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Vivelempereur

(Uchronie) La retraite de Sedan

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Premier chapitre: http://forum.reseau-js.com/topic/93303-uchronie-la-retraite-de-sedan/#comment-1052808700

 

 

Bonjour à tous,

 

Je me permets de vous présenter mon Uchronie, qui traînait sur mon ordi depuis 2014 :P et que j'ai commencé à retravaillé il y a une semaine.

 

Je m'excuse d'avance pour les fautes.

 

Je vous souhaite une bonne lecture !

 

Après avoir erré pendant des jours suite aux ordres et aux contre-ordres venues de Paris et de son Commandant, le Maréchal Mac-Mahon, l’armée de Chalons se retrouve acculée autour de Sedan, près de la frontière belge. Déjà, les mauvaises nouvelles commençaient à s’accumuler pour les Français qui avaient vus un de leur corps d’armée, le 5ème, se faire écraser à Beaumont le 30 Août par une force ennemie nettement supérieure en nombre. Le 1er Septembre, Mac-Mahon, sous-estimant les forces ennemies, décide d’accepter le combat qui lui est imposée mais il est blessé dès le début de l’engagement. Il est remplacé par Ducrot qui ordonne immédiatement une retraite par échelon en direction du plateau d’Illy au nord de Sedan, dans l’espoir de pouvoir faire replier l’armée impériale sur Mézières, à l’ouest. De nos jours, les historiens considèrent que la blessure de Mac-Mahon fut une chance inespérée pour les Français, car elle leur permit d’échapper, au prix du sacrifice d’une partie de l’arrière-garde, au piège que voulaient leur tendre ceux que l’on peut désormais appeler les Allemands, la Prusse ayant rallié à elle tous les États germaniques. L’événement dont ils ne peuvent deviner la portée par contre, c’est la mort du Général de Wimpffen, tué par un obus allemand alors qu’il s’apprêtait à faire valoir une lettre du chef du gouvernement français, Charles Cousin-Montauban, Comte de Palikao, lui conférant le commandement de l’Armée de Chalons en cas d’indisponibilité de Mac-Mahon. En effet, s’il avait vécu, celui-ci aurait annulé l’ordre de retraite salvateur et aurait, au contraire, lancé les troupes françaises dans une offensive suicidaire.

Nonobstant, au soir du 1er Septembre, quoi que désordonné, la retraite sur Mézières à commencer. Molkte est furieux de voir ainsi s’échapper sa proie et ordonne une poursuite qui ne peut commencer immédiatement, du fait de la résistance des arrière-gardes françaises, qu’il finit par écraser grâce à l’aide de son artillerie.

Le lendemain à Paris, après avoir un temps cru à une grande victoire de Mac-Mahon suite à la transmission d’une fausse rumeur, Paris apprend du soir la triste réalité. L’armée française est en retraite mais, comme l’explique les placards affichés partout dans la capitale, celle-ci « est parvenue à échapper à l’étau qui la menaçait et se replie en bon ordre vers la capitale. ».

Le Corps législatif, lui, avait appris la nouvelle par la voix de Palikao depuis plusieurs heures déjà et ne cesse de délibérer depuis. Palikao sait son gouvernement en danger car 2 oppositions lui font face. Celle des Républicains, dont l’un des députés, Jules Favre, a proposé la déchéance de la dynastie Bonaparte, motion qui n’a néanmoins même pas été étudiée par les députés qui préfèrent, du moins en ce qui concerne les députés du centre, se ranger derrière l’autre meneur de l’opposition, Adolphe Thiers. Celui-ci n’évoque pas un changement de Régime mais réclame la formation d’un nouveau gouvernement, composé de toutes les couleurs politiques composant le Corps législatif. Il se doute bien que les Républicains refuseront de participer à un gouvernement impérial tandis que la droite refusera elle aussi certainement d’intégrer ce nouveau gouvernement.

Palikao, sentant la situation lui échapper, fait ajourner la séance au lendemain, 3 Septembre. Pendant ce temps, la majorité de l’armée de Chalons, ainsi que l’Empereur, ont atteint Mézières, talonnés par les forces allemandes.

Thiers a travaillé toute la nuit avec ses principaux lieutenants mais le lendemain, il peut se présenter à l’impératrice-régente avec la liste du gouvernement, qui respecte à la lettre la Constitution approuvée par plébiscite en Mai. Eugénie, vu la situation, sait qu’elle ne peut faire face à une fronde parlementaire en des heures aussi tragiques et accepte de nommer Thiers à la tête d’un gouvernement d’union des centres. Néanmoins, elle télégraphie la nouvelle à son mari.

Chef du gouvernement, Thiers s’était adjuvé le portefeuille de l’intérieur car il était désireux de faire régner directement l’ordre dans le pays. Il décida aussi de rappeler au gouvernement Buffet et Daru qui s’étaient opposés au plébiscite du 8 Mai afin de montrer à l’Empereur qu’il doit désormais faire face à un gouvernement constitutionnel issu des rangs du Corps législatif. Il s’entoure aussi de personnalités ayant signés l’interpellation des 116, pour un Empire libéral. En parallèle, il décide de nommer un Ministre des affaires étrangères, Henri Quesné, qui n’avait pas voté la guerre contre la Prusse, dans l’espoir que cela infléchira les Allemands vers une paix de compromis sans annexion. En revanche, il ne rappela pas Emile Ollivier, l’ancien chef du gouvernement, craignant que celui-ci ne lui fasse de l’ombre.

Pendant ce temps, une foule importante défile dans les rues de Paris pour réclamer la République et en chantant la Marseillaise mais les forces de Police parviennent à la disperser et à empêcher un assaut sur le Palais Bourbon où le Corps législatif peut donc continuer ses travaux.

Toujours talonné par les Allemands, l’armée de Chalons qui a fait sa jonction avec le Corps de Vinoy à Mézières entame sa marche sur Laon mais l’objectif final est bel et bien Paris. Au cœur de la troupe se trouve l’Empereur des Français, Napoléon III, escorté par ses Cent-Gardes et qui n'a plus la force physique (du fait de sa maladie) ni morale (il est terriblement ébranlé par la succession de défaites que connaît la France depuis Août) de prendre la moindre décision...

Modifié par Loup

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Un mod HoI4? :P

 

Sympa comme uchronie! Il va y avoir une continuation?

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Un mod ? Mais ça serait carrément un rêve qui se réalise ;)

 

Oui, il y a des suites, et même beaucoup :)

 

Cependant, cette uchronie n'est pas le royaume de mes rêves, j'aurai préféré écrire la prise de Berlin par les Austro-français :P Certes, j'admire l'Empire libéral et l'Empereur mais cela reste un exercice dans lequel tous les évènements ne seront pas forcément plus roses que dans la réalité. Mais je me suis toujours demandé ce qui se serait passé si l'Armée impériale française n'était pas resté dans cette maudite cuvette. J'essaie ici de trouver une réponse.

 

"Thiers, désormais chef du gouvernement, travaille depuis plusieurs jours, avec l’aide de l’impératrice-régente, à trouver un moyen d’arrêter ce qu’il considère comme une « folie militaire ». Thiers est parvenu à convaincre Eugénie d’accepter l’unité allemande, qui est déjà un fait accompli car le Royaume de Bavière, du Wurtemberg et le Grand-Duché de Bade sont alliés à la Prusse dans cette guerre. Mais la nomination de Quesné et la reconnaissance par la France de l’unité de l’Allemagne, sous n’importe quelle forme, seront-t-ils suffisants pour les Allemands ? Thiers en doute mais il espère tout de même convaincre le chancelier Bismarck en lui faisant craindre la proclamation de la République à Paris en cas de poursuite du conflit et une extension de la Révolution au reste de l’Europe. En effet, la Révolution a déjà été évitée de justesse le 3 Septembre, après l’annonce de la retraite de Sedan, et Thiers sait qu’il sera balayé si les Républicains prennent le pouvoir. Paris n’a pas été la seule ville secouée par des troubles révolutionnaires, Lyon, Marseille et Bordeaux ont vus une foule se faire contenir difficilement par les forces de l’ordre à l’annonce de la nouvelle défaite de l’armée impériale.

