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[CMANO] Impossible n’est pas Iranien

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[CMANO] Impossible n’est pas Iranien

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Jeu : Command Modern Air Naval Operations Wargame of the year edition.

Scénario : “Attack on H-3”, scenario communautaire lourdement modifié par mes soins

Camp : Iran

 

Contexte : Première guerre du Golfe (Guerre Iran-Irak), 1980-1988

Date : 4 avril 1981

 

Introduction

Les relations entre l’Iran et l’Irak sont tendues depuis plusieurs décennies, notamment à cause du statut de la navigation maritime sur le Chatt-el-Arab, à la frontière entre les deux pays. La découverte de pétrole dans la région du Kouzistan, qui inclue le fleuve, et la présence d’une majorité arabe, et non perse, attise les convoitises des baathistes irakiens, arrivés au pouvoir en 1968. La Révolution Iranienne de 1978-1979 et son ambition pan-islamiste s’inscrit également en contradiction totale avec le baathisme et ses aspirations nationalistes arabes.

 

Espérant profiter du chaos, conséquence de la révolution islamique et de ses purges touchant l’Iran, l’Irak de Saddam Hussein lance le 22 septembre 1980 une attaque massive et surprise contre son voisin persan. Cette attaque, ciblée sur le Khouzistan que Saddam espère annexer, remporte un succès initial mais est bien vite non seulement arrêtée par des Iraniens étonnamment résilient, mais en plus progressivement contrée. Les troupes irakiennes échouent aux portes d’Abadan, dont le siège débute en novembre 1980 mais traîne en longueur. Son échec marque la fin de la première phase de la guerre, celle de l’initiative irakienne.

 

L’année 1981 voit les deux belligérants en position largement défensive, avec toutefois le lancement d’une opération iranienne à Dezful en janvier, qui se solde elle aussi par un échec. Elle amène l’Irak à tirer ses premiers missiles, non des Scuds, qui entrent en scène plus tard, mais des 9K52 Luna-M/FROG-7, contre les civils. Dans les airs, les forces iraniennes ont l’ascendant sur leur ennemi, à tel point que les appareils les plus précieux sont déplacés loin à l’est de l’Irak, sur le complexe H-3 (sur le pourquoi de cette domination iranienne, voir un prochain AAR !).

 

Les renseignements iraniens affirment de plus que l’Union Soviétique ainsi que la France ont livré en début d’année de nouveaux appareils à leur ennemi et que l’Egypte fournit des pièces détachées. Des bombardiers Tu-16 et Tu-22 ainsi que des Mirages F-1 seraient ainsi parvenus sur les bases irakiennes. L’état-major irakien considère son aviation, notamment ses précieux bombardiers, à l’abri sur l’H-3. Les Iraniens vont lui prouver qu’il a tort.

 

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Le complexe H-3

 

Ce complexe regroupe trois bases aériennes avec, sur chacune, une infrastructure colossale : tout le nécessaire au ravitaillement, quatre pistes en tout dont deux de près de 3km chacune, plus de places de stationnement pour les appareils que ce qui est nécessaire, ainsi qu’un réseau de radars et de défenses antiaériennes modernes.

 

Révélation

Tout d’abord, au sud-ouest :

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Au nord-ouest :

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Et surtout, le complexe central, la base Al-Walid.

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Il est fort probable que les bombardiers soient stationnés sur la base principale en raison des deux pistes qui offrent une sécurité accrue en cas d’attaque. Il est même possible d’aller plus loin et de conjecturer que les emplacements des avions sont au croisement des deux pistes, à l’est. C’est en tout cas ce qu’un commandant un peu censé ferait… A condition d’estimer qu’une attaque contre la base est possible, ce qui n’est pas le cas des irakiens.

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Le complexe est loin à l’ouest, près de la frontière jordanienne. Aucun appareil dans l’arsenal iranien n’est en mesure d’atteindre cette cible et de rentrer sans ravitaillement aérien. Le plan initial consiste en un trajet des plus directs : en passant directement au nord de Baghdad, le trajet est le plus court. Cependant, le fait de rester moins longtemps dans l’espace aérien est compensé par la proximité de plusieurs bases aériennes, dont les deux autour de Baghdad, assurément en état d’alerte permanent. De plus, une fois Baghdad passée, il sera impossible de maintenir la surprise, le seul objectif stratégique à l’ouest est la base H-3.

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Un triumvirat de colonels de l’Armée de l’Air Iranienne, Javad Fakoori, Bahram Hooshyar et Fereidoon Izadseta, ont raffiné le plan original et proposé plusieurs variations (historiquement une seule, la 2).

 

Le plan n°2 consiste à longer la frontière nord du pays, où l’aviation irakienne est moins présente, pour ensuite virer vers le sud-ouest pour frapper H-3. La route est très longue et nécessite sans doute deux ravitaillements en vol pour l’aller seulement. Le relief est en revanche favorable à une infiltration : les Monts Sinjar à l’ouest de Mossoul offrent une couverture contre les radars irakiens.

 

Le plan n°3 passe entre Al-Kut, défendu par la base d’Al-Jarrah, et Al-Amarah. Baghdad est ainsi contournée, mais l’absence de surprise une fois Baghdad passée persiste.

 

Le plan n°4 est le miroir du plan n°2, mais passe très près de la base de Shaibah, dans une zone où l’armée irakienne est plus active. Le relief plat n’offre pas de couverture, mais les radars sont moins présents dans la région. La base aérienne de Shaibah est cependant assez active.

 

Après plusieurs heures de discussion, le plan numéro 2 est retenu. Il offre le double avantage de passer par une zone de faible activité irakienne en plus d’offrir un relief accidenté, susceptible de complètement masquer les avions participant à l’attaque pendant de longues minutes. Longer les frontières turques et iraniennes ouvre en plus des possibilités de leurrer l’ennemi en faisant passer nos avions pour des avions étrangers en patrouille.

 

Le plan

Le principal problème logistique de cette attaque est le carburant. Nous disposons de quatre appareils de ravitaillement aérien, des KC-25/Boeing 707 qui peuvent ravitailler quatre appareils chacun dans des délais raisonnables. Pour l’ensemble de l’opération, quatre missions de ravitaillement seront nécessaires, deux à l’aller et deux au retour. La première et la dernière auront lieu au-dessus du lac d’Ourmia tout au nord du pays. La deuxième et la troisième mission se feront dans l’espace aérien syrien, entre les monts Sinjar et les montagnes au nord du pays, dans le Kurdistan irakien.

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Avec une telle configuration, il ne peut y avoir que huit appareils en vol. Les avions les plus à mêmes de mener une telle opération dans l’arsenal iranien sont les F-4E Phantom II. La base d’Hamedan en abrite plusieurs du 31e Escadron Tactique de Chasseurs.

 

McDonnell Douglas F-4 Phantom II

Révélation

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Ces appareils ont été achetés du temps de la monarchie, à une époque où l’Iran était allié et client des Etats-Unis en matière d’armements. C’est un chasseur lourd, conçu pour affronter l’ennemi à l’aide de missiles antiaériens portant au-delà du champ visuel, avec une bonne capacité d’emport. En combat aérien, sa grande force est son accélération qui lui permet d’engager ses adversaires et de se désengager à sa guise. Malgré son poids et sa taille, il est assez maniable et possède une bonne capacité d’ascension.

 

Le F-4, dans sa version E, peut tout faire : supériorité aérienne, son rôle initial, mais aussi reconnaissance, SEAD, attaque au sol. Signe de sa versatilité, il est remplacé par quatre appareils : les F-14, F-15, F-16 et F-18. C’est aussi l’un des rares avions à avoir été utilisés à la fois par l’US Navy, le corps des Marines et l’US Air Force. Il est doté d’un canon embarqué, contrairement aux versions précédentes. Il est en effet courant chez les intercepteurs du début de la guerre froide de ne pas avoir de canon : on pense alors que le missile est l’alpha et l’omega du combat aérien. Cela s’est avéré désastreux au Viêt-Nam : le Nord et le Sud disposaient d’appareils similaires, il fallait donc les identifier visuellement, à l’aide de leurs insignes. A ces distances-là, le canon était bien plus utile.

 

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La configuration arrêtée est la suivante :

- quatre avions chargés de six bombes de 750 livres M117 forment le groupe Alvand

- quatre avions chargés de bombes à fragmentation BL.755 CB forment le groupe Alborz

Outre leur équipement d’attaque, ces avions possèdent deux missiles anti-aériens AIM-7M Sparrow et un pod de contre-mesures AN/ALQ-101 pour se défendre contre les appareils rencontrés et les missiles tirés contre eux.

 

Le principe est simple en théorique mais très dangereux en pratique. Les appareils voleront à basse altitude tout le long du trajet. Partant d’Hamedan, les huit F-4 se rendront au Lac Ourmia où ils procéderont au premier ravitaillement, avant de filer vers l’ouest pour procéder au deuxième ravitaillement au-dessus du Kurdistan. De là, ils attaqueront.

