion, arrivé entretemps, qui pointa du doigt le problème le plus aigu. Quelle que soit la direction choisie, attaquer depuis Olooson laisserait l’armée dépendante d’une ligne de ravitaillement certes relativement courte, mais transitant par des vallées montagneuses faciles à bloquer. En marchant sur Larissa, on courait le risque de la voir attaquée par les Thessaliens. Contre Tricca, ce seraient les gens de Phères qui pourraient l’attaquer. Attaquer Pharcadon compliquerait encore la tâche, puisqu’on s’exposerait alors à la voir coupée par les uns comme par les autres.

 

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Le dilemme stratégique de Philippe. En violet, les routes d'invasion possibles depuis Olooson, avec les risques d'attaques par les Thessaliens et les gens de Phères. En blanc, les axes de ravitaillement du plan d'attaque de Tricca depuis la Haute-Macédoine.

 

Le chef de la phalange d’Aigéai suggéra un autre plan. Laissant la défense d’Olooson aux Perrhœbiens, l’armée macédonienne retournerait en Haute-Macédoine pour attaquer Tricca par le nord, utilisant Tymphaïa et Éliméa comme bases. La ligne de ravitaillement qui en résulterait serait à l’abri des entreprises de l’ennemi, en dehors peut-être des Épirotes – mais le terrain était moins accidenté et l’armée pourrait intervenir plus facilement en cas de raid de leur part. Les Macédoniens étaient suffisamment bien pourvus en troupeaux pour assurer la faisabilité de l’opération, en dépit de l’allongement des voies de communication qui en résulterait. Ce point de vue emporta l’adhésion de Philippe, et le plan de Parménion fut aussitôt mis en application.

 

 

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Bataille de Tricca

 

 

Le redéploiement des Macédoniens prit un peu de temps, délai que les Thessaliens mirent à profit pour tenter de désorganiser leurs adversaires par un raid visant cette fois Éliméa. Philippe intercepta leur force combinée de 3.500 hommes dans un défilé montagneux, empêchant ainsi les hoplites thessaliens, qui formaient l’arrière-garde des assaillants, de venir au secours de leurs cavaliers et peltastes. Après un rude combat, les Compagnons prirent le dessus sur la cavalerie thessalienne, entraînant le repli de la colonne. Les peltastes de Tricca se sacrifièrent pour couvrir la retraite, et le reste des Thessaliens regagna la cité sans être inquiété.

 

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Compagnons vs. Cavaliers thessaliens, le Alien vs. Predator de la Grèce antique.

 

Il fallut du temps pour que l’armée macédonienne converge sur Pialéia pour s’y concentrer. L’attente des machines de siège d’Éliméa, et des troupeaux venus de Tymphaïa, retarda encore l’offensive, et le printemps touchait à sa fin lorsque Philippe se présenta devant Tricca. Le roi n’était pas spécialement pressé d’attaquer : s’il disposait de 13.000 hommes aguerris, il savait également que 4.000 hoplites tenaient Tricca, appuyés par 1.000 cavaliers et 500 peltastes, et que 4.000 autres combattants chassés des campagnes environnantes étaient en train de s’y concentrer. La cavalerie thessalienne était réputée dans tout le monde grec, et dans la vaste plaine de Tricca, elle pourrait manœuvrer avec beaucoup plus d’aisance que dans la vallée de montagne où Philippe l’avait défaite quelques semaines auparavant.

 

Non loin de Tricca se trouvait un temple dédié à Asclépios, le dieu de la médecine et de la guérison. Ce sanctuaire était le plus ancien du genre dans le monde grec et ses prêtres, versés dans l’art des soins, y tenaient un dispensaire ouvert aux pèlerins. Sachant que ses blessés seraient nombreux lors de l’affrontement à venir, Philippe prit soin de s’assurer du soutien d’Asclépios – et surtout de ses prêtres-médecins – par une généreuse offrande de 4.000 drachmes.

 

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Dans Hegemony, même les temples ne sont pas assez grands pour qu'un peltaste y tienne debout.

 

Quelques jours plus tard, les éclaireurs macédoniens signalèrent deux colonnes thessaliennes en train de converger sur Tricca : 2.000 hoplites en provenance de Pharcadon, et 2.500 soldats venus de Métropolis. L’arrivée de ces forces allait porter l’armée thessalienne à 14.000 hommes, davantage que ce que les Macédoniens seraient en mesure de lui opposer. Philippe n’eut pas trop le choix : il allait devoir livrer bataille.

 

Le problème qui se posait à lui était que ces renforts lui étaient pratiquement hors d’atteinte. Détacher des troupes de sa ligne de bataille principale revenait à exposer dangereusement le train de siège et de ravitaillement, erreur déjà commise à Pélion et que Philippe n’était aucunement disposé à commettre à nouveau. Les Hypaspistes, leur droite ancrée sur la montagne, couvraient le temple d’Asclépios, et ne pouvaient marcher sur les gens de Métropolis sans exposer leur gauche à une sortie de la garnison de Tricca. La phalange d’Éliméa tenait le centre de l’armée macédonienne et ne pouvait guère en bouger. Philippe tenta donc d’envoyer celle d’Aigéai intercepter les hoplites de Pharcadon. Sa manœuvre tourna court, car elle obligea l’infanterie macédonienne à passer sous les murs de Tricca, d’où une pluie de traits lui causa rapidement des pertes. Parménion dut interrompre son mouvement et reprendre sa position sur la gauche de l’armée.

 

Ne se résolvant pas à laisser les défenseurs de Tricca être renforcés sans réagir, Philippe joua la seule carte qui lui restait : sa cavalerie. Compagnons et éclaireurs montés s’élancèrent contre les gens de Pharcadon, les premiers les fixant par une charge directe tandis que les seconds les contournaient pour les prendre à revers. L’attaque ayant créé une brèche dans la ligne macédonienne, Parménion la combla en faisant avancer ses peltastes afin qu’ils couvrent les arrières de Philippe. La situation était critique : si les cavaliers thessaliens chargeaient à cet endroit, ils risquaient d’isoler leurs homologues macédoniens et de les anéantir.

 

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La bataille de Tricca commence. On notera comment Attale reste sournoisement en arrière de sa phalange, contrairement à Parménion et Antipater qui sont au premier rang.

 

Les Thessaliens, cependant, négligèrent cette opportunité, n’engageant contre la gauche macédonienne qu’un petit détachement de peltastes qui fut aisément repoussé. Les gens de Tricca lancèrent leur attaque principale sous la forme d’une série de coups de boutoir contre les Hypaspistes, dans le but apparent de reprendre le contrôle du sanctuaire d’Asclépios. Leur cavalerie fut gaspillée dans une charge futile, même si la première vague infligea des pertes élevées aux hommes d’Antipater – les Hypaspistes perdirent un bon tiers des leurs dans l’affrontement. Une seconde attaque, menée cette fois avec le soutien des peltastes de Métropolis et visant aussi le centre macédonien, n’eut pas davantage de succès contre l’élite des fantassins de Philippe.

 

Ce dernier finit par avoir raison des gens de Pharcadon, mais non sans mal. Ses Compagnons étaient suffisamment étrillés pour que Philippe les ramène en sécurité sur les arrières macédoniens. Ce mouvement, protégé de l’arrivée d’un groupe de peltastes pharcadiens par une charge des éclaireurs montés, attira – enfin – l’attention des Thessaliens sur la gauche vulnérable de l’armée macédonienne. Combinant leurs forces avec les hoplites de Métropolis, les gens de Tricca lancèrent leurs dernières forces dans la bataille à cet endroit, tenu seulement par les peltastes d’Aigéai. Les fantassins légers macédoniens reculèrent rapidement, obligeant Parménion à intervenir avec le reste de la phalange.

 

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La bataille se poursuit.

 

Un combat brutal et tournoyant s’ensuivit, dans lequel les Thessaliens cherchèrent à enfoncer la gauche de Parménion, mouvement que le général macédonien ne put contrer qu’en faisant appel à la phalange d’Éliméa. Attale et ses hommes entrèrent en jeu en menaçant eux-mêmes la gauche thessalienne. À ce jeu, les Macédoniens plus nombreux parvinrent à étirer davantage leurs lignes et prirent le dessus. L’arrivée d’Antiochos – littéralement de tous les combats avec les éclaireurs montés – sur les arrières des Thessaliens paracheva le tout. La bataille de Tricca s’achevait sur une victoire décisive des Macédoniens.

 

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La bataille s'achève. Classique, en somme.

 

Antiochos fut grièvement blessé quelques jours plus tard dans une action d’arrière-garde au cours de laquelle ses cavaliers, déjà largement diminués par l’affrontement précédent, furent durement étrillés par une force de 500 hoplites thessaliens qui tentaient de rétablir les communications entre Tricca et Métropolis. L’intervention de la phalange d’Aigéai assura finalement au blocus macédonien de rester hermétique. Antiochos fut remplacé à la tête des éclaireurs montés par Antigène, se retirant sur son domaine du Lyncus pour y soigner ses blessures.

 

 

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Modifié par Eginhard 38

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Le ralliement des Thessaliens

 

 

Philippe traita les gens de Tricca avec la même magnanimité que ceux d’Olooson : libération des prisonniers de la cité, qui conserverait ses murs et fournirait à la Macédoine un contingent allié de 4.000 hommes, dont les fameux cavaliers thessaliens. Comme les Perrhœbiens, les gens de Tricca concédèrent à Philippe l’exploitation des mines situées dans le massif du Pinde. Leur ralliement s’avéra décisif, compte tenu de l’influence de la cité sur ce qui restait de la Ligue Thessalienne.

