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Eginhard 38

À la pointe des sAARisses, ou la gloire des AARgéades

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la conquête de la thessalie, quel pied ^^ des hoplites qui arrive de partout des contournements avec la cavalerie. le combat a bien durer 15-20m avant que je gagne le combat. De plus il a fallut que la faction au Sud de  Metropolis m'attaque avec 4 hoplites en même temps. Dommage que j'ai pas filmé ce combat épique

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Non non, je suis pas assez fou pour jouer en expert. Le mode facile est déjà bien embêtant (nan mais pourquoi les athéniens viennent débarquer en Illyrie ???).

 

Une fois, sur une autre partie, j'ai mis toute la vapeur vers l'Ouest, jusqu'à arriver en Adriatique. Il y a une cité là-bas, Epidamne, qui contient une quantité affolante de fermes (genre 8 pour une seule énorme cité). Une fois arrivé, je me suis dit que j'étais pépère dans ce Far West de Hegemony, que personne n'irait aussi loin pour m'embêter... et ben si! Une invasion athénienne navale (2 hoplites, 1 cava, 1 peltaste). Je n'avais qu'une seule unité de phalange à disposition... c'est que c'est sacrément résistant ces petites bêtes-là, j'ai perdu les 3/4 de mes hommes mais ils ont tenu!

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Bonjour

 

Je me demande comment vous faites pour tenir tout a la fois.Comme toi eghinard,je met des lanciers pour defendre les cites avec quelques phalanges en soutien mais le temps que les phalanges arrivent les pertes sont effroyables....et elles mettent un temps hallucinant a se reconstituer.Et personnellement entre le cycle des attaques et le temps de reconstitution je n'arrive pas a m'en sortir.

 

ps:je controle le debut de la Thessalie,la peonie en plus du territoires traditionel macedonien.

 

Pour finir utliser vous un train de ravitaillement avec les esclaves?comment ca marche?mes seules nourritures sont des troupeaux qui s'epuisent tres vite...

 

Je joue en normal sinon

 

pps:desole pour les fautes je suis sur un clavier espagnol

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pour les ravitaillements j'utilise juste des moutons, je me suis fais un petit stock et mon armée se déplace toujours avec trois troupeaux. Pour la Thessalie, il te faut un grosse et solide armée, car les diverses factions du coin sont assez puissante. Là j'ai conquis en partant d'Oloson et la cité au Nord de Trica, donc sur deux front pour diviser l'ennemie avec 2 cavaleries et 6 unités de phalanges/hoplites, toutefois, il me manque une ou deux unités d'archers peoniens pour harceler l'ennemis. L'avantage de la Thessalie, à leur capture, elles ne se révoltent pas donc pas besoin de lanciers.

 

En parallèle, j'ai mon armée d'Epire qui continue vers le sud

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Je me demande comment vous faites pour tenir tout a la fois.Comme toi eghinard,je met des lanciers pour defendre les cites avec quelques phalanges en soutien mais le temps que les phalanges arrivent les pertes sont effroyables....et elles mettent un temps hallucinant a se reconstituer.Et personnellement entre le cycle des attaques et le temps de reconstitution je n'arrive pas a m'en sortir.

 

J'engage rarement les lanciers au combat, sauf s'ils sont nombreux et bien soutenus. La cavalerie légère peut faire la différence contre un raid de peltastes, par exemple, grâce à ses bonus de charge et d'enveloppement, et elle ne coûte pas très cher en hommes. S'il y a des hoplites, ça ne sert à rien d'engager les lanciers, il vaut mieux rester dans la ville si elle est fortifiée et attendre l'arrivée des phalanges.

 

Je réitère mon conseil donné plus haut : recrutez vos garnisons et troupes de soutien dans les cités de population 5 ou moins et vos phalanges dans les autres. Autant que possible, ne recrutez pas plus de soldats dans une cité qu'elle ne peut fournir de conscrits, justement pour éviter un "goulot d'étranglement".

 

 

Pour finir utliser vous un train de ravitaillement avec les esclaves?comment ca marche?mes seules nourritures sont des troupeaux qui s'epuisent tres vite...

 

J'utilise rarement les esclaves car ils sont lents, vulnérables et doivent être gardés constamment pour ne pas se révolter. Mais ça m'arrive. Pour ça, il faut envoyer une unité d'esclaves dans une grosse cité bien pourvue en ravitaillement, la sélectionner quand elle est à l'intérieur, et cliquer sur le bouton "charger de la nourriture" dans le panneau de droite. Chaque clic remplit un quart de leur capacité de transport maximale. Quand ils sont chargés, il suffit de les faire sortir de la cité. En campagne, tes unités à proximité prélèveront automatiquement la nourriture à tes esclaves, exactement comme avec les troupeaux.

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D'ailleurs y'a une différence entre esclaves et ouvriers au niveau de la productivité (dans les mines par exemple ou pour les constructions) ? Les esclaves portent-ils + de nourriture (ils sont 40 au max, les ouvriers seulement 20).

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Je ne recrute jamais de travailleurs libres, je ne saurais te dire... Il me semble qu'ils se déplacent un peu plus vite. Le gros avantage est qu'on peut les laisser seuls dans un coin, ils ne se révolteront pas. En revanche, dans les mines ils ne sont pas plus productifs. Et ils coûtent de l'argent puisqu'ils faut payer leurs salaires... du coup, faire exploiter les mines par des esclaves s'avèrent plus rentable.

