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En aveugle

Jeux : Flashpoint Campaign Red Storm Players Edition (FPCRS)

Scénario : Head On

Camp : USA

Contexte : Troisième Guerre Mondiale, 20 juillet 1989, 10h-28h

Deuxième scénario de la méga-campagne En Sept Jours sur le Rhin. Il s’inscrit dans un contexte plus large à découvrir dans ce sujet.

 

Lieu : sur la route 279 près de Schönau an der Brend, Allemagne de l’Ouest.

Météo : dégagé, pluie ou brouillard prévus en journée.

 

Précédemment

La troisième guerre mondiale a débuté au lever du soleil, le 20 juillet 1989, par une offensive surprise des troupes soviétiques en Allemagne. (Sujet Central).

Le deuxième escadron du 11 Régiment Blindé de Cavalerie (ACR) américain, censé retarder tout mouvement soviétique en cas d’attaque dans la trouée de Fulda, a été pulvérisé en quelques heures à peine par le 17e régiment de chars de la garde soviétique (Ouverture Fatale).
 

Introduction

Il n’y a aucun doute, la 79e Divisions de Chars de la Garde a percé près de Rödelmaier et à Bad Neustadt. Elle avance le long de la route 279 vers Fulda.

La percée est nette. Derrière eux il ne reste que les épaves encore fumantes du deuxième escadron du 11e ACR (Ouverture Fatale). Devant eux, le 1er bataillon du 68e Blindé, quittant sa base de Wildflecken. Les deux forces n’ont aucune idée d’où l’autre se trouve. La guerre électronique est bien plus intense qu’attendue et chaque camp pensait pouvoir contrer les capacités adverses. C'est raté.

 

Les deux unités savent très bien qu’elles vont bientôt se rencontrer. Il n’est pas possible de longer la même route en allant l’une vers l’autre sans finir par se croiser. La question est… Où ?

Deux mortiers du 2e escadron 11e ACR ont survécu au carnage et ont atteint le 1er bataillon. D’après les communications radio qu’ils ont échangées avec les unités du 11e ACR, les Soviétiques filent à l’ouest sur la route 279. Le barrage d’artillerie initial contenait des obus explosifs et des charges chimiques. Il a ciblé les casernes, les aérodromes et les centres logistiques. Des messages disent que des centres urbains ont aussi été ciblés délibérément. Certains Allemands se sont calfeutrés chez eux, mais d’autres, nombreux, commencent une longue marche vers l’ouest.

 

Le V Corps, dit « de la Victoire », doit avancer face à ce flot de réfugiés. Il était prévu que les routes soit encombrées en cas de conflit. Les polices militaires et fédérales se sont préparées à gérer le flot de réfugiés fuyant la Foward Edge of Battle (FEBA), la ligne de front. Tous les plans ont sous-estimé la masse de civils en fuite. Les Soviétiques, à l’inverse, ont la voie entièrement libre devant eux. Les unités soviétiques sont dans leur élément, leurs homologues américaines, complètement aveuglées, à l’exception de la seule et unique information fiable fournie par HUMINT* :

« Les Russes arrivent. »

Oui, mais par où ? Nous ne voulons pas leur foncer dessus tête baissée.

*HUMINT : HUMan INTelligence, les renseignements directement glanés auprès des personnes.
 

Briefing

Les réfugiés filent vers l’ouest. Ils n’ont qu’une chose à dire, encore et encore, « Les Russes arrivent ». Ils ne peuvent pas dire d’où. Chaque personne a une histoire différente à raconter, donne une position et une destination différente aux forces ennemies.

 

Le V Corps peine à mobiliser ses forces après l’attaque chimique préemptive contre ses bases. Seules les unités déjà déployées contenir l’avancée soviétique. Elles se rassemblent comme elles le peuvent. La plupart du temps, elles sont isolées. Le 1er bataillon du 68e blindé, 8e Division d’Infanterie, file vers l’est depuis Wildflecken sur la route 279, et n’est en contact avec aucune autre unité. Elle n’a croisé que deux mortiers du 11e ACR et un major du QG de la Bridage qui nous a amené les ordres en personne.

 

Mission

Le 1er bataillon du 68e blindé, 8e Division d’Infanterie, campé à Wildflecken, a l’ordre de trouver et d’engager l’ennemi. Vous devez détruire le fer de lance blindé où qu'il soit. En priorité sur la route 279, entre les municipalités de Bad Neustadt et Wildflecken.