 

Le roi de Macédoine ne put capitaliser sur ce succès aussi vite qu’il l’aurait souhaité. D’une part, son armée n’était pas sortie indemne de la bataille de Tricca et avait besoin d’un peu de repos. D’autre part, un raid épirote sur ses arrières perturba le transit du ravitaillement – particulièrement les troupeaux – en provenance de Tymphaïa. Philippe prit les choses en main personnellement et emmena les Compagnons vers le nord. Alliés à la garnison de Tymphaïa, les cavaliers macédoniens ne firent qu’une bouchée des peltastes de Dodone, mais ces pillards commençaient sérieusement à taper sur les nerfs de Philippe.

 

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CEEEERVEAUUUUUX... euh, non, TROUUUUPEAUUUUUX...

 

Une autre action, beaucoup plus au nord, causa bien davantage de soucis aux Macédoniens. Depuis leur lointain territoire, les Agrianiens cédèrent aux pressions de Lykkeios, lançant un détachement de cavaliers dans un raid contre l’ancien territoire péonien. Aussitôt prévenu par les gardes-frontières macédoniens, Cléitus le Noir quitta Bylazora pour intercepter les intrus avec la phalange d’Édessa. L’expert de la manœuvre fut cette fois impuissant : aussi rapides qu’ils puissent être, ses fantassins ne pouvaient espérer rattraper des cavaliers. Les Agrianiens échappèrent à leurs poursuivants détruisant au passage plusieurs avant-postes, et poussèrent jusqu’à Stobi, loin au sud. Ils y perturbèrent de façon considérable l’exploitation des mines de la région. Seul le sacrifice de la garnison macédonienne de Stobi, en les attirant dans un combat, permit à Cléitus de les rejoindre et, en fin de compte, de les défaire.

 

Malgré tout, cette action fut une chaude alerte pour les Macédoniens. Si la Péonie était à ce point vulnérable à un simple raid de cavalerie, le pire était à craindre si les Agrianiens se mettaient en tête de lancer une entreprise plus vaste. Lorsqu’il l’apprit, Philippe envoya des plénipotentiaires auprès des Agrianiens en vue de négocier une trêve. Celle-ci fut rapidement conclue : la Macédoine abandonnait ses revendications sur plusieurs sites miniers contestés situés aux confins de la Péonie, contre le versement d’un tribut annuel de 12 talents.

 

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Macedonian defensive strategy : OWNED.

 

Autre source de retard : la trêve olympique, traditionnellement décrétée par les prêtres du sanctuaire d’Olympie pour la période des jeux donnés en l’honneur de Zeus. Guerre sacrée oblige, cette année-là, elle fut courte. Elle apporta à Philippe une satisfaction particulière, puisqu’un équipage engagé en son nom remporta une des deux courses de char disputées. Celles-ci étaient richement dotées et permettaient à de grands noms ou à de riches personnages de s’octroyer le prestige d’une victoire olympique. Elles restaient cependant moins prestigieuses que les autres épreuves athlétiques, car ce n’était pas le propriétaire du char qui le conduisait, mais quelqu’un d’autre (conducteur professionnel ou esclave), pour la simple et bonne raison que ces courses étaient extrêmement dangereuses.

 

Une fois ses arrières assurés, Philippe marcha sur Métropolis, qui ne résista pas longtemps. La cité thessalienne tenta de monnayer son ralliement : elle ne pouvait rejoindre la cause de Philippe sans que celui-ci ait au préalable assuré sa sécurité. Le roi de Macédoine se prêta de bonne grâce à ses exigences, car il tenait à faire des Thessaliens ses alliés et non un peuple conquis. Les Macédoniens sécurisèrent la frontière occidentale de la Thessalie en établissant des avant-postes face à l’Acarnanie – officiellement neutre, mais dont nombre de soldats servaient dans l’armée de mercenaires au service des Phocidiens.

 

Les gens de Métropolis réclamèrent aussi à Philippe la libération de la Dolopie. Le fort que les Phocidiens avaient établi à Ortha n’était pas fortement gardé, mais il faisait peser sur la Thessalie la menace diffuse d’une intervention directe de leur part. Plutôt que de retarder la suite de ses opérations, Philippe divisa ses forces en deux et emmena Compagnons et Hypaspistes en Dolopie, laissant Parménion marcher sur Pharcadon avec le reste de l’armée. Le fort d’Ortha tomba sans difficulté et sans qu’Onomarchos ne tente quoi que ce soit pour l’empêcher. En revanche, lorsque Philippe voulut mener une reconnaissance vers la plaine du Sperchios, plus au sud, les Phocidiens réagirent avec vigueur et l’obligèrent à rebrousser chemin.

 

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La Dolopie c'est mignon, mais c'est pas grand.

 

L’expédition n’en demeura pas moins extrêmement fructueuse sur le plan politique. En libérant le territoire des Dolopiens, Philippe ne faisait pas que s’assurer le soutien de Métropolis. Puisqu’il s’attaquait par-là même directement aux Phocidiens, il montrait au monde grec qu’il ne faisait pas qu’intervenir dans la guerre civile thessalienne, mais prenait également position en faveur de l’Amphictyonie Delphique dans la guerre sacrée qu’elle menait. Si la nouvelle fut accueillie favorablement en Thessalie et à Thèbes, elle le fut beaucoup moins à Athènes et à Sparte.

 

Pendant que Philippe guerroyait en Dolopie, Parménion s’empara de Pharcadon pratiquement sans combattre. Comme les autres cités thessaliennes, Métropolis et Pharcadon abandonnèrent aux Macédoniens les revenus de leurs mines – les contreforts du Pinde étant plutôt généreux dans ce domaine. Elles s’engagèrent également à fournir des troupes : 3.000 fantassins pour la première, 1.000 cavaliers pour la seconde. Néanmoins, les gens de Pharcadon posèrent comme condition à leur aide militaire la libération rapide de Krannon, leur alliée traditionnelle, qui avait été conquise peu de temps auparavant par l’armée d’Alexandre de Phères. Philippe marcha donc sur la cité, car la Ligue Thessalienne était essentiellement ralliée à lui et il pouvait désormais se concentrer sur ce nouvel adversaire.

 

 

*****

 

 

(à suivre)

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Première année de la cent-sixième Olympiade

 

La main en visière, jugé sur le toit d’une ferme, Parménion faisait de son mieux pour essayer de distinguer quelque chose au travers du gigantesque nuage de poussière qui s’élevait au loin, près des portes de Krannon.

 

- Ils sont innombrables, dit-il à Philippe, qui se tenait juste derrière lui. Il en défile comme ça depuis l’aurore.

- L’armée d’Alexandre de Phères au complet, à n’en point douter, observa stoïquement le roi.

- Certainement. Et elle est immense. Bien plus que la nôtre.

 

Attale, qui observait comme eux le lointain défilé, se risqua à prendre la parole.

 

- De toute évidence, ils ne viennent pas vers nous : dans le cas contraire, la bataille aurait déjà commencé. C’est donc qu’ils s’en vont.

- Oui, confirma Parménion. Ils prennent la route de Pharsale.

 

Pharsale était une grande cité de Thessalie centrale située au sud de Krannon. Lorsque les Phocidiens étaient venus joindre leurs forces à celles des gens de Phères, la cité avait jugé à la fois prudent et opportun de rallier leur cause – dans l’espoir à la fois d’éviter une occupation trop dure, et de profiter de la situation pour devenir une puissance majeure en Thessalie.

 

- Pharsale ? demanda Philippe. Pas Larissa ? Tu en es sûr, Parménion ?

- Absolument. Pharsale est au sud, Larissa au nord, dans la direction opposée. Même s’ils faisaient un détour pour nous tromper, la poussière les trahirait. D’après les paysans d’ici, il n’a pas plu depuis près d’une lune.

 

Philippe n’ajouta rien. Il se demanda intérieurement pourquoi Alexandre de Phères s’en allait précisément au moment où les Macédoniens arrivaient en vue de Krannon, la veille du Nouvel An. Il lui paraissait peu probable, vue la taille de son armée et son alliance avec les Phocidiens, que le tyran de Phères ait eu peur de lui. Peut-être que l’expédition qu’il avait menée en Dolopie lui avait fait croire que Pharsale était plus menacée que Krannon ? Pourtant, cela n’avait pas de sens. Il était peu probable que l’armée macédonienne fût passée totalement inaperçue. Et si, au contraire, Alexandre de Phères ne repartait à Pharsale que pour se rapprocher d’Onomarchos et de son armée de mercenaires ? Dans ce cas, leurs forces combinées seraient invincibles. Philippe frémit à cette idée. Antipater, resté muet jusque-là, alimenta sans le savoir ses craintes.

 

- C’est une occasion à saisir, Philippe ! s’exclama le chef des Hypaspistes. Attaquons-les maintenant, quand ils ne s’y attendent pas !

- Nous ignorons tout de leur force réelle, objecta Parménion. Et rien n’indique qu’ils ne nous aient pas repérés !

- Si c’était le cas, les éclaireurs montés auraient certainement été accrochés à l’heure qu’il est.

- Cela reste à prouver, répondit d’un air dubitatif le commandant de la phalange d’Aigéai.