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oui c'est sur, mais parfois je fais des travailleurs quand je suis en pénuries d'esclaves, même si on gagne moins , on gagne et le temps qu'ils soient remplacé çà vaut le coup

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Je joue en expert et je tiens sans difficulté les frontières, par contre régulièrement je dois gérer 3-4 attaques simultanées dont une maritime... Les trois pointes perso je les prends et j'y poste mes galères. C'est pratique parce que les athéniens attaquent sur ces cités inutiles et les lanciers sont largement suffisant.

Les troupes de garnisons je les recrute dans la ville même, je poste une phalange et ses tireurs soutiens aux frontières et en général des stacks de cavalerie soit théssaliene soit péoniene.

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Et comment gardes tu les trois pointes de Chalcidice? Ce doit être une grosse débauche de routes logistiques, sans compter que quand tu les prends, les stocks sont pas au plus haut et qu'il faut probablement les ravitailler manuellement...

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Quatrième année de la cent-sixième Olympiade

 

 

Quelques jours après le Nouvel An, d’interminables colonnes de fantassins et de cavaliers macédoniens commencèrent à traverser l’Axios en plusieurs points. Bientôt, l’armée de Philippe se présenta en premier devant l’ennemi, à Borboros. Il s’y trouvait environ 6.000 soldats de la Ligue Chalcidique : 4.000 hoplites, dont la moitié équipés à la mode d’Iphicrate, 1.500 peltastes et 300 cavaliers. Philippe, qui avait à leur opposer un peu plus de 9.000 hommes, les déploya en ordre de bataille.

 

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L'armée de Philippe commence à franchir l'Axios.

 

 

*****

 

De son côté, Parménion rencontrait davantage d’opposition que prévu. Dès que sa petite armée avait franchi l’Axios, les Thraces avaient répliqué en envoyant des renforts depuis Sintike, au nord-est, vers Amphaxis. Les 3.000 fantassins légers thraces, en deux détachements très espacés, avaient été rapidement repérés par les éclaireurs montés, que Parménion avait lancés précisément dans cette direction pour couvrir sa gauche et ses arrières. Parménion n’avait qu’un peu plus de 8.000 hommes, et il ne souhaitait pas voir les quelques 4.500 défenseurs d’Amphaxis, dont 2.000 hoplites légers, être renforcés de la sorte.

 

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Les peltastes de Parménion engagent l'infanterie légère venue de Sintikè.

 

 

Il fut toutefois pris de court par les Thraces, qui parvinrent à forcer la passe d’Idoménée avant que les Macédoniens ne puissent la bloquer complètement, et au nez à la barbe de la garnison du fort qui la contrôlait. L’affaire coûta aux assaillants près du tiers de leurs effectifs, mais elle obligea Parménion à retarder sa marche sur Amphaxis, le temps pour lui de divertir ses 2.000 peltastes vers le nord afin d’assurer la sécurité de ses arrières. Ceux-ci n’eurent aucun mal à disperser le millier d’Odryses survivants, mais 1.500 autres approchaient déjà de la passe d’Idoménée et s’apprêtaient à la forcer de la même manière. Parménion ne prit pas le risque d’une irruption sur ses arrières, et prit la décision – ultérieurement controversée – de détacher la phalange d’Éordéa pour bloquer plus fermement la passe.

 

 

*****

 

Déployés devant Amphaxis, les 4.000 fantassins de la phalange d’Aigéai attendaient de leur chef l’ordre d’avancer pour la libérer. Face à eux, les Thraces se rangeaient en ordre de bataille en soulevant force poussière. Il était évident qu’ils cherchaient à se faire passer pour plus nombreux qu’ils n’étaient, mais Parménion n’était pas dupe. Le général macédonien se tourna vers Antigène, qui se tenait près de lui.

 

- Emmène tes éclaireurs montés vers la gauche. L’ennemi va probablement tenter d’y attaquer nos peltastes.

- Et la droite ?

- Elle est moins favorable à cause du terrain boisé, fit Parménion avec assurance en désignant du bras les bosquets de cyprès qui parsemaient le champ de bataille en direction de l’ouest. Tes cavaliers ne pourraient pas y manœuvrer, de toute manière.

 

Antigène acquiesça sobrement. Allant rejoindre son cheval, il cria un ordre à ses cavaliers qui se tenaient prêts, et partit avec eux dans la direction opposée.

 

 

*****

 

Tout se déroula comme Parménion l’avait anticipé. Les 2.000 hoplites légers marchèrent droit sur la phalange d’Aigéai, recevant au passage une volée de javelots sur leur gauche. Sur l’autre flanc, un détachement de peltastes les couvrit et, après un bref échange de projectiles, chargèrent leurs homologues macédoniens. C’était le mouvement qu’attendait Antigène. Ses éclaireurs montés s’abattirent sur le flanc droit ennemi, le dispersant rapidement.

 

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À ce stade, je trouve que les éclaireurs montés ont de la gueule. Faudra que je pense à écrire leur nom avec une majuscule, un jour.

 

 

Restaient toutefois les hoplites légers ennemis – des mercenaires recrutés en Chalcidique. Leurs longues lances intimidaient les chevaux des éclaireurs montés, les empêchant de charger efficacement leurs flancs ou leurs arrières. Parménion dut ordonner à ses pézétaires de pousser vigoureusement afin d’obliger l’ennemi à reculer, mais la progression macédonienne fut lente. Les hoplites légers gardèrent leur cohésion beaucoup plus longtemps qu’escompté, et Parménion se mordit les doigts de ne pas avoir gardé avec lui la phalange d’Éordéa, qui lui aurait permis d’obtenir plus rapidement un résultat décisif.

