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Vivelempereur

(Uchronie) La retraite de Sedan

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il y a 14 minutes, Vivelempereur a dit :

Loup, Peux-tu mettre un lien vers le premier chapitre de la nouvelle version dans le premier post ? Pour que les éventuels futurs lecteurs ne s'y perdent pas.

C'est fait.

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Traité de Francfort et la politique de Thiers dans l'immédiat après-guerre.

 

Le Traité de Francfort est signé.

 

La France perd son statut de principale puissance continentale au profit de son vainqueur. Bismarck va dès lors tout faire pour maintenir l’isolement diplomatique de la France, notamment en se rapprochant de son ancien ennemi, l’Autriche-Hongrie tout en maintenant ses bons rapports avec la Russie.

 

De plus, dès la conclusion de l'armistice, le Tsar a annoncé son intention de dénoncer les clauses du traité de Paris de 1856 neutralisant la Mer noire et empêchant d’y maintenir des flottes de guerre. Si Bismarck fut contre cette annonce, qu’il jugea prématurée, Thiers, qui, après tout, préférait tout de même sauver le pays du dépeçage s’il le pouvait, y vit une occasion de se rapprocher de l’Angleterre. Il décida d’envoyer Quesné à Londres avec comme mission de mettre en place une réaction commune face aux intentions du Tsar, la guerre étant, bien évidemment, exclut. Mais Thiers, perfide, pense aussi que céder rapidement aux attentes du Tsar serait aussi un bon moyen de se ménager la Russie à l’avenir tout en y maintenant les formes. C’est pour cela que son choix irait à la tenue d’une conférence internationale sur le sujet durant laquelle, d’ailleurs, on pourrait aussi discuter de la paix entre la France et la Prusse. C’est ce que craint Bismarck qui va tout faire pour retarder au maximum la tenue de cette conférence à tel point qu'elle n'aura lieu qu'après la conclusion du Traité de Francfort et qu'on s'y contentera d'accepter la fin de la neutralisation de la Mer noire.

 

Le Traité de Francfort offre la possibilité aux Alsaciens-Mosellans qui le désirent de rester Français, à condition qu'ils quittent leurs foyers. Le gouvernement français offrira une aide économique à ceux que l'on appellera les « Optants ».

 

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Des "Optants" quittent leurs maisons. Pour toujours ?

 

Bien qu’au fond de lui, Victor-Emmanuel II ait eu envie d’aider la France, le roi d’Italie s’était bien vite rendu compte qu’il valait mieux tenir son pays éloigné le plus loin possible de cette aventure militaire. Néanmoins, il refuse de profiter des malheurs de l’Empire français pour envahir Rome sans coup férir comme le demandait plusieurs députés de la chambre. Il compte plutôt négocier l’annexion de la ville à l’Italie par la signature d’un traité d’alliance défensif avec la France impériale.

 

En France, Thiers en regroupant le centre gauche (Tiers-Parti) et le centre-droit (Libéraux dynastiques) du Corps législatif en un vaste ensemble appelé « Union libérale », prépare son avenir à la tête du pays. Gambetta réplique immédiatement en fondant avec ses amis, « L’Union républicaine » tandis que Jérôme David fonde « L’Union conservatrice ».

 

L'une des premières décisions qu'il fait voter par le Corps législatif puis le Sénat, une fois la guerre terminée, et celle de la construction d'une basilique à Paris pour "expier les pêchés" des Républicains parisiens ! Telle est l'origine de la Basilique du Sacré-cœur.

 

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La Basilique du Sacré-Cœur en 1905.

 

La guerre étant terminée, Thiers peut organiser un plébiscite demandant aux Français s'ils acceptent ou non la présence de Napoléon IV sur le trône. Le chef du gouvernement décide d'en profiter pour renforcer le côté parlementaire du Régime en ajoutant à la question première, une réforme constitutionnelle faisant en sorte que dans l'avenir, les réformes constitutionnelles devront désormais être approuvées aux 2/3 des voix des parlementaires (Députés et Sénateurs) et non plus par plébiscite. Garantie conservatrice donc vu que le Sénat est une Assemblée de notables nommés à vie. De plus, il sera interdit à l'Empereur de signer des Senatus-Consulte à l'avenir.

Quelque soit le résultat, Thiers sera gagnant car si le non l'emporte, une Constituante sera alors élue. Or, les rapports que reçoit le Chef du gouvernement montrent que les Français voteront Conservateurs, notamment dans les campagnes. Mais, prudence étant mère de sûreté, Thiers préfère faire campagne pour le Oui et assurer son nouveau Régime, nouveau Régime qui empêchera Napoléon IV de prendre des initiatives à sa majorité.

 

Le oui l'emporte mais nettement moins qu'au plébiscite de Mai 1870. Signe que l'Empire est affaibli même si le nom de Napoléon IV n'est pas discrédité par rapport à celui de son père.

 

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Les fusils sont mis de côté. Pour combien de temps ?

 

Dans le même temps, le gouvernement, si, conformément à la loi votée juste avant la guerre, accorde un gouvernement civil à l'Algérie, décide de ménager l'Armée en limitant le pouvoir civil aux régions dîtes « européennes ». L'Armée maintient son contrôle sur les zones mixtes et les territoires des tribus et continue de les protéger contre la rapacité des colons. L'Algérie est divisée en 3 départements mais ces départements n'ont donc aucun pouvoir sur les territoires des tribus et les zones mixtes, tenue par l'Armée, garante du Régime impériale.

 

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Les 3 départements français d'Algérie nouvellement créés.