 

Un passif certain existait entre Parménion et Antipater depuis la bataille de Pélion, ce n’était un secret pour personne. Parménion était aussi prudent qu’Antipater était agressif, et le premier tenait rigueur au second d’être allé tendre une embuscade aux Diabolites – fût-ce sur ordre de Philippe – pendant que ses propres hommes se faisaient massacrer par les Orestides. Ce contentieux ne faisait qu’exacerber leurs divergences de caractère.

 

- Antigène est parti en direction de Larissa pour éclairer notre flanc gauche, intervint Philippe. Aux dernières nouvelles, il n’y a dans cette direction qu’une petite garnison en route vers Krannon. Apparemment, elle vient relever l’armée d’Alexandre de Phères.

- N’agissons pas dans la précipitation, reprit Parménion. Si les gens de Phères se replient sur Pharsale, ils commettent une erreur. Laissons-les faire !

 

Parménion avait raison. Puisque ses ennemis se disposaient à laisser Krannon sans défenses, autant ne pas les interrompre. Philippe avait besoin de cette cité pour parachever le ralliement des Thessaliens. Les quelques jours à attendre permettraient aussi à ces derniers de fournir aux Macédoniens davantage de soldats. Les alliés de Philippe avaient été retardés dans leur préparation par un nouveau raid épirote, qu’ils avaient contribué à défaire avec la coopération de la garnison de Tymphaïa.

 

Le roi de Macédoine décida d’attendre.

 

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Teaser : epic battle to come !

 

 

*****

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Bataille de Krannon

 

 

Quelques jours plus tard, la décision prise par Philippe de temporiser paraissait la meilleure possible, rétrospectivement.

 

Alexandre de Phères était à présent à Pharsale : les espions thessaliens de Philippe le lui avaient assuré. Il ne restait à Krannon que 300 fantassins légers, et une garnison sensiblement équivalente à Larissa – où les gens de Phères s’efforçaient de recruter des mercenaires parmi la population locale. Le moment était idéal pour passer à l’action. Sans attendre de renforts, les Macédoniens mirent le siège devant Krannon.

 

Les choses s’accélérèrent brusquement aussitôt après que les ingénieurs de Philippe eussent installé leurs catapultes sur leurs positions de tir. En fin de journée, un éclaireur monté se présenta dans le camp macédonien et rapporta l’approche d’une petite force d’infanterie légère par le nord. La garnison de Larissa tentait apparemment de rejoindre celle de Krannon. Elle ne constituait pas une menace sérieuse, mais Philippe décida de précipiter son action pour parer à toute éventualité. Des sacrifices furent faits à Arès et à Athéna, et les présages s’avérèrent favorables.

 

Le lendemain, dès l’aube, l’armée macédonienne se mit en branle. Alors que la phalange d’Aigéai se lançait à l’assaut des remparts de Krannon, les Hypaspistes partirent vers le nord pour tendre une embuscade aux troupes venant de Larissa. Les Compagnons les accompagnaient, se tenant en réserve pour assurer la poursuite des vaincus. Entre les deux ailes macédoniennes, la phalange d’Éliméa assurerait la couverture, notamment en direction du sud. En tout, Philippe disposait d’environ 12.000 hommes dont 1.300 cavaliers et 3.000 peltastes, les renforts venus de Macédoine et l’aide des prêtres d’Asclépios ayant permis de limiter l’impact de la campagne sur ses effectifs.

 

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Ce n'est pas qu'un effet de style : c'est vraiment une grosse armée à l'échelle du jeu.

 

- Ils viennent délivrer Krannon ? interrogea Philippe.

- Apparemment non, répondit le soldat. Quand je suis parti, leur avant-garde était en train de s’engager sur la route de Larissa.

- Ils vont déboucher sur nos arrières ! s’écria Antipater.

 

Philippe se tut, réfléchissant quelques instants. Puis il reprit la parole.

 

- Sauf si on les intercepte… Retourne auprès d’Attale, poursuivit-il en se tournant à nouveau vers le soldat. Dis-lui qu’il doit obliger l’ennemi à l’attaquer et que nous arrivons.

- Mais les hoplites de Larissa ? demanda Antipater.

- Nous y viendront. File, soldat ! Il n’y a pas un instant à perdre.

 

Le regard du jeune homme transpirait l’inquiétude, mais il s’exécuta.

 

- Antigène ! reprit le roi.

- Oui ?

- Trouve Parménion et préviens-le. Il doit absolument prendre Krannon le plus rapidement possible et à n’importe quel prix. Ensuite, tu mettras les éclaireurs montés à la disposition d’Attale. Est-ce clair ?

- Parfaitement clair. À tes ordres !

 

Antigène, trop heureux de trouver une occasion de se racheter de sa bévue initiale, partit rejoindre ses cavaliers et les emmena au galop vers la cité assiégée. Lorsqu’il se fût éloigné, Philippe poussa un bref soupir avant de s’adresser à Antipater :

 

- On dirait que la bataille que tu recherchais tant l’autre jour nous a rattrapés. Puissent les dieux me donner raison de ne pas t’avoir écouté !

 

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Vous comprenez le problème, maintenant ?

 

 

*****

Modifié par Eginhard 38

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Attale n’avait que 4.000 hommes à opposer à toute l’armée d’Alexandre de Phères, mais en dépit de ce que représentait l’ordre de Philippe, il l’exécuta sans broncher. Aujourd’hui, les fils d’Éliméa allaient prouver leur loyauté à leur roi. En mourant.

 

L’avancée de la phalange d’Éliméa porta ses fruits. L’interminable colonne en marche vers Larissa infléchit sa course vers la gauche. Sans même attendre d’être complètement déployés, sûrs d’écraser leurs ennemis, les gens de Phères se ruèrent à l’attaque.

 

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Spears will be shattered ! Shields will be splintered ! A sore day, a red day ! ... bon OK, j'arrête.

 

 

*****

 

Pour Philippe et Antipater, le problème était désormais quelque peu différent. Ils ne pouvaient plus se permettre d’attendre tranquillement que les hoplites de Larissa viennent à eux. Il fallait les battre aussi vite que possible pour aller secourir Attale, qui ne pourrait pas tenir sa position éternellement à lui tout seul.

 

L’aile gauche macédonienne passa donc à l’attaque – même si cela l’éloignait encore davantage du reste de l’armée. Les Hypaspistes avancèrent au pas de course sur la droite, sans attendre le soutien de leurs peltastes. Ces derniers, en effet, avaient été envoyés sur la gauche pour appuyer les Compagnons. Faute d’infanterie lourde en nombre suffisant, Philippe s’était résolu à lancer sa cavalerie dans une charge frontale.

 

 

*****

 

Les hoplites de Phères poussaient comme des damnés – malgré les pointes des sarisses, malgré le mur de morts et de mourants qui grandissait sous leurs sandales. À force de pousser, certains s’étaient suffisamment approchés des Macédoniens pour les percer de leurs lances. Au milieu de ses hommes, Attale hurlait ordres et encouragements. D’autres hoplites ennemis arrivaient.

 

 

*****

 

Sur les murs de Krannon, Parménion payait de sa personne et menait ses soldats l’épée à la main. Les lourds traits des catapultes perçaient l’air, obligeant les défenseurs à rentrer la tête pendant que les assaillants grimpaient à l’échelle. À dix contre un, les Macédoniens eurent bientôt le dessus, repoussant les derniers soldats de la garnison vers l’acropole, où la population s’était réfugiée. Parménion se prépara pour un sanglant assaut final… qui n’eut pas lieu.

 

Les archontes de la cité vinrent trouver Parménion et le supplièrent d’épargner les civils. Lorsque le général macédonien leur indiqua être venu à la demande des gens de Pharcadon, leurs visages s’éclairèrent. Les archontes s’engagèrent à assurer le contrôle de la ville, dont les habitants, sitôt la nouvelle connue, se retournèrent contre les gens de Phères et en disposèrent aisément. Libéré de cette contrainte. Parménion ne prit pas le temps de deviser sur le sort des prisonniers et fit aussitôt rassembler sa phalange.

 

Ce jour-là, dans les caniveaux de Krannon, le sang de la vengeance coula.

 

 

*****

 

Les hoplites de Phères poussaient toujours. Leur flot semblait inépuisable, alors que les rangs macédoniens s’éclaircissaient de plus en plus. Attale regarda autour de lui. De nouveaux assaillants semblaient en passe de tourner sa gauche. Partout, les hurlements des blessés qu’on piétinait, le sifflement des javelots qui s’abattaient, la mort et le sang.

 

Sur sa droite, Attale remarqua une poussière qui n’était pas celle du combat. De longues sarisses en émergeaient. Les fantassins d’Aigéai, malgré la fatigue de l’assaut contre Krannon, trottinaient aussi vite qu’ils le pouvaient pour suivre le cavalier qui était à leur tête. Attale courut vers lui en hurlant.

 

- Parménion ! À gauche ! À gauche !

 

Le cavalier entendit et comprit aussitôt. D’un geste, il ordonna à ses hommes d’accélérer encore la cadence – si tant est que cela fût possible.

 

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Contrairement à sa droite, (mal) ancrée sur les montagnes au sud de Krannon, la gauche d'Attale était en l'air, ce qui explique qu'il ait envoyé Parménion dans cette direction à ce stade de la bataille.