 

Ce n’est que lorsqu’ils furent repoussés jusqu’aux premières maisons d’Amphaxis que les mercenaires au service des Odryses perdirent pied. Se délestant de leurs armes et de leur armure, ils tentèrent de s’enfuir à travers les ruelles de la cité. Mal leur en prit : grisés par l’approche de leurs compatriotes victorieux, les Macédoniens d’Amphaxis aiguisaient déjà leurs lames. L’heure de la vengeance avait sonné, et chaque porche devint bientôt un coupe-gorge. Peu de fuyards échappèrent à ce piège mortel.

 

Les cris déchirants des mercenaires qu’on lynchait furent bientôt couverts par les acclamations d’une foule accueillant en libérateurs Parménion et ses soldats. Le général macédonien goûtait avec délice à ce triomphe. Sans hâte, il remonta la rue principale jusqu’à l’agora. Là, il proclama solennellement le rattachement d’Amphaxis à la Macédoine. Pour toujours.

 

Les vivats commençaient à peine à retomber qu’Antigène se fraya péniblement un chemin à travers la foule. Son visage affichait une expression fermée et indiscernable, au diapason de l’atmosphère à la fois empreinte de liesse et de carnage qui régnait sur la ville.

 

- Parménion ! Viens, il faut que tu voies ça.

 

Tiré de son rêve de gloire, le général macédonien suivit son subordonné sans mot dire. Amphaxis n’était pas très grande. Les deux hommes eurent tôt fait d’atteindre la lisière méridionale de la cité. À faible distance, un nuage de poussière était parfaitement visible. Les traits de Parménion se tendirent aussitôt.

 

- Des renforts chalcidiens ? interrogea-t-il.

- Non. Des Odryses. J’ai interrogé les habitants des faubourgs. Pendant qu’une moitié de la garnison se déployait au nord pour nous affronter, l’autre moitié s’éclipsait de ce côté-ci…

- Vers le sud ?

- Ils n’ont nulle part ailleurs où aller, fit remarquer Antigène.

 

Parménion réfléchit quelques instants, avant de se frapper dans les mains dans un geste de dépit.

 

- Ils nous ont bernés. Par Athéna, ils nous ont bernés ! À présent, ils marchent sur Borboros. Il faut absolument prévenir le roi avant qu’ils ne débouchent sur les arrières de son armée !

 

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Pendant que leurs potes se font tuer, 2.000 Odryses se font la malle vers le sud. Parménion : OWNED (mais à sa décharge, ils portaient des tenues camouflées avec plus de 2.000 ans d'avance, les fourbes).

 

 

*****

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Première bataille de Borboros

 

 

Philippe n’avait aucune raison de s’inquiéter alors que ses troupes se déployaient à faible distance de Borboros, petite bourgade portuaire au fond du golfe Thermaïque. Son réseau d’espions en Macédoine orientale avait pignon sur rue, et avait tôt fait de dissiper sa seule véritable crainte : la puissante armée chalcidienne n’avait pas encore achevé sa concentration, et il était peu probable qu’elle y parvienne avant l’hiver. Borboros n’était pas fortifiée, et ses défenseurs étaient moins de 6.000. Les Chalcidiens – 2.000 hoplites et 1.500 peltastes – avaient été renforcés à la hâte par 2.000 mercenaires iphicratiques et un petit détachement de cavalerie. L’ensemble constituait une force homogène, mais Philippe avait avec lui plus de 9.000 soldats, dont les Hypaspistes et les Compagnons.

 

Le roi de Macédoine opta pour un déploiement classique de son armée. Les Hypaspistes avaient le flanc droit solidement ancré sur la mer, fermant hermétiquement ce côté du champ de bataille. Cléitus le Noir avait positionné la phalange d’Édessa au centre. L’infanterie macédonienne, comme d’habitude, servirait d’enclume, tandis que tout à gauche, le roi et ses Compagnons flanqueraient le dispositif ennemi. La machine de guerre macédonienne était bien huilée.

 

Ce jour-là, toutefois, elle se grippa.

 

En l’absence des éclaireurs montés, affectés au corps de Parménion, l’armée macédonienne était sinon aveugle, du moins légèrement myope. Ce point n’inquiétait pas Philippe outre mesure : ses espions, bien implantés dans cette région peuplée de Macédoniens, remédieraient facilement à ce problème – du moins le pensait-il.

Il ordonna donc à son armée d’attaquer – lentement, pour préserver sa cohésion. Face à elle, l’ennemi semblait hésiter sur la conduite à tenir. Le déploiement sur un front étroit que tirailleurs et peltastes avaient observé juste avant semblait indiquer que les Chalcidiens envisageaient une action retardatrice de leurs troupes légères, pour permettre au reste de la garnison de s’échapper. Philippe l’ayant remarqué, il fit passer les Compagnons au trot afin de couper la retraite de l’ennemi.

 

Aussitôt après, les unités légères chalcidiennes, cavaliers en tête, se ruèrent sur les Hypaspistes avec une fureur inattendue. Gênés par le déploiement hermétique de leur infanterie lourde, les peltastes macédoniens ne purent se placer efficacement pour les contenir. Qu’importait : Antipater fit charger ses hommes, et la mêlée s’engagea.