 

D’ailleurs la première décision de Thiers en tant que Chef du gouvernement et Ministre de l’intérieur a été de proclamer l’État de guerre dans tout le pays !

 

Napoléon III semble être le grand oublié de ces tractations. Mis au courant tout de même par câble par l’Impératrice de la situation, il se sent profondément las et souffre terriblement à cause du caillou qui se trouve dans sa vessie. Il se replie tristement au milieu de l’armée de Chalons en direction de Paris. Heureusement, les Français ont pu semer leurs poursuivants car si l’armée impériale se replie en territoire ami, les Allemands, eux, progressent en terrain hostile et avancent donc moins vite. Déjà des rumeurs font état de l’action des Francs-tireurs contre les soldats allemands isolés en patrouille et des représailles que ceux-ci exercent contre les civils et les Francs-tireurs capturés. Dans le même temps, la presse britannique (de plus en plus favorable à la France), par la voix du journaliste Forbes, a rendu-compte officiellement d’un massacre de civils à Bazeilles, où la population civile a soutenu les Marsouins contre les troupes bavaroises lors de bataille de Sedan.

 

L'Armée de Chalons finit par atteindre la Capitale française et après avoir revu son épouse et son fils, qu’il avait fait mettre à l’abri avant Sedan, lors de son retour au Palais des Tuileries, l’Empereur des Français rencontre celui qui est devenu son chef du gouvernement, Thiers.

 

Celui-ci tente rien moins que de convaincre l’Empereur d’abdiquer en lui expliquant que son nom est discrédité par les défaites et les retraites successives et que ce serait là le seul moyen d’empêcher la ruine de SA dynastie (Thiers insistant bien sur son peu d’attachement personnel envers les Bonaparte).

 

En d’autres temps, avant la maladie et la guerre, Napoléon III aurait renvoyé sèchement cet opportuniste culotté mais avec la souffrance causée par le caillou situé dans sa vessie et le fait que la situation est réellement tragique pour l’Empire, Napoléon III finit par accepter de céder la place à son fils et que la Régence soit exercée par une Commission élue par le Corps Législatif, comprenant que c'est la seule alternative crédible pour sauver le trône de son fils."

 

 

Par exemple, ce n'est pas parce que Thiers l'emporte ici encore plus que dans la réalité que je suis un de ses admirateurs.

Modifié par Vivelempereur

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Je ne suis pas d'accord avec la fin.

Thiers était contre l'empire et voulait sa place de chef (soit d'une république conservatrice en tant que président de l'assemblé, soit sous une monarchie constitutionnelle en tant que premier ministre).

Il avait fait remarqué plusieurs fois à l'empereur que se lancer dans une nouvelle guerre (on avait quand même subit que des défaite depuis un bail) serait plus folie et que lui et ses copains de la haute bourgeoisie ne le soutiendrais pas.

Et lorsque l'empereur a été arrêté il a fait partie de ceux qui ont viré la famille impériale, soutenu par une large majorité des élites de l'époque et empêcher l'avancé des troupes de Gambetta. Donc a moins que Thiers est un problème (pas une arrestation, ce type est un puissant), il fera son possible pour virer la famille impériale et se servira de l'avancé allemande pour faire pression sur les républicains comme irl.

Modifié par Maraud

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Salut Maraud,

 

Thiers n'est pas un ami de Napoléon III, et il le prouve ici, mais il a encore plus peur de la République ou plutôt des Républicains et du peuple de Paris. Ici, il obtient tout ce qu'il veut, le poste de chef du gouvernement dans une monarchie constitutionnelle dont le souverain n'a que 14 ans ! Quant à la Commission de régence, Thiers y place ses hommes.

 

Thiers via son discours des "Libertés nécessaires" a montré qu'il était prêt à s'accorder avec un Empire parlementaire, or, c'est ce qui arrive dans mon récit.

 

Avec la Retraite de Sedan, l'Empire est ébranlé, mais il a encore une armée à sa disposition, suffisament pour que la police ait la volonté de ne pas laisser les Parisiens envahir le Corps législatif, suffisament pour que Thiers ne propose pas l'election d'une Constituante et se "contente" du poste de chef du gouvernement et de faire exercer la Régence, donc l'executif, par des parlementaires, donc des tenants du législatif !

 

Néanmoins, si la France ne connaît pas une Révolution, elle connaît tout de même un Coup d'Etat.

 

Quant aux suites, tu verras que nous avons une vision assez proche de Thiers.

Modifié par Vivelempereur

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Oups. Tellement l'habitude d'un Thiers qui crache sur Napoléon 3 que j'avais oubliés le gamin encore malléable. Désolé^^

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La suite !

 

Les Prussiens ou, plutôt, les Allemands, approchent de la capitale. Cependant, les premiers prémices d’un sursaut français se font sentir. Des troupes mobilisées dans tout le pays (à l’exception des régions occupées par les Allemands) arrivent à Paris tandis que l’armée de Chalons, sous le commandement du général Ducrot, s’est retranchée de manière à pouvoir appuyer sa défense sur la ceinture de fort construites sous la Monarchie de Juillet à l’instigation de… Thiers ! Malheureusement, une partie des soldats récemment mobilisés sont mal équipés et peu motivés à l’idée de défendre un Empire, même libéral, qui apparaît vaincu et parfois, des « Vive la République ! » se font entendre dans les cortèges. Quant à l'Armée d'active, si elle a perdue tout respect pour Napoléon III, elle est indifférente vis à vis de son fils, l'Empereur Napoléon IV. Mais elle continue à obéir aux ordres, et c'est tout ce qui compte pour Thiers pour l'instant.

 

Pendant ce temps, une session extraordinaire du Corps législatif a lieu en présence de l’Empereur. Seul Thiers et quelques initiés savent quelle sera l’annonce que fera le souverain aux représentants de la Nation.

 

Les députés sont surpris de la présence, aux côtés de son père, du Prince impérial, âgé de 14 ans et des murmures se font entendre dans la salle à l’arrivée du jeune homme.

 

Cependant, certains députés ont déjà compris ce que signifiait la présence du prince héritier au Palais Bourbon.

 

Et en effet, ils ne se sont pas trompés, Napoléon III annonce bel et bien son abdication en faveur de son fils, qui devient dès lors Napoléon IV, Empereur des Français. Compte-tenu de la situation, les Français ne seront consultés sur la succession qu’une fois le conflit terminé.

 

Puis c’est au tour du nouvel Empereur de prendre la parole. Il a beaucoup d’assurance pour quelqu’un de son âge. Il prête serment sur la constitution de l’Empire qu’il s’engage à respecter puis fait annonce qu’il s’appuiera sur une Commission de Régence élue par le Corps législatif en attendant sa majorité, en 1873.

 

Enfin, c’est au tour du chef du gouvernement de parler. Son discours est un éloge du parlementarisme et du Libéralisme qu’il conclut en ses termes. « L’Empire sera libéral ou ne sera plus ! » Des cris s’élèvent alors des rangs des Bonapartistes autoritaires et Jérôme David demande une motion de censure à l’encontre du gouvernement mais Thiers parvient à éviter cette motion sous prétexte que des questions plus urgentes sont à l’ordre du jour comme l’armement des renforts destinés à l’armée de Chalons ou bien la lecture des rapports sur les rumeurs de coups de mains menés par l’armée de Bazaine contre ses assiégeants mais surtout, l’éventualité d’ouvrir des négociations de paix avec l’ennemi, ce qui, cette fois, provoque l’ire des députés républicains menés par Gambetta qui proposent, au contraire, la levée en masse pour chasser l’ennemi du territoire.