 

 

*****

 

Les hoplites de Larissa tinrent plus longtemps que leur avant-garde, mais bien moins que ce à quoi Philippe s’attendait. Ceux de gauche furent écrasés par le choc avec les Hypaspistes, et ceux de droite, surpris par la charge téméraire et inattendue des Compagnons, perdirent pied. Beaucoup se rendirent. Visiblement, l’or du tyran de Phères n’avait pas suffi à acheter leur loyauté pour davantage qu’une résistance symbolique. À moins que celle-ci n’ait été troublée par le ralliement des autres cités thessaliennes à Philippe.

 

Le roi de Macédoine laissa aux peltastes de Pella le soin de garder les prisonniers, et emmena le reste de ses soldats vers le sud – les hypaspistes à marche forcée, et les Compagnons au galop.

 

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Compagnons et Hypaspistes engagent les hoplites de Larissa.

 

 

*****

 

Alexandre de Phères n’était pas né de la dernière pluie. Lorsqu’il vit la phalange d’Aigéai se déployer sur la gauche de celle d’Éliméa, il interrompit aussitôt son mouvement et ordonna, en lieu et place, que soit accentuée la pression sur le centre macédonien. Supposant à raison que la manœuvre de Parménion avait affaibli la droite de son adversaire, il lança ses peltastes dans cette direction pour sonder l’ampleur de la brèche.

 

Elle était béante. Les peltastes de Phères s’engouffrèrent dans l’espace laissé libre par la phalange d’Aigéai et se mirent à lancer leurs javelots sur les hommes d’Attale impuissants. Il restait toutefois aux Macédoniens une réserve sur ce point du champ de bataille : les éclaireurs montés. Antigène comprit immédiatement la situation. Sans attendre l’ordre d’Attale, il emmena ses cavaliers dans une charge dévastatrice contre le flanc des peltastes ennemis et s’y enfonça comme dans du beurre.

 

Ainsi fut Antigène à Krannon : jeune commandant sans expérience le matin, héros impétueux l’après-midi.

 

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La seule présence de la phalange d'Aigéai suffit à dissuader l'ennemi de tourner la gauche macédonienne, mais les réserves du tyran de Phères empêchent elle aussi Parménion d'attaquer.

 

 

*****

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Face à cette attaque qui mettait sa gauche en péril, le tyran de Phères avait encore des cartes dans sa manche. Une phalange de 2.000 hoplites se tenait prête à exploiter la percée des peltastes : elle put intervenir aussitôt pour colmater ce qui était devenu une brèche. Face à eux, les éclaireurs montés n’avaient pas la moindre chance. Antigène dut leur faire rebrousser chemin.

 

À nouveau libre de menacer la droite macédonienne, l’ennemi n’allait pas s’en priver.

 

 

*****

 

Ces maudits hoplites de Phères continuaient à pousser. Les soldats d’Éliméa étaient assoiffés et exténués, ils avaient les pires difficultés à tenir leurs adversaires à la pointe de leurs sarisses, et la moitié d’entre eux étaient morts ou blessés. Voyant sa droite menacée, Attale se maudissait intérieurement d’avoir envoyé Parménion dans la direction opposée. Flanquée, sa phalange déjà en difficulté serait immanquablement submergée.

 

 

*****

 

Après avoir inspecté le champ de bataille au grand galop, Philippe trouva en chemin Antigène, qui le renseigna sur la situation préoccupante de l’aile droite. Les deux hommes allèrent rejoindre Parménion, dont les troupes tenaient toujours la gauche macédonienne – où elles n’étaient pratiquement pas engagées. Pour le général, la vue de Philippe fut un immense soulagement.

 

- Les dieux soient loués ! J’allais tourner leur droite, mais je craignais d’exposer mon flanc à leurs réserves. Tu vas pouvoir le couvrir à présent !

- Oublie ça ! Emmène ta phalange vers la droite, Attale est en train de se faire flanquer. Les Hypaspistes arrivent. Je vais tenir la gauche avec tes peltastes et les Compagnons.

 

Parménion s’exécuta, emmenant ses piquiers dans une nouvelle contremarche encore plus éreintante que les précédentes.

 

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"Attale ! Les apticiens !" (plaisanterie populaire macédonienne).

 

 

*****

 

La phalange d’Éliméa était au bord de la rupture, aussi l’arrivée de celle d’Aigéai à la rescousse leur apporta comme une bouffée d’air frais. Parménion fit attaquer ses troupes sur un front étroit pour leur donner plus d’impact. Malgré tout, leurs adversaires ne lâchèrent pas prise facilement. Plus frais, ils résistèrent avec opiniâtreté. Au moins la brèche dans l’aile droite était-elle colmatée.

 

À l’autre bout du champ de bataille, Philippe remarqua bientôt que l’aile droite d’Alexandre de Phères, à force de multiplier les coups de boutoir contre le centre macédonien, commençait à être affaiblie. Bientôt, elle ne fut plus tenue que par un détachement de peltastes laissé sans soutien. L’opportunité était trop belle, et Philippe chargea.

 

Les Compagnons dispersèrent les fantassins ennemis avec aisance, et se trouvaient à présent dans une situation idéale pour prendre à revers l’aile droite adverse. Philippe n’hésita pas longtemps et chargea derechef.

 

Frappés dans le dos, les hoplites de Phères soutinrent malgré tout le choc avec cran. Un peu en arrière, le tyran Alexandre n’avait rien manqué de l’action qui se déroulait sous ses yeux. Il choisit ce moment pour faire donner sa réserve principale de 6.000 hoplites. Un Compagnon vigilant les vit approcher et en avertit Philippe. À son grand déplaisir, le roi de Macédoine dut ordonner le repli avant que son action ait été décisive – du moins de son point de vue.

 

En réalité, la charge des Compagnons marqua effectivement un tournant de la bataille. Pour y résister, les hoplites de Phères durent interrompre leur poussée contre le centre et la droite macédoniens. Le moment de flottement qui s’ensuivit dans leurs lignes offrit à la phalange d’Éliméa éreintée d’être relevée par les Hypaspistes.

 

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Note technique : les hoplites, même chargés à revers, bloquent toujours la charge d'une unité de cavalerie et n'essuient donc pas les effets du bonus de charge. En revanche, ils subissent une pénalité de flanquement, qui érode lentement leur moral.

 

 

*****

 

Attale était à présent au cœur de la mêlée. À bout de souffle, sa phalange était désormais trop mince pour espérer résister à une nouvelle poussée déterminée de l’ennemi. Seule la désorganisation induite par la charge des Compagnons avait empêché les gens de Phères de l’enfoncer complètement. Au milieu du fracas de la bataille, Attale entendit quelqu’un l’interpeller. Il se retourna dès qu’il put. Antipater avait enlevé son casque pour être reconnu plus facilement, et l’appelait en faisant de grands gestes.

 

- Attale ! Ramène tes hommes en arrière ! Nous les relevons !

 

Le chef de la phalange d’Éliméa remercia intérieurement tous les dieux qu’il connaissait. Il lui restait tout de même à faire ce qu’aucun des généraux de Philippe n’avait encore accompli : faire décrocher une phalange de piquiers devant l’ennemi.

 

Attale ordonna à ses peltastes de s’interposer pour couvrir ce repli. Cela faisait longtemps qu’ils avaient lancé tous leurs javelots, et en étaient réduits à jeter à leurs ennemis tout ce qui leur tombait sous la main. Les javelots ennemis ramassés à terre furent renvoyés à leurs anciens propriétaires. Ceux qui avaient des frondes s’en servirent avec dextérité, et ceux qui n’avaient que leurs mains se mirent à ramasser des pierres. Heureusement, une partie des peltastes d’Aigéai, restés sur la gauche, vint leur prêter main-forte.

 

Les hoplites de Phères eux aussi étaient épuisés. Tenus à distance par les projectiles macédoniens, ils laissèrent la phalange d’Éliméa s’échapper. Fatigués mais sûrs d’eux, les Hypaspistes commencèrent à avancer.

 

 

*****

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C'est chauuuuuuuud! :D C'est pas loin de ce secteur que je me suis fait enfirouaper tellement sévèrement que je ne savais plus où étais la capitale, bonne chance :)

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La poussée des Hypaspistes fut de trop pour les hoplites de Phères. Leur première ligne s’effondra simultanément sur pratiquement toute sa longueur, mais la seconde arrivait derrière. Elle avançait de manière asymétrique : tandis que sa gauche engagea la phalange d’Aigéai, la droite, plus nombreuse, tenta de déborder l’armée macédonienne. Le trou laissé par le repli des Compagnons l’attirait comme un aimant.

 

Philippe se prépara à les recevoir en redéployant les peltastes d’Aigéai de sorte qu’ils puissent harceler l’ennemi de flanc, pendant que la cavalerie macédonienne chargerait de front. Il n’eut pas à le faire. Antipater avait deviné ce que l’ennemi était en train d’accomplir. Libéré sur son front, il put faire obliquer les Hypaspistes vers la gauche pour intercepter les gens de Phères.

 

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La première ligne ennemie a craqué, la deuxième entre en action.

 

En repositionnant les Compagnons pour tenter de les flanquer, Philippe profita d’une vue imprenable sur les arrières de l’armée ennemie. Le spectacle qu’il découvrit accrut une confiance déjà restaurée par la montée en ligne des Hypaspistes.

 

De nombreux traînards étaient éparpillés à travers la plaine. Par petits groupes, ils refluaient vers l’arrière, ou plutôt les arrières. Certains marchaient vers le sud, en direction de Pharsale, d’où ils étaient venus. Mais d’autres partaient vers l’est, comme s’ils retournaient directement à Phères. De toute évidence, un grand désordre régnait dans l’armée du tyran Alexandre. Philippe savait ce que cela signifiait : le moral de ses adversaires était en train de flancher.