 

Par ailleurs, Thiers après avoir « tâté » l’Angleterre lors des négociations sur la fin de la neutralisation de la Mer noire, décide, aux grands dams des Catholiques, de signer une alliance défensive avec l’Italie en 1872, en échange de la fin de la protection française des États-Pontificaux qui sont presque immédiatement envahis et annexés après plébiscite après la signature du traité.

 

Mais Thiers en fin politicien, mène en parallèle une politique intérieure destinée à satisfaire l’opinion catholique, notamment en renforçant le poids des congrégations religieuses dans l’éducation et en revenant sur les réformes audacieuses conduites par Victor Duruy qui avait presque abouties à laïciser l’enseignement en France.

Dans le domaine militaire, Thiers fait adopter, à peu de choses près, la réforme militaire dîtes « Niel », pour préparer l’armée française à une éventuelle nouvelle guerre. Mais toujours pour ménager les Catholiques, Thiers fait exempter les prêtres du service militaire universel.

 

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L'Armée française se prépare à une éventuelle revanche.

 

Napoléon III a été incinéré car sa dépouille qui a été rendu par les Allemands était, on le sait, dans un état lamentable. De plus, ses cendres sont restés de long mois à Versailles car Paris était en ruine et indigne d'abriter le cortège funèbre d'un Empereur. Ce n'est donc qu'à l'été 1871 que les restes de Napoléon III sont transférés aux Invalides, aux côtés de ceux de son auguste oncle.

 

Thiers a décidé que la cérémonie aurait lieu de nuit et dans l'intimité, soucieux qu'il était d'éviter des débordements lors du transfèrement de la dépouille aux Invalides, une fois celle-ci entrée dans l'ancienne capitale, Paris, qui lui voue encore une haine farouche. Ce n'est qu'une fois aux Invalides, soigneusement protégé par la troupe, que l'Empereur Napoléon IV, sa mère Eugénie, le chef du gouvernement, les membres du cabinet impérial ainsi que les principaux dignitaires de l'Empire dont tous les Maréchaux, rendent hommage à l'ex-Empereur décédé.

 

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Napoléon III repose désormais aux côtés de son oncle.

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Politique de recueillement au niveau colonial et retour d'Ollivier

 

Soucieux de donner à l’armée française le maximum d’hommes possibles en vue d’une éventuelle future guerre avec l’Empire allemand, Thiers décide de limiter les effectifs disponibles dans les colonies, surtout en limitant le nombre d’expéditions lointaines qui avait été nombreuses au cours du règne de Napoléon III.

 

Pendant ce temps, Emile Ollivier, l’ancien chef du gouvernement, a fait son retour, après son exil italien, sur les bancs du Corps législatif. Il décide de ne pas rejoindre l’Union libérale de Thiers et de former à lui seul, un courant de pensée, à la fois favorable au régime et opposé à Thiers. Rapidement, les députés dégoûtés par la politique conservatrice du chef du gouvernement se regroupent autour d’Ollivier qui forment « L’union démocratique », de centre-gauche. Cette Union démocratique, vote parfois pour, et parfois contre les mesures demandée par le gouvernement, afin de montrer qu’elle est une opposition constructive, contrairement aux Républicains et aux Bonapartistes autoritaires de « L’Union conservatrice ». Thiers riposte en rappelant que c'est le gouvernement Ollivier qui a décidé la guerre contre la Prusse et qui était au pouvoir lors des premiers désastres. Thiers espère ainsi ranimé les vieilles rancunes du peuple français contre l'ancien chef du gouvernement.

 

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Émile Ollivier

 

Mais les violentes saillies de Thiers à l'encontre de son rival n'empêche pas le grossissement des rangs de l’Union démocratique ce qui le contraint de plus en plus à négocier avec Ollivier pour faire passer les textes législatifs, d'autant que le Sénat commence à lui échapper et se met de plus en plus à s'opposer à Thiers, conformément aux consignes transmises en secret par Napoléon IV. Désireux de reprendre la main, Thiers propose un portefeuille ministériel à Ollivier que celui-ci refuse pourtant car ce qu’il veut, c’est être chef du gouvernement et mener la politique du pays, aux côtés de Napoléon IV qui sait qu’il ne sera plus dans une prison dorée avec ce chef de gouvernement et qu’il cessera de n'être qu'un simple monarque d’apparat aux mains d'Adolphe Thiers.

 

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Napoléon IV

 

Émile Ollivier a également fondé un journal, "Le Démocrate", afin de défendre ses idées, et, une fois au pouvoir, défendre sa politique.  L'ancien chef du gouvernement s'inspire sur le principe d'Abraham Lincoln en utilisant les moyens les plus modernes en vue de promouvoir son programme. Les colonnes du "Démocrate" sont remplies par de jeunes journalistes libéraux et ses articles sont réputés pour le sérieux et la fiabilité de leurs informations. Cependant, "Le Démocrate" bien qu'opposé sur beaucoup de sujets à Thiers, ne tombe pas dans l'outrance qui est la marque de fabrique des feuilles républicaines.

 

Enfin, Ollivier commence la composition de son œuvre majeure, « L'Empire libéral », qui est à la fois un projet politique mais également une justification de son œuvre. En effet, les Français conservent une rancœur tenace contre Émile Ollivier qu'ils jugent comme étant un des responsable de la perte de l'Alsace-Lorraine. Ainsi, Ollivier a beau avoir le soutien de certains députés, le retour au pouvoir semble encore loin pour lui.

 

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Une édition de l'Empire libéral d’Émile Ollivier

 

Le bras de fer entre les 2 hommes prend une autre tournure à l'approche des élections législatives de 1875.