Modifié par Vivelempereur

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Voici les suites !

 

Les derniers rapports reçus par l’État-major et transmis au chef du gouvernement ainsi qu’à la commission de régence sont formels. Les forces allemandes sont arrivées à environ 80 KM à l’est de Paris.

Est-ce le moment de négocier avec dans la manche, le renoncement à la ligne du Main qui coupait l’Allemagne en deux ? Thiers le pense, soutenu par la commission de régence et le Corps législatif. Il décide d’envoyer Quesné, son ministre des affaires étrangères, négocier avec Bismarck afin de connaître les conditions d’un armistice, préliminaire à tout traité de paix.

Un véritable No man’s land sépare les positions des deux armées, uniquement traversés par des Uhlans côté allemand et des Francs-tireurs côté français où l’on peut entendre sporadiquement claquer des coups de feu dans le lointain mais néanmoins, la calèche de Quesné finit par atteindre les positions allemandes.

Bismarck accueille l’émissaire français avec bonne humeur, disant même que, comme lui-même, il n’a pas voulu de cette guerre. Mais les choses se corsent un peu lorsque les vraies tractations commencent. Alors que Quesné annonce que la France est prête à accepter l’unité allemande et à offrir des garanties solides quant au maintien de la paix dans l’avenir, Bismarck rétorque qu’aucune négociation ne commencera avant que la France n’accepte la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine comprenant la ville de Metz au nouvel état allemand. Quesné refuse, arguant que l’Alsace et le nord de la Lorraine sont françaises et que la France a à sa tête un nouveau gouvernement et même un nouvel Empereur qui n’ont rien à voir avec le déclenchement des hostilités. Bismarck lui répond alors que c’est la France qui a déclaré la guerre et qu’elle doit en payer le prix. Les 2 hommes ne parviendront pas à s’entendre et se quitteront sans qu’aucun accord ne soit conclu.

Les Français savent que ça n’est qu’une question de temps avant que les Allemands ne soient aux portes de la Capitale. De plus, Von Moltke est prêt à raser Strasbourg et Toul avec son artillerie pour obtenir la reddition de ces 2 forteresses pour non seulement libérer des troupes pour l’armée s’apprêtant à attaquer Paris mais aussi dégager les nœuds ferroviaires qu’elles contrôlent. Par ailleurs, il décide d’envoyer en France plusieurs divisions jusqu’à lors stationnées en Allemagne du nord pour faire face à un débarquement français, dont on sait qu’il est de plus en plus hypothétique malgré la nette supériorité maritime française. Moltke, veut ainsi renforcer l’armée qui s’en prendra à la capitale française car l’État-major allemand n’a pas encore décidé s’il prendrait d’assaut la capitale française ou bien s’il l’encerclerait.

 

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Secrètement, Thiers a prévenu Quesné qu’il était prêt à accepter la proposition de Bismarck de céder l’Alsace et la région de Metz aux Allemands afin de mettre fin à un conflit qui risque de plus en plus de se transformer en Révolution. Cependant, il lui fallait attendre le bon moment avant de faire cette proposition au Corps législatif, car celui-ci était patriote. Or, le refus italien d’aider la France apparaît être la bonne occasion de faire accepter la défaite au Corps législatif. Thiers voulait la paix extérieure afin de gagner la paix intérieure et se maintenir au pouvoir car il savait bien que la France n’avait pas la moindre chance de succès dans cette guerre et qu’il lui fallait mettre fin aux hostilités pour sauver le régime qu’il avait façonné et se maintenir au pouvoir en profitant de la jeunesse de Napoléon IV.

Cependant, Thiers ne serait pas non plus contre un miracle militaire qui lui permettrait de sauvegarder l’intégrité territoriale du pays mais il n’y croyait guère à l’heure où pourtant, le fantassin français de l’armée de Chalons s’apprête à affronter l’envahisseur sous les murs de Paris.

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Craignant d’être pris si Paris venait à tomber, le corps législatif, sur proposition du chef du gouvernement, vote son transfèrement à Tours, qui devient donc la capitale temporaire de l’Empire français.

Dans le même temps, à l’est de Paris, arrivées juste à la limite de la portée de l’artillerie française, les premières vagues allemandes arrêtent brusquement leur progression et commencent à s’enterrer. Le général Ducrot, commandant l’armée de Chalons et le ministre de la guerre/gouverneur militaire de Paris/ Représentant du gouvernement dans la capitale, le général Trochu, comprennent assez rapidement les intentions de l’ennemi. Celui-ci, bien que supérieur en nombre, n’a pas l’intention d’attaquer de front l’armée de Chalons mais bien celle d’encercler Paris !

Une attaque rapide sur l’armée ennemie aurait pu peut-être porter ses fruits et sauver Paris mais Ducrot et Trochu préfèrent d’abord demander son avis à Thiers. Celui-ci, ne reçoit le télégramme que de trop longues heures plus tard, alors qu’il est en route pour Tours. De longues heures que les Allemands ont pu utiliser pour renforcer leurs positions et encercler en partie la Capitale française.

Mais de toute façon, Thiers, qui ne croit plus en une victoire française et qui n’a, au fond de son cœur de pierre, aucune compassion pour Paris, ordonne au commandant de l’armée de Chalons le repli de son armée derrière les murailles protégeant Paris. L’autre raison motivant sa décision est que le chef du gouvernement souhaite préserver cette armée, fidèle à l’Empire, en vue du maintien de l’ordre après la guerre car Thiers a bien l’intention de se maintenir au pouvoir et il ne croit plus en la victoire sur l’ennemi envahissant la France. De plus, une armée certes encerclée mais qui reste solide et professionnelle peut, comme celle encerclée à Metz, servir de gage pour les futures négociations avec les Allemands que Thiers sait inévitables.

Von Moltke, le roi Guillaume et le chancelier Bismarck, qui ont au début craint une contre-attaque française sur les flancs de leurs troupes investissant la capitale n’en croient pas leurs yeux. Les Français se laissent encercler et leur gouvernement fuit au lieu de défendre sa capitale !

 

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Alors que Paris et l’armée de Chalons sont assiégées, la confirmation des rumeurs venues de l’est est venue de la presse (notamment le Times britannique), décrit la vaillance des assauts lancés par l’armée d’Alsace, commandée par le Maréchal Bazaine, contre les positions allemandes les plus avancées et les terribles contre-attaques menés par ceux-ci afin de reprendre leurs positions perdues.

Des assauts lancés aux cris de « Vive l’Empereur ! », voilà qui a de quoi donné du baume au cœur à Napoléon III et à son fils, Napoléon IV, qui se sentent humiliés par tout ce que Thiers leur a fait (bien que l’ex-Empereur ne soit pas du tout contre un régime parlementaire) et par l’agitation républicaine des grandes villes et des gardes mobiles mobilisés pour renforcer l’armée de Chalons, qui défend la capitale et l’armée de la Loire, qui se renforcent plus au sud.

Cependant, malgré les neutralités définitives de l’Italie et de l’Autriche-Hongrie, la France n’est pas seule. Ses fils d’adoption se battent sous l’uniforme de la Légion étrangère. On compte même parmi eux un prince serbe, le futur roi Pierre Ier de Serbie, qui a été formé à Saint-Cyr, et qui est désormais officier dans l’armée française. On raconte même qu’il aurait crié « Vive Napoléon IV, Vive l’Empire et Vive la France, messieurs ! » à des garde mobiles ivres qui avaient criés « Mort au petit Badinguet, Mort à Thiers et Vive la République ! » et qu’il fallut l’intervention d’autres légionnaires et gardes mobiles pour que la rixe ne dégénère pas.