 

Le roi de Macédoine décida qu’il était temps de profiter des larges plaines thessaliennes pour faire manœuvrer sa cavalerie. Il ordonna à Antigène de faire passer les éclaireurs montés sur les arrières de l’armée ennemie pour y accentuer le chaos. Puis il talonna sa monture et lança les Compagnons dans une nouvelle charge.

 

 

*****

 

La réserve d’Alexandre de Phères n’était pas aussi fraîche que les Macédoniens le pensaient. Leur chef les avait fatigués par plusieurs marches et contremarches avant de les engager, diminuant sensiblement leur impact sur la bataille. Pour ne rien arranger, alors que leurs camarades fuyaient autour d’eux, ils faisaient face à la phalange d’Aigéai et aux Hypaspistes, qui jouissaient d’un moral de vainqueur en dépit de leur grande fatigue. Sans oublier les Compagnons qui les flanquaient. Bientôt, les hoplites de Phères cédèrent du terrain.

 

Alors, le tyran Alexandre joua sa dernière carte : il tenta d’inverser le cours de la bataille en chargeant à la tête de ses cavaliers. Plutôt que d’aller affronter les Compagnons de Philippe, il tenta d’enfoncer un coin entre la phalange d’Aigéai et les Hypaspistes. Lorsque les hommes de Parménion intervinrent de leurs longues sarisses, il réalisa la futilité de sa tentative et se replia sur Pharsale.

 

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La dernière contre-attaque du tyran de Phères.

 

 

Son armée se désagrégea pour de bon. Les hoplites de la réserve s’enfuirent à leur tour. Toutefois, le sacrifice de l’arrière-garde – 2.000 hoplites et l’infanterie légère de Pharsale – permit à la majorité d’entre eux de s’échapper. Les Macédoniens n’en firent pas moins plusieurs centaines de prisonniers, notamment par les éclaireurs montés d’Antigène.

 

 

*****

 

Fou de joie, Philippe trottinait vers Krannon à la tête des Compagnons. Il venait de remporter une victoire décisive, digne des grands affrontements qui avaient jadis ébranlé le monde grec. Bien que dépassé en nombre, il avait vaincu le tyran de Phères !

 

Le roi remarqua à peine les blessés qui grouillaient par centaines dans la lumière du crépuscule, là où s’était tenue la phalange d’Éliméa. Des hommes couverts de plaies béantes où grouillait déjà la vermine, et qui criaient chacun dans son dialecte natal des mots inconnus, mais dont il n’était pas difficile de deviner le sens. Les soldats blessés appellent toujours leurs mères.

 

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"C'est à Krannon/Sur le plateau/Qu'on doit laisser not'peau/Car nous sommes tous condamnés/Nous sommes les sacrifiés" (chanson populaire de Phères).

 

 

*****

 

À quelques stades de ces horreurs, les restes de la phalange d’Éliméa se reposaient, assis là où ils s’étaient arrêtés. Certains affichaient des rictus hallucinés qui les faisaient ressembler à des fous, la plupart avaient le regard vide comme s’ils venaient de marcher cent lieues sans s’arrêter.

 

Attale laissa échapper un soupir de lassitude en regardant s’éloigner les 2.000 hoplites thessaliens de Tricca, arrivés sur le champ de bataille peu de temps auparavant. Ils n’avaient pas pris part au combat, et Philippe les avaient aussitôt envoyés avec le train de siège rejoindre les peltastes de Pella dans la direction de Larissa. Des messagers avaient aussi été envoyés à Olooson. Bientôt, 7.000 fantassins thessaliens et macédoniens assiègeraient la ville, restée pratiquement sans défenses.

 

C’est en chevauchant parmi les soldats d’Attale que Philippe réalisa l’ampleur de leur sacrifice. Ceux qui avaient été 3.000 le matin même n’étaient plus que 800 le soir venu. Alors que les moins fatigués d’entre eux prenaient appui sur leurs sarisses pour se lever et accueillir leur roi, Philippe s’efforça autant que possible de garder une contenance. Pour ne pas pleurer.

 

- Soldats macédoniens ! s’écria-t-il d’une voix éraillée à force d’avoir hurlé des ordres. Gens d’Éliméa ! Vous avez vaincu la plus puissante armée que le royaume ait affrontée !

 

Peu de cris de joie se firent entendre. Les gosiers étaient secs, et la victoire était une maigre consolation à ceux qui avaient perdu ce jour-là un ami, un fils ou un frère. Voire plusieurs.

 

- À compter de ce jour, poursuivit-il malgré tout, vous n’êtes plus des soldats ordinaires. À compter de ce jour, vous êtes mes Compagnons à pied !

 

Une faible clameur s’éleva du champ de bataille.

 

L’armée macédonienne laissa à Krannon, morts et blessés confondus, près de 4.000 hommes – pratiquement le tiers de son effectif.

 

« Compagnons à pied » (pezhetairoi en grec) allait devenir le nouveau vocable pour désigner les fantassins macédoniens – les pézétaires.

 

 

*****

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Philippe, archonte de la Ligue Thessalienne

 

 

Vaincu mais pas totalement défait, Alexandre de Phères laissa à Pharsale les restes de son armée et rentra dans sa capitale, où il s’efforça de réunir des renforts en vue d’une nouvelle campagne, une fois l’hiver passé.

 

L’armée macédonienne aussi était trop éprouvée pour continuer à se battre. Philippe la laissa se refaire une santé à Krannon, et rejoignit l’armée thessalienne assiégeant Larissa. Affaiblie, sans espoir de secours, et isolée au sein d’une population majoritairement hostile, la garnison du tyran de Phères ne résista pas longtemps.

 

Le roi de Macédoine laissa les Thessaliens libérer eux-mêmes leur capitale, laissant les Aleuades retrouver leur cité avant de répondre à leur invitation et d’y entrer. La puissante famille de Larissa savait pertinemment qu’un tel résultat n’aurait pas été possible sans la victoire des Macédoniens à Krannon. Philippe fut donc reçu avec les plus grands égards. Les Aleuades obtinrent sans difficulté de leurs compatriotes qu’ils le nommassent archonte – ou tagos – de la Ligue Thessalienne, un titre jusque-là usurpé par Alexandre de Phères.

 

De grandes festivités furent organisées pour lui rendre hommage. Philippe était le vainqueur de Bardyllis, un homme qui avait terrorisé le nord de la Grèce durant des décennies ; le conquérant de la Péonie ; le libérateur de la Thessalie. Il fut fêté comme tel. Loin de Pella, il prit pour maîtresse Philinna, une parente des Aleuades ayant dansé pour lui durant les fêtes données en son honneur. Philinna se révéla vite être une parfaite candidate pour un mariage diplomatique, propre à sceller l’alliance vitale entre la Macédoine et la Thessalie. Philippe l’épousa durant l’hiver. Elle lui donna un fils, Philippe Arrhidée.

 

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"Les princesses grecques, c'est un peu comme les pièces de Sophocle : quand on en a vu une, on les a toutes vues." (Eschyle)

 

Les Aleuades reconnaissants contribuèrent puissamment à l’armée qui devait mener la campagne à venir contre le tyran de Phères. En premier lieu, ils fournirent à Philippe une force de 2.000 hoplites ayant juré devant les dieux de se battre jusqu’à ce que le sanctuaire de Delphes ait été délivré de la présence phocidienne : la Brigade Amphictyonique. En tout, la contribution de Larissa à l’effort de guerre devrait s’élever à 6.000 fantassins. Cela portait à 20.000 hommes les effectifs totaux de l’armée thessalienne, ce qui ne serait pas de trop contre les Phocidiens et les gens de Phères.

 

Philippe, en revanche, ne montra aucune clémence envers les gens de Larissa qui s’étaient vendus comme mercenaires au service d’Alexandre de Phères, et les réduisit en esclavage. Il eut pour cela l’assentiment des Aleuades, que cette décision arrangeait bien puisqu’elle les débarrassait d’hommes qui étaient en majorité leurs opposants. Ajoutés aux prisonniers capturés en nombre conséquent à Krannon, les captifs prirent le chemin de la Macédoine.

 

Cet afflux d’esclaves accéléra les mutations que connaissait la société macédonienne depuis l’avènement de Philippe II. Enrichis par le butin, les Macédoniens purent disposer plus fréquemment d’esclaves pour travailler leurs terres ou garder leurs troupeaux à leur place, ce qui leur permit de se sédentariser plus facilement dans les villes fortifiées que Philippe avait favorisées. Cela leur permit également de consacrer la plus grande partie de leur temps à l’entraînement militaire et aux campagnes. Peu à peu, l’armée macédonienne se mua en une force d’élite quasiment professionnelle – un privilège dont les Spartiates, grâce à leurs hilotes, étaient jusque-là les seuls à bénéficier dans le monde grec.

 

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"Promotions exceptionnelles sur le marché aux esclaves de Pharcadon. Pour tous renseignements, contacter le marchand Balbuzardos."