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La majorité de Napoléon IV, son mariage, la guerre outre-mer et les élections de 1875

 

Dans les années qui suivent, soucieux, toujours, de préparer la France a une nouvelle guerre contre l’Allemagne, Thiers s’appuie sur l’ingénieur militaire Raymond Adolphe Séré de Rivières, qui était parvenu à contenir les insurrections républicaines à Lyon en Septembre 1870, afin de bâtir un solide réseau de fortifications le long de la nouvelle frontière orientale de la France en s’appuyant soit sur les forteresses déjà existantes comme Belfort, soit en en créant de nouvelles comme Épinal.

 

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Raymond Adolphe Séré de Rivières

 

Le chef du gouvernement a raison d’être prévoyant car, Bismarck, craignant le redressement de la France, qu’il juge trop rapide, prépare une « guerre préventive » contre son ennemie.

 

Mais c’est alors que le Tsar, qui avait soutenu la Prusse en 1870, se déclare opposé à cette nouvelle guerre et fait suffisamment pression sur Bismarck pour que le Chancelier de fer abandonne ses projets de guerre.

 

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Le Tsar Alexandre II

 

On peut voir là les premières esquisses du rapprochement ultérieur Franco-Russe.

 

En parallèle, Napoléon IV veut se marier et lors d’un voyage diplomatique à Londres, en 1874, le premier après sa majorité, celui-ci tombe sous le charme de la benjamine de la Reine Victoria, la princesse Béatrice, qui n’est pas non plus insensible à son charme. Les fiançailles sont rapidement officialisées.

 

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La future Impératrice des Français, Béatrice, en 1868

 

La France a, d’ailleurs, au-delà de l’amour mutuel que se porte le couple, besoin d’alliés autre que l’Italie pour faire face à l’Allemagne. Pour une fois d’accord, l’Empereur et le chef du gouvernement décident d’un commun accord d’envoyer des négociateurs à Saint-Pétersbourg afin de « tâter » le terrain mais pour l’instant, malgré l’aide du Tsar pour empêcher une guerre contre l’Allemagne, celui-ci reste un proche ami du Reich allemand.

 

Quelques mois plus tard, Napoléon IV Bonaparte se marrie. Béatrice de Saxe Cobourg Gotha devient impératrice des Français. Bientôt naîtra l'héritier du trône, Charles Napoléon Bonaparte.

 

Quelques temps après, Napoléon IV se rend à Rome où il rend visite à son allié et ami, le Roi Victor-Emmanuel II. Cependant, il se rend également au Vatican où il rencontre le Pape. Cette visite papale choque les Républicains qui dénoncent la collusion entre l'Empire et la Réaction ! A ces accusations, Thiers répond lors d'un discours au Corps législatif que la France est et restera concordataire. Qu'elle protège par conséquent les Français pratiquant les religions minoritaires (Protestants et Juifs en ce qui concerne la Métropole) et leur offre le libre exercice de leur culte mais que la France entretenant des relations diplomatiques avec la Papauté, l'Empereur des Français peut donc effectuer des visites officielles auprès du Saint-Siège et même voir le Pape en tant que fidèle catholique, Thiers soulignant que le Catholicisme est la religion de la majorité des Français. Inutile de dire que plus on allait vers la Droite du Corps législatif, plus cette réponse fut applaudie chaudement.

 

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Le Pape Pie IX.

 

Par ailleurs, malgré la fin décrétée des grandes expéditions outre-mers, le gouvernement Thiers décide de réagir par la force, pour des raisons de prestige, à l'attaque par les Annamites en 1873 d'une expédition française sur le Fleuve rouge. D'importants renforts de marine sont envoyés à Saïgon et on entreprend la conquête systématique de l'Empire d'Annam. Les Annamites résistent héroïquement, soutenus par les Pavillons noirs chinois et, bientôt, l'armée de l'Empire du milieu qui veut défendre son « vassal » théorique. La Marine impériale intervient, écrase son homologue chinoise, dépassée technologiquement, et peut mener une série d'opérations amphibies sur les îles d'Hainan et de Formose. Le jeune Napoléon IV est enthousiasmé par les récits de victoire des armées françaises en Asie même s'il est de plus en plus conscient qu'il faut plutôt concentrer les moyens français en Europe contre l'Allemagne.

 

Néanmoins, la Chine est suffisamment puissante pour défendre le cœur de son territoire et ne perdre la guerre qu'à la marge (En Annam, dans les îles de Formose et Hainan) tandis qu'il faut tout le courage des Marsouins pour repousser la contre-offensive chinoise à Lang-Son.

 

Au traité de paix de Tsien-Tsin, la Chine reconnaît le protectorat français sur ce qui reste de l'Empire d'Annam (hors Cochinchine donc qui reste une colonie), tandis que la France renonce à annexer Formose et l'île de Hainan pour ne pas déplaire au Royaume-uni. Le traité contraint également la Chine à s'ouvrir un peu plus au commerce international. De plus, exigence impériale, la France est reconnue protectrice des Catholiques chinois.

 

Cette défaite sera une goutte de plus dans le vase de la colère du peuple chinois face aux humiliations que lui imposent les étrangers.

 

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Combat entre l’Armée impériale française et l'Armée impériale chinoise.