 

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Le déploiement initial et l'action des troupes légères chalcidiennes.

 

 

Alors que Philippe dépassait lentement la phalange d’Édessa et laissait sur sa droite le fracas de l’affrontement tout juste déclenché, un nuage de poussière attira son attention, droit vers l’est. Sa prédiction était correcte : l’ennemi était manifestement en train de se retirer. Le roi jugea toutefois prudent d’envoyer quelques Compagnons au grand galop confirmer ce fait – plus par habitude militaire que par réelle inquiétude.

 

 

*****

 

- Vers l’ouest ? Ils viennent vers nous, tu en es sûr ?

- Aussi sûr que j’étais à tes côtés à la Grande Tour, roi !

 

Le vieux Compagnon – Philippe ne parvenait jamais à se souvenir de son nom – avait visiblement été piqué au vif par l’interrogation. Le souverain n’insista pas, mais la nouvelle n’était pas réjouissante. Au lieu d’évacuer Borboros, les Chalcidiens étaient en train de la renforcer avec au moins 2.000 hoplites. Que ce contingent de troupes fraîches y parvienne, et la supériorité numérique des Macédoniens serait pratiquement annulée.

 

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L'armée macédonienne manoeuvre pour intercepter les renforts ennemis, tandis qu'Antipater repousse les unités légères chalcidiennes.

 

 

Il fallait agir vite. Avec vivacité et concision, Philippe dicta ses ordres aux Compagnons qui l’entouraient. Cléitus le Noir devait rompre l’alignement et marcher droit à la rencontre des nouveaux arrivants, ses peltastes couvriraient sa droite. Les Compagnons devaient prendre le galop et flanquer les renforts ennemis. Antipater devait être prévenu qu’il allait devoir affronter seul le gros de l’armée l’ennemi.

 

 

*****

 

Le chef des Hypaspistes fut prévenu, mais il avait la situation bien en main. Ses hommes avaient dispersé sans trop de mal les cavaliers et peltastes adverses, même si leur ténacité l’avait surpris. Il chargea l’estafette, en retour, d’informer Philippe qu’il allait reprendre son avance sur la ville, et qu’il avait bon espoir d’y contenir l’ennemi jusqu’à ce que l’encerclement de la cité soit parachevé.

 

Quelques minutes plus tard, 4.000 fantassins lourds chalcidiens chargèrent ses Hypaspistes.

 

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L'infanterie lourde chalcidienne attaque les Hypaspistes pendant que Cléitus et Philippe prennent les renforts entre deux feux.

 

 

 

*****

 

La phalange d’Édessa avait rapidement engagé les hoplites ennemis arrivant en renfort. L’habile Cléitus le Noir n’avait eu aucun mal à exécuter la manœuvre prescrite par Philippe, ses hommes étaient parfaitement entraînés. Les Chalcidiens s’étaient déployés à la hâte pour leur faire face, ce qui laissa à Philippe tout le loisir d’aller placer les Compagnons dans leur dos. Repoussés puis pris en tenaille, bientôt acculés à la mer, ils furent massacrés. Les survivants, jetant leurs boucliers, demandèrent grâce.

 

 

*****

 

Les choses se mirent très vite à aller de travers pour Antipater. L’ennemi avait chargé en plein centre de sa ligne, utilisant une formation profonde qui poussait les rangs macédoniens avec une puissance très difficile à contrer.

 

Qui plus est, les Hypaspistes étaient confrontés à une difficulté inattendue. Ce qui faisait leur spécificité même par rapport au reste de l’armée macédonienne, leur lance de taille normale, leur permettait de manœuvrer beaucoup plus aisément que les pézétaires encombrés par leurs sarisses. Mais face aux lances rallongées des mercenaires ennemis, cette caractéristique était devenue un désavantage. Assez ironiquement, les Hypaspistes subissaient maintenant ce que l’armée macédonienne infligeait habituellement à ses ennemis. Confrontés aux fers chalcidiens alors qu’ils étaient encore trop loin pour frapper ceux qui les portaient, les fantassins d’élite macédoniens souffraient terriblement.

 

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Les hoplites des renforts se sont rendus, mais les Hypaspistes paraissent sur le point de s'effondrer...

 

 

Ils ne reculaient pas encore, mais encaissaient des pertes terribles. Morts et blessés s’amoncelaient, et les rangs s’éclaircissaient. Antipater commençait à sérieusement s’inquiéter. Dans la confusion de la mêlée, il héla l’un de ses hommes et lui ordonna de prendre son cheval pour réclamer de l’aide à Philippe. Puis il retourna au combat.

 

Un peu plus tard, une lance chalcidienne trouva l’ouverture sous son bouclier et perça sa cuisse gauche.

 

 

*****

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L’Hypaspiste parvint à trouver Philippe au moment où les survivants de la phalange de renforts chalcidienne étaient en train d’être désarmés et regroupés. Au large, sur le golfe Thermaïque, les nuages annonçaient une tempête.

 

- Cléitus ! Ramène immédiatement ta phalange en arrière. Il faut aller secourir Antipater au pas de course.

- Et les prisonniers ? répondit sobrement le général.

- Nous n’avons le temps ni de les capturer, ni de les tuer, fit le roi après avoir considéré quelques instants les vaincus.

- Si on les laisse partir, ils reprendront les armes contre nous.

- Dans ce cas, nous les battrons de nouveau, conclut Philippe avec aplomb. Et cette fois, nous leur trancherons la gorge !