Pendant ce temps, le Tsar annonce son intention de dénoncer les clauses du traité de Paris de 1856 neutralisant la Mer noire et empêchant d’y maintenir des flottes de guerre. Si Bismarck est contre cette annonce, qu’il juge prématuré, Thiers, qui, après tout, préfère tout de même sauver le pays du dépeçage s’il le peut, y voit une occasion de se rapprocher de l’Angleterre. Il décide d’envoyer Quesné à Londres avec comme mission de mettre en place une réaction commune face aux intentions du Tsar, la guerre étant, bien évidemment, exclut. Mais Thiers, perfide, pense aussi que céder rapidement aux attentes du Tsar serait aussi un bon moyen de se ménager la Russie à l’avenir tout en y maintenant les formes. C’est pour cela que son choix irait à la tenue d’une conférence internationale sur le sujet durant laquelle, d’ailleurs, on pourrait aussi discuter de la paix entre la France et la Prusse. C’est ce que craint Bismarck qui va tout faire pour retarder au maximum la tenue de cette conférence.

Cependant, Strasbourg et Toul ont capitulés entre temps et les renforts venus d’Allemagne sont arrivés. Von Moltke peut donc dégager des troupes pour renforcer les troupes ayant investies Paris. Le chef d’État-major allemand compte aussi renforcer les flancs de son armée dont les lignes de communication sont grandement étirées. De plus, l’Alsace étant un objectif territorial de l’ennemi, celui-ci lance son armée à l’assaut des parties de cette province encore françaises. Seulement, les Allemands vont tomber sur un os, la résistance héroïque de Denfert-Rochereau à Belfort qui les empêcheront de l’occuper entièrement (car n’oublions pas que Belfort fait alors parti du département du Haut-Rhin).

 

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Paris encerclée, le gouvernement replié à Tours. La situation semble désespérée pour notre malheureux pays. Cependant, pour la forme, et pour mieux préparer psychologiquement le Corps législatif à la perte de l’Alsace et de Metz en montrant que l'on a tout fait pour les éviter, en plus du fait que cela pourrait bien fonctionner, Thiers fait constituer 2 armée. Une Armée de l’Est pour tenter de sauver Belfort et de couper l’ennemi de ses bases, composée de gardes mobiles et d’unités issues des dépôts du sud de la France. Tandis que pour dégager Paris, ce sont une Armée du Nord et une Armée de la Loire qui sont cette fois constituées. L’Armée du Nord est commandée par le général d’opinion républicaine, Faidherbe.

Mais Thiers n’a pas la moindre confiance dans ces 3 armées, majoritairement républicaines, lui qui n’a désormais plus aucun crédit auprès de Gambetta et ses amis. Il compte plutôt, comme nous l’avons déjà vu, sur l’armée d’active, fidèle au régime impérial, pour ménager l’avenir et négocier le mieux possible avec les Allemands ce qui est désormais son unique obsession. D’ailleurs, la France pourra se remettre facilement de la perte de l’Alsace et de Metz pense-t-il.

En parallèle, il prépare son avenir politique en regroupant le centre gauche (Tiers-Parti) et le centre-droit (Libéraux dynastiques) du Corps législatif en un vaste ensemble appelé « Union libérale ». Gambetta réplique immédiatement en fondant avec ses amis, « L’Union républicaine » tandis que Jérôme David fonde « L’Union conservatrice ». En pleine guerre, ces gesticulations politiques font bien rire les Allemands et Bismarck, quoi que ce dernier voit en Thiers un fin politicien dont il faudra se méfier à l’avenir. En effet, Thiers serait bien capable de trouver de futures alliances à la France pour une future revanche. Les négociations de Quesné à Londres, bien que ce soit pour parler de la remise en cause du traité de Paris de 1856, n’en sont-elles pas le signe annonciateur ?

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Bien qu’au fond de lui, Victor-Emmanuel II ait eu envie d’aider la France, le roi d’Italie s’était bien vite rendu compte qu’il valait mieux tenir son pays éloigné le plus loin possible de cette aventure militaire. Néanmoins, il refuse de profiter des malheurs de l’Empire français pour envahir Rome sans coup férir comme le demandait plusieurs députés de la chambre. Il compte plutôt négocier l’annexion de la ville à l’Italie par la signature d’un traité d’alliance défensif avec la France une fois les hostilités terminées avec la Prusse/Allemagne.

A Tours, Thiers prépare psychologiquement le Corps législatif au caractère inévitable de la défaite, tout en y mettant les formes et en attendant des nouvelles des Armées du Nord et de la Loire pour éventuellement aller plus loin dans le défaitisme et pousser les députés à accepter un armistice suivi d’un traité de paix entérinant la perte de l’Alsace et de Metz.

On est loin du Thiers de 1840 qui était prêt à mener une guerre générale contre le reste de l’Europe ! Mais on s’assagit avec l’âge…

Pendant ce temps, à Londres, Quesné et Granville, le ministre britannique des affaires étrangères, parlent de la riposte commune à adopter face à la menace russe d’une remise en cause du traité de Paris. Le Britannique sait la France bien incapable d’une quelconque action pour s’opposer aux actions du Tsar et, de plus, il ne compte pas engager son pays seul dans une nouvelle guerre de Crimée. On s’entend donc sur une acceptation de la remise en cause de la neutralisation de la Mer noire à l’issue d’une conférence internationale qui regroupera les signataires du traité de Paris de 1856. Sur ses entrefaits, Quesné rentre rapidement à Paris car il a été mis au courant par l’ambassadeur de France à Londres du refus italien de participer au conflit et il doit vite rentrer à Paris pour recevoir de nouveaux ordres de Thiers.

Le temps que l’on constitue les nouvelles armées chargées de « redresser » la situation, les envahisseurs ont pu renforcer leurs positions et recevoir d’importants renforts. Résultat, les armées de l’Est, du Nord et de la Loire ont toutes trois été battues par l’ennemi qui peut donc commencer sa marche vers la Picardie et vers le sud de la Bourgogne. Alors que Ducrot s’était proposer de lancer des actions sur les armée ennemies assiégeant Paris avec l’armée de Chalons (rebaptisée Armée de Paris), Thiers a refusé, prétextant que les Allemands n’attendent que cela pour se jeter sur la Capitale. Ducrot rétorque alors que la population parisienne soutiendra les divisions de l’armée de Paris qui se rueront à l’assaut des Allemands.

« Général Ducrot, voulez-vous vraiment donner des armes à cette masse révolutionnaire ? Voulez-vous vraiment que le drapeau rouge flotte sur le Palais Bourbon ? Sachez que je m’y oppose et que le seul moyen de l’éviter et de conclure un armistice avec l’ennemi. »

Ducrot proteste qu’il faut continuer à se battre mais Thiers le démet alors de ses fonctions de Commandant de l’armée de Paris et décide de le remplacer par un général dont il sait qu’il sera plus favorable à ses arguments. Le général Failly, le vaincu de Beaumont mais dont Thiers sait qu’il est un farouche partisan de l’Empire.

Il n’est donc pas difficile au chef du gouvernement de convaincre que pour sauver l’Empire de Napoléon IV, il faut conclure au plus vite la paix. Failly accepte et se déclare prêt à utiliser l’armée de Paris pour maintenir l’ordre dans la Capitale après l’annonce de l’ouverture des négociations avec les Allemands.

Napoléon III est outré par la nomination d’un général battu bêtement en préliminaire de la bataille de Sedan mais il n’a aucun pouvoir pour s’y opposer.