 

Pour le moment, il y a un brouillage radio complet, sur l’ensemble des fréquences. Les radios FHSS* tant vantées sont totalement inutiles. Les SitRep* devront être envoyés par messager si la radio ne fonctionne pas. Si le contact avec un échelon supérieur n’est pas rétabli, vous devrez agir en toute indépendance selon les ordres généraux qui vous sont donnés.

 

Forces alliées

1er bataillon du 68e blindé, 8e Division d’Infanterie

 

Révélation

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Renseignements

La doctrine de bataille soviétique prévoit d’envoyer des unités de reconnaissance très loin en avant**, pour trouver des faiblesses dans le dispositif ennemi. J’aimerais avoir ça sous la main. Le rapport des mortiers du 11e ACR indique que l’assaut était surtout conduit par des chars et des véhicules blindés. Il n’y a pas de mention de véhicules de reconnaissance. Mais c’était clairement un assaut, et il n’y a rien en face pour s’y opposer. Nous nous attendons à trouver leur reconnaissance en tête de leur pointe blindée. C’est l’occasion de leur casser quelques dents.

 

Si on détruit leurs éléments de reconnaissance on pourrait les ralentir, avant de nous replier. Leurs unités principales seront équipées de T-80 et de véhicules de combats. Ce seront des opposants mortels. La météo pourrait se dégrader rapidement, ça n’aidera pas. S’il venait à pleuvoir ou si le brouillard tombait, cela reviendrait à se battre dans une cabine téléphonique, tout ce que nous ne voulons pas.

 

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Réserves

Il n’y a aucune réserve immédiate disponible pour cette mission. Vous devez prendre le contrôle tactique de ce secteur aussi longtemps que possible. Il y a pour le moment un brouillage quasi intégral des fréquences radio. Les ordres seront envoyés par messager si la situation ne s’améliore pas. Dès que le contact radio est rétabli, vous recevrez des instructions du niveau hiérarchique supérieur, ainsi que leur déploiement. Un groupe d’observateurs avancés vous sera envoyé dès que l’équipe est opérationnelle.
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*FHSS : Frequency-hopping spread spectrum, Saut de fréquence à spectre large, un type de radio qui change automatiquement et aléatoirement de fréquence pour réduire les effets du brouillage ennemi. Sauf quand celui-ci brouille tout le spectre.

*SitRep : Situation Report, compte rendu de la situation

** : généralement 50km en avant des forces blindées.

 

Carte du secteur

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Comme précédemment, la B279 est le centre de l'attention de cette bataille.

 

Plan de bataille

Au nord, la situation est assez évidente. La B279 passe au nord de Bischofsheim. La ville offre plusieurs positions en hauteur susceptibles de fournir un large champ de vision aux unités y stationnant. La 1ère compagnie prendra position en ville. Faute d’infanterie disponible pour le moment, il n’est pas raisonnable de se positionner en avant à Unterweißenbrunn et de couvrir intégralement la St2289.

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Au sud, il n’y a réellement qu’un axe d’attaque pour les soviétiques : au travers des bois. Le gros inconvénient, pour eux, est que Waldberg surplombe la zone et offre un champ de vision particulièrement étendu sur la NES51 en contre-bas, le seul axe d’approche possible pour une offensive rapide. La 2e compagnie tient la position, avec un ordre en attente, celui de se déplacer plus au nord pour renforcer la 1ère compagnie.
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Les trois Hummvee (chaque section n'a qu'un seul véhicule) sont envoyés en avant de ces positions, sur la B279 et la NES51, pour trouver l’ennemi.

 

Et c’est tout. Il sera impossible de faire plus tant que le reste du bataillon ne sera pas arrivé : deux hélicoptères, deux batteries d’artillerie et une compagnie d’infanterie mécanisée.

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Proies faciles

Le lieutenant-colonel Bannon est fébrile. Il n’a pas reçu la moindre information du QG ni du reste du bataillon depuis trois heures. Plus rien ne passe. Même avec ses propres unités, à quelques kilomètres à peine, la communication est difficile. La 3e compagnie et les soutiens arrivent, il le sait, mais il ne sait pas exactement quand il pourra compter sur eux.

« Lieut… nel, ici sold... …ton premi… recon… Contact… léments de… connais… ennemi. Je rép… tact avec éle… de reconnais.. enne..

- Ici Bannon, reçu. Je repète, reçu. »

- On… pli.