 

 

*****

 

Le soleil était déjà sous l’horizon lorsque les premiers cavaliers parvinrent sous les murs de Pella. Les rues, habituellement presque vides à cette heure, ne tardèrent pas à bruisser de rumeurs, et celles-ci allèrent en s’amplifiant. Bientôt, les cris angoissants se répercutèrent jusqu’au palais de Philippe, et la reine Olympias se pencha au balcon pour les écouter.

 

« Nous sommes vaincus à Borboros ! Antipater a été tué ! Même les Hypaspistes sont en déroute ! Le roi s’est enfui vers le nord ! »

 

Olympias frissonna – et ce n’était pas parce que l’air automnal était frais. Elle se crispa quelques instants avant de réaliser qu’Alexandre et Cléopâtre, âgés de cinq et quatre ans, se tenaient derrière elle. Ses deux enfants ne disaient rien, mais leurs yeux exprimaient l’incompréhension et la peur. Elle les gronda sans méchanceté pour s’être exposés aussi imprudemment à la fraîcheur nocturne, avant de les raccompagner à l’intérieur.

 

 

*****

 

Alors que les fantassins d’Édessa allaient au plus court dans l’espoir de tomber sur les arrières chalcidiens avant que les Hypaspistes ne perdent pied, Philippe emmenait ses Compagnons plus à droite. Par ce mouvement, il comptait réaliser, au choix, une charge de flanc contre l’ennemi et lui porter un coup décisif, ou bien soutenir directement les Hypaspistes en difficulté.

 

Les cavaliers macédoniens n’avaient pas encore dépassé la phalange d’Édessa qu’une estafette – une de plus – vint à la rencontre de la colonne. Philippe avait déjà vu cet homme. C’était un des éclaireurs montés d’Antigène.

 

- Que fais-tu ici ? interrogea le roi. Parménion n’est-il pas censé être à Amphaxis ?

- Il s’y trouve, répondit le soldat. La ville est nôtre, la garnison odryse a été presque complètement détruite…

- Bien ! Tu féliciteras Parménion pour moi.

- Ce n’est pas tout… Une partie des défenseurs est parvenue à s’échapper.

- Voilà qui n’est pas bien grave, rétorqua Philippe avec un léger agacement. Qu’ils retournent en Thrace. J’ai encore une bataille à gagner !

- Ils ne sont pas retournés en Thrace. Ils font route vers le sud.

 

Philippe se tut quelques instants avant de réaliser la gravité potentielle de la situation.

 

- Où sont-ils ? reprit-il avec angoisse.

- Tout près. Leur arrivée est imminente.

- Peste ! cria le roi. Ils vont tomber sur nos arrières et piller notre camp ! Sont-ils nombreux ?

- Environ 2.000. Uniquement des troupes légères. Je les ai longuement observés lorsque je les ai dépassés.

 

Au loin, la poussière des nouveaux intrus commençait à se faire voir. Le roi de Macédoine n’avait plus le choix. Il fit dire à Cléitus le Noir et Antipater qu’ils allaient devoir se débrouiller seuls, avant d’emmener les Compagnons vers le nord.

 

 

*****

 

Pour les Hypaspistes, il était trop tard. Les soldats d’élite macédoniens se battirent jusqu’à la dernière extrémité, mais leuus pertes étaient trop grandes et leur ligne finit par s’effondrer. Jetant piteusement lances et boucliers, les fuyards s’étirèrent bientôt en une longue colonne sur la route de Pella. Certains ne s’arrêtèrent pas avant d’avoir trouvé refuge sous les murs de la capitale.

 

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Les Hypaspistes ont craqué, mais Cléitus le Noir assaille déjà les arrières chalcidiens tandis que Philippe part à la rencontre des Odryses.

 

 

La chance, toutefois, n’avait pas complètement abandonné les armes de la Macédoine. Tout d’abord, l’armée n’était guère éloignée de ses bases, et le train de ravitaillement n’avait pas encore franchi l’Axios en masse – une des leçons de la bataille de Pélion. Ensuite, les peltastes de Pella ne se laissèrent pas impressionner, et parvinrent à ralentir efficacement la percée ennemie, d’autant plus facilement que les combats avaient laissés les Chalcidiens très désorganisés.

Enfin, et surtout, les soldats de Cléitus le Noir ne tardèrent pas à prendre à partie les arrières adverses. Face à cette menace, les Chalcidiens ne poussèrent pas plus avant la poursuite des Hypaspistes en déroute.

 

Pour eux, le dernier acte se joua au crépuscule. Réorganisant leurs rangs, ils opposèrent à la phalange d’Édessa une résistance farouche. Harcelés dans leur dos par les peltastes de Pella, accablés de projectiles, ils finirent par se disperser – non sans avoir, de nouveau, causé des pertes sensibles à leurs ennemis. L’obscurité empêcha les Macédoniens de se livrer à une poursuite efficace, et il y eut peu de prisonniers.

 

Philippe eut davantage de réussite dans ce domaine. Sa charge surprit la colonne odryse avant qu’elle ait eu le temps de se ranger en ordre de bataille. La victoire des Compagnons fut rapide, nette et sans bavure. Les Thraces furent poursuivis sur plusieurs lieues et presque tous capturés. Les chevaux macédoniens étaient fourbus par cette journée de charges, de galops et de contremarches. Les Compagnons établirent leur camp sur place, assez loin au nord de Borboros.