 

Elle se déroulera en deux temps. Le groupe Alvand a pour mission de neutraliser les pistes de décollage des trois bases en lâchant quatre bombes par piste. L’objectif est de sécuriser le site en empêchant tout avion de chasse au sol de décoller pour intercepter les F-4 et de repérer d’éventuels bombardiers stationnés au sol. La vague Alborz a comme principal objectif de détruire les avions au sol avec leurs bombes à fragmentation, sous la couverture d’Alvand. Il n’y aura que deux passages au maximum avant de faire demi-tour en prenant l’exact chemin inverse.

 

La base dispose d’un ensemble de défenses anti-aériennes relativement récent, des S-75M Volkhov/SA-2f et 9M32/SA-7a Grail au-dessus duquel il ne vaut mieux pas rester trop longtemps. Il y a sans doute des chasseurs sur place, mais nous ne savons pas avec certitude leur type ou leur état. L’Irak dispose de MiG-21 et de MiG-23, ce sont sans doute ces appareils que nous rencontrerons. A moins d’être repérés en vol, nous disposerons de l’effet de surprise et bénéficierons peut-être d’une défense moins acharnée que prévue.

 

En parallèle

Les patrouilles de routine ont lieu selon leur schéma habituel. Leur but est d’engager tout avion irakien identifié.

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Plusieurs appareils sont disponibles, ou le seront dans quelques heures, sans pour autant être affecté à une mission quelconque. Sur la base de Dezful, huit F-5E Tiger II sont prêts à décoller, quatre armés pour le combat antiaérien, quatre pour un bombardement au sol. Ils sont affectés à une mission de diversion contre Al-Amarah, consistant en le bombardement du poste radar et des bunkers, dans le but d’attirer les chasseurs irakiens dans la région et ainsi les éloigner du nord du pays. Des F-14 sont en attente à Omidieh.

 

4 avril 1981, 7h00, alors que les appareils sont quasi prêts à décoller, le briefing commence…

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(beaucoup de redite dans cette partie-là, mais vous aurez tous les détails sur la doctrine utilisée, pourquoi cette mission est suicidaire, et je peux vous présenter deux autres appareils au passage !)

 

Base aérienne de l’IRIAF à Hamedan, 7h00

 

Le colonel Fakoori entre dans la salle de briefing, où l’attendent les d’équipages, pilotes et navigateurs, engagés dans l’opération.

 

« L’opération que nous allons lancer dans quelques heures est capitale pour l’effort de guerre. Elle vise à détruire une portion de la flotte de bombardiers irakiens ou, à défaut, d’endommager leur base pour les empêcher d’agir au cours des trois prochains mois. Cette mission est le déclencheur d’un plan plus vaste, une attaque massive contre les positions irakiennes qui, en 180 jours, doit nous amener à la victoire totale.

 

Nous avons fait appel aux meilleurs pilotes de notre armée, car la mission qui s’annonce fera appel à l’ensemble de votre expertise. Pilotes du 31e TFS, vous vous embarquez dans une mission dangereuse : votre cible est loin en territoire ennemi, vous ne disposez d’aucun soutien d’aucune sorte, et votre retour est conditionné à la survie de plusieurs avions ravitailleurs. Fort heureusement, nos diplomates ont obtenu de nos amis Syriens un sauf-conduit vers la base de Palmyre en cas d’urgence. Sachez cependant qu’il est fort probable que vous soyez internés et vos avions cloués au sol si vous deviez y atterrir. Nous souhaitons évidemment votre retour sain et sauf et non votre capture, Inch’Allah.

 

Votre survie dépend de plusieurs phases de ravitaillement. Dans le but de maintenir cette opération strictement confidentielle, vous devrez procéder aux différents ravitaillements en vol à 100 mètres d’altitude seulement, et conserver une altitude basse tout le long de votre mission. Je n’ai pas besoin de vous rappeler le danger que représente une telle manœuvre quand on survole nos montagnes, c’est pour cela qu’on a fait appel à vous. Vous décollerez de Hamedan, vous vous ravitaillerez une première fois au-dessus du lac Ourmia, puis longerez la frontière turco-irakienne et irako-syrienne, et retarderez au maximum votre approche vers votre cible pour laisser planer le doute chez l’ennemi quant à votre identité et vos intentions. Vous devez obtenir l’effet de surprise, aussi, vous maintiendrez vos radars éteints ainsi qu’un silence radio total.

 

Dans environ une heure et demie, deux KC-25 décolleront d’Istanbul, où nous les avons maquillés en avions de ligne. Le premier volera transpondeur allumé, le second volera en silence à ses côtés. Ils doivent quitter leur couloir aérien à 10h00, couper tout transpondeur, et réduire leur altitude pour permettre votre ravitaillement au Kurdistan syrien. (…)

Votre cible est l’immense complexe H-3. (…)

 

Le gros de vos cibles se situera certainement sur la base Al-Walid, au cœur du complexe. Vous serez divisés en deux groupes, Alvand et Alborz. (…)

Alvand, votre mission est de rendre autant que faire se peut les pistes de décollage des trois bases inutilisables. Vous êtes quatre, il y a quatre pistes, je vous épargne les mathématiques. Vous lâcherez quatre de six vos bombes sur chacune de vos cibles. Les deux bombes restantes sont à utiliser à votre guise. Avec les pistes neutralisées, vous devriez réduire la force de réaction de l’ennemi. Vous devrez également ouvrir l’œil pour repérer toute formation de bombardier au sol et ainsi désigner des cibles pour le groupe Alborz.

Alborz, vous avez pour mission principale de larguer vos bombes à fragmentation sur toute formation d’avions repérée au sol. Chaque emplacement repéré devra être ciblé par une bombe. La BL.755 est conçu pour détruire les formations blindées, elles n’auront aucun mal à détruire des avions. Visez le centre des formations ennemies pour maximiser vos dommages. Ne vous détournez pas de vos cibles même si vous êtes attaqués. Chaque bombe qui tombe est un coup porté à l'ennemi.

 

Vous êtes autorisés à engager certaines cibles d’opportunité : les défenses antiaériennes, ainsi que tout avion décollant de la base pour vous intercepter. Dès que vous n’avez plus de bombes, couvrez vos frères et quittez la zone. Si l’ennemi venait à lancer des avions à votre poursuite, vous devrez les abattre, sans quoi ils ne front qu’une bouchée de nos ravitailleurs. Votre tactique habituelle consistant à accélérer et distancer l’ennemi ne suffira pas : votre niveau de carburant sera sans doute critique tout au long de la mission, vous devrez ignorer tous les avertissements à ce sujet et consommer jusqu'aux vapeurs de kérosène s'il le faut. Considérez tout appareil dans le ciel irakien comme ennemi, ne cherchez pas à les identifier positivement comme tel avant de les engager. Rentrez à la base par le même chemin qu’à l’aller. Maintenez votre altitude au plus bas pour ne pas éveiller les défenses ennemies.

 

Le 41e TFS basé à Dezful procédera à une mission de diversion contre le site radar d’Al-Amarah dans le but d’attirer vers le sud les chasseurs irakiens pendant votre premier ravitaillement. Quatre F-5E équipés de bombes prendront pour cibles les radars, bunkers et défenses antiaériennes du site, tandis que quatre autres les couvriront. Quatre autres appareils équipés pour la supériorité aérienne seront en état d’alerte permanent le temps de la mission. Deux F-14 du 32e TFS patrouillant au sud du territoire les appuieront.

Une deuxième attaque de diversion est envisagée si nécessaire, à partir de Tabriz.

Je superviserai moi-même les opérations depuis les airs. Des questions ? »

 

Silence dans la salle. Les regards déterminés des pilotes en disent long sur leur état d’esprit : ils sont prêts à aller frapper l’ennemi au cœur et à mourir pour cela si nécessaire.

 

« Alors bonne chances mes Frères, et que le Très Miséricordieux vous garde. »

 

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Northrop F-5E Tiger II

Révélation

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Le F-5 Freedom Fighter est la réponse low-cost américaine au MiG-21 soviétique : c’est un petit avion, léger, assez versatile et surtout facile à entretenir. La version E, également appelée Tigre II, est conçu dès le départ comme un avion destiné à être exporté aux alliés de l’OTAN, dont l’Iran. Il est toutefois adopté par les Etats-Unis, à partir de la version C, et largement employés au Viet-Nâm, sans doute dans le but d’en démontrer l’efficacité aux éventuels acheteurs. Les exemplaires américains sont progressivement cédés aux autres forces aériennes, notamment celle du Sud Viet-Nâm, dont les appareils finissent entre les mains de leur ennemi du nord et de l’URSS, ou utilisés en exercice dans les escadrilles d’Agresseurs. Il dispose d’un radar à courte portée, lui permettant de tirer des missiles AIM-9N Sidewinder ainsi que d’un canon, mais sa portée opérationnelle est réduite.

 

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Grumman F-14 Tomcat

Révélation

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Vous avez vu Top Gun ? Alors vous connaissez le F-14. C’est un des premiers avions mis au point après le retour d’expérience de la guerre du Viet-Nâm et à l’aide des informations obtenues sur les capacités des avions de fabrication soviétique. C’est un chasseur lourd, embarqué, supersonique et à géométrie variable, conçu exclusivement pour assurer la supériorité aérienne à son camp : l’objectif de ses créateurs est d’intercepter les bombardiers supersoniques soviétiques bardés de contre-mesures. Un radar, l’AN/AWG-9 et un missile, l’AIM-54 Phoenix, ont spécifiquement été conçus pour être utilisés depuis cette plateforme.