Il est triste que son fils soit « entre les mains » d’un homme comme Thiers.

Mais déjà des troubles éclatent à l’annonce de la nomination de Failly à la tête de l’armée chargée de défendre la capitale. Paris, déjà échaudé par le fait que l’on eut laissé Paris se faire encerclé sans combattre, crie à la trahison et se doute que Thiers cherche à capituler face à l’ennemi mais déjà Failly, qui est entré à Paris à l’aide d’un ballon, a renforcé les forces chargée d’assurer la sécurité dans la capitale, notamment en les dotant de mitrailleuses qui couvrent les grands boulevards.

Quand il voit les réactions de la population à la nomination de Failly à la tête de l’armée de Paris, Thiers décide de demander au Corps législatif et au Sénat leur transfèrement à Versailles une fois les hostilités avec l’ennemi terminées, chose que ces 2 assemblées, effrayées par la tournure prise par les événements, votent sans difficulté à l’exception des Républicains et de quelques députés et sénateurs, plus courageux que les autres.

 

Paris cessera donc d’être la Capitale de la France.

 

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A l’abri à Tours, Thiers peut désormais annoncer son intention de négocier un armistice avec l’envahisseur. L’explosion parisienne qui s’ensuit ne l’inquiète pas car s’il le faut, il est prêt à reconquérir Paris, une fois la paix revenue, par la force avec l’aide de l’armée de Failly qui, d’ailleurs, tient ferme face aux émeutiers en colère.

Le jeune Empereur est désolé que l’armée française soit employée contre le peuple et non contre l’ennemi mais il ne peut rien faire, la commission de régence étant du côté de Thiers et lui étant encore trop jeune (14 ans) pour pouvoir s’imposer sur son chef du gouvernement.

Quesné se rend de nouveau auprès de Bismarck, qui, cette fois, loge à… Versailles ! Les négociations sont rondement menées. Les conditions de l’armistice et de l’ouverture des négociations de paix qui s’ensuivront sont la capitulation de la garnison de Belfort et la reddition de l’armée d’Alsace encerclée dans Metz.

Thiers accepte immédiatement ces conditions et les négociations de paix s’entament rapidement. Après 3 mois de pourparlers, le traité de Francfort de Janvier 1871 aboutit à la cession de l’Alsace et du nord de la Lorraine avec Metz, au nouvel Empire allemand, proclamé au sein de la galerie des glaces du château de Versailles (suprême humiliation pour les Français) quelques jours auparavant et au paiement par la France d’une indemnité de 500 millions de Franc-or. En attendant le paiement de cette indemnité, les Allemands occuperont une partie du territoire français.

La France perd son statut de principale puissance continentale au profit de son vainqueur. Bismarck va dès lors tout faire pour maintenir l’isolement diplomatique de la France, notamment en se rapprochant de son ancien ennemi, l’Autriche-Hongrie tout en maintenant ses bons rapports avec la Russie.

Le Traité de Francfort offre la possibilité aux Alsaciens-Mosellans qui le désirent de rester Français, à condition qu'ils quittent leurs foyers. Le gouvernement français offrira une aide économique à ceux que l'on appellera les « Optants ».

La guerre étant terminée, Thiers peut organiser un plébiscite demandant aux Français s'ils acceptent ou non la présence de Napoléon IV sur le trône. Le chef du gouvernement décide d'en profiter pour renforcer le côté parlementaire du Régime en ajoutant à la question première, une réforme constitutionnelle faisant en sorte que dans l'avenir, les réformes constitutionnelles devront désormais être approuvées aux 2/3 des voix des parlementaires (Députés et Sénateurs) et non plus par plébiscite. Garantie conservatrice donc vu que le Sénat est une Assemblée de notables nommés à vie. De plus, il sera interdit à l'Empereur de signer des Senatus-Consulte à l'avenir.

Quelque soit le résultat, Thiers sera gagnant car si le non l'emporte, une Constituante sera alors élue. Or, les rapports que reçoit le Chef du gouvernement montrent que les Français voteront Conservateurs, notamment dans les campagnes. Mais, prudence étant mère de sûreté, Thiers préfère faire campagne pour le Oui et assurer son nouveau Régime, nouveau Régime qui empêchera Napoléon IV de prendre des initiatives à sa majorité.

Le oui l'emporte mais nettement moins qu'au plébiscite de Mai 1870. Signe que l'Empire est affaibli même si le nom de Napoléon IV n'est pas discrédité par rapport à celui de son père.

Dans le même temps, le gouvernement, si, conformément à la loi votée juste avant la guerre, accorde un gouvernement civil à l'Algérie, décide de ménager l'Armée en limitant le pouvoir civil aux régions dîtes « européennes ». L'Armée maintient son contrôle sur les zones mixtes et les territoires des tribus et continue de les protéger contre la rapacité des colons. L'Algérie est divisée en 3 départements mais ces départements n'ont donc aucun pouvoir sur les territoires des tribus et les zones mixtes, tenue par l'Armée, garante du Régime impériale

Par ailleurs, Thiers après avoir « tâté » l’Angleterre lors des négociations sur la fin de la neutralisation de la Mer noire, décide, aux grands dams des Catholiques, de signer une alliance défensive avec l’Italie en 1872, en échange de la fin de la protection française des États-Pontificaux qui sont presque immédiatement envahis et annexés après plébiscite après la signature du traité.

Mais Thiers en fin politicien, mène en parallèle une politique intérieure destinée à satisfaire l’opinion catholique, notamment en renforçant le poids des congrégations religieuses dans l’éducation et en revenant sur les réformes audacieuses conduites par Victor Duruy qui avait presque abouties à laïciser l’enseignement en France.

Dans le domaine militaire, Thiers fait adopter, à peu de choses près, la réforme militaire dîtes « Niel », pour préparer l’armée française à une éventuelle nouvelle guerre. Mais toujours pour ménager les Catholiques, Thiers fait exempter les prêtres du service militaire universel.


----------------------

Soucieux de donner à l’armée française le maximum d’hommes possibles en vue d’une éventuelle future guerre avec l’Empire allemand, Thiers décide de limiter les effectifs disponibles dans les colonies, surtout en limitant le nombre d’expéditions lointaines qui avait été nombreuses au cours du règne de Napoléon III.

Pendant ce temps, Emile Ollivier, l’ancien chef du gouvernement, a fait son retour, après son exil italien, sur les bancs du Corps législatif. Il décide de ne pas rejoindre l’Union libérale de Thiers et de former à lui seul, un courant de pensée, à la fois favorable au régime et opposé à Thiers. Rapidement, les députés dégoûtés par la politique conservatrice du chef du gouvernement se regroupent autour d’Ollivier qui forment « L’union démocratique », de centre-gauche. Cette Union démocratique, vote parfois pour, et parfois contre les mesures demandée par le gouvernement, afin de montrer qu’elle est une opposition constructive, contrairement aux Républicains et aux Bonapartistes autoritaires de « L’Union conservatrice ». Mais le grossissement des rangs de l’Union démocratique oblige Thiers de plus en plus à négocier avec Ollivier pour faire passer les textes législatifs. Mais au final, lorsque Thiers propose un portefeuille ministériel à Ollivier, celui-ci refuse car ce qu’il veut, c’est être chef du gouvernement et mener la politique du pays, aux côtés de Napoléon IV, avec lequel il s’entend très bien car ce dernier sait qu’il ne sera plus dans une prison dorée avec ce chef de gouvernement et qu’il commencera à gouverner, dans les limites prévues par la constitution de 1870.

Le bras de fer entre les 2 hommes prend une autre tournure lorsque Napoléon IV devient majeur, en 1873.

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C'est possible de continuer ici plutôt que sur ce site externe? Il ne fonctionne pas pour moi. 

Modifié par Loup

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Pas de soucis !

