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Rhysaxiel

[CMANO, FPCRS] En Sept jours sur le Rhin - sujet central

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Me voilà rentré de Pologne !
Les deux scénarios sont côtés américains. Je pense que je vais suivre l'avis d'Eginhard et tout simplement les jouer dans l'ordre chronologique. Head On en premier, puis un Black Horse légèrement modifié ensuite, plus corsé pour l'américain. En plus, de ce que j'ai lu des briefings, Head On est beaucoup plus incertain que Black Horse qui est vraiment AttD volume 2, ça mettra du piquant :D

Je devrais pouvoir lancer la partie dans qq jours, et l'AAR en suivant.

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J'ai lancé le sujet du deuxième scénario ici.
Il s'agit de Head On, joué côté américain. Le jouer ne m'a pris qu'une poignées d'heures, il est étonnamment court, je crois que je prendrai plus de temps à en écrire le récit :D

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Conclusion du deuxième scénario

Résultat incertain à l’avantage des Américains (53% des points de victoire) après 4h32 de combats. Le 1/68e a pu infliger des pertes sensibles à l’ennemi mais s’est fait éjecter sans ménagement de la B279 et de Bischofsheim. Les américains doivent se retirer en raison de la situation stratégique et abandonnent leur matériel endommagé.

 

Cette feinte soviétique a rempli son rôle en fixant le 1/68e pendant que le gros de la formation manœuvrait plus au sud, mais le 247e RFM s’est fait copieusement étriller, plus que prévu. Ce genre d’opérations n’est pas à répéter trop souvent.

 

Score du scénario (FPCRS uniquement) : OTAN 9.271 – PACTE 8.091* (53% OTAN)

Pertes infligées dans le scénario (FPCRS uniquement) : OTAN  5.471 – PACTE 3.091** (63% OTAN)

 

Score total (FPCRS uniquement) : OTAN 11.053 – PACTE 28.645* (972% PACTE)

Pertes infligées au total (FPCRS uniquement) : OTAN 7.253 – PACTE 7.636** (51% PACTE)

Score personnel : 29.825 vs. 9873*** (75% en ma faveur)

*le score est calculé dans chaque scénario en fonction des destructions infligées et des points de contrôles tenus.

**score ne prenant en compte que les pertes matérielles. Dans FPCRS, chaque équipement a une valeur en points de victoire en fonction de sa qualité.

***score que j'ai obtenu, indépendamment du camp joué

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ReForGer et stratégie navale

La volonté soviétique de mener une guerre limitée se heurte à la réalité géographique de l’URSS. Pour gagner cette guerre, il faut gagner en Europe, ce qui peut être obtenu par un fait accompli en Allemagne, pense-t-on à Moscou. Pour gagner en Allemagne, il faut empêcher l’Opération Reforger, sans quoi les renforts américains feront pencher la balance en faveur de l’OTAN, même si le Pacte occupe une position avantageuse derrière le Rhin. Les renforts prévus consistent en six divisions, trois brigades dont une blindée et une d’artillerie, et un régiment de cavalerie blindée. Elles viennent en renfort du 5e corps basé à Francfort, du 6e basé à Stuttgart, et du 3e basé à Fort Hood au Texas.

 

En Allemagne, les POMCUS (Prepositioning Of Materiel Configured in Unit Sets – Prépositionnement de matériel configuré en unités définies) regroupent tout un tas de matériel pour des unités précises, en fonction de leur besoins. Ce matériel est inutile si les unités n’arrivent pas. De même, si ces POMCUS sont capturés ou détruits, les unités déployées pour Reforger pourraient manquer d’équipement. Pour perturber ou empêcher Reforger, il faut menacer les lignes de communications maritimes entre l’Europe et les Etats-Unis, en plus d’une offensive victorieuse en Allemagne. Le port principal pour l’opération est Hambourg, via la Mer du Nord et le GIUK. Passer par la Hollande ou pire, la France, ralentit le déploiement des unités, en plus d’entraîner quelques complications politiques pour le président et le premier ministre français.