 

L’Iran en fait l’acquisition dans les années 1970, alors que le Shah recherche un appareil en mesure de contrer les MiG-25 supersoniques. Il sert évidemment non comme chasseur embarqué mais comme avion de supériorité aérienne, et pulvérise les F-4 et F-5 dans ce rôle*. La portée de l’AIM-54 dépasse de très loin celle de n’importe quel autre missile disponible dans l’arsenal des pays du Golfe. Leur radar est tellement puissant que l’avion est souvent utilisé par l’Iran comme un mini-AWACS.

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* En considérant un engagement à longue portée. Regardez en détail les équipements :
- F-4E : radar AN/APQ-120 portant à 60 nm et RWR** AN/APR-37  portant à 120 nm, AIM-7E2-Sparrow III portant à 24 nm
- F-5E : radar AN/APQ-153 portant à 16 nm (!) et RWR AN/ARL-46 portant à 120 nm, AIM-9M Sidewinder portant à 8 nm
- F-14 : radar AN/AWG-9 portant à 180 nm et deux RWR AN/ALR-45 et 50 portant à 120 nm, AIM-54A Phoenix portant à 100 nm.

 

** RWR : Radar Warning Receiver, l’équipement qui permet de signaler qu’un radar vous traque et, selon la complexité du modèle, de le repérer, d’en obtenir les informations de vol voire de complètement l’identifier

 

 

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Pour vous donner une indication plus visuelle des capacités des trois avions, reprenons l'image des patrouilles de routine :011.png.aab240b15366d9e770770e4c5430a077.png

(rappel : les cônes blancs sont les radars, les cercles roses les portées de tir maximales des missiles antiaériens)

Le groupe d'avion qui s'appelle North CAP est composé de F-5, celui de Central CAP de F-4, et celui de South CAP de F-14.
Réalisé sans trucages.

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Je n'ai pas de capture d'écran du matériel irakien, mais les MiG-23 et 21 ont le même radar (RP-22M Sapfir 22) et utilisent le même missile R-3S/AA-2a Atoll. Les performances sont similaires au matériel des F-5E iraniens.

 

Supériorité, en effet !

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Base aérienne de Tabriz, 10h15

« Tankers, vous avez l’autorisation de décoller. Vent force 1 direction 130. Bonne chance là-haut. »

Pas si haut que ça, il s’en faudra de peu pour qu’on décapite leur tour de contrôle…

 

Base aérienne d’Hamedan, 10h17

« Alvand 1 à 4, la piste est libre. Alborz 1 à 4, restez en attente. Vent latéral direction 80, force 3. Que le Grand Témoin vous sourie. »

 

10h19

« A vous de jouer Alborz 1 à 4. Vent latéral direction 87, force 3. Qu’Allah vous protège. »

 

Base aérienne de Dezful, 10h35

Le colonel Hooshyar regarde les huit F-5E, groupes Shahrivar et Farvardin, partir au loin depuis la tour. Pour ses hommes, un seul message « A vous de jouer. Provoquez-les et faites-leur mordre la poussière. ». Quelques secondes plus tard, après un changement de fréquence radio. « Dezful à CAP Sud, ici le colonel Hooshyar. Virez direction 243 et préparez-vous à engager l’ennemi.

- CAP Sud à Dezful, bien reçu. Cap 243 »

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10h38

« CAP Sud à Shahrivar. Deux appareils supposés ennemis tournent pour vous intercepter. Contact estimé à sept minutes. Nous interceptons.

- Shahrivar 1 à Sud, bien reçu. Poursuivons comme prévu. »

 

10h42

« Ici Farvardin, vampires détectés. Passons à 1 000 pieds et commençons notre attaque. »

Les radars des batteries irakiennes, des SA-2f, sont incapables de traquer une cible au-dessus de 1 000 pieds. Ils sont toutefois en mesure de suivre un avion en dessous de cette altitude après avoir été tirés. Cependant, leur faible précision, la vitesse des F-5E, leur maniabilité et l’angle d’impact font que les probabilités de toucher sont réduites. Les deux missiles manquent leurs cibles.

 

« Shahrivar, nous restons en ret…

- Ici Farvardin 2, vampires en approche… Droit sur vous Shahrivar. Tenez-bon. (…)

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 « Farvardin 4, bombes larguées… Cible détruite. Je répète, batterie de SAM détruite.

- Farvardin 1, confirme destruction de la cible. Poursuivons vers les autres cibles.

- Farvardin ici Shahrivar, confirmons la perte du verrouillage ennemi. Engageons les manœuvres d’esquive. »

 

Plus à l’est, les F-14 ouvrent le feu.

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« Ici Farvardin 1, confirmons la destruction de trois radars.

- Shahrivar, missiles esquivés. »

 

10h46

«  Sud 2, splash 1.

- Ici Shahrivar, nous avons éloigné les bandits de Farvardin, faisons demi-tour et engageons.

- Sud, reçu. »

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Faute radar suffisamment puissant et à cause de la très courte portée des Sidewinder (et, incidemment, des R-3S équipant les Irakiens), il est impossible de les tirer de face. Les deux paires de F-5E alignent le chasseur irakien, toujours non identifié, et les pilotes se préparent à un affrontement au canon. Shahrivar 1 et 2 sont les premiers à affronter ce qui est sans doute un MiG. Les canons s’activent, les balles fusent alors que les appareils foncent l’un vers l’autre à plus de 800 km/h… Et l’avion de Shahrivah 2 explose suite aux impacts de balle ! Hooshyar ferme les yeux et récite mentalement une prière à son frère qui vient de périr.

Shahrivar 3 et 4 anticipent les mouvements du MiG et se retrouvent sur ses arrières. #3 accroche le bandit et tire un Sidewinder. Le MiG doit esquiver deux missiles en approche et trois F-5E lui tournant autour, c’en est trop. L’AIM-54 Phoenix déchire l’appareil en deux.

 

« Sud 2, splash 1. 

- Dezful ici Sud, bandits éliminés. Repérons deux autres appareils volant à 9 000 pieds, décollant de Shaibah. Demandons autorisation d’intercepter.

- Sud ici Dezful, autorisation accordée. Restez hors de portée des SAM ennemies.

- Reçu. Cap 228… Fox 2.

- Shahrivah, Farvardin, rentrez à la base. »

 

10h51

Alors que les F-5E rentrent à la base, les F-14 s’en donnent à cœur-joie.

« Sud 1, splash 1.

- Sud ici Omidieh, Sud 3 et 4 décollent pour vous relayer.

- Reçu Omidieh, dernière attaque avant RTB. »

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« Sud 2, splash 1

- Sud 1, fox 2. Winchester, on rentre à la base. »

 

Les deux F-14 rentrent avec cinq cibles détruites à leur actif (la sixième est abattue à 11h20), toutes à longue distance. Ce score est excellent, mais le colonel Hooshyar ne peut s’empêcher de penser que la perte de Shahrivar 2 était en trop. La mission n’est qu’un demi-succès : des forces irakiennes ont bien été détournées, mais il s’agit d’appareils basés à Shaibah et non au nord. De plus, un radar irakien est encore debout à Al-Amarah. Cela dit, avec un peu de réussite, l’ennemi va penser que cette attaque contre un site radar a pour but de créer un couloir pour une attaque.

 

10h55

« Shahrivar, la piste est libre, Farvardin, vous êtes en attente.

- Reçu Omidieh. »

 

Bahram Hooshyar n’a reçu aucune information du colonel Fakoori. Cela ne peut signifier qu’une seule chose : le silence radio est maintenu, donc la mission se déroule selon le plan. Ou bien, tout est allé de travers et l'information n'est pas encore parvenue à Omidieh.

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Chapitre III

 

Silence radio total à bord des huit F-4 en route vers H-3. Comme prévu, les deux KC-25 les attendaient au-dessus du lac Ourmia. Ils volent bas. Très bas. Et il va falloir voler encore plus bas qu’eux pour le ravitaillement. Le pire vient après : dans un souci d’optimisation du temps, les ravitailleurs vont avancer le long de la route prévue pour l’attaque. Si au-dessus d’Ourmia, c’est plat, dès que l’on vole vers l’ouest, les montagnes reviennent.

 

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A bord du 737 de commandement de l’IRIAF, 11h13

Le ravitaillement s’achève loin dans les montagnes, à 25 nautiques à peine de la frontière turque. Le deuxième ravitaillement approche déjà, quand soudain, à 11h13, le signal radio d’Alvand s’allume, puis s’éteint. Une fois, puis deux fois rapidement. C’est un signal convenu à l’avance pour permettre aux pilotes de signaler au QG qu’un radar les suit sans pour autant rompre le silence.

 

Le sang de Fakoori ne fait qu’un tour. Il vient juste de recevoir le pré-rapport du colonel Hooshyar à Hamedan : la diversion n’a pas attiré d’avions vers le sud. D’un autre côté, il est peu probable que les radars irakiens aient pu identifier les F-4. Cela dit, le deuxième ravitaillement, bien que plus court car intervenant peu de temps après le premier, peut leur donner le temps d’envoyer une patrouille tenter d’identifier les appareils. Il va peut-être falloir lancer le plan B, encore plus risqué que le plan d’origine.