 

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Y a pas à dire, une charge des Compagnons, ça pète sa mère.

 

 

 

*****

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Seconde bataille de Borboros

 

 

Le lendemain, les soldats d’Édessa libérèrent la ville pour de bon. Laissant ses Compagnons se reposer, Philippe vint inspecter le reste de son armée – et prendre la pleine mesure du coût de son amère victoire. Les Hypaspistes ne constituaient plus une force militaire digne de ce nom, les rescapés, dont beaucoup étaient blessés, étant éparpillés tout le long du chemin jusqu’à Pella. Le roi donna des ordres pour qu’ils soient regroupés et ramenés jusqu’à la capitale, où l’arrivée des premières dépêches officielles peinaient encore à faire taire les bruits de défaite qui circulaient depuis la veille.

 

Les rumeurs n’avaient pas été complètement dénuées de fondement. Les Hypaspistes avaient bien été enfoncés, et le roi était parti vers le nord – pas pour s’enfuir, en revanche. Par contre, la bataille avait été remportée, fût-ce difficilement. Enfin, contrairement à ce qui avait été dit, Antipater n’avait pas été tué. Laissé pour mort lorsque ses hommes avaient perdu pied, il avait été retrouvé par quelques peltastes au milieu des cadavres. Il avait perdu beaucoup de sang par sa jambe blessée, mais il était vivant.

 

Le soir venu, Philippe reprit le chemin du nord, prévoyant de ramener les Compagnons à Borboros pour rassembler les restes de son armée. Les rapports étaient pessimistes : en tout, il ne pourrait sans doute pas compter sur plus de 6.000 hommes, dans le meilleur des cas.

 

 

*****

 

Cléitus le Noir, invité à venir s’installer dans sa demeure par un riche marchand macédonien de Borboros, se retrouvait en charge des défenses de la cité en attendant le retour de Philippe. Son hôte n’avait pas eu de scrupules à glisser sa fille dans le lit du libérateur de la ville – à moins qu’elle ne fût simplement de nature peu farouche. Quoi qu’il en fût, le repos du guerrier avait été mérité et apprécié, après de trop long mois passés en garnison dans le Nord. Les prostituées péoniennes des bordels de Bylazora ne l’inspiraient guère, même si elles étaient toujours préférables aux catins vérolées et faméliques qui vivotaient aux abords du fort de Palémon.

 

Le général macédonien n’eut toutefois pas le loisir de prolonger sa nuit par un réveil voluptueux. L’aube avait à peine commencé à poindre qu’un soldat était venu l’éveiller sans cérémonial, effrayant au passage la jeune femme qui dormait encore à ses côtés.

 

Les piquets avancés de l’armée macédonienne venaient de repérer une importante force chalcidienne en train de converger sur Borboros de deux directions différentes. Au moins 3.000 peltastes se disposaient apparemment à reprendre la ville avant que les Macédoniens n’aient pu la fortifier.

 

http://www.heberger-image.fr'>14512_borboros21.jpg

Celle-là, je l'ai pas vue venir...

 

 

La phalange d’Édessa n’était absolument pas prête à faire face à cette contre-offensive inattendue. Encore une fois, l’armée macédonienne était prise au dépourvu. Cléitus le Noir fit sonner l’alarme, mais il faudrait du temps pour que ses troupes, éparpillées entre la ville et la campagne avoisinante, soit position. Leur chef n’avait pas été le seul à « célébrer » la libération de Borboros, et il craignait que ses hommes ne soient guère en état de se battre.

 

Cléitus disposait toutefois de 2.000 peltastes, que les combats de l’avant-veille n’avaient guère érodés. Il put ainsi les déployer plus rapidement et former une première ligne de résistance, ceux de Pella à droite, et ceux d’Édessa à gauche. Bien que dépassés en nombre, ils furent bientôt prêts à livrer un genre d’affrontement encore inédit pour l’armée de Philippe II : une bataille d’envergure entre deux armées constituées exclusivement d’infanterie légère.

 

 

*****

 

Cléitus le Noir n’avait eu ni le temps, ni les moyens d’empêcher les deux colonnes ennemies de faire leur jonction. Les combats ne tardèrent pas à s’engager tout le long de la ligne, les belligérants échangeant javelots, flèches et billes de fronde avec vigueur. Toutefois, le point focal du champ de bataille s’avéra vite être l’extrémité droite du dispositif macédonien.

 

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Pendant que les Chalcidiens attaquent l'aile droite macédonienne, Philippe ramène les Compagnons à toute vitesse.

 

 

Un bataillon chalcidien bien soutenu y chargea les peltastes de Pella. L’affrontement demeura longtemps indécis, les Macédoniens résistant vaillamment. Les assaillants, toutefois, avaient massé leurs réserves à cet endroit. Elles étaient prêtes à prendre le relais. Les Macédoniens, eux, n’avaient pas cette profondeur stratégique.

 

Au grand soulagement de Cléitus le Noir, Philippe ne tarda pas à ramener les Compagnons à l’autre bout du champ de bataille. Le roi s’était d’autant plus hâté qu’il avait été prévenu à la première heure. Enfonçant sans peine l’aile droite chalcidienne, les cavaliers macédoniens passèrent dans le dos du centre ennemi pour aller s’en prendre directement aux réserves massées sur sa gauche.