 

Donc l’ennemi approche par la NES51.

- Contactez directement le capitaine Frey, 2e compagnie, coordonnez-vous avec lui. Contactez le capitaine Frey.

- Rép…, je ne… ai pas… pris.

Ce manège va durer longtemps…

 

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A 10h35, le capitaine Frey reçoit le dernier rapport des deux reconnaissances envoyées sur la NES51. Les Soviet y envoient un groupe de BRDM-2, classiques et anti-char. Le comité d’accueil est prêt.

« 1er et 2e peloton surveillez à 3 kilomètres plein ouest la NES51, un groupe de reconnaissance ennemi approche. Réduisez-le en cendres. 

Les « reçus » se succèdent, grésillant mais audibles. Moins de cinq minutes plus tard, cinq épaves soviétiques jonchent la route.

- Capitaine ici Connor. On a le reste du groupe en visuel, au moins six véhicules.

- Tenez vos positions, restez à couvert.

- Bien capitaine. »

 

Cinq autres minutes plus tard, les reco soviétiques sont surprises. Le feu croisé des M1 et du 3e reco détruisent les fragiles BRDM.

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A 10h45, la radio de Bannon grésille de nouveau. Vu la qualité désastreuse du message, c’est le 2e reco, au nord.

« Deuxiè… co. Con… ments de re… sov… long de… te B-deux…neuf. Pours… miss…

 

Espérons que la 1ère compagnie aura le message en plus clair. Les rapports s’enchaînent, avant de cesser brutalement après 10h51. Fuite ou destructions ? Le capitaine Allister de la 1ère compagnie donne la réponse. Le signal est plus clair qu’avec les recos, mais pas exceptionnel non plus.

- Lieutenant-colonel, le 2e reco a été neutralisé par l'ennemi. Nous engageons les éléments ennemis.

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#####, il faut renvoyer une reco au nord, ils ne peuvent pas continuer en semi-aveugle* comme ils le sont. Un peloton de reconnaissance s’infiltre dans Unterweißenbrunn tandis que les M1 reculent lentement comme prévu.

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Les rapports s’enchaînent et ne parlent que de destructions ennemies. Pas de trace de véhicules blindés ou de chars.

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L’artillerie soviétique répond et neutralise un M1 au sud d’Unterweißenbrunn. Un autre est surpris par un BRDM-2 en ville qui le neutralise sans trop que l’on ne comprenne comment**. A 11h29, le capitaine Frey rapporte la destruction du groupe de reconnaissance ennemi et l’absence d’autre véhicules, à en croire les Hummvees encore sur place.

 

« 1-83 ici Warthog #1, en attente de vos ordres.

Un Apache ! Le premier Apache est arrivé.

- On a une situation qui se complique au nord, la 1ère compagnie a besoin de vous.

- Envoyez les détails. »

En parallèle, la première compagnie rapporte l’arrivée des premiers T-80. A 500m à peine des Abrahms. Ils étaient couverts par les habitations d’Unterweißenbrunn et l’absence de Hummvee a empêché de les débusquer. Ce n’est pas bon du tout. Les Abrahms ont ordre de se replier mais semblent pris de vitesse par un rouleau-compresseur soviétique lancé sur eux.

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11h35. Une goutte de pluie tombe sur le pare-brise de son véhicule de commandement. Puis une autre, et une autre. Une pluie légère fait son apparition, réduisant progressivement la visibilité. Les optiques permettent de voir au travers, mais les lignes de vues sont réduites. Les minutes passant, la pluie ne fait que s’intensifier.

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Son bataillon peut dire au revoir aux tirs à longue distance pour le moment. Autrement dit, ses troupes viennent de perdre leur avantage technique alors que les chars soviétiques approchent.

 

*Les M1 voient très bien avec leurs optiques, mais ils n’ont ni la mobilité, ni la discrétion, ni la rapidité de réaction, ni d'ailleurs le champ de vision des Hummvees.

** Un M1 qui succombe à un coup de 14.5mm ? Sans doute une chenille détruite ou une mal fonction due à un coup très chanceux. Première fois que je vois ça !

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Certain, l'effet sonore était celui d'un canon léger et l'infobulle "ATGM" était absente. 
Avant de mourir, l'équipage a reçu une décoration :D

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Sous la pluie battante

L’artillerie soviétique commence à se faire entendre. Un des M1 postés au nord d’Unterweißenbrunn est mis hors service. Au sud de la ville, le peloton a plus de chance et s’en sort indemne, quoique secoué. La confusion permet aux T-80 de prendre l’initiative. Deux M1 tombent sous les coups des 125mm.