 

Pour menacer la Mer du Nord et le GIUK de manière efficace, il faut détruire les bases de l’OTAN dans l’océan Arctique, particulièrement en Norvège, ce qui nécessite d’élargir le théâtre des opérations à cette région. Il est possible en théorie de menacer la Mer du Nord depuis la péninsule de Kola grâce à la portée des Tu-16 et Tu-22M, mais survoler un espace aérien sous contrôle de l’OTAN est risqué. Pour permettre une véritable sortie des sous-marins et de la Flotte du Nord, il faut de toute façon priver l’OTAN de ses moyens d’observation sur ce théâtre.

 

La question de l’emploi de la Flotte de la Baltique se pose également. Il est peu probable que l’OTAN vienne contester cette mer. La raison d’être de cette flotte est de couvrir le flanc nord de la guerre en permettant plusieurs débarquements au Danemark et en République Fédérale d’Allemagne, ou en faisant peser cette menace en permanence. Ne pas l’employer n’aurait que peu d’effet sur les pays alentours : le Danemark est membre de l’OTAN, la RFA également, et il est attendu que la Suède reste neutre tant que son territoire est respecté. D’un autre côté, la Flotte de la Baltique n’est pas véritablement une flotte de haute mer et ne pourrait qu’être une force d’appoint à la Flotte du Nord dans les combats pour l’Arctique. Le commandement soviétique est encore indécis sur la question.

 

La Flotte de la Mer Noire doit en revanche être employée pour sa mission majeure : ouvrir les détroits turcs. Une partie de la flotte, et en particulier son TAKR et ses éléments les plus aptes à la haute mer, a été envoyée en Méditerranée, au prétexte de relayer le groupe de surface y opérant depuis janvier 1989. Décider de ne pas employer cette flotte serait absurde : la Turquie contestera de toute façon le sud de la Mer Noire, et la base de Tartus ne peut pas efficacement ravitailler de grandes flottes sur de longues périodes.

 

La 5e escadre, en Méditerranée, fait face à la 6e flotte et a pour seul rôle de défendre Tartus et d’engager l’ennemi en cas de déclenchement des hostilités s’il s’en approche. L’État-major envisage de mener dans le Golfe persique une deuxième guerre des pétroliers, en ciblant spécifiquement les bâtiments livrant les pays de l’OTAN, pour le plus grand plaisir de l’Iran qui en percevra les dividendes.

 

Les navires de la 8e escadre, stationnés à Aden et Socotra, sont dans une position particulièrement précaire. Sans véritable base et face à la 5e flotte, il suffit que l’Egypte décide de fermer le canal de Suez à l’URSS pour qu’elle soit bloquée sur ce théâtre. Seule l’Inde dispose d’une infrastructure à même de ravitailler la flotte, mais elle s’enferme pour le moment dans sa neutralité. Sage décision avec une flotte américaine au large de ses côtes.

 

Dans le Pacifique, l’URSS est enfermé par le détroit de Tsushima entre la Corée du Sud et le Japon, ainsi que par les Kouriles. Le Bastion d’Okhotsk forme une base relativement sûre, mais en cas de conflit, la flotte doit pouvoir déployer ses sous-marins au large. Moscou a donné l’ordre aux escadres, fortes de deux TAKR, d’engager les forces américaines et d’ouvrir le passage des Kouriles, en veillant à ne pas toucher aux navires japonais et coréens, quand bien même ceux-ci informeraient les Etats-Unis des mouvements soviétiques. La question de frapper ou non les bases américaines au Japon est posée.

 

Obligations américaines

Au-delà des considérations propres à chaque théâtre, un autre problème se pose pour l’URSS. Afin d’assurer ReForGer, les Etats-Unis déploieront un ou plusieurs porte-avions, qu’ils prélèveront des autres théâtres. Autrement dit, pour perturber ReForGer, il faudra forcer les Etats-Unis à déployer leurs porte-avions loin de l’Arctique. Les seules solutions sont de maintenir la pression sur les flottes américaines, et idéalement de couler plusieurs porte-avions. Une mission particulièrement ardue compte tenu de la composition des groupes aéronavals américains.