 

 

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Affrontements en Thessaliotide

 

 

Il restait cependant deux bonnes lunes avant que l’hiver ne s’installe, et Philippe entendait bien en profiter pour mener encore quelques opérations limitées destinée à consolider son contrôle sur Larissa et sa région. Emmenant avec lui une partie de l’infanterie thessalienne et les Compagnons, le roi de Macédoine marcha sur Gryton. La citadelle qui s’y trouvait occupait un emplacement hautement stratégique. D’une part, elle contrôlait le débouché de la vallée de Tempé, qui reliait la Thessalie à la Macédoine méridionale ; et d’autre part, elle commandait l’étroite langue de terre qui s’étendait entre le lac Karla et le mont Ossa – et qui constituait de ce fait le seul point de passage entre le nord de la Magnésie et la Thessalie. Sur un plan plus large, Gryton fournissait un point d’appui de premier pour contrôler le nord de la Thessaliotide – la plaine fertile qui s’étendait entre Larissa et Phères.

 

La forteresse de Gryton en elle-même n’était pas très bien défendue. Philippe l’attaqua avec 10.000 hommes et s’en empara facilement, passant les jours suivants à étendre son contrôle alentours – notamment sur les mines qui se trouvaient sur les pentes du mont Ossa. Il n’avait cependant pas anticipé la vigoureuse réaction des Magnésiens.

 

Pour ces derniers, Gryton était une position vitale. Non seulement le fort était dangereusement proche de la ville de Magnésie proprement dite, mais il était aussi placé sur la seule route reliant leur territoire à Héraklion. Cette dernière, à ne pas confondre avec la grande ville crétoise du même nom, était une petite cité macédonienne de Piérie – autrement dit de Macédoine méridionale. Les Magnésiens avaient profité de l’occupation athénienne de la région pour s’en emparer, et la tenaient solidement depuis.

 

La perte de Gryton rendait Héraklion intenable, la ville ne pouvant être ravitaillée par la mer. Les Magnésiens lancèrent donc contre l’armée thessalienne tout ce qu’ils avaient, soit 9.000 hommes. Philippe, qui était en train d’écumer les champs de Thessaliotide, eut cependant le temps d’établir une position défensive solide, entre le lac Karla et le mont Ossa – ce dernier donnant son nom à la bataille qui allait être livrée.

 

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Un peu de géographie grecque avec Hegemony (NB : le lac Karla n'existe plus aujourd'hui. Il a bruni).

 

Les deux armées étaient pratiquement égales en force et en qualité : les Magnésiens avaient davantage d’hoplites (8.000 contre 6.000), mais ne disposaient pas de cavalerie. Philippe décida d’exploiter cet avantage en déployant son armée un peu en retrait de l’extrémité nord du lac, afin de laisser aux Compagnons la place de manœuvrer. Les cavaliers macédoniens se placèrent tout à droite du dispositif, à l’écart de la ligne principale. L’aile droite proprement dite était constituée par les Amphictyoniques, qui seraient aux premières loges. Ils bénéficiaient du soutien immédiat des hoplites de Tricca, au centre. Enfin, sur la gauche, les gens d’Olooson avaient surtout pour mission d’intervenir en cas d’attaque venue de Piérie, servant également de réserve le cas échéant.

 

L’affrontement débuta par un accrochage entre les peltastes de l’avant-garde ennemie et ceux de Thessalie, les seconds prenant rapidement l’avantage sur les premiers. Harcelé, le millier d’hoplites les accompagnant n’eut bientôt pas d’autre choix que de charger. Flanqué par les Compagnons, il fut facilement défait.

 

Le gros de l’armée ennemie – 7.000 hoplites – attaqua ensuite. Contraints par l’exiguïté du champ de bataille d’attaquer sur un front étroit en exposant leur flanc gauche aux charges des Compagnons, les Magnésiens furent dans un premier temps facilement tenus en échec. Les choses se compliquèrent lorsque les renforts adverses parvinrent à étendre leurs lignes vers la gauche, menaçant directement les Compagnons.

 

Les Amphictyoniques durent avancer pour les intercepter, obligeant du même coup les hoplites de Tricca à intervenir pour empêcher leur propre gauche d’être flanquée. Chargeant une nouvelle fois, les Compagnons se joignirent à eux, et la bataille d’Ossa dégénéra bientôt en une mêlée brutale livrée dans un espace restreint sur les rives du lac. Attaqués sur trois côtés, les Magnésiens finirent par céder, mais tous ne purent s’échapper : leurs vainqueurs firent plus de 2.000 prisonniers.

 

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Note technique : les Amphictyoniques et la brigades d'Ossa sont trop proches l'une de l'autre et se gênent, ce qui génère un malus. Il n'est toutefois pas très important, peut-être parce que l'IA n'en tient pas compte et fait se chevaucher trop souvent ses unités lors des attaques.

 

 

*****

 

Assuré d’une victoire importante – remportée, qui plus est, avec des pertes relativement légères – sur les alliés de Phères, Philippe ramena l’armée thessalienne à Larissa et rentra à Pella pour l’hiver. Il confia le commandement des Amphictyoniques, et par extension du contingent thessalien, à un officier macédonien originaire d’Éordéa, Peithon. L’armée macédonienne resta pour sa part campée autour de Krannon, cette fois sous le commandement explicite de Parménion.

 

Peu après le départ de Philippe, les Magnésiens restés cantonnés à Héraklion, n’ayant pu être secourus, évacuèrent la Piérie et marchèrent vers le sud à travers la vallée de Tempé. Leur commandant était un homme indubitablement audacieux. Plutôt que d’emprunter la route la plus directe vers Magnésie, qui l’aurait conduit à passer à proximité de Gryton et exposé à y être bloqué, il décida non seulement de passer au large, mais également d’attaquer l’armée thessalienne dans ses quartiers d’hiver afin de désorganiser au maximum ses éventuels poursuivants.

 

Ce plan était complètement fou, car il avait à peine plus de 2.000 hommes, dont une moitié de fantassins équipés à la mode d’Iphicrate (longues lances et armure allégée) et une autre moitié de peltastes, à opposer à 11.000 Thessaliens. Ces derniers avaient renvoyé chez eux les hoplites de Tricca, mais avaient été dans le même temps renforcés par des fantassins levés à Larissa et des cavaliers venus de Pharcadon.

 

Ils passèrent pourtant à deux doigts de se faire surprendre. Profitant de leur équipement plus léger pour marcher à vive allure, les fantassins magnésiens mystifièrent les sentinelles thessaliennes par d’habiles contremarches et obligèrent les cavaliers thessaliens à évacuer leur camp à toute vitesse et dans la confusion la plus totale. Seule l’intervention des Amphictyoniques, sortis au pas de course de Larissa, les empêcha de causer plus de dégâts.

 

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Note technique : dans le jeu, il n'y a pas d'unité représentant les "hoplites légers" d'Iphicrate. J'ai recours à cette astuce narrative pour masquer le fait que les factions IA qui contrôlent des cités macédoniennes peuvent recruter des phalangites mercenaires (ce qui est assez irréaliste en début de partie, où la phalange macédonienne vient tout juste d'être inventée par Philippe, et ne devrait donc pas être disponible en dehors du royaume de Macédoine).

 

Les Magnésiens vendirent chèrement leur peau, et les Amphictyoniques perdirent 500 des leurs avant de réussir les faire reculer. Leur route bloquée, les assaillants n’eurent d’autre choix que de rebrousser chemin et de passer par Gryton. Les Thessaliens avaient anticipé leur mouvement et les y interceptèrent. La plupart des Magnésiens furent tués ou capturés.

 

Ceux qui purent retourner à Héraklion subirent un sort guère plus enviable, car entretemps la cité s’étaient révoltée. Ayant éliminé rapidement ce qui restait de leurs oppresseurs, les Macédoniens de la ville proclamèrent leur allégeance à Philippe – allégeance encore essentiellement théorique, la ville demeurant isolée de la Macédoine par les Athéniens, et de la Thessalie par un fort magnésien à Philae, au débouché septentrional de la vallée de Tempé.

 

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Héraklion se révolte.

 

 

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Offensives illyriennes

 

 

À l’autre bout du royaume de Macédoine, l’automne ne fut pas de tout repos non plus. Ce fut d’abord une petite force de 2.000 hoplites et 2.000 peltastes dardaniens qui approcha de Palémon – probablement dans le but de brûler les récoltes et priver de ravitaillement la garnison et sa force de couverture. Antigone disposant de forces sensiblement équivalentes, il ne prit pas la peine d’avertir Cléitus le Noir.

 

De fait, le chef de la phalange d’Éordéa contint d’autant plus facilement cette première incursion qu’il venait d’être renforcé par 300 cavaliers de Pélagonia. Ceux-ci contribuèrent par leurs charges à mettre en déroute les peltastes illyriens, eux-mêmes engagés par leurs homologues macédoniens. Les hoplites dardaniens étaient privés de leurs soutiens avant même d’engager le combat, et leur défaite ne présenta aucune difficulté pour les hommes d’Antigone.

 

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"Même pas peur. Viendez les Illyriens !" (Antigone).

 

Moins d’une lune plus tard, les Illyriens étaient de retour. Antigone, qui avait cru que la relative faiblesse du raid précédent était le signe que les Dardaniens étaient à bout de souffle et cesseraient bientôt leurs incursions, fut d’autant plus surpris lorsqu’il découvrit qu’ils étaient beaucoup plus nombreux : plus de 7.000 hommes dont 6.000 hoplites. Cette fois, il appela Cléitus le Noir à la rescousse, mais celui-ci arriverait, en fait, après la bataille.