 

2 ans plus tard, en 1875, se tiennent les élections législatives en vue de renouveler le Corps législatifs de l’Empire français. L'Union libérale est largement favorite, Ollivier étant peu populaire, mais les quelques députés que risque de remporter sa coalition suffira à lui faire perdre sa majorité à la Chambre, le Sénat étant désormais hors de son contrôle. Thiers peut toujours compter sur « l'achat » de quelques indépendants, mais cela risque de s'avérer insuffisant. Notons que les 2 autres forces qui comptent en France, même si elles n’ont aucune chance d’accéder au pouvoir, sont l’Union conservatrice des Bonapartistes autoritaires et l’Union républicaine quoi que cette dernière va encore gagner en influence.

 

Bien que les services de renseignements prévoient un net renforcement de la domination de l’Union républicaine dans les villes ce qui inquiète le plus Thiers c'est les quelques circonscriptions, étonnement des circonscriptions rurales, que risque de remporter Ollivier.

 

Thiers se décide donc à jouer sa dernière carte et à faire un vaste tour de France en vue de défendre sa politique et son programme, de plus en plus conservateur, principalement dans les campagnes où une victoire de l'Union démocratique est probable. En effet, Thiers doit gagner largement pour contrecarrer le poids du Sénat.

Le programme d’Ollivier est progressiste et démocratique. Il prévoit, entre autre, l’école gratuite et obligatoire, au grand dam des Républicains qui prévoient la même chose. Cependant, pour ne pas froisser l’électorat de centre-droit, et, surtout, l’Empereur, cette école ne sera pas laïque dans ses programmes (mais les professeurs seront eux, des laïcs) au contraire de ce que les Républicains ont écrits dans leur programme. Ainsi, dans les écoles de confession catholiques seront prévus des cours de morale chrétienne. De même dans les écoles de confession juive seront prévus des cours de morale hébraïque. Ainsi, non seulement le système éducatif qu’avait mis en place Victor Duruy sera remis en place, mais les réformes prévues seront encore plus audacieuses sans pour autant aller jusqu’à la révolution laïque envisagée par Gambetta et Ferry.

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La chute de Thiers, ses conséquences et la question d'Orient

 

L'Union conservatrice avait remporté les élections, des élections qui virent une cinquantaine de députés républicains faire leur entrée au Corps législatif ! L'Union démocratique avait moins d'une dizaine de députés. Ollivier lui même fut battu par un Républicain dans sa circonscription marseillaise et son parti sera bientôt réabsorbé par une nouvelle coalition politique.

 

L'Appel au Peuple…

 

Si Thiers était incapable d'obtenir l'investiture, il était suffisamment puissant pour empêcher l’élection d'une autre personne. Il espérait ainsi qu'à force de lassitude, il finirait par être reconduit.

 

C'était sans compter sur Napoléon IV, qui connaissait la personnalité adéquat pour obtenir une large majorité dans les 2 chambres.

 

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Buste de Napoléon IV

 

Il leur propose, comme nouveau chef du gouvernement, un homme admiré par beaucoup de Français, et détesté par tous les autres. Qu'importe, les députés du Corps législatif lui voteront à coup sûr l'investiture. Sans compter que le Sénat suivra les consignes impériales.

 

Cet homme, c'est François Achille Bazaine, Duc d'Oaxaca, vainqueur des Républicains parisiens.

 

C'est en civil que le Maréchal d'Empire se présente aux députés. Acclamés par les Bonapartiste autoritaires, les Libéraux et les quelques démocrates, copieusement hués par les Républicains (qui seront expulsés de l'hémicycle pour cela). Ne voyant plus d'opposition et n'entendant plus que des vivats, le Président du Corps législatif notifie que cette acclamation fait figure de vote. Dans la foulée, Napoléon IV nomme Bazaine Chef du gouvernement.

 

Dans son discours d'investiture, Bazaine, profondément attaché à l'Empire, promet à la fois de défendre l'Ordre, les principes du Concordat (et non pas la seule foi catholique) mais aussi la Liberté et la Constitution.

 

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Allégorie de la Constitution de l'Empire français

 

Bazaine forme un cabinet de coalition auquel se joignent l'Union libérale, les quelques démocrates mais aussi les ultra conservateurs de l'Union conservatrice. Seuls les Républicains en sont exclus.

 

Dans la foulée, l'ensemble des députés loyaux à l'Empire sont rassemblés dans une vaste coalition intitulée « L'Appel au Peuple ».


Napoléon IV reprend donc la main, vu que le chef du gouvernement lui est d'un dévouement sans bornes.

 

Pourtant, l'Empereur connaît les aspirations à plus de libertés et la volonté de réforme du peuple français. C'est ainsi, que Bazaine fait voter à une large majorité, en Décembre 1875, la réforme prévoyant de rendre l’école gratuite et obligatoire en France.

 

Comme le mentionnait Ollivier dans son programme...

 

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Victor Duruy, celui qui a posé les bases de l'école française pour tous. Sénateur inamovible en 1875.

 

Le Corps législatif débattu ensuite de l’opportunité de faire adopter une nouvelle réforme annulant la loi Le Chapelier de 1791 qui, on le sait, interdisait les coalitions en France. En effet, Napoléon IV n'était pas défavorable à la cause ouvrière, bien que ses derniers soient largement Républicains et il souhaitait qu’un équivalent des syndicats soit autorisé en France pour espérer les rallier à l'Empire. Néanmoins, le projet de loi gouvernemental prévoyait un retour des « Coalitions » et non l’autorisation de Syndicats pour ne pas effrayer les députés conservateurs et réactionnaires et faire imploser l'Appel au Peuple.

 

Cependant, l’attention du Corps législatif allait être détournée des affaires sociales par les graves événements qui se déroulaient dans les Balkans.