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Les représailles à longue portée depuis le village de Bischofsheim à l’ouest sont inefficaces. Le M1 restant rend en revanche la monnaie de leur pièce aux Soviets en détruisant deux chars ennemis. Les T-80 ne s’arrêtent pas, ils poursuivent au contraire droit vers l’ouest. Les M1 en avant se retrouvent isolés.

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Le premier peloton de la première compagnie perd son dernier char à 11h41, non sans avoir emporté avec lui deux T-80 de plus. Trois minutes plus tard, le second peloton est mis hors service. Le troisième peloton, en sous effectifs avec seulement deux M1, corrige sévèrement les T-80 qui se présentent à lui, mais pour chaque char qui tombe, dix apparaissent.

 

L’artillerie soviétique continue son travail de précision. Sans doute repéré par les T-80 qui sont passés à moins de 500m, le premier peloton de TOW est détruit. Les M1 qui les accompagnaient s’en sortent indemnes.

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11h46. Dans sa radio, Bannon comprend enfin le rapport du capitaine Allister. La situation s’est soudainement compliquée au nord. L’attaque par le centre était une feinte ! Coûteuse pour l’ennemi, certes, mais suffisante pour fixer toute la compagnie de Frey. Il ne peut s’empêcher de frapper le capot de son véhicule avec son poing.

 

« Contactez immédiatement Frey, il doit envoyer sa compagnie au nord selon le plan prévu, et vite ! »

Les difficultés avec lesquelles son équipe parvient à joindre Frey le rendent très pessimiste.

 

Au nord, les ce qu’il reste d’habitants à Bischofsheim commencent à subir un enfer. M1 et T-80 sont engagés dans un combat urbain des plus brutal, sous la pluie battante, puis l’artillerie soviétique se joint à la fête, ajoutant toujours plus de confusion. Les équipages américains revendiquent 12 T-80 détruits.

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C’est un véritable corps à corps urbain qui s’engage.

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A 12h, les M1 revendiquent 7 T-80 de plus et semblent tenir leur position. Warthog arrive sur place, mais la visibilité atroce empêche l’Apache de fournir toute la force de frappe souhaitée. Deux T-80 tombent néanmoins sous les coups des Hellfire.

 

C’est alors que Bannon reçoit une autre bonne nouvelle.

« Capitaine Williams, 3e compagnie, vous m’entendez ? Ici capitaine Williams ! Répondez !

- Williams, ici Bannon ! Je vous reçois !

- Enfin lieutenant ! Rien ne passe, c’est incroyable ! On a perdu le contact avec le QG il y a plus d'une heure et il était impossible de vous joindre !

- C’est la même ##### ici capitaine, et vous arrivez au meilleur moment.

- Quelle est la situation ?

- Filez plein nord, vers Bischofsheim. Les Soviétiques ont lancé un assaut blindé sur cette ville et nos lignes tiennent à peine.

- A vos ordres ! »

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Il faudra de longues minutes avant que tout ce beau monde n’arrive.

 

Les voix des soldats percent occasionnellement le bruit qui recouvre toutes les communications, et les nouvelles ne sont pas bonnes.

« On ne peut plus tenir. Plus de munitions. Ils sont trop nombreux, repli ordonné vers Haselbach. »

« Ici Warthog, on voit que dalle ! On a besoin d'un visuel pour ne pas vous tirer dessus ! Impossible d’ouvrir le feu sans voler dangereusement bas, on reste sur place et on attend que ça s’arrange. »

« On a perdu le char de commandement. Protégez le capitaine ! »

 

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Vers 12h10, en quelques minutes à peine, la pluie s’arrête. Ses troupes vont pouvoir s’en donner à cœur-joie !

Le ton de Warthog change brutalement.

« Voilàààààà là on est d’accord ! Cibles en visuel, il va falloir se donner des priorités ! »

Allister respire. L’Apache revendique en tout une demi-douzaine de cibles, alors que les Abrahms revivent et voient de nouveau au loin. Des colonnes de véhicules, ininterrompues. Et toujours pas de renforts à l’horizon. Surtout, les Soviétiques sont proches, sans doute trop proches.