 

Mal remis de leur attaque précédente, les peltastes illyriens furent aisément dispersés lorsqu’ils engagèrent le combat. Toutefois, l’arrivée massive des hoplites ennemis fit craindre à Antigone d’être débordé. Il fit replier précipitamment ses soutiens derrière sa ligne principale. Miraculeusement, les Illyriens choisirent la force brute plutôt que la manœuvre : sans l’intelligence tactique d’un Bardyllis, ils s’en remettaient à leur avantage numérique en infanterie lourde – deux contre un – pour emporter la décision.

 

Les peltastes illyriens ayant été vaincus un peu plus tôt, plus personne n’était là pour empêcher les cavaliers macédoniens de manœuvrer pour harceler les arrières de l’assaillant. L’affrontement n’en fut pas moins sanglant – 1.500 soldats macédoniens furent tués ou blessés – et les Illyriens ne battirent en retraite qu’après une résistance prolongée. La présence des cavaliers macédoniens sur leurs arrières assura néanmoins la capture de la plupart des survivants. L’afflux d’esclaves qui en résulta fut tel qu’il permit aux autorités d’occupation de la Péonie de mettre en exploitation plusieurs filons miniers de la région de Stropsko.

 

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Afin de pousser plus fort, les hoplites illyriens ont amené leur double.

 

Arrivés trop tard pour se battre, les hommes de Cléitus le Noir n’avaient cependant pas fait le déplacement pour rien. Jugeant la phalange d’Éordéa trop affaiblie pour rester en premier échelon, Cléitus le Noir l’envoya se refaire une santé à Bylazora, lui-même restant à Palémon avec la phalange d’Édessa. Ses craintes quant à d’autres attaques s’avérèrent finalement illusoires. Les Illyriens revinrent bien durant l’été, mais la défaite de leur avant-garde de 1.500 fantassins légers persuada les 2.500 hoplites qui suivaient de faire demi-tour sans tarder.

 

Les Épirotes aussi continuèrent leurs raids de harcèlement contre la Haute-Macédoine. Les gens de Dodone semblaient vouloir frapper plus fort encore, avec des opérations impliquant jusqu’à 3.500 peltastes. Deux incursions eurent lieu cette année-là, pendant l’hiver et à la fin du printemps. Chacune causa des pertes importantes aux Macédoniens et à leurs alliés : la première aux cavaliers thessaliens, la seconde aux miliciens de Tymphaïa.

 

Excédé, Philippe donna l’ordre de mettre à mort ceux qui seraient capturés, mais cela ne parut pas diminuer le nombre des assaillants lors du raid suivant. En revanche, Antiochos, en charge des défenses de Haute-Macédoine, remarqua que les Épirotes transportaient des rations à peine adéquates. Malgré les pertes, les Macédoniens défendaient bien leur territoire, et le bilan des incursions épirotes était globalement négatif. Cette situation, manifestement, devait peser sur les ressources, notamment alimentaires, des gens de Dodone. Antiochos en eut bientôt la confirmation lorsqu’en représailles au raid printanier, les cavaliers thessaliens traversèrent le Pinde pour s’emparer sans difficulté d’un avant-poste que les Épirotes, jusque-là, avaient toujours défendu avec âpreté.

 

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La milice de Tymphaïa bat en retraite au centre, mais la cavalerie emporte la décision sur les ailes.

 

 

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Pour tous renseignements, contacter le marchand Balbuzardos."

 

ENCORE?! Décidément, j'ai un ancêtre associé à tous les plans foireux xD

 

Sinon, belle bataille bien gérée. J'ai une question: la pénalité de chevauchement d'unités, elle est vraiment si peu importante que ca? Moi ce que j'ai retenu, c'est que ça équivalait à faire combattre une seule unité (donc en gros malus de la moitié de la puissance), et qu'elle ne s'appliquait pas du tout à l'IA (du coup elle peut empiler ses hoplites cette sale petite teigne)...

 

Oh et puis petit moment de gloire personnelle: je viens de me foutre en l'air une campage contre les tyrans de Phère qui était pourtant bien partie... Comment? En faisant charger les catapultes -.- Je souhaitais vous partager ce moment de loose :)

Modifié par Balbuzard

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ENCORE?! Décidément, j'ai un ancêtre associé à tous les plans foireux xD

 

Sinon, belle bataille bien gérée. J'ai une question: la pénalité de chevauchement d'unités, elle est vraiment si peu importante que ca? Moi ce que j'ai retenu, c'est que ça équivalait à faire combattre une seule unité (donc en gros malus de la moitié de la puissance), et qu'elle ne s'appliquait pas du tout à l'IA (du coup elle peut empiler ses hoplites cette sale petite teigne)...

 

Oh et puis petit moment de gloire personnelle: je viens de me foutre en l'air une campage contre les tyrans de Phère qui était pourtant bien partie... Comment? En faisant charger les catapultes -.- Je souhaitais vous partager ce moment de loose :)

 

Bien gérée, c'est vite dit : j'ai géré comme j'ai pu et j'ai surtout eu de la chance que l'ennemi n'ait eu à Larissa que des mercenaires, dont le moral est plus bas et qui déroutent donc plus vite. Sans ça, la phalange d'Éliméa aurait sans doute dérouté et mon centre aurait été enfoncé.

 

J'écrivais ceci à propos de la pénalité d'empilement parce que je n'en ai jamais réellement souffert. Je n'ai pas remarqué une baisse sensible de l'efficacité de mes unités dans ces conditions. En revanche j'ignorais que l'IA n'était pas concernée... mais maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'on ne voit jamais l'icône correspondante au-dessus de ses unités. Le mythe d'Hegemony avec une IA efficace tout étant soumise aux mêmes règles que les joueurs s'effondre ! :(

 

Sinon... mais comment as-tu fait pour faire charger des catapultes ?! :D

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J'ai fait un petit discours tellement entraînant qu'ils se sont pris pour des panzers et qu'ils ont essayé de faire le plan schliessen pour prendre Pherae... sinon dans les faits, j'ai voulu les faire tirer sur des hoplites en retraites, tout en laissant la couverture de phalanges en place, le temps de gérer un gros raid illyrien dans la macédoine supérieure, je me suis rendu compte qu'elles s'étaient trop avancées, les hoplites contre-attaquaient au pas de course, et ils avaient assez  de peltastes pour en faire une phalange... plus de catapultes => plus de couverture à distance de mon unique phalange restante que j'ai avancé n'importe comment pour protéger les catapultes => désastre.

 

Tout ca parce que j'ai voulu gérer deux grosses batailles en même temps. Pfff. Du coup je me suis mis aux autres scénarios jusqu'à ce que je surmonte ma déception :P La guerre Ionienne est vraiment sympa, mais passé la première année, j'anticipe une nette augmentation de la difficulté: les navires athéniens sortent de leurs trous et ils sont beaucoup plus nombreux et rapides que moi. La guerre archidamienne, faut vraiment prendre dix minutes au départ pour faire le tour des cités et gérer la répartition des hoplites, des navires, repérer les chemins de raid etc...

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La deuxième campagne de Thessalie

 

 

Même si son armée n’avait pas été détruite à Krannon, Alexandre de Phères y avait subi un sérieux revers à son prestige et n’allait pas y survivre longtemps. Comme souvent, le tyran n’avait pas la subtilité de son oncle et prédécesseur, Jason de Phères, pour s’assurer de la stabilité de son pouvoir. Régnant sur sa cité et ses conquêtes avec une poigne de fer, Alexandre attisa les haines à son égard.

 

Ces dernières ne faisant que renforcer sa propre paranoïa, le tyran de Phères en était venu à ne dormir que dans une chambre spécialement conçue pour cet usage, située au sommet d’une échelle gardée par un chien féroce, et dans laquelle il ne se retirait qu’armé.

 

Ces précautions ne l’empêchèrent pas d’être la cible du mécontentement grandissant de ses opposants comme de ses alliés après la bataille de Krannon. À la tête de cette fronde se trouvait la famille de son épouse, Thébé. Pour des raisons restées troubles, oscillant entre le crime passionnel et l’assassinat politique, celle-ci finit par pousser ses frères à l’action. Désarmant Alexandre pendant son sommeil, elle fit monter ses trois frères à l’échelle après avoir éloigné le chien et déposé de la laine sur les barreaux de l’échelle pour en étouffer les craquements. Une fois percé de coups, le corps du tyran fut jeté par une fenêtre et paradé à travers les rues de Phères.

 

Malgré la mort d’Alexandre, la puissante cité thessalienne restait l’alliée des Phocidiens et n’était toujours pas vaincue. Les forces combinées de la Ligue Thessalienne et du royaume de Macédoine allaient devoir mener une nouvelle campagne pour la soumettre – une campagne que Philippe eut tout le temps de mûrir durant son séjour hivernal à Pella.

 

Parménion, qui le tenait régulièrement informé des développements militaires sur le terrain, avait pu obtenir des informations très détaillées sur l’armée qu’Alexandre de Phères avait laissée à Pharsale, où les espions thessaliens pouvaient se fondre aisément dans la masse. Elle comprenait environ 7.500 hoplites et 3.500 peltastes, soit 11.000 hommes en tout – une force à peu près comparable à l’armée macédonienne une fois celle-ci requinquée. Philippe craignait ce pendant qu’elle fût renforcée par des troupes rappelées de Phères ou de Phthiotide, voire par l’armée d’Onomarchos.