 

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Le règne de Napoléon IV

 

L'Empereur est mort. Vive l'Empereur !


1er Septembre 1870


Aux environs de Sedan,


Napoléon III avait cherché en vain à mourir toute la journée. Cependant, bien qu'il se fut exposé plus d'une fois aux balles et aux obus prussiens en montant sur des hauteurs visées par les tirs des ennemis de la France, il était toujours en vie quand, croyant que la mort ne voulait pas de lui, quand il se décida à rentrer au QG de l'Armée de Chalons, en fait la sous-préfecture de la ville de Sedan.


Mais le dirigeant français avait en fait rendez-vous avec son destin...


Arrivé à proximité d'un pont visé par l'artillerie prussienne, une explosion eut lieu à l'endroit exact où se situait l'Empereur des Français. Une fois la fumée dissipée, il ne restait plus qu'une masse informe de chair et de viscères. Les témoins de la scène furent incapables de distinguer le cavalier de sa monture.


A Sedan même, le commandant en chef de l'Armée de Chalons , en fait le troisième en l'espace d'une journée, Emmanuel Félix de Wimpffen, continue à vouloir tenir coûte que coûte ses positions alors que les malheureux soldats français se font déchiqueter par l'artillerie ennemie sans pouvoir riposter. La nouvelle de la mort de l'Empereur ne l'ébranle même pas dans sa criminelle détermination à demander l'impossible à ce qui est désormais plus une masse humaine sans hiérarchie et sans discipline qu'une armée.


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Emmanuel Félix de Wimpffen


Le lendemain 2 Septembre, von Moltke, le commandant en chef des armées allemandes coalisées, voyant que le bombardement d'enfer qu'il fait subir à l'armée française ne résout pourtant pas de Wimpffen à la capitulation, ordonne l'assaut général.


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Helmuth Karl Bernhard von Moltke


L'Armée française montrera dans cette bataille le meilleur comme le pire. Alors que des groupes d'hommes (on ne peut plus parler de régiments dans ce chaos indescriptible) se rendent sans combattre, d'autres, se battront jusqu'à la dernière cartouche pour défendre le QG de de Wimpffen qui prendra lui-même le commandement d'une dernière charge suicidaire à la baïonnette contre les assaillants prussiens, une fois les munitions épuisées.


Cette épisode fameux sera immortalisé par le peintre Alphonse de Neuville dans son œuvre "La dernière charge".


Ce n'est qu'une fois le carnage terminée et l'Armée de Chalons détruite que les Allemands apprendront la mort de Napoléon III et feront parvenir la nouvelle au Monde.


3 Septembre 1870

Paris,

Après avoir un temps cru à une grande victoire de Mac-Mahon suite à la transmission d’une fausse rumeur, Paris apprend du soir la triste réalité. L’armée française a été écrasé et, comme l’explique les placards affichés partout dans la capitale, l'Empereur "est tombé glorieusement à la tête de ses troupes."

 

Le Corps législatif, lui, avait appris la nouvelle par la voix de Palikao depuis plusieurs heures déjà et ne cesse de délibérer depuis. Palikao sait son gouvernement en danger car 2 oppositions lui font face. Celle des Républicains, dont l’un des députés, Jules Favre, a proposé la déchéance de la dynastie Bonaparte, motion qui n’a néanmoins même pas été étudiée par les députés qui préfèrent, du moins en ce qui concerne les députés du centre, se ranger derrière l’autre meneur de l’opposition, Adolphe Thiers. Celui-ci n’évoque pas un changement de Régime mais réclame la formation d’un nouveau gouvernement, composé de toutes les couleurs politiques composant le Corps législatif. Il se doute bien que les Républicains refuseront de participer à un gouvernement impérial tandis que la droite refusera elle aussi certainement d’intégrer ce nouveau gouvernement.

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Adolphe Thiers

Thiers voyant son heure arriver, tombe le masque. Il avait refusé quelques jours plus tôt de prendre la tête du gouvernement de l'Empire que lui avait proposé l'Impératrice-Régente car ne voulant pas s'associer à un Régime moribond. Or, l'Empereur étant mort, ses armées vaincues ou encerclées, son héritier étant un jeune homme de 14 ans qu'il pense pouvoir manipuler facilement, il se décide de passer à l'action avant que d'autres, il pense notamment aux Républicains, ne profitent de la situation.

 

Palikao, sentant la situation lui échapper, fait ajourner la séance au lendemain, 4 Septembre... Pendant ce temps, on apprend que le fils de Napoléon III, désormais l'Empereur Napoléon IV, se trouvent à Landrecies, ville lui ayant fait un accueil triomphal, se démarquant ainsi de la plupart des villes qu'il a traversé depuis de le début de la guerre. On télégraphie la nouvelle de la mort de Napoléon III à son fils et on lui demande de rentrer en urgence à Paris.

Thiers a travaillé toute la nuit avec ses principaux lieutenants mais le lendemain, il peut se présenter à l’impératrice-régente avec la liste du gouvernement, qui respecte à la lettre la Constitution approuvée par plébiscite en Mai. Eugénie, vu la situation, sait qu’elle ne peut faire face à une fronde parlementaire en des heures aussi tragiques et accepte de nommer Thiers à la tête d’un gouvernement d’union des centres.

 

Chef du gouvernement, Thiers s’était adjuvé le portefeuille de l’intérieur car il était désireux de faire régner directement l’ordre dans le pays. Il décida aussi de rappeler au gouvernement Buffet et Daru qui s’étaient opposés au plébiscite du 8 Mai afin de montrer à l’Empereur qu’il doit désormais faire face à un gouvernement constitutionnel issu des rangs du Corps législatif. Il s’entoure aussi de personnalités ayant signés l’interpellation des 116, pour un Empire libéral. En parallèle, il décide de nommer un Ministre des affaires étrangères, Henri Quesné, qui n’avait pas voté la guerre contre la Prusse, dans l’espoir que cela infléchira les Allemands vers une paix de compromis sans annexion. En revanche, il ne rappela pas Emile Ollivier, l’ancien chef du gouvernement, craignant que celui-ci ne lui fasse de l’ombre.

 

Pendant ce temps, une foule importante défile dans les rues de Paris pour réclamer la République et en chantant la Marseillaise mais les forces de Police parviennent à la disperser et à empêcher un assaut sur le Palais Bourbon où le Corps législatif peut donc continuer ses travaux. En effet, Trochu, le gouverneur militaire de Paris, qui avait perdu toute estime pour Napoléon III depuis le Camp de Chalons, du fait de son refus de replier sur Paris sans le consentement de son épouse, a retrouvé une partie de cette estime perdue suite à sa mort héroïque à la tête de ses troupes. Et c'est sans compter le fait que le nouvel Empereur n'est pour rien dans les erreurs de son père. Par ailleurs, il a juré à l'Impératrice sur son honneur de la protéger... Trochu met donc ses troupes à la disposition de la Police ce qui permet de contenir facilement l'émeute parisienne. Sans compter que nombre de Parisiens, loin d'être Bonapartistes pourtant, ont été impressionné par la sacrifice de Napoléon III.