 

Les Flottes américaines ne peuvent cependant pas être librement redéployées pour contrer les menaces soviétiques ou même pour couvrir ReForGer.

- la 2e flotte (Arctique, Atlantique) est justement celle défendant le théâtre de la Mer du Nord, c’est celle qui faudra renforcer.

- la 3e flotte (Pacifique) couvre la côte ouest, il est hors de question de l’envoyer ailleurs. Il serait même judicieux de renforcer ce théâtre si les sous-marins soviétiques tentent une sortie.

- la 4e flotte (Caraïbes) protège le sud des Etats-Unis, notamment contre Cuba, mais aussi contre des sous-marins soviétiques aventuriers. Un des convois de ReForGer part de Fort Hood, Texas, et doit être protégé. De plus, une attaque sournoise du régime castriste n’est pas à exclure. Qu’une telle attaque puisse toucher le sol américain serait une humiliation, il est donc peu recommandable de réaffecter le seul porte-avions de cette flotte.

- la 5e flotte (Océan Indien) est peut-être celle, avec son porte-avions, plus susceptible d’être entièrement déplacée, une fois la 8e escadre soviétique éliminée et la neutralité indienne assurée.

- la 6e flotte (Méditerranée) dispose actuellement de deux porte-avions, mais la présence des porte-avions italiens et français pourraient les libérer une fois la 5e escadre neutralisée.

- la 7e flotte (Pacifique Ouest) est immobilisée, ses deux porte-avions couvrent le Japon, Taïwan et la Corée du Sud face à la Chine et à la Corée du Nord. Il n’est pas possible de les redéployer sans considérablement affaiblir le Commitment américain dans la région et donner des idées aux régimes communistes.

 

Deux porte-avions sont en transit. Ils devaient être affectés en méditerranée mais pourraient être redirigés vers l’Arctique ou protéger la côté Atlantique. Parmi les porte-avions actuellement au port, seul le Carl Vinson peut prendre la mer sans risque, mais il est en Californie. Les autres sont en maintenance. L’Invincible, britannique, est disponible à Portsmouth. Parmi ceux en mer, le Nimitz dans l’océan indien, le JFK et le Roosevelt en méditerranée, sont ceux qui seront probablement réaffectés une fois leur théâtre d’opérations sécurisés. Six porte-avions américains en tout dont quatre pouvant raisonnablement rejoindre l’Arctique. A condition de sécuriser au moins la Méditerranée et l’Océan Indien.

 

En prenant tout cela en compte, la notion de guerre limitée parait illusoire. Le fait accompli en Allemagne devra, au minimum, être accompagné par une conquête ou une neutralisation du nord de la Norvège et du Bosphore, ainsi que des attaques directes contre plusieurs flottes américaines dans l’espoir de les fixer et d’empêcher l’opération Reforger.

 

On sait comment les Etats-Unis ont réagi après Pearl Harbor.

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Conclusion du troisième  scénario

Résultat incertain à l’avantage des Soviétiques (53% des points de victoire) après 6h20 de combats (dont 5h38 de véritable affrontement). Le premier escadron du 11e ACR a retenu les soviétiques quelques heures à peine. A leur arrivée sur le secteur, Nordheim était aux mains de l’ennemi contrairement à ce qu’indiquaient les renseignements, ce qui a rendu les opérations américaines plus compliquées que prévues. Les pertes sont élevées côté américain mais l’effet stratégique est limité : l’unité soviétique faisait route vers Fulda. Elle ne l’atteindra pas à temps, mais le premier escadron est anéanti, ce qui affaiblit d’autant la défense de la ville.

 

Score du scénario (FPCRS uniquement) : OTAN 6.542 – PACTE 7.611* (53% OTAN)

Pertes infligées dans le scénario (FPCRS uniquement) : OTAN 3.242 – PACTE 3.011** (52% OTAN)

 

Score total (FPCRS uniquement) : OTAN 17.595 – PACTE 36.256* (67% PACTE)

Pertes infligées au total (FPCRS uniquement) : OTAN 10.495 – PACTE 10.647** (51% OTAN)

Score personnel : 36.367 vs. 17.484 (67,5% en ma faveur)

 

*le score est calculé dans chaque scénario en fonction des destructions infligées et des points de contrôles tenus.