Il demande un rapport à ses subordonnés sur le niveau de carburant théorique des huit avions. Après une réponse positive, il prend la radio et envoie le message suivant :

« Ici Tabriz à Nord, contacts inconnus repérés en zone C au sud de votre position, allez clarifier la situation.

- Tabriz ici Nord, bien reçu. Cap 191. »

 

Quelques secondes plus tard, le signal radio d’Alvand s’allume et s’éteint de nouveau deux fois d’affilée. Une réponse positive. L’ordre est bien passé. Nord se détourne vers une zone fictive, donnant l'illusion de remplir l'ordre donné. Plus à l'ouest, Alors que son groupe entre en territoire syrien, Alvand 1, en tête de formation, vire de quelques degrés sur sa gauche et commence à s’éloigner des deux KC-25 qui les attendent et poursuit sa route sans ravitailler.

 

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Au briefing, cette possibilité a été envisagée. Basculer sur un plan à trois ravitaillements rend la mission encore plus périlleuse. Les huit appareils passeront en niveau critique de carburant juste pendant l’attaque ou juste après, et devront intercepter tout avion venus les intercepter dans ces conditions. Pour les KC-25, cela signifie attendre à la frontière du territoire ennemi à la merci de tout avion venant enquêter et être dans l’impossibilité de ravitailler complètement les huit avions au retour.

 

« On va vraiment atterrir grâce aux dernières vapeurs de kérosène. », se dit Alvand.

Ses sept partenaires virent quelques secondes après lui. Tous ont compris les ordres, et tous ont réalisé que la mission venait de prendre un caractère encore plus suicidaire qu’avant.  Fakoori n'est pas loin de penser la même chose.

 

Site radar de Sinjar, vers 11h15

« Commandant Ghassan, nous repérons au moins deux appareils non identifiés le long de notre frontière nord. Azimut 33° distance 60 nautiques, cap approximatif 254, basse altitude.

- Ils sont sur notre territoire ?

- Non, ils quittent la Turquie et entrent en Syrie.

Etrange. Ce sont sans doute des appareils turcs ou syriens en patrouille. Ils sont rarement aussi près des frontières, cela dit.

- Bien. Gardez un œil sur ces contacts et informez-moi dès qu’ils sont identifiés ou qu’ils semblent se diriger vers notre territoire. J’informe Mossoul.

- Reçu commandant. »

 

Quelques minutes plus tard.

« Mossoul ici Sinjar, nous avons deux contacts inconnus en territoire syrien.

- Vous les avez identifiés ?

- Non commandant.

Court silence.

- Se rapprochent-ils de notre position ?

- Non commandant, ils volent au-dessus du Kurdistan syrien et de déplacent vers l’ouest.

Ghassan peut entendre un soupir à l’autre bout du fil.

- Menacent-ils votre site ?

- Non commandant, mais nous…

- Alors recontactez-nous quand vous aurez une réponse positive à l’une de ces questions. En attendant, je ne vais pas détourner d’avions alors que l’ennemi lance des attaques contre nos positions à la frontière est. »

La ligne est aussitôt coupée.

 

Site radar de Sinjar, 11h28

« Commandant, les avions non identifiés changent de trajectoire. Ils restent plusieurs nautiques à l’intérieur du territoire syrien mais longent toujours la frontière. »

Ghassan regarde longuement sa carte d’Etat-Major, après avoir reproduit la trajectoire des appareils inconnus. Hormis la courte escapade en territoire turc, ils semblent patrouiller le long de la frontière comme le font les appareils syriens, mais leur nombre ne concorde pas. Les deux contacts se sont en effet multipliés, or les patrouilles se font par deux. Au-delà, c’est généralement une mission d’attaque. Mais que pourraient bien attaquer les Syriens ? En prolongeant la trajectoire des appareils, cela ne donne absolument rien : ils iraient se perdre dans le désert…

 

« Contacts perdus commandant. »

Il est 11h37. Les avions ont sans doute viré un peu plus vers l’ouest, vers Palmyre ou Damas.

« J’ai toujours ces contacts intermittents loin au nord, à la frontière turco-syrienne. Ils vont et viennent au-dessus d’une zone restreinte.

- Des ravitailleurs ?

- Je ne saurais dire commandant, on tente de l’identifier en ce moment même. »

Ghassan regarde de nouveau sa carte. La position des ravitailleurs, la trajectoire des avions qui donne sur le vide. Son regard glisse vers l’ouest…

« Joignez la base Al-Walid, vite ! »

Il est 11h44.

 

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Base Al-Walid, 11h48

« Nous sommes bien trop à l’ouest, ils ne peuvent nous atteindre. Et s’ils devaient le faire, ce serait par l’est, c’est bien plus direct que ce que vous me racontez !

- S’ils ont pu se ravitailler au Kurdistan ils peuvent vous atteindre.

- C’est ridicule. S’ils s’étaient ravitaillés comme vous le dites, vous auriez repérés ces dix contacts volant en formation à vitesse réduite pendant plusieurs minutes.

 

Le commandant de la base a raison. Ses opérateurs ont bien repéré le groupe de huit appareils d’une part, et les deux contacts intermittents d’autre part, mais jamais les dix ensemble, et à aucun moment le groupe ne semble être passé sous les 480 nœuds.

 

(…)

- Je vous le dit, ces appareils sont des Syriens égarés. Nous les avons contactés, ils viennent de virer de nouveau vers l’ouest.

Ghassan n’en peut plus.

- Huit appareils syriens égarés comme de par hasard à proximité d’un site stratégique majeur ? Vous croyez vraiment à ce que vous dites ?

- Surveillez votr…

La communication s’arrête brutalement, remplacée par un bruit blanc.

 

Il est 11h51.

Sur la base Al-Walid, c’est la panique.

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Merci ! J'expérimente un peu en termes d'écriture, je suis ravi de voir que ça plaît :)


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Chapitre V

 

Deux minutes plus tôt, dans le ciel irakien.

Le cœur d’Alvand 1 bat de plus en plus fort alors qu’il se rapproche de l’objectif. Aucune patrouille rencontrée, aucun avion repéré. On dirait que les ruses sur lesquelles tablait l’Etat-major ont fonctionné, et que les hésitations irakiennes sont bien réelles. Ils ont même cru à la feinte des avions syriens perdus, c’est en tout cas ce que la relative inactivité autour de la base laisse penser.

Plusieurs voyants s’allument sur son cockpit. Des sources de signaux radars inconnues, sans doute ceux de la base. Mais un se distingue, celui de l’AN/APR-37. Courte portée, recherche aérienne, avec un FCR (Fire Control Radar) qui commence à suivre son appareil. Il est temps de rompre le silence.

 

« Alvand 1 à Alborz 4, source radar à vos dix heures, sans doute SAM, engagez. 

- Ici Alborz 4, bien reçu. »

 

Le décompte infernal commence. Les batteries antiaériennes vont ouvrir le feu, les patrouilles décoller si on ne les arrête pas. Qu’Allah nous protège.

« Alvand 1 et 2 ici Alborz 2, deux vampires viennent de passer juste à côté de vous. 

- Et d’autres arrivent. Accrochez-vous.»

 

Au même moment, une alarme retentit. Deux autres missiles s’approchent à grande vitesse de son appareil. Si le radar a manqué les deux premiers missiles, ceux-là sont bien visibles. Les ordres sont clairs, il faut aller droit sur la cible, donc pas de manœuvre d’esquive.

« Maintenez le cap. »

 

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A l’approche de la base Al-Walid, Alvand 1 repère plusieurs véhicules sous lui, une autre batterie de DCA, mais aucun contact radar ne correspond. On dirait qu’ils ont surpris les irakiens pendant la sieste.

« Alvand 1 à Alborz, site DCA repéré sous mon appareils.

- Alborz 3, j’engage. »

(…)

« Ici Alvand 4, nouveau contact radar et FCR à mes douze heures, j’engage. 

- Reçu Alvand 1, réduisez-les au silence.

- Vampires en approche. »

 

Pour le moment, aucun missile ennemi ne semble avoir touché sa cible. Une seule certitude, ils sont capables de cibler sous les mille pieds, ce ne sont donc pas des SA-2. Evidemment, le simple fait d’y penser attire le mauvais œil. Sur son radar le point désignant Alvand 3 vient de s’éteindre.

« Ici Alborz 3, Alvand 3 a été abattu, je répète, abattu. Pas d’éjection.

- Que le Miséricordieux accueille son âme en Son royaume. Vengeons-le, mes frères ! »

Les Allah’u Ackbar retentissent dans la radio.

(…)

« Alvand 4, bombes larguées.

- Alvand 1, bombes larguées.

- Alvand 2, bombes larguées.

- Alborz ici Alvand 1, plusieurs appareils au sol repérés sur les emplacements à l’est du triangle d’Al-Walid.

- Alvand 2, je confirme, une dizaine d’appareils exposés sur le tarmac. Ce sont les Tu-22 ! Ils sont à vous !

- Ici Alborz 1, reçu. »

 

Au même moment, sur la base Al-Walid

« Je me fous complètement de savoir s’ils se sont perdus ou s’ils ont voulu jouer avec nous. Le fait est qu’ils ont fait demi-tour !