 

La manœuvre n’empêcha pas un des bataillons de Pella de céder sous la pression ennemie, mais avec leurs réserves désormais prises à partie par les Compagnons, les Chalcidiens ne pouvaient plus exploiter leur percée. Leur centre s’effondra bientôt face à la pression renouvelée des peltastes d’Édessa, que Cléitus avait lancés en avant. Enfin, la gauche chalcidienne fut écrasée lorsque Philippe parvint à la couper complètement de ses arrières. Borboros allait rester macédonienne.

 

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Une partie des peltastes de Pella craque sous la pression et se replie, mais le large flanquement opéré par Philippe ne laisse aucune chance aux Chalcidiens.

 

 

 

*****

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Sur le principe, je ne charge que de l'infanterie légère avec les compagnons, pour les hoplites, j'aime leur opposer juste une phalange pour les fixer et les compagnons pour les envelopper et faire de vrais dégâts (du reste c'est je crois à ca que servait réellement les phalanges historiquement).

 

Par contre j'ai jamais osé faire tenir le terrain par des peltastes. Au mieux, quand je n'avais que ca sous la main (ca m'est arrivé plusieurs fois) je faisais du hit and run, mais tenir le terrain... je sais qu'ils peuvent se battre au corps à corps, mais quelles sont leurs limites? Elles sont basses non?

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En l'absence d'étriers, la cavalerie n'avait pas la puissance de choc nécessaire pour enfoncer seule une formation d'infanterie lourde. Philippe l'utilisait pour flanquer, avec beaucoup d'efficacité, et cet aspect est bien rendu dans le jeu.

 

Tenir le terrain avec des peltastes peut se faire, mais seulement contre d'autres peltastes. Contre des hoplites ils ne tiennent pas longtemps. Dans ce cas précis (pour la première bataille de Borboros), j'ai eu la chance de faire tomber très rapidement la phalange d'Édessa sur le dos de l'ennemi, donc mes peltastes n'ont pas eu trop de soucis à se faire. Dans le feu de l'action, de toute manière, protéger un ou deux bataillons de peltastes n'est pas ma priorité. Les peltastes de base déroutent après trois pertes, normalement. Une fois montés d'un niveau ou deux, ils peuvent en encaisser un peu plus. Avec une particularité : contre les phalangites mercenaires recrutés par les Chalcidiens ou les Odryses dans les cités macédoniennes qu'ils occupent, les peltastes sont très efficaces s'ils sont assez nombreux. Le fait de causer des pertes fait monter le moral des peltastes, ce qui leur permet de tenir plus longtemps.

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perso, très vite je remplace les peltastes par des archers tribaux, que je trouve meilleur comme unité de soutien pour le combat, problème un moral plus faible que les peltastes

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Automne morose

 

 

Philippe venait de remporter une nouvelle victoire, mais les batailles autour de Borboros avaient infligé de telles pertes à son armée qu’elle se trouvait dans l’incapacité de poursuivre, dans l’immédiat, sa campagne automnale. Celle de Parménion n’était guère mieux lotie, la nécessité de garder la passe d’Iduménée contre les incursions thraces la privant d’une bonne partie de ses forces. Tant qu’Amphaxis et Borboros n’étaient pas fortifiées, elles demeuraient vulnérables. Philippe fit traverser l’Axios à des milliers d’esclaves pour y remédier au plus vite, pendant que ses troupes pansaient leurs blessures et consolidaient leur tête de pont sur la rive orientale du fleuve.

 

Les reconnaissances effectuées durant les semaines qui suivirent apportèrent des résultats mitigés. Si Crestonia était peu défendue avec moins de 2.000 mercenaires dans ses murs, en revanche, Therma fut très vite renforcée par de nouvelles troupes chalcidiennes : 6.000 hoplites, solidement épaulés par 2.000 peltastes. Seule bonne nouvelle dans cette ambiance morose : Parménion avait emmené ses 4.500 hommes restant vers l’est, obtenant sans difficulté la soumission de Parorbélia. La cité rebelle, pratiquement sans défenses, rentrait ainsi dans le giron de la Macédoine après un simulacre de siège.

 

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Macédoniens et Chalcidiens renforcent leurs armées respectives à Borboros et Therma, tandis que Parménion s'empare de Parorbélia.

 

 

La situation précaire de son armée conduisit Philippe à repenser le déploiement de ses forces. Il fit rappeler de Bylazora la phalange de Pydna pour qu’elle relève celle d’Éordéa devant la passe d’Iduménée. Ce mouvement était de nature à affaibli la défense des frontières septentrionales du royaume, mais le roi en avait reçu des nouvelles rassurantes : Antiochos venait de repousser sans difficulté un raid dardanien, et celui-ci avait été d’envergure tout à fait mineure – quelques centaines de peltastes seulement. En retour, les hommes d’Antigone vinrent rejoindre l’armée du roi à Borboros.

 

De leur côté, les Hypaspistes furent reconstitués, leurs rangs éclaircis étant complétés – mesure inhabituelle pour cette unité d’élite – par des éphèbes de Pella. Antipater mit presque deux lunes pour se remettre de sa grave blessure, mais à l’approche du solstice d’hiver, il était de retour à la tête des Hypaspistes. À la demande de Philippe, il emmena aussitôt son unité fraîchement remise sur le pied de guerre jusqu’à Borboros.

 

 

*****

 

Le roi tenait en effet à engager une dernière opération avant que l’hiver ne s’installe : prendre Crestonia d’assaut. La cité était manifestement trop excentrée pour les Chalcidiens, qui n’en avaient pas renforcé la petite garnison. Elle demeurait donc une cible facile.