**score en ne prenant en compte que les pertes matérielles. Dans FPCRS, chaque équipement a une valeur en points de victoire en fonction de sa qualité.

 

Jour 1 : résumé des actions dans la trouée de Fulda

Résumé des scénarios joués.

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Résumé de l’action autour de Fulda, selon les briefings des scénarios suivants

Flashpoint Campaign Red Storm part du principe que les Soviétiques ne sont absolument pas arrêtés à Fulda même, et aucun scénario inclus dans le jeu ne permet de jouer cette bataille en 1989. Dans l’absolu, il est illusoire de vouloir tenir la ville face à la horde rouge qui déferle. Elle est défendueen toute hâte par la 2e brigade de la 3e Armored Division. Le 11e ACR doit fournir des renforts dans ce combat.
 

18122307460824310916047451.png

Le 3e escadron du 11e ACR, basé à Bad Hersfeld, file plein sud mais est intercepté sur son flanc par des éléments du 117e Régiment Fusilier Motorisé, qui parvient à devancer les américains à Hunsfeld, leur coupant la route de Fulda. L’affrontement dure environ quatre heures avant que le régiment soviétique, copieusement étrillé, ne retraite en bon ordre vers le nord de Fulda, entre temps sécurisée.

 

De fait, seul le 4e escadron du 11e ACR, qui regroupe les éléments aériens du régiment, est en mesure de soutenir Fulda. L’attaque principale se fait par le nord via Hofbieber. Le 211e Régiment de Chars de la Garde pulvérise les premières lignes de la 2e brigade du 3e AD complètement surprise avant que les hélicoptères du 4e/11 ACR ne puissent intervenir. Le relief offre un champ de vision très limité, ce qui n’est pas à l’avantage des voilures tournantes, incapables de soutenir correctement sans s’exposer à la puissance DCA soviétique. Le 247e Régiment de Fusiliers Motorisé s’engouffre et prend position aux abords de Fulda avant de s'infiltrer dans la ville. A la mi-journée, l’A7 est coupée, et le 45e Régiment de Chars se lance vers Poppenhausen et Eichenzell pour fermer le sud de la ville.

 

La retraite du 4e/11 ACR est ordonnée, tandis que la 2e/3e AD commence un mouvement vers le sud et tombe sur le 45e RC. Les éléments d’avant-garde sont éliminés et la retraite déroutée vers Hosenfeld à l’ouest, puis vers le sud. A l’issue de la bataille, l’URSS contrôle l’autoroute A7 de Fulda jusqu’à Bad Kissingen, sur plus de 80km, et la ligne de défense de la trouée de Fulda, la zone la mieux défendue de la planète, est complètement détruite. La situation apparaît mal engagée…

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…Et pourtant, en regardant la carte du théâtre des opérations, les gains soviétiques sont minimes, surtout si on les met en parallèle aux efforts consentis. Le premier jour des sept que compte l’opération est passé. Cela signifie deux choses : le rythme de l’invasion va devoir franchement accélérer, mais surtout, les deux camps vont connaître un tempo infernal, où les combats ne cessent jamais et où les batailles s’enchaînent si parfaitement qu’elles deviennent impossible à distinguer les unes des autres. Les soldats ne tiendront pas physiquement un tel rythme bien longtemps.

 

Quant à savoir ce qu’il s’est passé en mer, c’est pour très bientôt !

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La complexe équation des bombardiers soviétiques

Sur le papier, les bombardiers de l’aviation navale soviétique apparaissent impressionnants. Longue portée, supersoniques pour certains, capables d’emporter des missiles antinavires à longue portée. Deux modèles nous intéressent et donnent des maux de crânes aux stratèges américains, le Tupolev Tu-16 (code OTAN : Badger), et le Tu-22M (code OTAN : Backfire).

 

Le Tu-16 a une vitesse maximale de 520 nœuds pour une autonomie de 1200-1300 nm. Il peut emporter un KSR-5 (voir plus bas).