 

Le roi de Macédoine conçut donc un plan visant à isoler Pharsale pour l’empêcher de recevoir des renforts. Cette stratégie reposait sur la prise préalable de trois forts. Les deux premiers se trouvaient aux environs de Pharsale elle-même. La cité étant bordé au sud par une montagne empêchant un accès direct, ces forts – Peuma à l’est et Proerna à l’ouest – en contrôlaient les autres approches, ce qui permettrait de couper Pharsale du reste de la Thessalie.

 

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Le plan de Philippe pour bloquer Pharsale.

 

Cet encerclement ne serait toutefois pas complet sans la prise d’un troisième fort, à Boïbè. Proche de Phères, au sud-est de la Thessaliotide, son contrôle permettrait d’empêcher une armée de secours venue de Phères d’assaillir le dos des troupes assiégeant Pharsale. Philippe confia cette tâche importante à l’armée thessalienne de Peithon, lui-même se chargeant de la campagne principale autour de Pharsale.

 

Seule la moitié des forces de la Ligue Thessalienne était disponible pour cette opération. Les troupes de Métropolis demeuraient dans leur cité, d’où ils surveillaient les Acarnaniens. Les hoplites de Larissa devaient quant à eux rester en couverture face aux entreprises éventuelles des Magnésiens. Quant aux gens de Krannon, Philippe les gardait en réserve en cas de besoin.

 

 

*****

 

Les armées macédoniennes et thessaliennes quittèrent leurs bases respectives de Krannon et Larissa peu avant l’équinoxe de printemps. Les 10.000 Thessaliens de Peithon – brigades d’Olooson et de Tricca, plus les Amphictyoniques et les cavaliers de Pharcadon – arrivèrent en vue de Boïbé sans opposition et s’en emparèrent rapidement, Philippe ayant fait construire des catapultes aux Thessaliens.

 

Ce succès rapide poussa Philippe à lancer une partie de leurs forces sur un objectif secondaire d’un point de vue strictement militaire, mais important pour lui sur le plan politique. Il ordonna à Peithon d’envoyer la brigade de Tricca vers le nord avec le train de siège thessalien pour s’emparer du fort de Philae. Une fois ceci accompli, les Thessaliens restèrent camper dans les environs pour parer à toute entreprise éventuelle des Athéniens, tandis qu’une garnison macédonienne entrait triomphalement à Héraklion.

 

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Les Thessaliens ouvrent la route d'Héraklion.

 

Les choses se passèrent différemment devant Pharsale. Dès son arrivée à proximité de la ville, Philippe apprit que les gens de Phères l’avaient pris de vitesse, réussissant à envoyer 4.000 hoplites supplémentaires à Pharsale et portant l’effectif de leur armée à 15.000 hommes. Philippe réagit immédiatement en appelant les hoplites de Krannon, disposant lui-même de 16.000 soldats.

 

Lorsqu’il apparut que 2.500 hommes supplémentaires étaient en route de Phères vers Pharsale, le roi de Macédoine résolut de les intercepter afin de maintenir son léger avantage numérique. La phalange d’Aigéai s’en chargea sans problème. La victoire macédonienne fut complète lorsque les gens de Phères en pleine retraite furent interceptés fortuitement par les cavaliers de Pharcadon.

 

 

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Bataille de Boïbè

 

 

Après cette escarmouche, Philippe déplaça prudemment son armée pour ne pas déclencher prématurément un affrontement de grande envergure contre une armée sensiblement équivalente à la sienne, et prit d’assaut le fort de Peuma. Il fut très surpris de pouvoir y installer une garnison et d’importants stocks de vivres sans que l’armée ennemie n’entreprenne quoi que ce soit pour l’en empêcher.

 

Ses espions n’allaient pas tarder à lui révéler pourquoi : Pharsale manquait de vivres. À partir du moment où Parménion et ses hommes avaient repoussé les renforts venus de Phères, le principal axe de ravitaillement de la cité s’était vu coupé. La chute de Peuma et les incursions macédoniennes dans les champs alentours n’avaient fait qu’aggraver le problème. Très vite, la disette s’était installée, compromettant les opérations de l’armée de Phères. Qui plus est, la mort du tyran Alexandre l’avait laissée sans direction claire.

 

Ce fut la garnison de Phères elle-même – 3.000 hoplites et 1.500 peltastes – qui tenta quelque chose pour rouvrir la route du ravitaillement. Disposant encore de 7.000 soldats, Peithon était idéalement posté pour intervenir et ne s’en priva pas. Son infanterie tomba sur le flanc droit de la colonne ennemie, tandis que sa cavalerie dévala la passe qu’elle tentait d’emprunter.

 

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La bataille de Boïbé.

 

Le général macédonien faillit être dupé par une manœuvre qui l’incita à garder momentanément les Amphictyoniques en réserve, laissant les hoplites d’Olooson supporter seul tout le poids de l’armée ennemie. Toutefois, ce revers se mua en succès décisif lorsque Peithon reprit sa marche : les Amphictyoniques étaient désormais idéalement placés pour couper la retraite de l’ennemi.

 

Écrasés entre le marteau et l’enclume, les gens de Phères furent pratiquement tous tués ou capturés, Peithon ayant remporté ce succès décisif au prix de pertes minimes. La route de Phères était grande ouverte, la ville n’ayant plus guère que sa milice et ses murailles pour se défendre. Ces dernières, toutefois, étaient imposantes, et Peithon n’avait plus ses machines de siège avec lui. Estimant ne pas disposer des forces nécessaires à un siège, il resta prudemment sur la défensive.

 

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"It's a trap !" (Ackbaros, triérarque athénien)

 

La suite des événements lui donna bientôt raison : de Phthiotide et de Magnésie accoururent toutes les troupes disponibles. Les cavaliers de Pharcadon tentèrent bien de les intercepter, mais ils se trouvèrent rapidement dépassés en nombre et durent se replier jusqu’à Peuma pour ne pas être écrasés.

 

 

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Siège de Pharsale

 

 

La sécurité de ses arrières assurée par l’armée thessalienne, Philippe put poursuivre ses manœuvres autour de Pharsale sans être inquiété, s’emparant aisément de Proerna. Pharsale était désormais totalement isolée, le siège de la cité proprement dite pouvait commencer.

 

À l’intérieur de ses murs, la disette avait fait place à la famine. Les rapports des espions de Philippe, eux-mêmes bientôt affamés, lui décrivaient une situation critique pour la population civile, mais également pour l’armée ennemie. En quelques semaines, maladies et désertions avaient fait littéralement fondre les effectifs. Un nombre considérable d’hoplites avaient fui en se dispersant dans la montagne.

 

Lorsque les trois généraux de Phères – Hépicyde, Ménétios et Hicétas – se mirent enfin d’accord sur une stratégie, ils n’avaient plus guère que 5.000 hommes à leur disposition. La sortie qu’ils tentèrent pour perturber les travaux d’approche fut aisément repoussée. Désormais assuré de sa supériorité, Philippe envoya les hoplites de Krannon renforcer l’armée thessalienne, gardant les cavaliers de Pharcadon avec lui en contrepartie.

 

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L'étau se resserre autour de Pharsale affamée.

 

Ces troupes supplémentaires furent les bienvenues pour Peithon, qui avait tout juste 6.000 hommes à sa disposition jusque-là. Toutefois, les gens de Phères étaient trop obnubilés par la défense de leur propre capitale pour songer à aider Pharsale. Il y eut bien quelques escarmouches, mais aucune tentative sérieuse.

 

De moins en moins nombreux, les défenseurs de Pharsale tentèrent de se procurer les vivres dont ils manquaient cruellement auprès des Macédoniens eux-mêmes, par un coup de main contre leur train de ravitaillement. Lorsque celui-ci fut écrasé par les cavaliers macédoniens et thessaliens, la cité n’eut plus qu’à se rendre pour abréger les souffrances de ses habitants.

 

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Note technique : une unité non ravitaillée voit son moral baisser lentement. Si celui-ci descend à zéro, l'unité se débandera dès la première perte en cas de combat. Les soldats, par contre, ne meurent pas de faim ou ne désertent pas. Ce qui s'st passé dans ma partie est que l'IA a simplement dissout la plus grosse partie de son armée à Pharsale. Elle est programmée pour le faire en cas de pénurie de nourriture. Le résultat reste le même, et assez réaliste, car les fragiles économies agraires de la Grèce antique n'étaient pas capables de supporter le ravitaillement d'armées importantes sur une période prolongée.

 

Philippe fut moins magnanime avec Pharsale qu’avec les autres cités thessaliennes, et fit démanteler ses murs. Ceux-ci n’étaient, du reste, pas indispensable, puisque les forts de Peuma et Proerna la protégeaient de toute manière.

 

En vérité, le roi de Macédoine lui-même était tout étonné de son succès. En moins de trois lunes, il avait conquis une des principales cités de Thessalie, en avait mis une autre – Phères – aux abois, et avait anéanti une armée aussi puissante que la sienne presque sans la combattre. La manœuvre s’était avérée ici supérieure à la force brute, et Philippe n’allait pas manquer de retenir la leçon.

 

 

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Avoir des troupes ou des cités affamées chez l'adversaire est une véritable bénédiction, c'est une victoire déjà écrite: je me rappelle avoir retenu des hoplites spartiates (voui voui les gens qui ahouahoutent là) avec des peltastes qui jouaient à cache cache jusqu'à ce que nos lacédémoniens aient épuisés leurs réserves de vivres. En un javelot, j'ai pu vaincre et capturer 40 hoplites spartiates avec 10 peltastes... Miam

 

Sinon, pour la suite, tu vas réduire définitivement les tyrans de Phère?

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