 

Les Macédoniens frappèrent au moment du solstice, une date qui prit les Chalcidiens complètement de court. Philippe frappa fort : il ne voulait prendre aucun risque, l’affaire de Borboros ne devait pas se reproduire. Parménion vint le rejoindre sous les murs de Crestonia, portant l’effectif macédonien à 13.500 soldats. Réalisant trop tard qu’elle allait être prise au piège et écrasée, la garnison de la cité tenta de rejoindre Therma. Elle fut interceptée, facilement défaite, et presque intégralement capturée.

 

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"Si avec ça on leur met pas une branlée, je m'en mords une et je me mets l'autre sur l'oreille." (Philippe II, avant l'attaque de Crestonia)

 

 

L’armée macédonienne hiverna entre Crestonia et Borboros. Les opérations en Macédoine orientale cessèrent presque totalement. Cependant, Philippe emmena brièvement Compagnons et éclaireurs montés dans un raid aux frontières de la province revendiquée. L’entreprise, qui visait à occuper quelques avant-postes frontaliers, avait une portée essentiellement symbolique. Elle ne donna lieu à aucun affrontement significatif.

 

 

*****

Modifié par Eginhard 38

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Nouvelle offensive illyrienne

 

 

La surprise, c’était aussi ce que recherchait Pleuratos, le roi des Taulantins et principal souverain illyrien depuis la mort de Bardyllis. Deux ans plus tôt, il avait lancé sa première tentative pour reprendre la Pénestide très tôt. Cette fois-là, il décida de prendre Philippe au dépourvu en déclenchant une campagne hivernale. Persuadé que sa stratégie était foncièrement bonne, il n’y changea rien ou presque. Tandis que les Dardaniens mèneraient une attaque de diversion contre Palémon avec 7.000 hommes, drainant vers eux les réserves macédoniennes, les Scirtariens marcheraient sur Péneste avec 6.500 combattants.

 

Tant Oreste qu’Antiochos furent prévenus très tôt de l’offensive illyrienne. Le premier, mieux préparé depuis la précédente incursion scirtarienne, se porta vers Bryga avec la phalange de Lychnide, tandis que la cavalerie légère d’Héraclée Lyncestis lançait des actions de harcèlement sur les flancs de la colonne ennemie. Cette fois-ci, l’affaire tourna mal pour les soldats montés macédoniens, qui furent repoussés sans ménagement sans gêner outre mesure les Scirtariens.

 

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Surgissant du brouillard (de guerre), les cavaliers légers en déroute se font la malle.

 

 

L’action des Dardaniens fut beaucoup mieux coordonnée qu’elle ne l’avait été deux ans auparavant. C’était un authentique exploit si l’on considérait la pression qu’exerçaient sur les tribus dardaniennes les années d’affrontements incessants avec la Macédoine, et il leur fallut effectivement fournir un effort considérable pour arriver à temps à Palémon. Cette hâte, toutefois, eut un prix.

 

Guidée par un bataillon de peltastes, l’armée dardanienne était à présent très étirée – trop pour que ses différentes composantes puissent se soutenir efficacement les unes les autres. Isolée, son avant-garde tomba dans une embuscade tendue par le détachement de cavalerie légère de Pélagonie et fut anéantie. Devenues « aveugles », les brigades dardaniennes lancèrent contre les Macédoniens une succession d’attaques frontales décousues. Malgré son inexpérience, la phalange d’Almopia put les repousser aisément, la cavalerie légère étant libre de charger le flanc droit des assaillants à chaque nouvel engagement. Seul le sacrifice de l’arrière-garde illyrienne – 700 hoplites triés sur le volet – empêcha les Macédoniens de cueillir la plus grande partie des fuyards.

 

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THIS IS DARDANIA !

 

 

*****

 

Lorsque l’armée scirtarienne déboucha sur la petite vallée de Bryga, elle était certes moins étirée que celle des Dardaniens, mais Oreste avait eu tout le temps de positionner la phalange de Lychnide de manière à lui barrer la route. Les Scirtariens avaient trop peu de peltastes pour espérer soutenir efficacement l’attaque de leurs hoplites, qui buta sur les fantassins macédoniens. De lourdes pertes furent consenties, mais n’aboutirent à rien.

 

Le moral de l’armée illyrienne commençait à être sérieusement affecté lorsque survinrent des nouvelles alarmantes pour les assaillants : des cavaliers macédoniens s’étaient infiltrés sur leurs arrières, massacrant les traînards par centaines et menaçant de prendre au piège le reste des troupes scirtariennes. Le détachement d’Héraclée Lyncestis s’était reformé aussi vite qu’il avait été dispersé avant de revenir à la charge. Préférant ne pas risquer la destruction complète de leurs forces, les chefs illyriens interrompirent leurs assauts contre Bryga pour garder une réserve à même de percer vers l’arrière.

 

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Revenir sournoisement dans le dos de l'ennemi, massacrer des fuyards, se carapater vite fait bien fait : les joies simples de la vie d'un cavalier macédonien.

 

 

Les survivants furent continuellement harcelés presque jusque sous les murs de leur cité, mais parvinrent à y retourner sans perdre trop de monde. De menus engagements d’avant-postes eurent encore lieu, mais en substance, la deuxième offensive coordonnée des Illyriens pour reprendre le contrôle de la Pénestide avait échoué.

 

 

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