Tupolev_Tu-16_above_Soviet_cruiser_1984.

 

Le Tu-22M suit le même concept que le Tu-16, mais poussé à l’extrême de l’époque. Cet engin de mort est supersonique, on parle d’une vitesse maximale de mach 1.6 (920 nœuds), soit celle d’un chasseur, ce qui lui donne la capacité ou de s’échapper ou d’approcher l’ennemi à pleine vitesse sous la couverture radar. Les 520 nœuds que peut atteindre le Tu-16 sont sa vitesse de croisière. Il peut frapper à 1500-1600 nm selon sa configuration et embarque le Kh-22.

Tu-22M+Backfire+Medium-Range+Bomber.jpg

 

Le Kh-22 (OTAN : AS-4 Kitchen) est le premier missile soviétique à être développé pour attaquer spécifiquement des groupes aéronavals. Il porte à 215-300 nm et file à une vitesse de mach 4.6.

Le KSR-5 (OTAN : AS-6 Kingfish) est plus ou moins un Kh-22 réduit pour permettre son tir par les Tu-16 non modernisés. Sa portée est de 120-180 nm et il file à mach 3.5.

 

A titre de comparaison, l’AIM-54 Phoenix tiré par le F-14, conçus pour intercepter ces bombardiers, porte à 100 nm à peine (120 nm dans sa version 1989), ce qui interdit toute interception de dernière minute. Le F-14 doit être en vol et bien guidé pour avoir une chance d’intercepter un raid, tout particulièrement s’il est lancé par des Tu-22.

 

Il y a toutefois un premier problème : les radars de ces avions sont totalement incapables de repérer une cible à la portée maximale de leurs missiles et ne sont pas en mesure de distinguer les porte-avions du reste. Celui du Tu-16 porte à 175 nm, celui du Tu-22M à 240 nm. Il faut donc un appareil tiers pour repérer et surtout identifier une cible. La doctrine soviétique prévoit quatre cas.

Le premier, de loin le plus courant en exercice, est d’accompagner les bombardiers de Tu-95 de reconnaissance, qui disposent eux d’un puissant radar (260 nm) et d’une suite d’écoute électronique.

La deuxième option est de recevoir les données depuis des navires, dans le cas où deux flottes de surfaces se font face. Cela pourrait être le cas en Méditerranée par exemple, mais fort peu probable dans l’Arctique et quasi impossible en haute mer, où un groupe aéronaval américain aura tout le loisir de contrôler une très large zone et d’empêcher des navires soviétiques d’approcher.

Le troisième cas est via un sous-marin, qui devient par définition très vulnérable lorsqu’il se rapproche de la surface pour communiquer ses informations.

La dernière option est la transmission de données satellites, bien que les Soviétiques ne disposent pas de la capacité de transmettre les données en temps réel à tout un escadron de bombardiers en vol.

 

Toutes ces solutions ont une faille. Si la flotte est accompagnée de leurres imitant les communications du porte-avions (la cible privilégiée de ces armements) ou si le GAN reste silencieux, les bombardiers auront besoin d’une identification visuelle de la cible sous peine de gâcher leurs missiles sur une cible mineure ou pire, de frapper des civils. La résolution des images et des radars satellites soviétiques est insuffisante et permet seulement de repérer « un gros navire », qui peut donc être un porte-avions… Ou un tanker, ou un pétrolier. Or, pour un Tu-95, l'avion tout désigner pour obtenir cette identification visuelle, ne serait-ce qu’approcher un GAN relève du suicide, vu la couverture offerte par la chasse embarquée américaine.

 

Il y a toujours la solution de « tirer dans le tas », notamment parce que les missiles disposent de la capacité de changer de cible si celle assignée est détruite ou perdue, mais il se pose alors un autre problème, plus opérationnel celui-là, celui des stocks de missiles. Les soviétiques ont assez de missiles, tous types confondus, pour permettre entre deux et trois sorties à chaque appareil, et c’est tout. Produire un Kh-22 ou un KSR-5 est bien plus chronophage que pour un missile air-air : on parle de missiles pesant entre 4 et 5 tonnes et mesurant plus de 10m de long.