En effet, la première grave crise internationale à laquelle doit faire face le cabinet Bazaine et Napoléon IV majeur commence en 1876 dans les Balkans. En effet, les populations chrétiennes, notamment les Bulgares, de cette région ont décidés de se soulever contre le gouvernement des Ottomans. Constantinople réagit avec une extrême violence à ces soulèvements en massacrant des milliers de personnes en Bulgarie. L’Europe s’émeut et pour une fois, Victor Hugo, l’exilé, et l’Empereur, sont d’accord pour condamner ces massacres. La Russie, qui se veut la protectrice des populations orthodoxes de l’Empire turc proteste mais se montre opposée à la mission à Belgrade du général Tchernaiev qui prend de son propre chef le commandement de l’armée serbe contre les Turcs mais se fait rapidement battre par les armées de la Porte.

 

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Un commandant Bachi-Bouzouk, l'unité responsable du carnage en Bulgarie

 

En Décembre, commence une conférence à Constantinople sur la question à laquelle participe l’Empire ottoman bien sûr mais aussi sa protectrice, la Grande-Bretagne, la Russie et l’Autriche-Hongrie. Ces deux dernières réclament l’autonomie des territoires chrétiens de l’Empire turc mais les Ottomans tiennent bons, soutenus par l’Angleterre et s’octroient même une constitution qui affirme l’indivisibilité de l’Empire.

 

La guerre apparaît alors inévitable. L’Empire français, dont le souverain refuse, contrairement à son père, d’aider les Turcs contre les Russes, reste neutre et soutient même secrètement, afin de ne pas irriter Londres et de se rapprocher de l’Empire des Tsars, la Russie via des propos d’encouragement.

 

Le Tsar Alexandre II organise sa coalition à laquelle se joint la Roumanie, encore officiellement divisée en 2 principautés (Moldavie et Valachie) vassales de la Porte, la Serbie et le Monténégro, au statut similaire mais pas la Grèce, suite aux pressions exercées par Londres. En parallèle, il obtient la neutralité bienveillante de François-Joseph contre la promesse que la Double-Monarchie recevra la Bosnie et l’Herzégovine.

 

La débâcle ottomane est totale et en moins d’un an, les Russes sont aux portes de Constantinople. Le Tsar peut alors imposer aux Turcs le Traité de San Stefano qui crée une Grande Bulgarie ayant un accès à la mer Égée et qui devient une principauté vassale de la Porte.

 

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La traversée du Danube par les forces russes.

 

En parallèle, la Roumanie obtient sa complète indépendance, tout comme la Serbie et le Monténégro. Cependant, la Roumanie, si elle obtient la Dobroudja avec le delta du Danube, perd, au profit de la Russie, le sud de la Bessarabie et la ville d’Ismail, perdu par la Russie à l’issue de la guerre de Crimée. Le Monténégro est mécontent car il n’obtient pas de débouché sur la mer, suite aux pressions austro-hongroises, tandis que la Serbie proteste car elle n’a reçu que peu des territoires peuplés de Serbes.

La Russie, elle, obtient, en plus du sud de la Bessarabie, des gains territoriaux dans le Caucase.

 

Ce traité mécontente donc à peu près tout le monde, sauf la Russie et les Bulgares, bien évidemment. Le Royaume-Uni, qui avait déjà envoyé une flotte pour protéger Constantinople des Russes, s’oppose au traité dit de San Stefano tout comme l’Autriche-Hongrie, qui est furieuse de ne pas avoir reçu la Bosnie et l’Herzégovine.

Bismarck, soucieux de préserver une paix européenne favorable à la prédominance allemande sur le vieux continent, fait alors convoquer une nouvelle conférence de paix à Berlin, où il invite les principales puissances européennes, dont l’Empire français.

 

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Le Congrès de Berlin

 

Un nouvel accord est signé le 14 juillet 1878, mettant fin au projet de Grande-Bulgarie. Celle-ci est coupée en deux : au nord, elle devient la principauté autonome de Bulgarie avec Sofia comme capitale ; au sud, la Roumélie orientale, semi-autonome, reste une province de la Turquie. La Thrace et la Macédoine reviennent dans le giron ottoman.

La Russie et la Roumanie gardent à peu près leurs gains territoriaux acquis à San Stefano, sauf dans le Caucase où Bajazet est rendue à la Turquie. La Serbie voit son territoire agrandi. Le Monténégro obtient moins qu'à San Stefano mais acquiert son débouché sur la mer.

 

Clause importante, l'Autriche-Hongrie met la main sur la Bosnie-Herzégovine, qui, bien que restant une province ottomane, est occupée militairement par les armées de la Double-Monarchie, et sur le Sandjak de Novipazar, une enclave située entre la Serbie et le Monténégro. Cette prise de possession sera une source de conflits grandissante avec la Serbie.

 

Plusieurs autres clauses accroissent notablement l'influence des puissances occidentales dans l'Empire ottoman :

 

Chypre est cédée à l'Empire britannique

 

le Royaume-Uni devient le protecteur officiel des juifs de l'Empire ottoman

 

la France devient la protectrice officielle des chrétiens maronites et catholiques de l'Empire ottoman

 

l'Italie devient la protectrice officielle des chrétiens et des juifs de Tunisie et de Tripolitaine

 

la France peut occuper la Tunisie mais le gouvernement impérial obtient que l'Italie puisse occuper de son côté la Tripolitaine et la Cyrénaïque tandis que Versailles offre des avantages divers aux citoyens italiens résidents en Tunisie ainsi que des droits de mouillage à la Flotte italienne dans les ports tunisiens, en vertu de l'Alliance militaire entre les deux pays. Napoléon IV déjoue donc les manœuvres de Bismarck qui voulait que la France et l’Italie se disputent au sujet de l’occupation de la Tunisie

 

l’Égypte devient complètement et officiellement indépendante, suite à une demande de la France.