Le commandant Hadi en avait plus qu’assez de s’écharper avec le site de Sinjar. Ces incapables n’ont pas pu identifier les contacts supposément ennemis et ils imaginent maintenant des iraniens qui se déplacent comme par magie à plusieurs centaines de kilomètres de la ligne de front. Il n’a pas le temps d’aller plus avant dans sa réponse, une porte s’ouvre derrière lui.

 

« Commandant ! Une de nos batteries a ouvert le feu contre des avions volant à basse altitude.

Hadi met la main sur le micro de son téléphone et se tourne vers son subalterne.

- Ce sont les Syriens, bande d’imbéciles ! Ils veulent quoi exactement, un incident diplomatique ?

- Monsieur, ils rapportent avoir identifié les appareils…

- Attendez, j’en termine avec Sinjar.

Levant la main du téléphone et reposant son oreille contre le micro, il entend le commandant Ghassan s’énerver. Piqué, il ne prend pas la peine de l’écouter.

- Surveillez votr…

 

Le bruit sourd d’une explosion se fait entendre tandis que les vitres sont soufflées. Hadi est projeté à l’autre bout de la pièce, le téléphone toujours en main mais le fil rompu. Quatre bombes de 750 livres viennent d’exploser à l’instant sur la piste principale, soufflant une partie de la tour de contrôle.

 

Dans les airs

« Ici Alvand 4, site DCA détruit, je poursuis ma mission. 

- Alvand 4 ici Alvand 1. Négatif. Les défenses antiaériennes s’activent et les bombardiers ont été repérés. Engagez les cibles d’opportunités.

- Bien reçu. »

« Ici Alborz 3, DCA éliminée. 

- Alborz 4, MOBILE détruit.

- Excellent, continuez. »

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11h52

« Alborz 1 et 2, nous approchons de nos cibles. Tu-22 en visuel, ajustons altitude.

Alborz 1 lève la sécurité de son bouton de tir. La vitesse est bonne, l’altitude est bonne, la distance… Est bonne. Il appuie sur le bouton.

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Douze secondes

A cet instant, la pince tenant la bombe de 450 kilos s’ouvre. La chute libre commence. En parallèle, plusieurs mécanismes internes à la BL.755 s’activent. Dans le nez, la petite hélice à l’avant de la SAFU (Safety, Arming and Functioning Unit – Unité de Sécurité, d’Armement et de Fonctionnement) se débloque et débute sa rotation. C’est cette hélice qui sert de détonateur : calibrée à l’avance lors du montage de la bombe, elle oblige les pilotes à larguer la BL.755 à une altitude précise. Au même moment, des ailettes télescopiques à l’arrière de la bombe, fermées jusqu’à présent, sont déployées avec le largage, tandis que la principale sécurité de la bombe est levée : une valve, à l’arrière de la bombe, est fermée.

Avec sa chute, l’hélice accélère jusqu’à atteindre la valeur critique, qui déclenche le déplacement d’une goupille vers un conteneur de gaz placés juste derrière la SAFU. La goupille vient frapper et libérer le gaz d’une première cartouche. Il passe par un ensemble de trous creusés dans le conteur et active une première série de pistons provoquant l’ouverture de la bombe par l’activation de deux trappes. Il active ensuite une deuxième série de pistons qui vient pousser les deux parties de la bombe et les éjecter. Les compartiments à sous-munition sont désormais à l’air libre. Le gaz vient enfin frapper un dernier piston qui vient dégoupiller la deuxième cartouche de gaz, placée juste derrière la première.

 

Elle est reliée à un tube qui forme la véritable colonne vertébrale de la bombe. Le long de ce tube sont disposés six blocs de diffusion du gaz à sept ouvertures donnant sur le tube. La dispersion du gaz de la seconde cartouche pousse progressivement un collier d’entraînement et aligne les trous du tube avec ceux des blocs, permettant au gaz d’entrer dans les blocs. Si par hasard, la valve de sécurité n’était pas fermée, alors les trous ne seraient pas alignés et le gaz se disperserait à l’arrière de la bombe. Chaque bloc donne sur un sac en caoutchouc gonflable autour desquels sont placées les sous-munitions, sept grappes de trois bombes par sac. Les ouvertures gonflant les sacs ont des diamètres différents pour éjecter chaque série de 21 bombes à des vitesses différentes. Le gaz gonfle brutalement ces sacs et éjecte instantanément les 147 sous-munitions, qui entament leur chute libre.

 

La sous-munition est télescopique et, dans la bombe, maintenue en position fermée, ce qui sert également de sûreté : elle ne peut exploser dans cette position car le circuit imprimé qui la compose est coupé. Sitôt libérée, un ressort l’étire tandis qu’une point de métal se déploie à l’avant, et des ailettes stabilisatrices s’ouvrent à l’arrière pour empêcher toute rotation. Sa SAFU dispose également d’une petite hélice qui se met à tourner et arme la bombe après cinq révolutions, si moins de 0.7 secondes se sont écoulées. A 480 nœuds, cette condition est largement remplie et, moins d’une seconde après leur éjection, les sous-munitions s’arment.

 

Chaque sous-munition a la forme d’une charge HEAT classique, conçue pour s’enfoncer dans le blindage de la cible, doublée d’une couche de métal préfragmenté. Au moment de l’impact, le nez de la sous-munition s’enfonce. Composé d’élément piézoélectrique, sa compression provoque un courant électrique qui court jusqu’au détonateur. L’activation provoque l’explosion de la charge, 1 kg de TNT, et la dispersion de la couche extérieure de métal qui vole en environ 1 400 éclats, mortels pour toute personne se trouvant à portée. Les trois Tu-22 sous la bombe n’ont pas plus de chance de résister. La combinaison des éclats et de l’explosion réduisent en cendre les appareils, les munitions négligemment laissés à proximité ou les équipements de maintenance. Les techniciens et pilotes n’ont pas plus de chance. Cette seule bombe arrose une zone de 30x100 mètres d’un peu plus de 200 000 éclats, ne laissant derrière que des dizaines de petits cratères.
> Courte vidéo d'une BL.755 en action

 

Modifié par Rhysaxiel
Corrections, remplacement d'une image.

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Chapitre V (le vrai, cette fois)

 

Sur la base Al-Walid, 11h53

Deux BL.755 viennent de frapper des emplacements où les avions sont exposés à l’air libre. Tout, jusqu'aux plaques de béton servant d'emplacement, est fauché. Les toits trop fragiles cèdent sous les coups des sous-munitions et provoques des dommages divers. Une citerne qui ravitaillait un avion de transport explose, calcinant l'avion au passage.

 

« Ici Alborz 1, on prépare la deuxième passe.

Alvand 1, reçu. Evaluation visuelle : au moins trois hangars en feu, dégâts inconnus à l’intérieur. Au moins trois appareils touchés. Bien joué ! Carburant critique, on amorce notre retour.

Ici Alvand 2, je crois avoir repéré deux grands appareils posés à l’ouest de la base.

Alborz 3, je les cible. 

Alborz 4, j’arrive sur le site. »

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Les F-4 manœuvrent sans être inquiétés par une quelconque DCA ou des avions partis à leur rencontre. Deux minutes plus tard, le groupe Alborz peut de nouveau larguer ses bombes. Alvand a déjà repris le vol vers le Kurdistan.

« Alborz 4, dernier bilan visuel. Je vois trois grands incendies près des pistes, au moins six avions détruits, peut-être dix. Quatre hangars sont en feu, je n’arrive pas à déterminer s’il y a des appareils à l’intérieur. Pas de mouvement sur la piste. Tout le groupe est Winchester.

- Ici Alvand 1, on a eu ce que l’on voulait, rejoignez-nous.

- Alborz 1, reçu. »

 

Six avions, ce serait bien peu. Six bombardiers, ce serait déjà beaucoup mieux. Mais avec ces hangars en feu, il pourrait y en avoir bien plus. Dix ? Vingt ? Quarante avions détruits ? Et combien de pièces détachées ? Et quel impact psychologique sur l’ennemi ?

« Alvand 1 à tous, on rétablit le silence radio. Vol à basse altitude, radars éteint. »

 

A 11h58 pourtant, Alborz 2 rompt le silence.

« Deux bogeys identifiés à 7 heures. Ils décollent du site nord-ouest !

Le bombardement de la piste nord-ouest n'aura pas suffi. Il va falloir combattre.

- Ici Alvand 1, nouvelles instructions, on les détruits.

- Alvand 4, impossible, nous sommes à un niveau critique de carburant !

- Ils peuvent se contenter de nous suivre et détruire les ravitailleurs quand on les atteindra. S’ils font ça on est tous mo…

- Alborz 2, deux nouveaux contacts, 8 heures !

- Alvand 1 à tous, on fait demi-tour et on engage ! »

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Alborz 1 est le premier à manœuvrer comme il faut. Il en a d’ailleurs tout juste le temps : à peine le nez de son F-4 pointe-t-il vers la base H-3 nord-ouest qu’il est en mesure de tirer un AIM-7.

« Alborz 1, fox 1… (…) Cible manquée. Fox 1.