 

Ultime inconnue, celle de la disponibilité des appareils vs. l’efficacité des contre-mesures américaines. La doctrine soviétique prévoit trois division de bombardiers navals (une division = 100 appareils) pour la Flotte du Nord et trois pour la Flotte du Pacifique. Dans toute force armée, la règle de 4 s’applique. Une part des appareils est en mission, une part est en préparation en vue de la prochaine mission, une part est en réparation, une part en maintenance opérationnelle et donc indisponible pendant plusieurs jours ou semaines. Si les soviétiques pouvaient lancer 100 appareils contre un GAN américain, ils y viendraient sûrement à bout ne serait-ce que par la puissance de feu que représente les 100 à 200 missiles supersoniques tirés. Le fait est qu’il est fort peu probable d’arriver à un tel chiffre sans durablement se priver de ces avions dans les jours qui suivent et sans un long temps de préparation préalable, notamment pour les Tu-22M particulièrement gourmands en maintenance. Réduire le nombre de missiles expose le raid à un échec, car les croiseurs, particulièrement de la classe Ticonderoga, sont conçus pour justement détruire ces missiles, du moins en théorie.

 

Bombardiers en grand nombre + longue portée + disponibilité limitée + stock de missile réduit + cible fortement défendue. Voilà l'équation que les stratèges doivent résoudre.

Des deux côtés, c’est le saut dans l’inconnu.

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Quatrième scénario (et suivant) sur Command : Modern Air Naval Operations

Le prochain AAR est une nouvelle expérimentation de ma part et un petit monstre : pour les besoins de la narration et pour maintenir le suspense d’un scénario sur l’autre quand aux capacités soviétiques je jouerai plusieurs scénarios avant de faire le récit qui les rassemblera tous. Il est en effet à chaque fois ou presque question de frapper un porte-avions américain ou d'en utiliser un pour frapper une base, et je souhaite maintenir l'inconnue sur l'efficacité des flottes et forces aériennes soviétiques.

Voici les scénario :

 

Battle of the First Salvo (The War that Never Was)

Joué: Côté soviétique

Jour J (20 juillet 1989) -2h
Front de Méditerranée orientale, 5e escadre vs. 6e flotte.
C'est une partie de pile ou face. Un GAN américain et sa très lourde escorte sont pris en étau entre deux flottes de surface soviétiques. Des Tu-16 sont disponibles, mais en Crimée, il faut les acheminer sans les perdre contre la Turquie. Israël et la Syrie guettent.

 

Crossing the Line of Death (The War that Never Was)

Joué: Côté américain.

Jour J (20 juillet 1989) -1h
Front de Méditerranée, OTAN vs. sous-marins de la 5e Escadre et la Libye.

Ce scénario est en théorie une opération de anti-sous-marins menée par trois porte avions de l'OTAN, qui peut vite être perturbée par l'opportunisme de Mouammar Kadhafi.

 

Bosphorus Blues (The War that Never Was)

Joué: Côté soviétique

Jour J (20 juillet 1989) heure H
Prise du Bosphore, Flotte de la Mer Noire vs. Marine turque.

Cérémonie d'enterrement de la flotte turque dans ce théâtre qui sera sans doute sauvagement assassinée par la Flotte de la Mer Noire soviétique. L'important n'est pas là : il faut sécuriser le détroit du Bosphore pour offrir une voie de sortie aux navires en Méditerranée.

 

Closing the Kurile Gap (The War that Never Was)

Joué: Côté soviétique

Jour J (20 juillet 1989) heure H
Front du Pacifique nord, Flotte du Pacifique vs. 7e Flotte.

Les Etats-Unis doivent maintenir les éléments soviétiques dans leurs bastions tandis que la Flotte du Pacifique cherche à porter un coup fatal à la 7e Flotte et neutraliser ainsi le Japon.

 

Indian Ocean Brawl (The War that Never Was)

Joué: Côté soviétique

Jour J (20 juillet 1989) heure H
Front de l’Océan Indien, 8e Escadre vs. 5e Flotte.