 

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Les Balkans à l'issue du Congrès de Berlin.

 

Les opinions russes et bulgares seront outrées par les clauses de ce nouveau traité. L'opinion russe y voit une trahison de l'Allemagne, qu'elle tient pour responsable du recul de la Russie dans la région. Il s'ensuivra un relâchement des liens germano-russes dans les années suivantes. L'opinion bulgare y voit un « coup de poignard dans le dos » de la part de l'Occident mais tient surtout pour responsable la Grande-Bretagne, perçue comme la protectrice de l'Empire ottoman.

 

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Allégorie du massacre inutile de soldats russes lors du conflit.

 

La même année, est signé le Pacte de Zanjón qui met fin à la guerre d'indépendance cubaine et octroie l'autonomie à l'île tandis qu'est (enfin) enclenché le processus d'abolition de l'Esclavage dans l'Empire espagnol. En 1883, le roi Alfonso XII fait voter par les Cortès une loi transformant les Philippines ainsi que Porto Rico en Provinces espagnoles ayant des représentants à Madrid. Napoléon IV fut en partie derrière cette loi, proche de celle en vigueur pour l'Algérie.

Modifié par Vivelempereur

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Napoléon IV, Bazaine et l'Algérie.

 

Certes, priorité est donnée à la préparation de la Revanche sur l'Allemagne par le gouvernement Bazaine, mais Napoléon IV et son chef du gouvernement n'oublient pas que la France est aussi présente de l'autre côté de la Méditerranée.

 

Digne fils de son père, l'Empereur des Français a un grand projet pour ce pays qui ne va pas dans le sens de ce que veulent les colons, d'ailleurs pour cette raison favorables majoritairement à la République.

 

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Scène de vie en Algérie coloniale.

 

Mais le Parlement français n'est pas forcément très ouvert sur la question algérienne. Bazaine et Napoléon IV le savent et c'est en menaçant de démissionner que Bazaine obtient le vote favorable du Corps législatif, le Sénat votant la réforme par fidélité à l'Empereur.

 

Par cette loi, la nationalité française pleine et entière est accordée aux Musulmans et aux Juifs d'Algérie sans qu'ils ne doivent pour cela renoncer à leur religion comme c'était le cas jusqu'à présent.

 

Cependant, on n'oublie pas de préparer la France au futur choc avec le Reich. Bazaine fait voter diverses lois modernisant l'Armée française notamment une loi contraignant les prêtres à effectuer leur service militaire.

 

En parallèle, de grandes manœuvres militaires ont lieu à la frontière allemande, dirigées par Napoléon IV lui-même, commandant en chef des armées en vertu de la constitution de 1870.

 

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Manœuvres militaires françaises à la frontière allemande

 

Bazaine envoie également son Ministre des affaires étrangères à Londres afin d'y tâter le terrain en vue de la signature d'une Alliance militaire en bonne et dû forme mais il n'en revient qu'avec un Traité d'amitié, les Britanniques ne voulant pas s'engager plus loin tout en voulant démontrer leur sympathie pour la France impériale.

 

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Benjamin Disraeli, Premier ministre britannique

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L'occupation franco-britannique de l’Égypte.

 

L’Égypte était certes devenue un État pleinement et officiellement indépendant depuis le Traité de Berlin de 1878 grâce à l’action de l’Empire français, mais ce pays était bien trop important aux yeux de l’Empire britannique, car situé sur un axe stratégique conduisant à l’Empire des Indes depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, pour pouvoir rester longtemps en dehors de la mainmise anglaise.

 

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L'une des premières traversées du Canal de Suez.

 

En effet, les Anglais connaissaient l’influence qu’avait la France auprès de celui qui se faisait désormais appeler le Sultan d’Égypte et ils désiraient par-dessus tout la supplanter. Dans les années 1870, la politique modernisatrice acharnée menée par Ismaïl Pacha avec le soutien des banques françaises conduisit constamment le pays au bord de la banqueroute, mais à chaque fois, le gouvernement français, soucieux de maintenir son influence dans le pays, épongeait les dettes du gouvernement égyptien. Dans le domaine militaire, bien qu’il eut conquis le Darfour en 1874, il subit plusieurs désastres en Abyssinie face aux armées éthiopiennes ce qui aggrave encore plus la situation économique de son pays.

 

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Le Sultan Ismaïl

 

Bazaine connaît les ambitions anglaises sur le pays et, à la recherche de moyens de renforcer les liens Franco-britanniques, décide de proposer à Londres un « Gentlemen’s Agreement » sur l’Égypte avec l’établissement d’un condominium Franco-britannique sur le pays et l’installation de garnisons des deux pays dans les principales villes du pays et pour protéger le canal de Suez.

 

L’Empire britannique et son premier ministre, Benjamin Disraeli, acceptent et un ultimatum est envoyé au Sultan Ismaïl qui capitule et abdique en faveur de son fils, Tawfiq.  Cependant, un révolte nationaliste éclate à l’annonce de l’occupation du pays par les Franco-britanniques et l’armée se range du côté des insurgés ce qui contraint Londres et Versailles à devoir mettre en place une véritable expédition militaire pour pouvoir occuper l’Égypte. Néanmoins, l’armée égyptienne est rapidement débordée par les alliés Français et Anglais.