 

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Modifié par Rhysaxiel

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La bataille de Bischofsheim

Bannon ordonne une retraite générale sur les hauteurs à l’ouest d’Haselbach. Il faut absolument remettre de la distance avec l’ennemi ! Warthog se positionne pour couvrir les troupes au sol, quand soudain un missile sol-air le frôle de peu. Le deuxième, en revanche, ne le loupe pas. Il s’écrase à moins de 500m des premières habitations au sud d’Haselbach. Aucun survivant.

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Allister annonce à 12h27 dans la radio que la pluie refait son apparition. A croire qu’elle s’est arrêtée juste pour permettre aux SAM ennemies de descendre l’hélico. Avec une visibilité à 2.000m, la situation est moins horrible que précédemment et les Abrahms peuvent grignoter peu à peu les forces ennemies. La retraite américaine est néanmoins trop lente. Les T-80 vont au contact et détruisent le QG de la première compagnie, puis ce qu’il reste du peloton de M1. Allister est fait prisonnier.

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Les premières unités de la seconde compagnie arrivent en renfort par le sud et ouvrent le feu sur les Soviets. Pris de flanc, voire par l’arrière, les dégâts sont considérables. En trois minutes, 7 T-80 sont hors service.

 

« Lieutenant-Colonel, ici Warthog #2, on a eu des soucis au décollage, notre aéroport a été frappé à l’arme chimique. C’était pas beau à voir mais on a fini par filer et on est à vos ordres !

-Warthog #2 ici Bannon, filez plein nord vers Haselbach mais faîtes attention, il y a des SAM dans le secteur, on a perdu Warthog #1.

- Reçu.

- Vous avez croisé des rouges sur la route ?

- Rien au radar. Ah si, votre artillerie arrive bientôt !

- Excellent. Vous avez vos ordres. »

Les échanges tournent à l’avantage des américains. Une quinzaine de véhicules restent sur le tapis, dont des DCA que les équipages veillent à bien cibler. Cela n’empêche pas la destruction totale de la première compagnie dont les blindés n’ont pu retraiter à temps. La pluie s’arrête.

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Des véhicules blindés ennemis tentent d’occuper la St2288 mais succombent face aux M1 positionnés en embuscade. Les rares communications qui passent révèlent que le C3 soviétique est complètement hors service dans ce secteur. Les deux unités qui s’affrontent sont coupées de leurs bases, au moins en ce qui concerne la radio.

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La tentative de percée des soviétiques, sans appui et sans chars, échoue complètement.

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L’artillerie américaine arrive et croule sous les demandes. Elle frappe d’abord les QG repérés par SIGINT. Le troisième bataillon arrive enfin vers Haselbach. Une partie reçoit l’ordre de se déployer sur les hauteurs, l’autre dans le village. A 13h, il apparaît que les Soviétiques sont enfermés dans Bischofsheim, toute une unité qui n’est pas à couvert subit le feu croisé de l’Apache, de l’artillerie et des M1.

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Entre Haselbach et Bischofsheim, les M2 et les T-80 s’échangent les coups.

 

Sur la Sr2288, un peloton de M1 s’avance. Il subit le même sort que l’infanterie motorisée soviétique quelques minutes plus tôt. En cinq minutes à peine, deux M1 sur les trois sont détruits par un T-80 et de l’infanterie antichar en embuscade. L’ennemi est peut-être coupé du monde, mais il est encore très féroce.

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A 13h30, la situation semble bloquée. Les Soviets n’avancent plus mais les Américains ne paraissent pas en mesure de reprendre le terrain perdu ni réellement menacer la B279.

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Bannon ne parvient toujours pas à joindre son QG. Il commence à redouter que cette bataille soit un leurre, au même titre que l’attaque menée cette fin de matinée par le sud qui a immobilisé les forces de Frey suffisamment longtemps pour permettre aux Soviétiques de chasser la première compagnie de Bischofsheim. L’ennemi a subi de lourdes pertes, il y a peut-être un coup à jouer. Faut-il reculer ? Tenir ? Tenter une contre-attaque ?

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Attrition

Les combats se limitent maintenant aux marges. Un M1 est détruit par le tir d’un RPG-7, et le deuxième Apache est à son tour abattu malgré les précautions prises par les pilotes. Les Soviétiques ont pu avancer une unité de SAM tout en la camouflant dans les rues d’Unterweißenbrunn. L’équipage de l’hélicoptère a tout juste eu le temps de voir le Radar Warning Receiver s’allumer et de repérer la traînée de deux missiles filant droit sur lui.