 

Quelques secondes plus tard, tous les appareils sont à portée, y compris ceux d’Alvand. Les AIM-7 n’ont pas la portée ridicule des AIM-9 ! Sept missiles partent, ciblant quatre appareils.

« Alborz 2, splash 1 !

- Alborz 1, splash 1 ! »

 

Les autres missiles manquent leur cible, arrivent à bout de carburant ou, leur cible ayant été éliminée, s’autodétruisent. Selon toute vraisemblance, les appareils irakiens n’ont pas de missiles à portée moyenne. Alvand tire deux autres missiles sur les cibles restantes… Ils manquent leur cible. Tout le monde est winchester en missiles, il va falloir y aller au canon.

« Ici Alborz 1, Alvand, reprenez votre vol, on s’occupe des bandits. 

- Reçu, merci Alborz. »

 

Le groupe manœuvre. Alvand 4 est le premier à être à portée de canon. L’avion ennemi est un Mig-23 qui tente de semer son poursuivant en changeant régulièrement d'altitude et qui, visiblement, n'emporte aucune autre arme que son canon. Alborz 4 le suit, son appareil allégé de toutes bombes et missiles.

« Alborz 4, fox 4 ! »

Le canon vulcan M61A1 de 20mm gattling commence sa rotation, s’accélère et atteint bien vite sa cadence de tire de cent coups par secondes. Les balles partent et touchent la carlingue. En une fraction de seconde, le réservoir se déchire, puis fuit et s’enflamme. La chaleur et les balles fragilisent l’aile droite qui s’arrache, provoquant la chute et le décrochage immédiat de l’appareil.

- Splash 1.

- Ici Alborz 2, le dernier MiG se désengage vers l’est. On ne peut pas poursuivre.

- Reçu, soyez vigilants, surveillez votre RWR. Retour au silence radio. »

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Il est 12h15.

 

A bord de son 737 de commandement, le colonel Javad Fakoori est inquiet. Avec cet avion qui s'enfuit, il est fort probable que les autres bases et appareils en vol seront avertis du raid. Le ravitaillement au dessus du Kurdistan devra être court, sous peine de ne jamais voir sortir ses pilotes d'Irak vivant. Le raid en lui-même semble s'être bien passé, mais il faut attendre le retour d'information des services de renseignements pour connaître l'étendue des dégâts. Patience.

 

Deux heures plus tard, sur la base Al-Walid

Hadi se réveille avec un mal de crâne tel qu’il n’en avait jamais connu auparavant. Autour de lui, des éclats de verre, un téléphone coupé au niveau du fil, des écrans éteints, une alarme qui hurle au loin, le bruit des flammes. Dans l’air, l’odeur caractéristique de la TNT et du plastique brûlé. Sa hanche le lance et pour cause, l’explosion l’a envoyé droit contre la porte arrière de la tour de contrôle, visiblement entrouverte et maintenant enfoncée, et c’est son flanc droit qui a encaissé le premier choc. Il se lève néanmoins et se rapproche, titubant, de ce qui était il y a encore peu la baie vitrée de la tour de contrôle. La base est en flammes. Avions calcinés, véhicules de maintenance éjectés à plusieurs mètres de leurs emplacements et retournés, citernes en train de brûler leur précieux kérosène. Beaucoup de corps sans vie.

« Du bien beau travail, Hadi. »

Il sursaute, cette voix vient de derrière lui. Alors qui se retourne, il remarque que la salle où il se trouve est vide, tout le personnel a été déplacé. Il n’y a ni vivant, ni mort autour de lui, seulement cette voix. Celle du colonel Farouk al-Bakr. Sans doute celle qu’il aurait aimé ne plus jamais entendre. Un colonel du bureau n°5 des services de renseignements. Contre-intelligence. Al-Bakr spécifiquement, a la confiance du Raïs. Il surveille et il exécute, au sens où l’entend Saddam Hussein.

« Eh bien, l’explosion vous a rendu sourd ? Je disais, du bien beau travail, Hadi.

A sa répétition, il associe de grands gestes, ouvrant les bras et désignant l’état désastreux de la tour de contrôle.

- J’espère que vous avez conscience que vous êtes dans une situation des plus compliquées, mon cher Hadi.

- C’est commandant Hadi, même pour vous, al-Bakr.

- Je crois, Hadi, qu’après ce qu’il vient de se passer aujourd’hui, vous pouvez oublier votre titre de commandant. Le Raïs va vouloir des explications, et je ne pense pas que vous soyez en mesure de sauver votre tête.

 

A cela, il ne sait quoi répondre et, alors que les souvenirs des derniers instants avant le choc de la bombe lui reviennent à l’esprit, il prend peur. Les Iraniens ont attaqué là où c’était tout bonnement impossible. Par il ne sait quel artifice, ils ont pu traverser tout l’Irak, sans être repérés ni interceptés, et frapper ici, où les précieux bombardiers de l’armée de l’air étaient censés être en sécurité. Il regarde de nouveau vers les emplacements des avions pour essayer d’évaluer les dégâts. Deux appareils calcinés sous ses yeux.

« Onze. Et je ne parle que des bombardiers. Par contre incompétence, onze bombardiers sont perdus. D’autre avions sont endommagés. Et je ne parle pas des batteries sol-air perdues.

- C’est impossible de traverser tout le pays et nous attaquer !

- Vous avez traversé toute la salle, soufflé par l’explosion d’une de leur bombe qu’ils ont bel et bien larguée à partir d'un de leurs avions. Et il y en a eu des dizaines d'autres qui ont ravagé la base pendant que vous piquiez un roupillon.

- C’était une ruse de guerre, ils se sont fait passer pour des Syriens, ils ont survolé la Syrie ! Hafez al-Assad est un traître qui sert les Perses !

- Et vous êtes assez stupide pour croire que huit avions volant à basse altitude, de la frontière turque jusqu’ici droit sur vous ne sont que de pauvres syriens égarés ?

Si Hadi s'énerve et hausse le ton, al-Bakr reste froid, calme. Sa voix a le tranchant de l'acier poli.

- Je ne suis pas stupide, al-Bakr. Le commandant Ghassan à Sinjar ne m’a donné aucune information précise, aucune information sur les appareils, sur leur provenance. Ils n’ont pas pu confirmer leur ravitaillement au-dessus du Kurdistan.. Rien pour étayer la thèse d’une attaque iranienne !

- Ah, je vois. Vous n’êtes donc ni stupide ni incompétent. Seriez-vous alors un traître ?

 

Le sang de Hadi se glace d’un coup. Al-Bakr a la réputation d’être un bon exécutant qui ne se réfère pas toujours à Saddam Hussein s’il a la conviction qu’il a un traître en face de lui et suffisamment d’éléments pour le prouver. Il lui faut vite trouver une alternative à ce choix binaire.

- Et Mossoul, Kirkouk et Qarrayah ? Puisque selon vous ces avions ont été repérés si longtemps en avance et qu’ils sont passés par le nord, ils auraient dû être interceptés. Sinjar les a forcément avertis. Ces avions sont arrivés ici sans jamais être inquiétés ! Si trois bases aériennes ne le peuvent pas, expliquez-moi comment nous aurions pu le faire !

Al-Bakr ne bouge pas. Une seconde, deux secondes passent. Puis un léger rictus se dessine sur son visage. Un rictus effrayant. De sa voix toujours calme, il dit :

- Intéressant.

Puis plus rien. Son regard derrière ses lunettes reste une énigme. Aucun signe physique ne vient trahir la moindre intention ou la moindre pensée. Cet homme est-il seulement humain ?

- Je ne sais si je dois vous féliciter pour avoir, enfin, fait quelque chose d’intelligent aujourd’hui, s’il me faut considérer que ce bref moment d’illumination est dû à votre instinct de survie ou, enfin, si vous espérez sauver votre peau en dénonçant d’éventuels complices.

Le cœur d’Hadi rate un battement.

- Je vais aller interroger le commandant Ghassan à Sinjar. Et je vais également rendre visite aux trois bases du nord. Il me semble que, tout comme vous, ces chers commandants aient quelque peu failli à leurs obligations.

Il a insisté sur « failli », et il ne le fait jamais innocemment. Un deuxième battement manqué.

- Voudriez-vous me faire part d’autre détails susceptible de m’aider dans la suite de mon travail ?

 

Sa gorge est trop serrée pour pouvoir parler. Al-Bakr reprit.

- Bon. Vu votre hanche, vous devriez vous rendre à l’infirmerie. Une chance pour vous, elle est intacte, quoique surfréquentée depuis deux heures. Mais vous êtes le commandant, vous serez soigné en priorité, n’est-ce pas ? J’aurai sans doute besoin de vous dans un avenir proche.

En disant cela, al-Bakr tend sa main, comme pour l’aider à se déplacer. Un sursis ? Assurément, s'il a encore besoin de lui... Hadi saisit la main. D’une poigne forte, le colonel le tire aussitôt vers l’avant. Sa tête tourne, ce mouvement était trop rapide. Il n’a pas le temps de comprendre ce qu’il se passe qu’un violent coup de poing dans le ventre vient lui couper le souffle et qu’un bras s’enroule autour de son cou, l’empêchant de respirer.