On touche ici aux limites logistiques de l'URSS. La 8e escadre est condamnée faute de ports capables de la ravitailler. De même, les appareils du théâtre ne pourront faire qu'une ou deux mission avant d'épuiser les réserves. L'objectif est de faire saigner du nez la 5e flotte avant, sans doute, de mourir dans un beau feu d'artifice. L'inde, plutôt pro-soviétique, surveille étroitement ce front.

 

Facing the Bear (The War than Never Was)

Joué: Côté soviétique

Jour J (20 juillet 1989) heure H
Opérations en Mer de Norvège et dans l’Arctique, Flotte du Nord vs. 2e flotte.

Sans doute le scénario le plus complexe du lot, il s'agit du premier jour des opérations contre la Norvège. Les Soviétiques cherchent à fermer l'espace aérien norvégien à l'OTAN, à prendre le contrôle d'une ou plusieurs bases aériennes pour pouvoir frapper la Mer du Nord, à soutenir l'avancée de leurs troupes dans le nord du pays et, enfin, à repousser la 2e flotte.

 

Kitty comes to Kamtchatka (The War that Never Was)

Joué: Côté américain.

Jour J (20 juillet 1989) heure H
Front du Pacifique Nord-Ouest, 3e Flotte vs. la base soviétique de Petropavlovsk.

Frappe préventive de la 3e flotte contre la base de Petropavlovsk Kamtchatski pour y neutraliser les bombardiers intercontinentaux qui s'y trouvent et réduire la force de frappe nucléaire soviétique.

 

Il me faudra un certain temps pour tout jouer et plus encore pour écrire le tout, donc il faudra vous armer de patience avant de voir la suite de notre bien triste histoire. Certains scénarios débordent de la première journée. Je les jouerai jusqu’au bout, mais le récit ne concernera, pour le moment, que la première journée.

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Le scénario du Bosphore… pour rappel, n'importe quel clampin avec deux ou trois pièces de 155mm peut envoyer par le fond tous ce que la marine soviétique aura la folie d'engager dans ce bon vieux couloir de la mort et sous marin y compris!

 

La seule solution est de contrôler les deux rives avec de l'infanterie et il va en falloir pour écarter l'armée turque!

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A la décharge du commandement soviétique, l'OTAN agira de toute façon sur tous les fronts même dans une guerre limitée à l'Allemagne, donc autant prendre l'initiative et empêcher une concentration de l'ennemi.

Je n'ai absolument pas regardé en détail les forces déployées pour la prise du Bosphore. Il y a sans doute des moyens pour bombarder les positions d'artilleries et fermer l'espace aérien turc. Je sais juste que les navires sont des patrouilleurs légers, ils ne sont pas censés tenter un passage en force, mais certains ont peut-être des missiles mer-sol.

 

Quant à savoir si se contenter de pourrir les bases turques et couler les navires est une meilleure solution... Le débat est ouvert. Ça peut être un pari intéressant : ne pas chercher à ouvrir le Bosphore mais transférer du matériel à Tartus en Syrie, si tant est que la 5e escadre survit. Avec un espace aérien sous contrôle, ça pourrait le faire.

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Petite mise à jour !
J'ai joué et rédigé l'AAR d'un premier scénario, je m'entraîne sur matériel américain pour jouer de manière équilibrée les scénarios US. J'ai cependant de gros impératifs pros depuis quelques temps et sans doute pour les deux mois qui viennent, donc il est peu probable qu'il y ait une suite à l'AAR d'ici là. Il est possible -mais je ne promets rien- que je poste ce que j'appelle de "l'à-côté", en gros les intrigues autour des scénarios ou ce qu'il s'est vraiment passé à bord de l'HMS Amazon.

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De nouveau une mise-à-jour. Je suis rentré de Pologne où j'avais beaucoup de boulot et j'en ai encore, mais j'ai trouvé le temps de jouer un deuxième scénario. Je me documente par ailleurs sur le sujet pour rendre le tout toujours plus cohérent.

Ce que je peux vous promettre, c'est de voir des dizaines de milliers de tonnes d'acier finir au fond de l'eau :D

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