 

« Lieutenant colonel ici Williams, on subit le feu des T-80. Je perds des M2 par camions entiers. S’ils avancent on ne pourra pas tenir le terrain !

- Ici Bannon. Message reçu, repliez-vous sur les hauteurs.

- A vos… »

La ligne coupe soudainement, interrompue par un barrage d’artillerie soviétique qui détruit au moins trois véhicules et ne laisse aucune chance à Williams.

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C’est à ce moment-là que l’ennemi se remet en mouvement.
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L’ennemi a repris du poil de la bête. Ils ont rétabli leurs communications et sans doute reçu du renfort. Les M2 subissent la loi des T-80 tandis qu’un peloton mécanisé malmène les M1 par la seule force de son effectif.

 

Pire encore, un Hind approche.

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Les M1 tentent de l’engager avec leur mitrailleuse, en vain. Les Vulcan sont mal placés et incapables de cibler correctement l’hélicoptère qui s’en prend au QG de la troisième compagnie, en mouvement vers une position plus sûre au sud. Un QG est détruit, puis un lanceur TOW. L’absence de SAM et de couverture aérienne se fait cruellement sentir.

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Les M2 ripostent, les Vulcan arrosent le ciel de leur gattling, mais le Hind persiste, neutralise deux véhicules et leur infanterie.

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Le salut vient… Du Hummvee embusqué dans les bois, qui vise le Hind à son tour et parvient à l’endommager, le forçant à s’écraser.

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Les échanges se poursuivent : un M2 détruit, puis un T-80.

 

A 14h32, l’opérateur radio de Bannon hurle.

« C’est le QG ! On a rétabli le contact !

- Passez-les moi tout de suite.

- Colonel Bannon ici le Major Rosenberg. Repliez-vous immédiatement !

- Quelle est la situation?

- Si vous êtes près de Bischofsheim vous êtes beaucoup trop avancés. Le premier escadron du 11e ACR a été engagé bien plus au nord. SIGINT et HUMINT nous indique que les Soviétiques ont contourné votre position par le sud. Ils pourraient menacer vos arrières et nos propres positions. Repli immédiat, c’est un ordre !

- Bien Major ! »

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(oui, les soviétiques ont perdu 70% de leur forces juste avant moi ! :D )

 

Epilogue et bilan : 53%, résultat incertain, léger avantage américain

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Le Lieutenant-Colonel Bannon, dans l’absolu, a accompli la mission qu’il s’était donné. Sa force a pu casser quelques dents à l’ennemi et freiner sa reconnaissance en le forçant à combattre à Bischofsheim pendant quelques heures. Le problème, c’est que la situation stratégique, qui lui a échappé à cause du brouillage électronique et de l’impossibilité de contacter ses supérieurs, exigeait tout autre chose. En s’avançant autant, Bannon s’est coupé de son artillerie et de sa troisième compagnie, ce qui a affaibli sa défense de la B279. La première compagnie a été quasiment détruite, la troisième a subi des pertes relativement élevées en très peu de temps. L’obligation de se retirer fait que le matériel récupérable est abandonné. Des dizaines de M1 seulement immobilisés restent plantés là, leur équipage évacué, capturé ou tué. Le ratio de pertes est à l’avantage des Américains, mais ce sont les Soviets qui peuvent se permettre une guerre d’attrition.

 

Les Soviétiques ne savaient pas où se trouvaient exactement les forces américaines. Avec cet engagement, et celui du premier escadron du 11e ACR plus ay nord, tout doute était dissipé : le 1/68e blindé s’est fixé tout seul comme un grand à Bischofsheim contre des éléments de reconnaissance, permettant au gros de la 79e division de chars de la garde soviétique de contourner la région par le sud sans rencontrer d’opposition.

 

Evaluation : côté américain

Salutations de l’Inspection d’Etat-major.

Dans la bataille, vos forcent, totalisant 4.994 points, ont sécurisé 53% (9.271 vs 8.091) des points de victoire attribués, contre une force ennemie valant 7.761 points. Sachez que l’Inspection considère votre performance comme tolérable.

 

Votre force revendique la destruction de 9 reco, 1 hélico, 51 chars, 55 blindés, 35 infanteries, 15 SPAT, 3 AT, 7 QG et 8 AA ennemis.