- Que vous soyez stupide, incompétent ou traître m’importe peu Hadi. Vous avez laissé l’ennemi accomplir ce qui nous semblait impossible. Vos DCA étaient désactivées. Aucun avion ne patrouillait la zone. Le Raïs lira mon rapport et décidera lui-même de la nature de votre crime, mais il est certain qu’il n’appréciera pas. Vous devriez me remercier.

Hadi sent une main saisir l’arrière de son crâne et tirer fortement d’un côté. Dans ce qui lui reste de lucidité, Hadi prie.

- Quant à vous, nous dirons que le souffle de la bombe vous a projeté contre la porte et tué sur le coup. Chacun saura quoi déduire de cette mort, disons, accidentelle. Vous me serez très utile dans les jours à venir, face à ces commandants peu zélés. Bonne nuit, Hadi.

Un mouvement sec.

Un craquement de vertèbres.

 

Farouk al-Bakr traîne le corps inerte d’Hadi jusqu’à la porte et le repositionne tel qu’il était à son réveil. Travail bien fait, mais travail non terminé. Le Raïs veut des résultats.

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(voici la suite et fin ainsi que l'épilogue, car je file pour un mois en Pologne avec un emploi du temps qui promet d'être super-serré !)

 

Chapitre VI

A la frontière syrienne, 12h15

Le RWR d’Alvand 1 ne cesse de clignoter. Quatre radars longue portée, dont trois avec FCR au sud. Leur position et leurs signatures correspondent au site SAM d’Al-Qa’im. Beaucoup plus loin, mais imprécis, la signature du MiG. On dirait qu’elle s’éloigne. Il pique, suivi par ses pilotes, pour descendre de nouveau à quelques mètres d’altitude à peine. Sans radar, la navigation est strictement visuelle or, dans le désert syrien, les repères sont rares. Une ville par-ci, une route par-là. L’Euphrate, toujours visible, mais désormais derrière. A basse altitude, les montagnes de Sinjar sont trop loin pour former un repère, et les frontières pour lesquelles on se bat, sont invisibles. Les KC-25 en revanche, qui volent eux aussi dangereusement bas, se détachent quelque peu de l’horizon. Alvand 1 roule de gauche à droite pour retenir l’attention de ses ailiers. Deux secondes plus tard, Alvand 2 et 4 roulent de même. Ravitailleurs en visuel pour tout le monde. Un regard sur sa jauge et un calcul rapide lui permet de déterminer qu’il lui reste moins d’une demi-heure de carburant. Il était temps

 

Les KC-25 sont rejoints à 12h16. Le groupe Alvand, le plus critique en carburant, engage le ravitaillement en premier. Alvand 1 a toujours les yeux rivés sur son RWR. Le signal du MiG semble se rapprocher. A 12h21, estimant le signal dans l’espace aérien syrien, il rompt le silence radio.

« Alvand 1, Bandit à 12 heures, cessons le ravitaillement et engageons. Alborz, poursuivez le ravitaillement. »

Alvand 1, 2 et 4 s’éloignent du ravitailleur, accélèrent puis prennent de l’altitude avant de faire demi-tour. Alvand 1 rallume son radar pour maximiser ses chances de détection. Son intuition était la bonne, il survole la Syrie. Pas le temps de manœuvrer, il faut engager le MiG de front, au canon, et à haute vitesse, ce qui ne correspond pas à l’emploi habituel du Phantom.

« Il ne faut pas laisser la moindre chance à l’ennemi. Feux croisés contre lui.

- Alvand 2, compris.

- Alvand 4, bien reçu. »

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Le feu croisé des trois F-4 a raison du MiG-23 qui a voulu tirer un peu trop tôt.

« Alvand 4, splash 1. 

- Reprenons plan de vol. »

 

Alvand fait immédiatement demi-tour et se place de nouveau sous la couverture radar. A 12h24, le ravitaillement reprend.

Alvand 1 fait un calcul rapide. Il faut absolument quitter la zone et se ravitailler en territoire iranien pour rentrer à la base. L’Irak ne peut pas rester sans réagir maintenant que les ravitailleurs et les avions ont clairement été identifiés. Son RWR ne capte rien, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’un site radar ne les repère de nouveau, et cette fois-ci, les opérateurs irakiens les identifieront directement. Environ une demi-heure de carburant suffirait pour atteindre la frontière iranienne et le lac Urmia, mais il faut que les ravitailleurs soient sur place à leur arrivée. En cas d’interception pas trop précoce, il serait possible de prendre de l’altitude, synonyme d’une moindre consommation, et de profiter de la couverture de la patrouille nord. Il prend le risque.

12h30, il se désengage du ravitailleur et prend de la vitesse, signalant ainsi l’ordre de faire de même aux autres pilotes. Pour les KC-25, cela signifie retour à Tabriz.

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Le RWR ne signale toujours rien. Défectuosité ? Il voit ainsi défiler, toujours à 150m en dessous, le Kurdistan, puis les montagnes, la petite dépression près d’Yüksekova et, de nouveau, les montagnes qui signalent la frontière iranienne. Le RWR clignote occasionnellement. Un radar par-ci, un radar par-là, du côté de Sinjar notamment, mais rien qui ressemble à un avion approchant à grande vitesse. Et enfin le lac Urmia. Les ravitailleurs sont aussi visibles au-dessus du lac. C'est absolument parfait ! Il ne lui restait qu’une dizaine de minutes de carburant, sans doute la même chose pour les autres. A 12h58, le dernier ravitaillement débute. Les Irakiens n'oseront pas s'aventurer aussi loin. Mission accomplie on dirait !

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Dix minutes plus tard, les sept héros filent vers Hamedan et atterrissent sans encombre. Tous les tankers atterrissent à Tabriz. Les KC-25 n’avaient plus une goutte de kérosène dans le réservoir, cela s’est joué à quelques minutes à peine.

 

Fakoori n’en revient pas. Les Irakiens n’ont pas envoyé un seul avion intercepter ses pilotes. Peut-être est-ce la peur de survoler le territoire turc, peut-être est-ce dû à la crainte d’une diversion permettant de frapper un objectif plus important. Ni les pilotes, ni les radars n’ont indiqué la moindre menace. Il ne reste plus qu’à atterrir à Hamedan et faire le débriefing de la mission. Ses pilotes ont prouvé que l’impossible n’est pas iranien.

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Base de Mossoul, 5 avril 1981, 17h40

« Non colonel, je n’ai pas jugé raisonnable de répondre favorablement à la demande de Sinjar.

- Le commandant Ghassan a pourtant bel et bien repéré les appareils qui ont ensuite lancé l’attaque contre le complexe H-3. Vous aviez l’occasion de d’empêcher cet assaut surprise, et vous ne l’avez pas saisie.

- Voilà qui est très facile à dire a postetiori, colonel al-Bakr. Sur le moment, et avec les informations parcellaires que nous avions, il était impossible de déduire qu’un ravitaillement aérien iranien était en cours et qu’une attaque allait bientôt suivre, contre H-3 qui plus est. Si nous avions eu des certitudes quant à cette attaque, nous aurions immédiatement envoyé des intercepteurs. Mais en l’état, ce n’était pas possible.

 

Al-Bakr voit très bien que l’homme en face de lui est confiant. Contrairement à Hadi qu’il a cueilli sur le fait et dans un moment de faiblesse, le commandant al-Majid de la base de Mossoul, a eu une journée entière pour se préparer et briefer son personnel. Mais plus encore, il est sincèrement convaincu d’avoir agi comme il le fallait et qu’il n’a pas manqué à son devoir.

- Commandant, vous êtes trois à opérer dans un périmètre très réduit pour couvrir le nord du pays. A Qarrayah, on m’a dit que les Mirages F1 n’étaient pas prêts et devaient être conservés dans le plus grand secret pour surprendre les Iraniens le moment venu. A Kirkouk, on m’a assuré que la base était en état d’alerte contre une attaque iranienne imminente, qui ne s’est jamais manifestée, ce qui interdisait de patrouiller plus au nord. Ils vous renvoient la responsabilité, tant pour des raisons géographiques qu’opérationnelles.

Ce dernier point, il l’avait quelque peu extrapolé.

 - Je soutiens complètement mon homologue de Kirkouk. Les Iraniens ont mené une attaque contre Al-Amarah et quasiment détruit l’ensemble du site, incluant bunkers, défenses aériennes et radars. Nous avons repérés plusieurs contacts en patrouille à proximité de Kirkouk, ce qui laissait présager une attaque prochaine contre un autre objectif frontalier. Il suffit de regarder une carte.

Disant cela, al-Majid se lève, invite al-Bakr à en faire autant et le conduit vers la carte d’Etat-major accrochée au mur.

- Mossoul constitue une cible de choix, mais protégée. Kirkouk et Qarayyah en revanche, ne le sont guère mieux qu’Al-Amarah. Il aurait été possible de saturer les défenses antiaériennes et de considérablement endommager une de ces bases. Les Iraniens sont coutumiers du fait et c’est pour cela que les Tupolev ont été réaffectés sur H-3.

Convainquant, mais un peu facile.

- Êtes-vous en train de dire qu’il était nécessaire de mobiliser l’ensemble des forces aériennes irakiennes du nord du pays pour protéger ces trois bases ?