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Le général Trochu

Modifié par Vivelempereur

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Le Plan de Thiers


Thiers, désormais chef du gouvernement, travaille depuis plusieurs jours, avec l’aide de l’impératrice-régente, à trouver un moyen d’arrêter ce qu’il considère comme une « folie militaire ». Thiers est parvenu à convaincre Eugénie d’accepter l’unité allemande, qui est déjà un fait accompli car le Royaume de Bavière, du Wurtemberg et le Grand-Duché de Bade sont alliés à la Prusse dans cette guerre. Mais la nomination de Quesné et la reconnaissance par la France de l’unité de l’Allemagne, sous n’importe quelle forme, seront-t-ils suffisants pour les Allemands ? Thiers en doute mais il espère tout de même convaincre le chancelier Bismarck en lui faisant craindre la proclamation de la République à Paris en cas de poursuite du conflit et une extension de la Révolution au reste de l’Europe. En effet, la Révolution a déjà été évitée de justesse le 4 Septembre, après l’annonce de la déroute de Sedan, et Thiers sait qu’il sera balayé si les Républicains prennent le pouvoir. Paris n’a pas été la seule ville secouée par des troubles révolutionnaires, Lyon, Marseille et Bordeaux ont vus une foule se faire contenir difficilement par les forces de l’ordre à l’annonce de la nouvelle défaite de l’armée impériale.


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Henri Quesné


D’ailleurs la première décision de Thiers en tant que Chef du gouvernement et Ministre de l’intérieur a été de proclamer l’État de guerre dans tout le pays !

 

Convaincre l'Impératrice, désormais veuve, de mettre fin à la guerre prend du temps. Heureusement, les Allemands, eux, progressent en terrain hostile et avancent donc relativement lentement. Déjà des rumeurs font état de l’action des Francs-tireurs contre les soldats allemands isolés en patrouille et des représailles que ceux-ci exercent contre les civils et les Francs-tireurs capturés. Dans le même temps, la presse britannique (de plus en plus favorable à la France), par la voix du journaliste Forbes, a rendu-compte officiellement d’un massacre de civils à Bazeilles, où la population civile a soutenu les Marsouins contre les troupes bavaroises lors de bataille de Sedan.

 

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Francs-Tireurs vosgiens en action


Mais la France a beau se dresser contre l'ennemi, son chef du gouvernement est prêt à accepter une paix honteuse pour maintenir l'ordre dans le pays.

 

Il ne pense qu'à une chose. Récupérer l'Armée de Bazaine, fidèle au Régime impérial, pour pouvoir assoir son pouvoir face aux Républicains.

 

Paris n'a certes pas renversé l'Empire le 4 Septembre, mais le tonnerre gronde dans la Capitale.

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à l’instant, Vivelempereur a dit :

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Ceci: http://www.forumactif.com/

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Premier discours de Napoléon IV à la Chambre. Thiers annonce son programme.


Les Prussiens ou, plutôt, les Allemands, approchent de la capitale.  Pourtant, la politique continue à prendre ses droits à Paris. En effet, une session extraordinaire du Corps législatif a lieu en présence du nouvel Empereur. Le souverain doit en effet tenir son discours d'investiture aux représentants de la Nation.


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L'Empereur Napoléon IV


Il a beaucoup d’assurance pour quelqu’un de son âge. Il prête serment sur la constitution de l’Empire qu’il s’engage à respecter puis fait annonce qu’il s’appuiera sur une Commission de Régence élue par le Corps législatif en attendant sa majorité, en 1874.

 

Enfin, c’est au tour du chef du gouvernement de parler. Son discours est un éloge du parlementarisme et du Libéralisme. Thiers explique que compte-tenu de la situation, les Français ne seront consultés sur la succession qu’une fois le conflit terminé puis il conclut son discours en ses termes. « L’Empire sera libéral ou ne sera plus ! » Des cris s’élèvent alors des rangs des Bonapartistes autoritaires et Jérôme David demande une motion de censure à l’encontre du gouvernement mais Thiers parvient à éviter cette motion sous prétexte que des questions plus urgentes sont à l’ordre du jour comme trouver les moyens de défendre la Capitale ou bien la lecture des rapports sur les rumeurs de coups de mains menés par l’armée de Bazaine contre ses assiégeants mais surtout, l’éventualité d’ouvrir des négociations de paix avec l’ennemi, ce qui, cette fois, provoque l’ire des députés républicains menés par Gambetta qui proposent, au contraire, la levée en masse pour chasser l’ennemi du territoire.


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Le Corps législatif en 1869.

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Tractations diplomatiques

Les derniers rapports reçus par l’État-major et transmis au chef du gouvernement ainsi qu’à la commission de régence sont formels. Les forces allemandes sont arrivées à environ 80 KM à l’est de Paris.

 

Est-ce le moment de négocier avec dans la manche, le renoncement à la ligne du Main qui coupait l’Allemagne en deux ? Thiers le pense, soutenu par la commission de régence et le Corps législatif. Il décide d’envoyer Quesné, son ministre des affaires étrangères, négocier avec Bismarck afin de connaître les conditions d’un armistice, préliminaire à tout traité de paix.

 

Un véritable No man’s land sépare les positions des deux armées, uniquement traversés par des Uhlans côté allemand et des Francs-tireurs côté français où l’on peut entendre sporadiquement claquer des coups de feu dans le lointain mais néanmoins, la calèche de Quesné finit par atteindre les positions allemandes.

 

Bismarck accueille l’émissaire français avec bonne humeur, disant même que, comme lui-même, il n’a pas voulu de cette guerre. Mais les choses se corsent un peu lorsque les vraies tractations commencent. Alors que Quesné annonce que la France est prête à accepter l’unité allemande et à offrir des garanties solides quant au maintien de la paix dans l’avenir, Bismarck rétorque qu’aucune négociation ne commencera avant que la France n’accepte la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine comprenant la ville de Metz au nouvel état allemand. Quesné refuse, arguant que l’Alsace et le nord de la Lorraine sont françaises et que la France a à sa tête un nouveau gouvernement et même un nouvel Empereur qui n’ont rien à voir avec le déclenchement des hostilités. Bismarck lui répond alors que c’est la France qui a déclaré la guerre et qu’elle doit en payer le prix. Les 2 hommes ne parviendront pas à s’entendre et se quitteront sans qu’aucun accord ne soit conclu. Néanmoins, Quesné explique à son interlocuteur qu'il doit référer des conditions posés par lui au gouvernement avant de signer quoi que ce soit, ne serait-ce qu'un armistice de quelques jours.


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Le Chancelier Otto von Bismarck


Les Français savent que ça n’est qu’une question de temps avant que les Allemands ne soient aux portes de la Capitale. De plus, Von Moltke est prêt à raser Strasbourg et Toul avec son artillerie pour obtenir la reddition de ces 2 forteresses pour non seulement libérer des troupes pour l’armée s’apprêtant à attaquer Paris mais aussi dégager les nœuds ferroviaires qu’elles contrôlent. Par ailleurs, il décide d’envoyer en France plusieurs divisions jusqu’à lors stationnées en Allemagne du nord pour faire face à un débarquement français, dont on sait qu’il est de plus en plus hypothétique malgré la nette supériorité maritime française. Moltke, veut ainsi renforcer l’armée qui s’en prendra à la capitale française car l’État-major allemand n’a pas encore décidé s’il prendrait d’assaut la capitale française ou bien s’il l’encerclerait.

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à l’instant, Vivelempereur a dit :

J'ai mis un nouveau lien à la place de l'ancien. Si ça ne fonctionne pas, je préviens les admins.

Le lien fonctionne désormais. 

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L'armistice et ses terribles conséquences


Secrètement, Thiers a prévenu Quesné qu’il était prêt à accepter la proposition de Bismarck de céder l’Alsace et la région de Metz aux Allemands afin de mettre fin à un conflit qui risque de plus en plus de se transformer en Révolution. Il explique à son ministre, choqué par ce manque flagrant de patriotisme, que ce qui compte, c'est de pouvoir récupérer au plus vite les Armées de Bazaine, afin de maintenir l'ordre dans le pays, ce qui est sa seule et unique obsession.

 

Néanmoins Thiers, craignant officiellement les Allemands mais officieusement les Parisiens, fait voter par le Corps législatif le départ des principaux Corps de l’État pour Tours. En attendant, Quesné repart en direction des positions prussiennes en vue de signer l'armistice. La seule condition française étant de pouvoir récupérer au plus vite le maximum de troupes de l'Armée d'Alsace.