 

Forces restantes :
Actives : 2 reco, 6 chars, 3 blindés, 7 infanteries, 5 SPAT, 9 QG, 5 AA, 16 SPArt, 16 véhicules utilitaires.
Hors de combat : 1 reco, 9 chars, 4 blindés, 3 infanterie, 2 SPAT, 1 AT, 1 QG, et 1 AA.
Détruites : 2 hélico, 8 chars, 6 blindés, 1 SPAT et 2 QG.

 

A la fin du combat, vos unités disposaient d’un niveau de préparation de 56% et un cycle de commandement de 24 minutes.

 

Votre force a subi des pertes significatives – 17% de pertes définitive, et a besoin de temps pour être de nouveau opérationnelle et récupérer les 22 unités hors de combat.

Evaluation terminée.

 

Evaluation : côté soviétique

Salutations de l’Inspection d’Etat-major.

Dans la bataille, vos forcent, totalisant 7.761 points, ont sécurisé 47% (8.091 vs 9.271) des points de victoire attribués, contre une force ennemie valant 4.944 points. Sachez que l’Inspection considère votre performance comme tolérable.

 

Votre force revendique la destruction de 1 reco, 2 hélico, 17 chars, 10 blindés, 3 infanteries, 3 SPAT, 1 AT, 3 QG et 1 AA ennemis.

 

Forces restantes :
Actives : 6 reco, 3 hélico, 13 chars, 23 blindés, 13 infanteries, 3 AT, 4 QG, 6 AA, 32 SPArt.
Hors de combat : 4 reco, 18 chars, 19 blindés, 17 infanteries, 2 SPAT, 1 AT, 2 QG, et 5 AA.
Détruites : 5 reco, 1 hélico, 33 chars, 36 blindés, 18 infanteries, 13 SPAT, 2 AT, 5QG et 3 AA.

 

A la fin du combat, vos unités disposaient d’un niveau de préparation de 68% et un cycle de commandement de 37 minutes.

 

Votre force a subi des pertes atroces – 44% de pertes définitives, et la récupération des 68 unités hors de combat prendra plus de temps que celui dont nous disposons.

Evaluation terminée.

 

 

Compte rendu perso

Jouer les américains, c'est jouer en mode facile : peu d'unités mais généralement puissantes, plus discrètes et réactives, C3 court... Jusqu'à ce qu'on se rende compte que l'ennemi est 3 à 5 fois plus nombreux, qu'il a donc les moyens de se rapprocher vite et violemment, voire qu'il profite du terrain ou des mauvaises conditions pour réduire à néant l'avantage technologique. Avantage assez ténu donc, dès que les lignes de vues se raccourcissent. Et la moindre perte fait mal.

 

Le briefing laissait entrevoir une météo exécrable, et il n'a pas eu tort, bien que cela aurait pu être pire. En l'absence d'artillerie 75% du temps, les perfs sont plutôt honorables. Le matériel est franchement bon, à l'exception de la DCA. Les Vulcan sont vraiment limités en portée, quoique sans doute efficaces en embuscade, et les Humvee, disons, très fragiles.

 

J'ai relevé plusieurs erreurs de mon côté, à commencer par le fait de fixer la compagnie au centre trop longtemps, de faire reculer trop tard les M1 envoyés en avant, et généralement d'avoir sous-estimé le rythme de l'avance soviétique. Je me suis retrouvé deux ou trois fois en rupture d'ordres, ce qui ne devrait pas arriver en jouant américain hors circonstances exceptionnelles. J'ai aussi sur-estimé la puissance d'un peloton de M2 avec leur infanterie. Ils tiennent bien leurs positions, mais il faut sans doute les utiliser dans un environnement confiné. En lisière de ville comme ici à Haselbach, ils peuvent se faire aligner.

 

Il faut croire que je suis meilleur attaquant que défenseur ou que je suis plus à l'aise avec le matériel soviétique... Ou les deux :D
Je devrais m'améliorer avec le temps (et quelques parties hors campagne pour m'entraîner).

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Très sympas et conforme aux conclusions que tirerais le QG américain... sauf que il n'y a pas vraiment de réserves de T80, ce serons des T72 qui comblerons les trou une fois qu'il n'y aura plus de possibilité pour remettre en route les T80 partiellement détruits ou juste immobilisés et ce ne sera plus la même limonade pour les russes. 

 

Pire, si il ont eu trop de perte en infanterie aussi, il vont devoir mettre en ligne les tchèques et les polonais avec un matériel encore moins performant et un moral disont ... aléatoire :)

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