- Non. Je dis qu’il est nécessaire de mobiliser Kirkouk et Mossoul pour défendre cet espace aérien, car toute attaque iranienne contre l’un de ces sites serait massive, et que la base attaquée ne pourrait pas se défendre.

- Et Qarrayah ?

- Qarrayah avait les moyens aériens pour envoyer une patrouille identifier les appareils inconnus.

 

Excellent. Les trois bases du nord se rejettent mutuellement la faute.

- Réalisez-vous que vous jouez à la patate chaude avec vos autres collègues ? Il fut assez facile d’établir la culpabilité du commandant Hadi, mais il reste encore à comprendre pourquoi les Iraniens n’ont été attaqués ni à l’aller ni au retour. Il y a un responsable, ou plusieurs. Le Raïs ne se satisfera pas d’accusations mutuelles qui ne donnent rien. Sa crédibilité, ainsi que la vôtre, en seraient altérée.

Al-Majid éclata de rire.

 - J’ai l’entière confiance du Président. Il connaît mon parcours. Vous avez peut-être eu Hadi comme ça – je ne suis pas stupide, je connais les méthodes du cinquième bureau et je sais très bien que vous l’avez cuisiné avant de l’aider à passer l’arme à gauche – mais ce genre de menace n’aura pas le moindre effet sur moi. Allez donc prouver que je suis un traître !

Réaction prévue.

- Je n’ai nullement évoqué une trahison, seulement la nécessité d’établir les responsabilités entre les trois bases du nord du pays.

Une lueur d’hésitation apparaît dans le regard d’al-Majid. Al-Bakr reprend.

- Mais il est vrai qu’Hadi était un traître et, puisque vous l’évoquez, il ne peut avoir agi seul. Le comportement du commandant Ghassan à Sinjar le lave de tout soupçon. Il a insisté pour vous joindre vous, ainsi que Kirkouk et surtout Al-Walid, bien avant l’attaque. Il me paraît toutefois peu crédible que dix avions puissent longer notre frontière nord sans que l’on détourne volontairement le regard, or vous êtes l’une des trois paires d’yeux censées veiller à notre sécurité dans cette zone.

L'hésitation laisse la place à l'agacement. Nous sommes sans doute arrivés à la fin de l’entretien : al-Bakr n’a rien de plus concret à lui opposer, et al-Majid le sait.

- Je maintiens tout ce que je vous ai dit. Je rejette avec la plus grande force toute accusation d’incompétence ou de trahison et je pense qu’il revenait à la base de Qarrayah de détacher deux appareils pour identifier les avions ennemis. Je n’ai plus rien à vous dire. Au revoir, colonel.

Sans même attendre sa réponse, al-Majid se lève et retourne à son poste, ignorant superbement al-Bakr, qui se lève à son tour et quitte la pièce en silence.

 

Autant Hadi avait été une partie de plaisir, autant ces trois commandants se révèlent secs, sûr d’eux et de leur bon droit, de leurs agissements. Qarrayah prétend devoir camoufler ses activités aux Iraniens pour les cueillir par surprise avec ses Mirages F1 lorsque le temps viendra. Ils croient vraiment les Iraniens aveugles. Et puis, quel meilleur moment que cette attaque contre H-3, justement ? Kirkouk affirme être sur la ligne de front et devoir protéger l’est du pays, ignorant sans doute que la guerre se passe plusieurs centaines de kilomètres au sud et que Baghdad, mieux que n’importe quelle autre base, protège la région. Mossoul, enfin, se place en protecteur des deux autres bases et rejette la responsabilité sur Qarrayah, la base la plus proche des contacts iraniens repérés par Sinjar.

Comme al-Bakr l’avait prédit, personne ne veut prendre la responsabilité de ce fiasco.

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Epilogue

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Site radar de Sinjar, 5 avril 1981, 23h20

« Je vois les choses ainsi, commandant Ghassan : chacun des commandants est acoquiné avec Saddam Hussein, ils sont tous plus ou moins protégés par le Raïs. Ils sont en quelque sorte intouchables. L’affaire se conclura sans sanctions contre ces trois-là. On mettra en avant les informations limitées que vous avez fournies, limitations dues aux équipements et non à votre compétence je vous rassure, ainsi que la situation générale et les responsabilités des trois bases pour dédouaner tout le monde. Je n’ai moi-même aucun élément qui permet de conclure à une collusion avec l’ennemi, je pense que ce sont de fidèles serviteurs du Raïs.

- Vous ne m’enlèverez l’idée qu’ils ont complètement failli à leur rôle.

Jeune, fougueux, franc et selon toute vraisemblance compétent. Voilà un homme dangereux. Si Saddam pose un jour son regard sur lui avec attention, il y trouvera un portrait de lui en plus jeune, le dégoût de l’injustice en plus.

- Et vous avez raison. Mais Saddam Hussein a besoin de subordonnés comme eux. Aucune ambition et un sens du devoir et de la loyauté très aiguisés. La compétence ne vient qu’après, elle n’est qu’un supplément toujours agréable à posséder mais non essentielle.

- Comment voulez-vous que nous remportions cette guerre avec des gens pareils aux commandes ?

- La question n’est pas là. Vous devriez plutôt vous demander comment Saddam Hussein peut se maintenir au pouvoir en ne s’entourant que de gens comme vous.

 

Le regard de Ghassan s’agrandit d’un coup. L’ambiance, jusqu’ici détendue, est devenue glaciale.

- Qu’entendez-vous par là ?

- Vous avez prouvé hier que vous étiez compétent. Vous avez de l’intuition, le sens de l’initiative. Je vous ai vu deux fois aujourd’hui, et vous n’avez pas changé votre discours d’un iota. Vous accusez avec véhémence ceux que vous pensez être en tort, et je ne crois pas me tromper en pensant que vous êtes furieux contre l’absence de sanction prises à leur encontre.

 

Silence. C’est parfait. Al-Bakr reprend.

- Vous ne le savez sans doute pas, mais vous avez trois ennemis maintenant. Vous aurez les lumières sur vous quelques semaines, et votre bonne performance atteindra sans doute le bureau d'un subalterne du Raïs, mais je suis tout de même prêt à parier que ces commandants insisteront sur vos manquements à vous, quand bien même ils sont inexistants surtout comparés aux leurs. Mais eux ont l’oreille des bonnes personnes.

Il est temps de placer la bombe à retardement.

- Vous n’avez pas beaucoup d’options. Vous êtes compétent donc vous ne décevrez pas vos supérieurs. Ne faîtes pas de vagues, n’accusez jamais comme vous l’avez fait devant moi. Je n’ai pas inclus vos remarques dans mon rapport final, mais d’autres ne seront pas aussi compréhensifs. En somme, restez irréprochable aux yeux du Ba’ath et tout devrait aller pour vous.

Ghassan ne dit rien tandis qu’al-Bakr se lève.

- Je ne devrais pas être ici, aussi je m’en vais en vous souhaitant une bonne nuit. Gardez à l’esprit ce que je viens de vous dire. Contre votre gré, vous venez d’entrer dans une arène où la pitié n’a pas sa place.

- Au revoir, colonel… Et merci.

 

Baghdad, 6 avril 1981, 3h15

Epuisé par ces deux journées de voyage dans tout le pays, al-Bakr met un point final à son rapport.

 

« H-3 a perdu onze bombardiers, deux avions cargo, une dizaine de véhicules de maintenance, trois batteries de DCA, deux citernes. La piste est endommagée. Trente-huit personnes sont mortes, dont l’essentiel des troupes du génie qui devaient réparer la piste ainsi que le commandant Hadi, et une cinquantaine d’autres sont à l’infirmerie. H-3 nord-ouest a envoyé quatre MiG-23 en interception, aucun n’en est revenu. Les défenses anti-aériennes étaient désactivées au moment de l’attaque, malgré les avertissements du commandant Ghassan sur le site radar de Sinjar qui a prévenu suffisamment tôt la base Al-Walid de l’imminence d’une attaque.

 

Des éléments convainquant incriminent le commandant Hadi. Il était de mèche avec les Iraniens, leur a fourni des informations sur la base et le déploiement des bombardiers sur place, et a refusé de mettre la base en état d’alerte avant le tout dernier moment, prétendant de longues minutes avoir à faire avec des appareils syriens égarés.

 

La réaction n’a pas été suffisante : seuls quatre avions ont décollé alors que les Phantom iraniens étaient sur eux. Aucun appareil n’a décollé du nord du pays. Qarrayah, Kirkouk et Mossoul avancent l’impossibilité d’intercepter les avions à l’aller en raison d’informations parcellaires fournies par Sinjar, et au retour en raison de leurs responsabilités et de la situation générale sur le front. La compétence du commandant Ghassan et de ses subalternes n’est pas remise en cause par ce rapport. »

 

Une base en ruine certes, mais un traître éliminé. L’assurance de la fidélité des commandants du nord du pays. Un officier brillant à Sinjar.
Le Raïs sera content.

 

Onze bombardiers détruits, trois commandants, tous incompétent, qui se rejettent la responsabilité du fiasco et ne se font plus confiance mais qui resteront en poste. Au milieu de ça, un jeune commandant brillant, chiite, désormais suspicieux et où le doute contre sa hiérarchie germe lentement.
Le Guide Suprême sera ravi.

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