 

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Tawfiq Pacha

 

C’est alors qu’au Soudan, territoire égyptien depuis les conquêtes de Mehemet Ali, éclate un soulèvement indépendantiste mené par celui qui se fait appelé le « Mahdi ». Les garnisons égyptiennes sur place sont massacrées ou se rallient aux insurgés. Les commandants français et anglais de l’expédition qui a occupé l’Égypte décident de mater l’insurrection par la force.

 

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Le Mahdi.

 

Les forces du Mahdi sont écrasées sous le nombre et des garnisons françaises et britanniques s’installent dans tout le Soudan. Ainsi, des garnisons françaises sont stationnées à la frontière avec l’Abyssinie, ce qui aura d’importantes répercussions quelques années plus tard, lorsque l’Italie se lancera à l’assaut de l’Empire de Ménélik.

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La politique coloniale de Napoléon IV et Bazaine

 

Bien qu'une certaine unanimité existait au sein de « L'Appel au Peuple » sur la politique à conduire et autour de la personnalité de Bazaine, le personnel politique de l'Empire hésitait, selon l'origine politique des députés et sénateurs et les différents groupes de pression qui les soutenait (ainsi il existait un « Parti colonial » informel au sein de la chambre), entre une politique de conquête coloniale ou bien une politique donnant la priorité à la revanche sur l'Allemagne.

 

Dans ce débat, Bazaine, en accord avec l'Empereur, tranchera. Il fait voter une hausse des crédits militaires destinés à l'Armée de terre de Métropole. Les gouverneurs coloniaux devront continuer à étendre l'influence outre-mer de la France quasiment par leurs propres moyens, comme ils le font depuis 1870 (A l'exception notable des opérations en Égypte, en Tunisie et, bien évidemment, de la guerre contre la Chine). La France privilégie une politique de traités d'amitié plus ou moins assimilés à des traités de protectorat à l'annexion pure et simple de territoires ultra-marins. C'est ce qu'on appellera plus tard la Politique d'association.

 

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Louis Faidherbe, l'un des artisans de l'expansion française vers l'Ouest depuis le Sénégal.

 

En effet, l'Empereur est désormais le maître du pays par le contrôle qu'il exerce sur le pouvoir législatif, via Bazaine, en plus du pouvoir exécutif que lui confère le Constitution de l'Empire français. Or, celui-ci, s'il n'est pas contre une politique coloniale de grandeur et de prestige, ne veut absolument pas « dégarnir » la Métropole de ses troupes pour conquérir un domaine africain. Néanmoins, Napoléon IV commence à se laisser convaincre par la sphère catholique de mener une politique où « le crucifix, suivrait le fusil. ». En d'autres termes, conquérir des territoires africains pour y répandre la « bonne parole ». Cependant, économe en troupes, l'Empereur préfère quand même éviter l'usage du fusil et se contenter du crucifix. Néanmoins, si cette politique sera un succès dans les régions animistes, elle ne fera qu'accroître la résistance des populations musulmanes de la région du fleuve Niger à la pénétration française. Napoléon IV s'abstient cependant d'appliquer cette politique de prosélytisme religieux en Algérie, bien conscient que cela ruinerait sa politique d'intégration.

 

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Un "Père blanc", un des porteurs du crucifix qui suit les fusils français en Afrique.

 

Dans le monde, Napoléon IV assiste impuissant à la défaite des Indiens de l'Ouest américain pour lesquels il a énormément de sympathie et est heureux que la même chose ne se soit pas produite en Algérie. Dans cette optique, il maintient une amitié sincère avec la Perse et signe un traité d'amitié et de coopération avec le Siam, tout en signifiant aux Britanniques que le pays fait partie de la sphère d'influence française. Les Français aideront le Roi Rama à moderniser son pays (En effet,en 1881 fut signé le Traité Franco-Siamois. Le Siam évacue Luang Prabang, qui devient un Protectorat français tandis qu'en échange, la France soutiendra l'indépendance et la modernisation du Siam). Dans le même temps, les militaires français basés au Sénégal signent une série de traité d'alliance avec les rois africains de la vallée du fleuve Niger, y installant l'influence française mais de façon loyale. Cependant, la politique prosélyte de l'Empereur provoque de nombreuses rebellions de la part des souverains africains musulmans à l'arrivée des missionnaires catholiques. Finalement, l'Empereur décidera de ménager également les populations musulmanes de la Vallée du Fleuve Niger. Les militaires français assurent aussi l'influence de l'Empire à l'intérieur des terres gabonaises et ivoiriennes, en s'associant aux rois locaux, monarques locaux qui se convertissent rapidement au catholicisme, assurant ainsi la pérennité de leurs royaumes. Au Sahara, les Français rencontrent une résistance acharnée de la part des Touaregs en plus du climat extrême.

 

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Une colonne de Touaregs dans le Hoggar.

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Tentative de réforme constitutionnelle, chute de Bazaine et émergence de l'Union démocrate-socialiste

 

1886 : Le second mandat de Bazaine à la tête du gouvernement impérial touche à sa fin. C'est à cette époque que Napoléon IV veut revenir sur la modification constitutionnelle interdisant les Sénatus-consultes car il souhaite directement s'adresser au peuple via plébiscite.