 

Les négociations sont rondement menées. Les conditions de l’armistice et de l’ouverture des négociations de paix qui s’ensuivront sont la capitulation de la garnison de Belfort et la reddition de l’armée d’Alsace encerclée dans Metz.

 

Thiers accepte immédiatement ces conditions et les négociations de paix s’entament rapidement. Après 3 mois de pourparlers, le traité de Francfort de Décembre 1870 aboutit à la cession de l’Alsace et du nord de la Lorraine avec Metz, au nouvel Empire allemand, proclamé quelques jours auparavant et au paiement par la France d’une indemnité de 500 millions de Franc-or. En attendant le paiement de cette indemnité, les Allemands occuperont une partie du territoire français.

 

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La France mutilée


Mais entre-temps, Bismarck, qui craint presque autant que Thiers une révolution à Paris et bien content d'avoir trouvé un chef de gouvernement français prêt à sacrifier aussi facilement son pays, accepte qu'une partie de l'Armée d'Alsace ainsi que son commandant en chef, François Achille Bazaine, puisse rejoindre les lignes françaises dès la conclusion de l'armistice. Une autre partie de l'armée, généralement les éléments les moins sûrs politiquement pour Thiers, restant prisonniers comme "gage" !


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Le Maréchal Bazaine


Dès l'annonce du cessez-le-feu, Paris s'enflamme et la République est proclamée ! Trochu est fait prisonnier par les Républicains. Mais le pouvoir réel est déjà à l'abri à Tours et il va récupérer dans quelques jours une bonne partie des soldats bonapartistes de Bazaine.

 

Thiers a déjà son plan de reconquête de la Capitale prêt depuis la Monarchie de Juillet ! C'est dire s'il a mûri son plan...


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Thiers à la tête de ses troupes  :lol:


Les députés républicains, également réfugiés à Tours, sont opposés à cette proclamation de la République qu'ils jugent prématurée. Sans compter que les Gambettistes craignent d'être débordés sur leur gauche par le mouvement ouvrier qui a profité de leur départ pour Tours pour prendre la tête de l'opposition républicaine.

 

En effet, ça n'est pas l'oriflamme bleu blanc rouge qui flotte sur l'Hôtel de Ville où un Gouvernement de la Défense nationale a été proclamé par les insurgés mais bien le drapeau Rouge !


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Les dirigeants parisiens.


Gambetta, Ferry et les députés républicains s'entendent pour servir d'entremetteur entre Thiers et les Parisiens. Cependant, Gambetta après avoir été chaleureusement accueilli par le Peuple de Paris, se voit finalement contraint de fuir la foule devenue hostile lorsqu'il lui a tout simplement expliqué, dans un discours grandiloquent, que la proclamation de la République par les Parisiens était prématurée et servait en fait la cause du "Petit Badinguet" et de Thiers.

 

Gambetta et ses amis chassés chassés de Paris, les insurgés, au lieu d'attaquer les forts de la Capitale toujours aux mains des soldats loyaux à l'Empire, préfèrent organiser l’élection d'un "Comité du Salut public".

 

Et ce qui devait arrivé, arriva. Début Octobre, les hommes de Bazaine, sous les yeux ahuris des Allemands, encerclent la Capitale qui se prépare au combat.


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Les barricades sont prêtes !

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La Guerre civile

La guerre n'est pas encore officiellement terminée que déjà, la France s’entre-déchire et que la guerre civile commence entre les Armées de l'Empire et les Républicains.

 

Le jeune Empereur est désolé que l’armée française soit employée contre le peuple et non contre l’ennemi mais il ne peut rien faire, la commission de régence étant du côté de Thiers et lui étant encore trop jeune (14 ans) pour pouvoir s’imposer sur son chef du gouvernement.

 

La différence entre les soldats de Bazaine et les Républicains n'est pas seulement idéologique, elle est aussi sociale. En effet, là où les Républicains sont souvent issus du Monde ouvrier, les soldats sous les ordres de Bazaine sont souvent d'origine paysanne, les ouvriers, notamment car leur santé est dégradée rapidement depuis leur enfance par les conditions de travail effroyables, échouent aux test médicaux et n'entrent donc pas dans l'armée.

 

L'Assaut conduit par Bazaine, qui a commandé au Mexique, est vigoureux. Les Républicains se défendent avec courage mais ils sont débordés par les soldats de métier qui constituent l'ex Armée d'Alsace, qui sont surnommés entre autres les "Messins", en référence au siège de Metz.

 

Les Parisiens doivent en plus faire face à la pénurie d'armes. Thiers n'ayant évidemment pas fourni des armements au Peuple de Paris. Ils doivent compter sur leurs propres armements et les fusils abandonnés par l'armée dans ses dépôts.


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Assaut  par les hommes de Bazaine d'un cimetière tenus par les Républicains.


Bazaine demande à Thiers comment il doit traiter les prisonniers. Thiers lui répond "Comme les Cathares" !

 

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Adolphe Thiers ne fera preuve d'aucune pitié envers les Parisiens.


Les Messins, conformément aux ordres du chef du gouvernement, multiplie donc les exécutions sans jugements.

En riposte, Trochu est fusillé par les Républicains.

 

L'assaut final des hommes de Bazaine, connu comme "La Semaine sanglante" aboutira à un dernier combat au cimetière du Père Lachaise. Les principaux meneurs de l'insurrection seront passés par les armes dans les jours qui suivent.

 

Bazaine reçoit en récompense des immenses services rendus le titre héréditaire de Duc d'Oaxaca, ville dont il s'était emparé lors de la guerre du Mexique.


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François Achille Bazaine, Duc d'Oaxaca.


Suite à cette véritable guerre civile, Thiers fait voter par un Corps législatif et un Sénat traumatisés leur transfèrement à Versailles une fois le Traité de paix signé avec les Allemands. Versailles devient donc la Capitale de la France.

 

Durant les épisodes parisiens, plusieurs tentatives républicaines eurent également lieu dans plusieurs grandes villes de province comme Marseille et Lyon. Toutes furent réprimés par les soldats de Thiers.

 

De nombreux bâtiments parisiens furent non seulement détruits par les bombardements de l'Armée, mais aussi par les incendies déclenchés par les Républicains eux-mêmes !

 

Ainsi, le Palais des Tuileries, symbole de l'Empire, est détruit par un incendie volontaire.


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Le Palais des Tuileries en ruine.

De même, la Colonne Vendôme où trônait une statue de Napoléon Ier est abattue par les insurgés.


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La Colonne Vendôme abattue.

 

Cet épisode provoquera une césure nette entre d'un côté les Conservateurs, fidèles à Thiers et les Libéraux qui furent effrayés par les « excès » des Parisiens d'un côté et, de l'autre, les Républicains qui rallient à eux les « Socialistes ». En effet, Gambetta peut tirer les marrons du feu. Sa gauche a été anéanti par les soldats de Thiers. Désormais, il incarne seul l'opposition viscérale à l'Empire et aux Conservateurs.


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Léon Gambetta, un des leaders des Républicains.


De son côté, Napoléon IV est désormais sorti de l'enfance. Traumatisé par la défaite, éploré par la mort de son père au combat, la guerre civile fut pour un lui un cauchemar éveillé.

Il se jure d'un jour mettre fin aux divisions des Français.

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à l’instant, Vivelempereur a dit :

Mais je poste tout de même ici. Copier collé via l'éditeur (avec les balises) suffit. Je n'ai pas à réhéberger chaque image comme je le craignais.

Merci, c'est plus simple à suivre, et je préfère l'apparence de ce forum.

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