 

Le Parlement (dont le Sénat, ce qui est surprenant) s'y oppose, une fronde parlementaire commence. L'Empereur, qui craint une nouvelle guerre civile, décide de renvoyer Bazaine. Un cabinet de transition prend sa place auquel se rallient plusieurs députés républicains conduits par Jules Grévy (qui devient ministre), qui considèrent que le Régime étant devenu démocratique, et las de l'opposition stricte impulsée par Gambetta, ils peuvent participer loyalement au jeu parlementaire. Le Régime devient définitivement parlementaire tandis que l'Appel au peuple se dissout en plusieurs partis politiques. Seuls les Bonapartistes autoritaires conserveront le nom de l'Appel au Peuple, par loyauté envers l'Empereur.

 

C'est dans ce contexte nouveau, à la veille des élections législatives de 1887, que l'on a beau prédire à l'Union républicaine une légère augmentation de son nombre de députés, le pouvoir lui apparaît encore inaccessible. D'autant plus qu'en plus de la défection de Grévy et ses amis à sa droite, à sa gauche, les ouvriers qui, on le sait en dépit de l'ouverture sociale de Napoléon III puis celle de son fils après la chute de Thiers et l'avènement de Bazaine, votaient majoritairement pour l'Union républicaine, sont désormais de plus en plus attiré par les idées socialistes, au grand désespoir de Gambetta.

 

Léon Gambetta décide de réagir et parvient à convaincre les Républicains de décaler vers la gauche leur projet politique. Désormais, ils feront campagne pour une République sociale et s'associeront des candidats de l'extrême-gauche.

 

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Léon Gambeta

 

Heureusement, plusieurs jeunes pousses émergent chez les Républicains et Gambetta envoie l'une d'entre elles faire campagne, au nom de l'Union républicaine, au Creusot, contre le redoutable Schneider, celui que l'on surnomme le « Député inamovible » en référence aux Sénateurs nommés à vie par l'Empereur.

 

Henri Schneider n'a rien contre la démocratie, tant qu'il est élu et qu'il peut exploiter ses ouvriers. Or, le candidat républicain, Jean Jaurès, n'a pas l'intention de se faire facilement dévorer par le riche industriel.

 

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Le blason de la famille Schneider

 

Malgré les pressions des hommes de main du riche industriel, inquiet face à la montée en puissance de Jaurès et au succès de ses idées, alors parfaitement modérées (si ce n'est qu'il est contre l'Empire), qui provoquent des incidents lors de ses réunions électorales, Jaurès parvient à rallier suffisamment de suffrages pour être élu et ainsi entrer au Corps législatif.

 

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Le nouveau député, Jean Jaurès

 

Cependant, cette découverte de la souffrance des ouvriers l'a ébranlée. Certes, de nombreuses lois sociales ont été votées par le Corps législatif mais la situation est encore très difficile pour le peuple des usines.

 

Jaurès, désormais député, commence son action mais qu'elle n'est pas sa surprise lorsque Gambetta lui reproche de vouloir participer de manière réformiste à la vie politique de la France, en préparant un projet de loi sociale, et non simplement en votant les motions de censure et en faisant de beaux discours.

 

Mais Jaurès a beau être jeune, il n'a pas l'intention de se faire dominer par Gambetta et il décide même de rompre avec lui et le Républicanisme intransigeant et décide de fonder l'Union démocrate-socialiste, un nom qui a comme objectif de ne pas trop effrayer le gouvernement tout en exposant le fond de son programme.

 

Jaurès siégera désormais seul à l'extrême-gauche du Corps législatif.

 

Cette scission passe, au départ, presque inaperçue, surtout qu'au départ, il n'étonne personne en s'opposant avec virulence à la fois à la politique belliciste envers l'Allemagne, en prônant la paix puis au votant contre l'allocation des crédits pour les guerres coloniales mais, qu'elle n'est pas la surprise quand, au contraire de Gambetta et ses amis, il vote en faveur d'une loi impériale en faveur des ouvriers !

 

Par ailleurs, Jaurès, auquel on a d'abord monté la tête contre la dynastie et l'Empereur, comprend que Napoléon IV n'a rien contre la démocratie et la cause ouvrière, mais qu'il doit tout de même se battre pour les ouvriers dans ce Corps législatif composé quasiment à moitié de notables conservateurs.

 

Bazaine parti fin 1886 comme on l'a vu, la valse des gouvernements a en effet commencée dès avant les élections de 1887 et s'est accélérée après l'éclatement politique consécutifs aux résultats.

 

Cependant, la France va bientôt connaître une choc politique et moral qui va recomposer complètement l'échiquier politique de notre pays.

 

Au Brésil, l'Empereur Pierre II a fait voter par le Parlement une loi interdisant l'esclavage dans son pays en 1888. Mais il est las du pouvoir et pense que son Empire n'a pas d'avenir car il n'a pas d'héritier mâle, seulement sa fille, Isabelle. Néanmoins, Napoléon IV, qui refuse de voir un Empire frère tomber par simple lassitude de son dirigeant envoie son ambassadeur faire le siège de Pierre II et il finit par le convaincre d’abdiquer en faveur de sa fille, Isabelle. Pierre II refusant qu'une femme  ne soit assise sur le trône (bien qu'il soit un monarque progressiste pour l'époque), Isabelle abdiquera automatiquement en faveur de son fils, Pierre, né en 1875. Il devient Empereur sous le nom de Pierre III tandis qu'une Régence sera exercée par sa mère en attendant sa majorité. Il était temps car un Coup d’État de militaires républicains et partisans d'une dictature se préparait. Ceux-ci prennent peur et décide de déclencher leur coup avant l'heure prévue mais ils sont vaincus et jetés en prison. Ainsi, l'Empire parlementaire survit avec à sa tête la Régente Isabelle et son fils, l'Empereur Pierre III.

 

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L'Empereur Pierre II du Brésil

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